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L'énigme de la puissance américaine

États-Unis : l’Empire contre-attaque

8 janvier 2026. La capture du dictateur vénézuélien comme la revendication du Groenland par le président Trump ont sidéré les Européens et laissé sans voix leurs gouvernants. Après une année 2025 marquée par les initiatives brouillonnes et tempêtueuses du président américain, il apparaît de toute évidence que l’Europe et le monde entrent dans une nouvelle ère historique…

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Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, à l’instigation du président Donald Trump, les forces spéciales américaines se sont emparées par surprise du président-dictateur vénézuélien, Nicolas Maduro. D’aucuns ont voulu voir dans ce coup de force l’élimination salutaire d’un personnage ignoble et, de fait, personne ne le regrettera.

Mais ce raid au cœur de Caracas, capitale du Venezuela, ne saurait se réduire à une opération de police, comme en 1989, l’élimination du dictateur panaméen Manuel Noriega, coupable lui aussi de collusion avec les narcotrafiquants. Moins d’un an après l’intronisation de Donald Trump, il traduit avec éclat le culot et l’énergie de ce président bientôt octogénaire et décidément hors normes.

Plus encore, le coup de Caracas s’inscrit dans une longue suite d’initiatives par lesquelles les États-Unis ont tombé le masque et manifestent leur volonté de puissance.

Nicolas Maduro entre des hommes de la DEA (Drug Enforcement Administration) le 3 janvier 2026

Le progressif réveil de la puissance américaine

Jusqu’en 1989, les gouvernants américains ont été contenus par la menace soviétique et l’équilibre de la terreur. Washington et Moscou respectaient les instances internationales telle l’ONU et se cantonnaient à leur zone d’influence. La Maison Blanche se permettait d’intervenir au Chili comme au Guatemala cependant que le Kremlin pouvait remettre à leur place Hongrois, Tchèques et Polonais. Cette tempérance dans les relations internationales a fait croire au triomphe du « droit international », un mythe dont les racines remontent au Moyen Âge européen.

L’implosion de l’URSS a désinhibé l’administration américaine bien avant l’arrivée de Trump au pouvoir. Il y a des signes qui ne trompent pas.

En 1992, au premier Sommet de la Terre, à Rio, le président George Bush avertit les écologistes : « Notre mode de vie n’est pas négociable » (« The American way of life is not up for negotiation »). En d’autres termes, les gouvernants étasuniens n’entendent pas se mobiliser contre le réchauffement climatique si cela doit obliger les Américains à plus de sobriété.

Ils font confiance à leurs capacités d’innovation pour surmonter les défis à venir, tant environnementaux que climatiques. Après tout, n’ont-ils pas déjà réussi à climatiser le désert avec des villes agréables à vivre comme Phoenix (Arizona) ? La rupture des accords de Paris (COP 21) par le président Trump et sa ferveur pour les énergies fossiles s’inscrivent dans cette démarche. Elles n’ont rien d’inédit. Et tant pis pour les quelques milliards d’êtres humains qui n’auront pas les ressources pour s’adapter au réchauffement climatique…

En matière stratégique, après la dissolution du Pacte de Varsovie, le Pentagone s’est bien gardé de dissoudre l’OTAN qui en était le pendant. Au contraire, l’Alliance atlantique a accueilli en son sein les anciens satellites de l’URSS et, pour la première fois de son histoire, du 24 mars au 10 juin 1999, elle a engagé une opération militaire, à savoir le bombardement de Belgrade (Serbie), cela sans l’aval de l’ONU et sur la foi d’un énorme mensonge comme le gouvernement américain en a  le secret.

En matière géopolitique, la Maison Blanche a entrepris dès les années 1990 de parachever sa victoire sur le communisme en ruinant pour de bon la Russie et en vassalisant l’Europe occidentale. Ancien conseiller du président Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski préconisa judicieusement en 1997 dans Le Grand Échiquier de couper la grande Russie de la « petite Russie » (l’Ukraine).

Le Secrétariat d’État s’y employa à coup de milliards de dollars avec le concours de la fondation de George Soros. Cette ingérence conduisit le gouvernement de Kiev à participer à l’agression de l’Irak en 2003 puis elle fit tomber en 2014 le président régulièrement élu Viktor Ianoukovitch à l’issue de la « révolution Euromaïdan ».

L’ours russe étant sorti de sa tanière le 24 février 2022, toutes griffes dehors, voilà les Européens de l’Ouest obligés tout à la fois de rompre de fructueux échanges avec leur grand voisin (hydrocarbures contre biens d’équipement) et de s’en remettre pour leur protection au Pentagone et au complexe militaro-industriel américain. Celui-ci ne s’embarrasse pas d’arguties juridiques pour avancer ses pions. Ainsi le président Joe Biden oblige-t-il l’Australie à rompre un contrat de 56 milliards d’euros avec la France pour la livraison de douze sous-marins. Son successeur Donald Trump exige de ses féaux ouest-européens qu’ils augmentent leur budget de défense en vue d’acquérir du matériel US et en particulier des avions de chasse F-35.

Cette vassalisation de l’Union européenne passe aussi par des modes civils moins brutaux mais non moins efficaces, en premier lieu l’extraterritorialité du droit américain. Celle-ci, en germe depuis le XIXe siècle, a été seulement activée au XXIe siècle dans le droit fil des attentats du 11 septembre 2001. Par le biais de l’OFAC (Bureau de contrôle des avoirs étrangers, Département du Trésor), le gouvernement américain met à l’amende les entreprises corrompues ou suspectées de commercer avec des États-voyous ou sous embargo.

Ces amendes, dont le montant peut atteindre plusieurs milliards de dollars, frappent pour l’essentiel les entreprises ouest-européennes : Crédit Lyonnais (2003), UBS (2004), Siemens (2008), Alstom (2014) ou encore BNP Paribas, taxé de 8,9 milliards de dollars en 2014 pour avoir, selon la justice américaine, contourné des embargos liés au Soudan, à l'Iran et à Cuba ! Toutes ces entreprises se soumettent pour conserver leur accès au marché américain et au dollar.

Maître du monde, mais jusqu’à quand ?

Autant dire que le président Trump peut avancer ses pions sans grand risque, du moins dans l’hémisphère occidental (Europe et Amériques) et au Moyen-Orient, où il apporte au Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou un soutien conditionnel et n’a pas craint de le relayer dans la « guerre des douze jours » (12-22 juin 2025) livrée à la République islamique d’Iran.

Le président américain détient enfin et surtout les clés du conflit russo-ukrainien. Il peut morigéner le président Zelensky et négocier en tête-à-tête avec le président Poutine sans se soucier de ses « alliés » européens. Ceux-là cachent leur impuissance derrière des menaces verbales comme la saisie des avoirs russes gelés par Euroclear en Belgique ou l’envoi d’une « force de réassurance » en Ukraine. Il va de soi en effet que le Kremlin ne consentira jamais à un cessez-le-feu sur ces bases-là.

L’issue de la guerre en Ukraine ne dépend plus en aucune façon des Européens ni même des Ukrainiens. Elle dépend du bras de fer entre les présidents Trump et Poutine… et pour l’heure, le premier a pris l’avantage : il a fait tomber Maduro, l’un des alliés privilégiés du Kremlin ; la Syrie d’Assad, autre allié du Kremlin, est aussi tombée ; enfin, la République islamique se trouve ébranlée par la destruction partielle de ses sites nucléaires en juin 2025 et surtout par la révolution démocratique en cours dans les rues des grandes villes iraniennes.

Plus fort encore, la revendication américaine sur le Groenland souligne la dépendance dans laquelle est tombée l’Union européenne. Ce territoire danois d’outre-mer, vaste de deux millions de km2 et peuplé de seulement cinquante mille habitants, a par sa situation géographique et son caractère stratégique, vocation à tomber dans l’escarcelle des États-Unis !

Cette perspective était tue quand Washington faisait mine de respecter les conventions internationales. Elle est aujourd’hui ouvertement envisagée par le président américain. Les Européens pourraient l’en détourner en recourant eux-mêmes à l’épreuve de force, par exemple en postant quelques troupes sur la calotte glaciaire. Mais ils en sont incapables comme ils sont incapables de toute action résolue et déterminée. Ils l’ont montré à l’égard de l’Algérie, qui emprisonne arbitrairement des ressortissants français, ou de l’Azerbaïdjan quand il a procédé à un nettoyage ethnique du Haut-Karabagh arménien.

Le jour venu, le président Trump pourra sans trop de mal convaincre les Groenlandais d’obtenir leur indépendance et ensuite de demander leur rattachement à la Fédération. Pas besoin de troupes pour cela. Une pluie de dollars devrait suffire à rallier les hésitants. Les États-Unis du président Theodore Roosevelt n’ont pas procédé autrement quand ils ont décidé d’ouvrir un canal à travers l’isthme de Panama : ils ont « aidé » les habitants de la région à obtenir leur indépendance puis ont conclu avec eux un traité léonin à leur convenance.

Les illusions de paix et de démocratie sur lesquelles les Européens ont bâti l’Union de Maastricht en 1992 sont bel et bien dissipées et nous en sommes revenus avec Donald Trump à la Realpolitik et à l’intérêt égoïste des nations comme au temps de la reine Victoria.

Jusqu’où ira le président américain dans ses « folles » entreprises ? Le plus grand danger qui le menace est sans doute l’hubris, la démesure. Comme bien d’autres avant lui, il pourrait se laisser griser par le succès jusqu’à perdre le contact avec la réalité. Mais nous n’en sommes pas encore là.

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2026-01-19 10:58:57
Christian (18-03-2026 11:32:01)

Dernière trouvaille du mage de la Maison Blanche: il propose de faire du Venezuela le 51ème État des États-Unis (avec le Canada, le Groenland et peut-être même Cuba, on en sera bientôt à 53 ou 54 États). Par contre, si le Venezuela devient partie intégrante des États-Unis, tous les Vénézuéliens qui en ont été expulsés pourront y revenir. Pas sûr que ça plaise à l'électorat MAGA...

Christian ESTIENNE (03-03-2026 09:24:33)

La Chine, la Russie et la Turquie déplorent la violation du droit international que constitue l'attaque israélo-américaine contre l'Iran (à laquelle s'ajoute maintenant l'invasion du Liban par Israël). S'il s'agit incontestablement de violations du droit international, la Chine (qui menace régulièrement Taïwan et occupe les îles de la mer de Chine méridionale au détriment du Vietnam et des Philippines), la Russie (qui tente de conquérir l'Ukraine depuis 2022 au prix de centaines de milliers de morts) et la Turquie (qui occupe indûment la partie nord de Chypre depuis 1974) sont bien mal placées pour émettre ce genre de critiques...

Christian (02-03-2026 16:51:13)

« On peut être contre un régime odieux et, en même temps, contre une intervention militaire injustifiée et dangereuse » (déclaration du premier ministre espagnol Pedro Sanchez en date du 1er mars 2026). La guerre étant maintenant bien engagée, la question se pose de savoir jusqu'où le régime des mollahs et ses partisans, se sentant acculés, sont prêts à aller avant de sombrer peut-être définitivement (envoi de missiles et de drones jusqu'à Chypre et au-delà, utilisation de bombes "sales", vague d'attentats terroristes plus ou moins spontanés en Europe et ailleurs)...

Christian (24-02-2026 08:34:12)

En France comme dans le monde entier, les boutefeux et les bons apôtres sont toujours prêts à mourir pour des idées et surtout à faire mourir les autres, comme le chantait Georges Brassens. Si le potentat de la Maison Blanche et son copain Vladimir sont définitivement hors concours dans cette catégorie, je propose de décerner la médaille d’or de la manipulation d’allumettes en atmosphère explosive au «diplomate» baptiste et fondamentaliste Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël.

Celui-ci vient en effet de déclarer que, selon la tradition biblique, Israël aurait des droits sur toutes les terres situées «entre le Nil et l'Euphrate», soit tout ou partie de l’Égypte, de la Syrie, de la Jordanie, du Liban et de l'Irak. Il a même cru bon d’ajouter: «Ce serait bien s'ils prenaient tout» (sic). Si quelques extrémistes prennent au sérieux de tels propos, on peut s’attendre à une bonne centaine d’années supplémentaires de guerre au Moyen-Orient et à une nouvelle flambée d’antisémitisme aux quatre coins de la planète, en attendant la thermonucléaire globale…

Christian (22-02-2026 07:21:27)

Nous sommes tous fous, d’une certaine façon, mais on est tout de même en droit de s’interroger sur la santé mentale du potentat de la Maison-Blanche. Aussitôt après avoir été désavoué par la Cour suprême, il a signé vendredi 20 février un décret imposant des droits de douane «mondiaux» de 10%... mais il a changé d’avis le lendemain, samedi 21 février, en faisant passer ces nouveaux droits de douane à 15%.

Les observateurs les plus indulgents expliquent qu’il s’est sans doute aperçu, avec vingt-quatre heures de retard tout de même, que ce taux de 15% est le maximum que lui permet le texte de loi sur lequel il se base. Autant dire qu’il vient seulement de comprendre que les taux qu’il avait imposés depuis un an à plusieurs dizaines de pays étaient illégaux et que personne de son entourage n’avait réussi à lui faire entendre raison (c’est bien le mot qui convient)…

Christian (10-02-2026 07:59:36)

Le potentat de la Maison Blanche menace de bloquer un projet de pont entre le Canada et les États-Unis sous prétexte que les États-Unis «devraient recevoir une compensation pour tout ce qu’ils ont donné» et affirme que «le Canada ne traite pas les États-Unis de manière aussi équitable et juste que nous le méritons» (sic).

On retrouve déjà la trace de cette animosité envers le Canada dans un rapport adressé le 24 avril 1868 par le secrétaire d’État américain William Henry Seward au président Andrew Johnson, quelques mois après l’achat de l’Alaska à la Russie.

Il écrit notamment que le dominion du Canada (la Confédération canadienne, fondée en 1867) a été «créé dans un esprit d’hostilité amère envers les États-Unis» et vise «à englober toute l’Amérique britannique, de l’Atlantique au Pacifique… sur une superficie dépassant celle des États-Unis avant l’achat de l’Alaska» (sic).

Il propose donc d’acheter l’Islande et le Groenland, qui appartiennent alors tous deux au Danemark, ce qui permettrait d’encercler le Canada et les autres possessions britanniques en Amérique du Nord pour les inciter «à rejoindre pacifiquement et avec enthousiasme l’Union américaine» (sic).

Rien de nouveau sous le soleil, sinon l'extrême vulgarité du président actuel des États-Unis, qui surpasse de loin tous ses prédécesseurs en la matière...

Christian (09-02-2026 19:39:29)

En donnant publiquement son avis sur le chanteur portoricain Bad Bunny, le potentat de la Maison Blanche s'abaisse au niveau de Juliette Armanet déclarant publiquement qu'elle trouve "immonde" la chanson "Les lacs du Connemara" de Michel Sardou. Passe encore que les chanteurs (et les artistes en général) se détestent entre eux, même si rien ne les oblige à le faire savoir publiquement, mais que le président de la plus grande puissance du monde perde quelques minutes de son précieux temps à informer le grand public de ses goûts et dégouts artistiques, nous voici ramenés au temps de Néron (et la comparaison pourrait même être jugée désobligeante pour Néron)...

Orsoni (30-01-2026 20:47:26)

Je partage évidemment les commentaires
Mais le pb n est pas tel ou tel personnage
Comme l humanité est pleine de stalines Maos Hitlers mussollinis pol pots,..... nous croisons tous tous les matins en allant travailler des Trumps qui en situation feraient les mêmes choses. itou pour les Poutines, maos.....
Le problème est que l Amérique est derrière lui et l a largement élu
On reste confondu de la médiocrité du ðu des candidats qui lui ont été opposés
De gaulle en 58 arrive au pouvoir par un putch militaire gorbatchev n a pas été élu au début et ceux là vont éviter la guerre civile et faire des politiques de paix
Cherchez l erreur
Le pb ce n'est pas Trump ou Poutine
Le pb c est le monde comme il est et c'est beaucoup plus grave

Christian (25-01-2026 08:17:24)

Quelques jours après avoir reculé (provisoirement?) sur les droits de douane qu’il voulait imposer aux pays européens hostiles à l’annexion du Groenland, le potentat de la Maison Blanche menace d’imposer des droits de douane à 100% sur les importations canadiennes en cas d'accord commercial entre le Canada et la Chine. Une fois de plus, il viole sans vergogne dans son message tous les usages diplomatiques en désignant le premier ministre canadien Mark Carney sous le nom de «gouverneur Carney» (comme il le faisait d’ailleurs avec Justin Trudeau). Une façon méprisante et désobligeante de dire qu’il ne reconnaît pas l’indépendance du Canada, dont il rêve de faire le 51ème État des États-Unis...

En fin de compte, le seul titre qui pourrait satisfaire le despote de Washington serait peut-être celui de son lointain et fantasque prédécesseur, Joshua Norton, qui se fit appeler «empereur des États-Unis et protecteur du Mexique» de 1859 à 1880 sous le nom de Norton Ier et qui a inspiré l’une des aventures de Lucky Luke…

Christian (20-01-2026 14:38:48)

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déploré ce matin à Davos les droits de douane supplémentaires annoncés par le potentat de la Maison Blanche, dans les termes suivants: «L’UE et les États-Unis ont conclu un accord commercial en juillet dernier. Et, en politique comme en affaires, un accord est un accord. Et lorsque des amis se serrent la main, cela doit avoir un sens». Elle aurait pu ajouter qu’avec des « amis » de ce genre, les Européens n’ont pas besoin d’ennemis…

Christian (20-01-2026 09:32:38)

Violant délibérément toutes les règles en usage dans ce qui reste du monde supposément libre et civilisé, le potentat de la Maison Blanche vient de rendre public un message privé du président français sur les conflits en cours. Pour faire bonne mesure, il menace encore la France de droits de douane supplémentaires si elle refuse de participer au «conseil de la paix» (un «machin» mis en place dans le cadre du «plan Trump» sur Gaza dont le despote étasunien serait président à vie et dont on peut devenir membre permanent en payant un droit d’entrée d’un milliard de dollars)… Les mots me manquent...

Christian (19-01-2026 12:13:50)

Selon l'AFP, le plus grand président de l'histoire des États-Unis aurait adressé le message suivant au premier ministre norvégien: «Étant donné que votre pays a décidé de ne pas m’attribuer le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à PLUS de 8 guerres, je ne me sens plus obligé de penser uniquement à la paix, même si elle restera toujours prédominante, mais je peux désormais réfléchir à ce qui est bon et juste pour les États-Unis»...

Compte tenu du fait qu'au cours de son premier mandat (2017/2021) et des douze premiers mois de son second mandat (2025/2026), le plus grand président des États-Unis a abandonné l'Afghanistan aux talibans par les accords de Doha, tenté un putsch à Washington, déclenché une quasi-guerre douanière mondiale, bombardé l'Iran, encouragé les Palestiniens à quitter Gaza pour y établir une nouvelle Riviera, fait enlever le président du Venezuela, annoncé son intention d'annexer le Canada et le Groenland, trahi l'Ukraine, insulté et menacé de nombreux dirigeants étrangers... mieux vaut sans doute qu'il ne pense plus exclusivement à la paix car il ne semble pas connaître la véritable signification de ce mot...

Christian (19-01-2026 08:56:34)

Six mois après avoir brillamment capitulé devant le prétendant américain au prix Nobel de la paix, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, vient de signer le traité de libre-échange avec le Mercosur malgré la tardive et symbolique opposition de la France, tout en refusant courageusement d'admettre que le Groenland pourrait être couvert par la clause de défense mutuelle de l’Union européenne.

Le capitulationnisme étant manifestement une seconde nature chez cette descendante de la bourgeoisie hanséatique, on peut se demander ce qu'elle va faire maintenant, alors que le pseudo-accord sur les droits de douane qu'elle avait conclu avec le potentat américain vient d'être remis en cause par ce dernier, sous prétexte que quelques minuscules pays européens, tels que la France, l'Allemagne ou l'Angleterre, s'opposent plus ou moins fermement à l'annexion du Groenland...

Christian (17-01-2026 08:13:37)

Je n’aurais jamais cru écrire cela un jour, mais Donald égale désormais Vladimir en matière de cynisme et de mégalomanie, même si ses visées impérialistes n’ont pas encore fait autant de victimes que celles de son copain russe (peut-être un million de morts et de blessés en Ukraine contre «seulement» quelques milliers pendant la «guerre de douze jours» en Iran et quelques centaines dans les Caraïbes et au Venezuela).

Le toujours candidat au prix Nobel de la paix vient d’ajouter une nouvelle incongruité à ses revendications obsessionnelles sur la Canada et le Groenland en approuvant le message d’un internaute qui suggérait en toute spontanéité que le secrétaire d’État américain Marco Rubio devienne président de Cuba. Ce serait ni plus ni moins que revenir au temps du protectorat américain établi sur Cuba et les Philippines à la suite de la guerre hispano-américaine de 1898…

Dans le même temps, Donald n’hésite pas à encourager les Iraniens à se soulever contre leurs dirigeants en affirmant que «l’aide est en route»… avant de les abandonner le lendemain en déclarant que «les tueries ont pris fin»…

Pascal 68 (15-01-2026 13:19:13)

Contre-attaque : riposte offensive à une attaque.
L’action étatsunienne au Vénézuela est due à la seule volonté du président américain des États-Unis contre le président américain du Vénézuela. Elle a été suivie de menaces envers le président américain de Colombie, sans oublier la présidente américaine du Mexique.
Arrêtons de dire Amérique et américain pour États-Unis et états-unien.
Le golfe du Mexique est bien en " Amérique ". Pour autant les États-Unis d’Amérique ( n’oublions pas cette dernière précision) ne sont pas l’Amérique...

Matt (15-01-2026 11:31:57)

Trump ferait bien de lire la bible (qu'il vend) et particulièrement le prophète Daniel a propos d'un autre potentat Nebucadnetsar et voir comment il finit.

Christian (15-01-2026 08:16:25)

On peut se demander pourquoi le candidat officiel au prix Nobel de la paix rêve d’annexer le Canada et le Groenland, alors qu’il pourrait se contenter de les contrôler économiquement pour en exploiter les richesses minières, ce qui contribuerait d’ailleurs à accélérer la fonte de la calotte glaciaire.

Tout est peut-être une question de taille... On pourrait penser qu’il s’agit pour lui de damer le pion sur le plan géographique aux dictateurs russe et chinois qui adorent exhiber leurs gros missiles comme autant de symboles phalliques. En annexant le Canada et le Groenland, les États-Unis deviendraient en effet le plus vaste pays du monde avec 21,8 millions de kilomètres carrés, devant la Russie (17 millions) et la Chine (9,6 millions). Toutefois, ces États-Unis élargis ne seraient toujours que le troisième pays le plus peuplé du monde, avec près de 390 millions d'habitants, loin derrière l'Inde et la Chine, qui en comptent chacune plus d'un milliard.

Christian (13-01-2026 14:22:47)

L'Empire contre-attaque en Amérique latine et menace de s'emparer du Groenland, qui appartient pourtant à l'un de ses alliés les plus fidèles, mais il évite de critiquer trop ouvertement la Russie, qui bombarde les immeubles d'habitation et les infrastructures électriques en Ukraine, faisant chaque jour des victimes parmi les civils et provoquant délibérément des coupures de courant en plein hiver...

joneall (12-01-2026 21:22:03)

Les Etats-Unis ont déjà une base militaire en Groeland et un traité qui les permet de faire à peu prés tout ce qu'ils veulentlà-bas. Je ne vois pas ce qu'ils souhaitent gagner de plus. Probablement, des ressources. D'après un article récent dans le New Yorker, Trump fait tout pour gagner de l'argent pour ses amis et sa famille.

Guy (12-01-2026 12:53:45)

« les États-Unis ont tombé le masque et manifestent leur volonté de puissance ». En
Réalité « Trump « a tombé le masque et manifeste son goût pour la puissance avec laquelle il s’enivre déjà avec démesure. Par contre sa politique, sans finesse, représente a plus long terme, un réel danger pour les Etats-Unis et en conséquence pour le reste du monde, par l’instabilité qu’elle accroît. Pour l’avenir de tous il aurait mieux valu qu’il continue à jouer au gendarme (faisant respecter le droit international) et aux voleurs qu’aux cowboys et aux indiens en transformant le monde en un Far West sauvage ou ceux qui gagnent sont ceux qui sont le plus lourdement armés et tirent le plus vite.

Christian (12-01-2026 12:17:55)

L'enlèvement des époux Maduro peut effectivement être comparé avec celui du général Noriega au Panama, mais on pourrait citer d'autres interventions étrangères ayant conduit directement à la capture de dirigeants en fonction depuis 1945: Imre Nagy capturé par le KGB en Hongrie en 1956 et exécuté en 1958, Alexander Dubcek arrêté à Prague et conduit de force à Moscou en 1968, le général sud-vietnamien Minh arrêté par les troupes nord-vietnamiennes à Saïgon en 1975, Saddam Hussein capturé en Irak par les troupes américaines en 2003 et exécuté en 2006 (liste probablement incomplète)...

philippe lefevre (12-01-2026 09:37:30)

remarquable synthèse
il faut des dirigeants européens bien faibles pour n'avoir rien anticipé

Marie-Hélène (11-01-2026 23:59:41)

Effrayant. On n'y apprend de nouveau, mais la liste est terrifiante. Il est clair qu'il n'y a plus de droit international, tout est permis et tout est possible. Et l'UE en grand danger.
L'avenir est très sombre. Seul espoir : que les Etats-Unis de Trump soient très occupés par la Chine, qui peut les détourner un peu du reste du monde. Mais faible espoir, ds cette nouvelle ère chaotique qui s'ouvre en plus avec les diktats imprévisibles, brutaux et impérialistes des Etats-Unis. On peut avoir peur !

Blumenthal (11-01-2026 23:14:54)

après la fin de l'article :
Ça viendra et sans doute plus vite que le monde entier ne le croit.

Bruno (11-01-2026 21:43:23)

Merci pour cet éclairage. Faudrait ajouter l’enterrement première classe des institutions internationales, nos gardes-fous sur lesquels nous, particulièrement les Canadiens nous nous sommes appuyés depuis 1945. Il faut absolument et dorénavant concentrer nos efforts d’analyse sur cette < National Security Strategy >publié en début décembre 2025. Le plan de match y est décrit clairement. Nous y serons soumis et victimes. La mise en œuvre est déjà commencée avec l’enlèvement de Maduro. Le retrait des USA des institutions internationales a débuté en début de mandat de Trump. Le déni formel des problématiques environnementales y est inscrit……Lisez ce que dit le document sur l’Europe. Pour la suite, lire la stratégie et inscrivez le mot PEUR dans votre cerveau. Le fascisme en route vitesse grand V.

Danièle (11-01-2026 19:29:29)

Bonjour,
Je viens à peine de commencer à lire l’article et suis interpellée par la photo. En effet, ce matin dimanche dans le programme « Les Vérificateurs » sur LCI, et si j’ai bien compris, il a été dit que cette photo était un fake. Je vous remercie de vos commentaires.

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