L'imbroglio palestinien

Reconnaître la Palestine ?

28 septembre 2025. À la suite de la reconnaissance de l'État de Palestine par dix nouveaux États dont la France et la Belgique, l'historien et rabbin Alain Michel, établi à Jérusalem, nous offre une réflexion personnelle sur les racines profondes du drame qui déchire aujourd'hui la Terre Sainte...

La question de la reconnaissance de la Palestine s’est trouvée au cœur de l’actualité ces dernières semaines. Je voudrais non pas revenir sur les aspects politiques, mais confronter le lecteur au substrat historique qui est en général très ignoré.

Origines du mot Palestine :

Quand le mot Palestine dans son utilisation moderne est-il apparu ? En 1998, j’ai écrit un ouvrage pour les éditions Autrement à l’occasion du 50e anniversaire de la proclamation de l’État d’Israël et je l’avais intitulé : « Racines d’Israël : 1948, plongée dans « 3000 ans d’histoire ».

En parallèle, les éditions Autrement avaient demandé à deux journalistes propalestiniens d’écrire un livre sur la Palestine. En consultant la chronologie à la fin de ce livre, je me suis aperçu à ma grande surprise que d’après ces amis de la question palestinienne, l’histoire de la Palestine commençait début novembre 1917, avec la déclaration Balfour qui actait la reconnaissance des aspirations sionistes par le gouvernement britannique.

Ils avaient absolument raison. Il n’existait pas de nationalisme palestinien jusque-là, et on pouvait même le dater plus précisément de fin juillet 1920 avec la conquête de la Syrie par les troupes françaises. C’est alors que les nationalistes palestiniens, comme Hadj Amin El Husseini, qui deviendra Grand mufti de Jérusalem en 1921, abandonnèrent le rêve d’un grand royaume arabe unifié pour se concentrer sur le projet d’une Palestine indépendante.

Origines du sionisme :

Quand le sionisme est-il apparu ? L’idée d’un retour des juifs en terre d’Israël existe depuis 586 avant notre ère et la destruction du Temple de Jérusalem par l’empire babylonien.

Même si cette idée du retour a été portée par toutes les générations de juifs pendant plus de deux millénaires, le sionisme moderne, politique, apparaît en 1882 en Russie, puis est organisé et structuré par Théodore Herzl, un juif autrichien, à partir de 1896.

Dès les années 1860, des juifs de Russie et de Roumanie avaient commencé à créer des implantations juives en Israël, et à partir de 1897 elles sont soutenues par le mouvement sioniste, créé par Herzl. On voit donc très clairement que le nationalisme juif a débuté plus de 40 ans avant le nationalisme palestinien.

Antériorité des Palestiniens :

Les Palestiniens étaient-ils en terre d’Israël avant l’arrivée des sionistes ? Si la majorité des 750.000 juifs qui étaient en 1948 présents dans le mandat anglais sur la Palestine étaient arrivés après 1920, on sait moins que près d’un tiers des 1.200.000 Aranes palestiniens qui y sont présents au même moment étaient arrivés eux aussi après 1920. Venus de Syrie et d’Irak pour la plupart, ils avaient été attirés par le dynamisme économique créé par le développement de l’économie sioniste.

Partage de la région entre le fleuve Jourdan et la mer Méditerranée :

Était-il possible d’organiser un partage de la région à l’ouest du Jourdain entre juifs et Arabes ? C’est ce que l’ONU a proposé en novembre 1947. Les représentants sionistes ont accepté le plan de partage, mais toutes les composantes de la partie arabe ont refusé.

Le 15 mai 1948, lorsque l’Angleterre a quitté la région, cinq armées des pays arabes environnant ont envahi le territoire à l’ouest du Jourdain, afin d’empêcher la création de l’État d’Israël. Le jeune État juif a gagné la guerre, et a récupéré 78% du territoire du mandat. La Jordanie et l’Égypte se sont emparé des 22% restant et n’ont pas autorisé les Palestiniens à créer un État sur ce qui restait de du territoire attribué en novembre 1947 aux arabes.

Pourquoi Israël s’empare-t-il de la totalité de la Palestine en 1967 ?

En mai 1967, l’Égypte, la Jordanie et la Syrie ont menacé Israël d’une guerre pour l’effacer de la carte. Les Israéliens ont lancé une attaque et en six jours se sont emparés des 22% de territoire restant, plus du plateau du Golan et du Sinaï. Après la guerre les pays arabes ont refusé de négocier avec Israël sur la base d’un échange de la paix contre les territoires conquis.

Il a fallu attendre l’initiative du président égyptien Sadate, après la guerre de Kippour en 1973, pour que pour la première fois en 1979 un traité de paix soit signé entre Israéliens et Égyptiens.

En 1993, les accords d’Oslo ont été signés entre Palestiniens et Israéliens qui devaient permettre aux Palestiniens de récupérer les 22% occupés par Israël et d’y créer leur État. Des négociations pour un traité de paix ont eu lieu en été 1999 à Camp David, sous l’égide du président Clinton, mais au bout d’un mois, Yasser Arafat a refusé l’accord, et a déclenché une révolte des Palestiniens fin septembre 1999 pour faire pression et obtenir plus.

Depuis, aucune négociation n’a abouti, et les massacres du 7 octobre 2023 organisés par le Hamas ont seulement augmenté la haine entre les deux parties.

Dans ces conditions, je vois mal comment la reconnaissance de la Palestine, qui reste un État virtuel, pourrait améliorer la situation de la région.

Alain Michel
Publié ou mis à jour le : 2025-09-28 10:43:11
Christian (23-10-2025 14:40:39)

Selon l'AFP, le vice-président américain Vance a vivement critiqué le récent vote du Parlement israélien visant à étendre la souveraineté israélienne en Cisjordanie. Il a même déclaré que ce vote était «un coup politique très stupide» en rappelant que la politique américaine était que la Cisjordanie ne soit pas annexée par Israël. Une fois n'est pas coutume, on peut lui donner raison dans ce cas, en espérant que cette déclaration ne sera pas bientôt contredite à l'occasion de l'un de ces revirements brutaux dont la diplomatie américaine a le secret...

alain.gaurut (17-10-2025 23:25:38)

L'explication donnée en ce qui concerne la guerre des six jours est tout aussi biaisée sic :"En mai 1967, l’Égypte, la Jordanie et la Syrie ont menacé Israël d’une guerre pour l’effacer de la carte. Les Israéliens ont lancé une attaque et en six jours se sont emparés des 22% de territoire restant, plus du plateau du Golan et du Sinaï. Après la guerre les pays arabes ont refusé de négocier avec Israël sur la base d’un échange de la paix contre les territoires conquis."
En réalité sic l'encyclopédie Universalis "Du 5 au 10 juin 1967 eut lieu la guerre dite « des Six Jours » qui opposa l'État d'Israël, dirigé par le Premier ministre Levi Eshkol, à trois de ses voisins (Égypte, Jordanie, Syrie). S'estimant menacé, en particulier par l'Égypte de Gamal Abdel Nasser et par la nouvelle Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat, créée en 1964, Israël déclencha, sous la conduite du ministre de la Défense, Moshé Dayan, une attaque préventive. L'aviation égyptienne fut détruite au sol. Israël annexa la Cisjordanie, la partie arabe de Jérusalem, le plateau syrien du Golan, Gaza et le Sinaï (et ses gisements pétrolifères) jusqu'au canal de Suez. Un million d'Arabes passèrent sous son administration, tandis que l'État d'Israël passait de 21?000 à 102?000 kilomètres carrés. La politique israélienne pendant la guerre des Six Jours fut fermement condamnée par les pays socialistes et les pays du Tiers Monde, qui rompirent pour la plupart leurs relations diplomatiques avec Israël, ainsi que par la France du général de Gaulle. La résolution 242 du Conseil de sécurité de l'ONU ordonna à Israël de restituer les territoires occupés, ce qui ne fut fait que pour partie. Les relations israélo-arabes allaient dorénavant se focaliser sur ce point.
Donc ce ne sont pas l’Égypte, la Jordanie et la Syrie ont menacé et déclenché une guerre contre israel qui d'après Mr Alain Michel "pour l’effacer de la carte" mais Israel qui déclencha une guerre "préventive" suite à une estimation d'une menace ressenti de leur part.

alain.gaurut (17-10-2025 22:03:16)

je vais reprendre point par point chacune des assertion de mr Alain Michel en partant de la fin de soon propos;
Cette façon de présenter les chose est particuliérement mensongère en effet dans cet article on lit sic:"En 1993, les accords d’Oslo ont été signés entre Palestiniens et Israéliens qui devaient permettre aux Palestiniens de récupérer les 22% occupés par Israël et d’y créer leur État. Des négociations pour un traité de paix ont eu lieu en été 1999 à Camp David, sous l’égide du président Clinton, mais au bout d’un mois, Yasser Arafat a refusé l’accord, et a déclenché une révolte des Palestiniens fin septembre 1999 pour faire pression et obtenir plus."
or l'omission dans la chronologie d'un des éléments les plus important a savoir "L’assassinat d'Yitzhak Rabin qui a eu lieu le 4 novembre 1995, à la fin d'une manifestation et d'un discours en faveur des accords d'Oslo et du processus de paix israélo-palestinien, à Tel-Aviv par le terroriste ultranationaliste d'extrême droite juif israélien Yigal Amir est évidemment tout sauf un oubli.
Ytzak Rabbin était alors Premier ministre "travailliste" d'Israël et B. Netanyahu était à l’époque chef de l’opposition de droite et a organisé une virulente campagne anti-Rabin qui a précédé le meurtre. Le dirigeant travailliste Yitzhak Rabin y était présenté comme un «traître» pour avoir restitué des territoires occupés aux Palestiniens.
cela déjà documente le terreau de haine existant chez les Israeliens vis à vis des Palestiniens.

Christian (17-10-2025 12:10:22)

Le 15 mars 1972, le roi Hussein de Jordanie avait proposé la création d'un "Royaume arabe uni" comprenant deux régions : la province de Palestine, englobant la Cisjordanie et tout autre territoire palestinien libéré, et la province de Jordanie, correspondant à la rive orientale du Jourdain.

Ce plan, qui avait été rejeté à l'époque, ne pourrait de toute façon pas se mettre en place sans consulter les populations concernées. Il serait peut-être plus réaliste d’envisager la création d'une union économique et douanière entre le royaume de Jordanie, l’État d'Israël et un État palestinien comprenant tout ou partie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza avec quelques échanges de territoires. Une sorte de Benelux israélo-arabe composé de trois États souverains, libres et égaux en droits, avec Jérusalem comme capitale commune: et pourquoi pas?

Christian (15-10-2025 07:39:06)

Selon l'AFP, le Hamas serait en train d'étendre sa présence dans la bande de Gaza à la faveur du cessez-le-feu. Les membres de cette organisation se livreraient à une campagne de répression, notamment en exécutant sommairement de supposés "collaborateurs" d'Israël. On peut craindre que, dans ces conditions, les extrémistes des deux bords n'hésiteront pas à se saisir du moindre prétexte pour relancer les hostilités...

Pablo (12-10-2025 10:42:04)

Le prophète Jérémie avait annoncé que les israélites resteraient captifs à Babylone 70 ans. Or Babylone est tombée aux mais de Cyrus le Perse en 539. En 537 il a renvoyé les juifs chez eux. On en conclut que Jérusalem est tombée en 607. Fin de la royauté davidique avec Sedecias dernier roi de la lignée.

Christian (11-10-2025 10:54:04)

Tout le monde (ou presque) félicite le candidat officiel des États-Unis pour le cessez-le-feu à Gaza, première étape du plan qu'il a présenté le 29 septembre et qui a été approuvé en principe par le premier ministre israélien. Tout serait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, en espérant que les extrémistes israéliens et palestiniens ne feront pas tout capoter comme ils ont torpillé les accords d'Oslo il y a trente ans en assassinant Rabin et en multipliant les attentats. Mais, comme toujours, le diable se cache dans les détails...

En effet, tout le monde (ou presque) semble avoir oublié que le point 19 du plan Trump prévoit l'ouverture d'une "voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien, que nous reconnaissons comme étant l’aspiration du peuple palestinien" (fin de citation).

Or, moins de vingt-quatre heures après avoir approuvé verbalement ce plan, le premier ministre israélien a nié avoir accepté le principe d’un État palestinien dans les termes suivants: "Une chose a été clairement dite, nous nous opposerons fermement à un État palestinien". Que se passera-t-il lorsque cette question de la création d'un État palestinien, en suspens depuis 1947, sera abordée? Qui tranchera entre ce qui est écrit dans le plan Trump et ce qu'en disent Nétanyahou et ses amis d'extrême droite? Et comment réagiront alors les extrémistes des deux bords?

Couessou (08-10-2025 16:48:15)

je lis dans cet article : "Quand le sionisme est-il apparu ? L’idée d’un retour des juifs en terre d’Israël existe depuis 586 avant notre ère et la destruction du Temple de Jérusalem par l’empire babylonien". Je trouve cette affirmation étonnante. En 587, l'Etat de Juda n'était pas indépendant, mais sous domination babylonienne après l'avoir été sous domination égyptienne, puis assyrienne. Mais en 537, les Juifs ont été autorisés à rentrer chez eux et le royaume de Judée, même sous la domination hérodienne, puis romaine (occupation en direct) a duré jusqu'à la 2° grande révolte juive de 135, qui fit, on pense, 1 000 000 morts. La Judée a été vidée de sa population juive, mais pas la Samarie et la Galilée où a été écrit le Talmud Iéroushalmi (de Jérusalem) jusqu'à la fin du III° siècle, avant d'être achevé en Syrie (Talmud Bavli) dit de Babylone.
Il y a toujours eu des juifs en Palestine, certes minoritaires. Ils purent revenir à Jérusalem en 638, avec l'autorisation des musulmans vainqueurs des Byzantins chrétiens. Quant aux Samaritains, ce sont les chrétiens byzantins qui les ont massacrés en 529 : les survivants, quelques centaines à peine, ont survécu ou plutôt végété jusqu'à aujourd'hui. L'Etat israélien les considère comme des Juifs (pas le Grand Rabbinat de Jérusalem), mais eux se considèrent comme ....des palestiniens !
Enfin, notez que si la Nakba de 1948 a entraîné la fuite de 600 000 palestiniens, les Etats arabes du Moyen Orient ont chassé leurs Juifs dans la foulée, des communautés florissantes très anciennes comme celles d'Alexandrie, de Damas ou de Bagdad, pour un nombre largement égal à celui de la Nakba.
Tout cela dit pour nuancer la situation historique de la démographie du territoire de l'actuelle Palestine. Et il y aurait encore beaucoup d'autres choses à dire.

Lizzie (07-10-2025 17:42:38)

On oublie toujours que tous les arabes sont sémites, comme les juifs,et de race blanche

JdF (07-10-2025 08:53:40)

La question de la l’antériorité n’a à mon avis aucun sens. Si elle en avait un tous les peuples de la Terre seraient en guerre. David combattit Goliath le philistin, l’histoire se répète lamentablement, chacun accusant l’autre d’avoir initié les hostilités. Seule la voie du pardon et de la réconciliation a du sens, et redonne à l’homme sa dignité. Le reste n’est que disputes infantiles.

Coche (05-10-2025 18:39:40)

Permettez-moi d'être très succinct. Je ne nourris aucune empathie particulière pour les Hébreux mais, face à l'Histoire, il faut demeurer impartial.
La zone géographique dénommée Palestine accueillit les Hébreux lors de l'Exode. Cet épisode relève de l'histoire de l'Egypte antique. Or, les Egyptiens ne mentionnent aucune présence arabe sur ces territoires contrôlés par leur armée. Du 8e siècle avant J.C. à 622 après J.C. (Hégire), les Hébreux occupent, incontestablement, les lieux. A partir de l'Hégire, les invasions mahométanes vont bousculer, déstabiliser, chasser les populations présentes, les exterminer, les soumettre à l'islam. A ce propos, il me semble bon de rappeler que les Mahométans pousseront leurs invasions jusqu'en Europe de l'ouest, dans les Balkans et jusqu'à Vienne ! Si les bouleversements du 20 e siècle permirent de réintroduire les Hébreux sur leurs terres, somme toute ancestrales, un juge de paix impartial devrait logiquement et légalement leur accorder, à nouveau, la jouissance pleine et entière de leur domaine territorial ! Quant aux squatteurs palestiniens, leur place se trouve dans la Péninsule arabique, leur terre d'origine. C'est aussi simple que cela. A titre d'exemple, en Europe , après 1945, des frontières et des millions d'humains furent déplacés, sans que cela ne créent de contestation. Questions : pourquoi le deux poids deux mesures au profit des envahisseurs arabe-musulmans ?

Béatrice (04-10-2025 18:45:14)

Heureusement que beaucoup de commentaires viennent rectifier cet article, plutôt empreint de mauvaise foi et d'idéologie.

Jean (03-10-2025 07:32:31)

Nabuchodonosor n'a pas déporté la totalité des hébreux à Babylone, c'eut été une erreur stratégique, il a emmené les élites , familles régnantes , prêtres scribes etc. pour les surveiller , ils ont emporté les rouleaux et ont résisté à l'assimilation. Le petit peuple est resté sur place pour payer l'impôt et nourrir "l'armée d'occupation". Vider totalement le pays aurait profité à l'Egypte. Quand ceux de Babylone ont pu revenir , il y eut conflit matrimoniaux avec ceux restés sur place et litige sur le calendrier ! (livres d' Esdras et Néhémie) Nous avons récupéré dans le Christianisme le dédoublement des fêtes (lundi) de Pâque et Pentecôte (50 en grec) qui découle. Un gouvernement français a supprimé le second , un autre voulait supprimer le premier.
Ceci pour illustrer les conséquences des politiques de Nabuchodonosor et de Cyrus II en "occident", et afin de prouver que ce n'est pas la totalité des Hébreux qui a été emmené à Babylone.

Christian (30-09-2025 15:24:55)

Hélas, le message que j'ai envoyé ce matin était quelque peu prématuré puisque le premier ministre israélien nie aujourd'hui avoir accepté le principe d’un État palestinien. Pourtant, le plan présenté hier par le candidat officiel des États-Unis au prix Nobel de la paix prévoit qu’à terme, «les conditions pourraient enfin être réunies pour ouvrir une voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien» (fin de citation). Alors, qui ment et qui dit la vérité? Je me garderai bien de me prononcer, cette fois...

Bruno (30-09-2025 15:02:42)

On peut déplorer les colonisations juives actuelles de la Cisjordanie qui compromettent la creation d’un état palestinien mais cet article a le mérite de rappeler les multiples occasions manquées depuis 1947 par les pays arabes puis les palestiniens eux-mêmes de créer cet état palestinien. On peut aussi se demander comment aurait évolué la région si les Anglais après la 1ere guerre mondiale n’avaient pas opéré la cission entre Transjordanie et Cisjordanie

Pablo (30-09-2025 11:21:30)

"Alors que Jésus quittait le Temple, ses disciples s’approchèrent de lui pour lui montrer les constructions du Temple. 2?Il leur dit : « Voyez-vous toutes ces choses ? Vraiment je vous le dis, il ne restera pas ici pierre sur pierre, rien qui ne soit démoli" Matthieu 24
"Jérusalem, Jérusalem, la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés ! Combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes ! Mais vous ne l’avez pas voulu. 38?Voyez ! Votre maison vous est abandonnée." Matthieu 23

Christian (30-09-2025 08:21:01)

S'il est accepté par l'extrême droite israélienne et par le Hamas, ce qui reste à vérifier, le nouveau "plan Trump" ouvre peut-être la voie à la création d'un État palestinien. Le point 19 de ce plan est rédigé comme suit: "A mesure que le redéveloppement de Gaza progressera et si le programme de réforme de l’Autorité palestinienne est fidèlement mis en œuvre, les conditions pourraient enfin être réunies pour ouvrir une voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien, que nous reconnaissons comme étant l’aspiration du peuple palestinien."

Fer (30-09-2025 06:39:21)

Je pensais Herodote crédible.
Si vous l'êtes réellement, un article rédigé par une personnalité palestinienne doit absolument être publié.

La négation au droit d'exister des palestiniens est la seule chose qui ressort de cet article aux relents nauséabonds.

Yves Blanc (29-09-2025 15:16:11)

Peut-on réduire l’analyse de la situation (historique ou contemporaine) en limitant l’observation aux rapports Palestine – Israël ? Je propose quatre réflexions qui ne me semblent pas être abordées dans ces échanges :
1) Hérodote ne cautionne pas les propos de Monsieur Alain Michel, ne les contredit pas et ne les approuve pas plus. Il est donc selon moi hors propos de critiquer Hérodote… comme de nier la qualité d’historien de l’auteur, Ce sont ses réflexions qui appellent réflexion et non pas les qualités de l’auteur.
2) Hamas et Fatah sont-ils deux mouvements semblables ? Le Hamas est-il réellement, comme le Fatah, un mouvement de libération de la Palestine ? Question fondamentale s’il est une.
3) C’es confrontations, déclenchées l’attaque du Hamas contre Israël, peuvent-elles être analysées sans un regard sur la géopolitique moyen-orientale ? Quid du rôle de l’Iran dans le déclenchement de ces confrontations ? L’implication de l’Iran dans l’opposition entre Israël et la Palestine est-elle un fait nouveau ?
4) La signature des « Accords d’Abraham » peut-elle avoir eu un rôle déclencheur dans cette attaque du Hamas contre Israël si l’Iran est un pays qui aurait manipulé le Hamas, le Hezbollah. Les Houtis… ?

PHERSU (29-09-2025 14:02:55)

Je ne pense pas que le terme d'imbroglio soit le mieux choisi pour un tel sujet...

Arthur (29-09-2025 12:11:02)

Reconnaitre l’état palestinien, c’est bien, mais leur trouver un territoire serait mieux !
Pour résumer : les "arabes", du Maroc jusqu’aux émirats, n’aiment pas beaucoup les palestiniens et refusent de les accueillir. Les réfugiés palestiniens parqués dans les camps indignes du Proche-Orient n’ont pas d’avenir autre que de vivre aux crochets de l’UNRWA. C’est finalement peut-être ceux qui se sont "intégrés" en Jordanie qui s’en sortent le moins mal ?

ROUQUIER (29-09-2025 11:41:38)

Cet article est un torchon. Je ne me donne pas la peine de répondre. Tout est faux. Je comprends mal qu'Hérodote publie de tels propos d'un supposé "historien". Dans la logique de la pluralité d'expression sans doute ? Dans ce cas, pourquoi ne pas demander à un ancien SS d'écrire "objectivement" sur la Shoah ?
Les réponses de vos lecteurs sont dans leur grande majorité solides, construites, documentées et lucides sur la question. Je suis assez admiratif.

Alain (29-09-2025 09:19:08)

C'est un peu court d'oublier les 2000 d'histoire de ce territoire depuis le départ des juifs. La création d'Israël a impliqué un besoin de sécurité des populations qui y vivaient.

Etnic80 (29-09-2025 09:17:22)

Le nœud du problème est religieux, pour ne pas dire spirituel : pour les Juifs, leur présence sur cette terre est l'accomplissement d'antiques prophéties - et cela, même le Juif peu soucieux de transcendance en a le sentiment confus. Pour les Musulmans, lutter contre les Juifs pour la possession absolue de cette même terre est une question de djihad. Cela revêt un caractère sacré, pour les uns comme pour les autres.
Mais je reconnais qu'il est difficile d'intégrer un peu de verticalité dans la pensée occidentale actuelle.

Christian (29-09-2025 09:12:34)

Je pense, moi aussi, qu'on ne trouvera pas de solution à ce conflit en invoquant une chronologie contestée s'étendant plusieurs milliers d'années, ne reposant que sur les textes bibliques et les recherches archéologiques.

A notre époque, il existe au moins deux textes concrets qui peuvent ouvrir la voie à une "solution à deux États":

- La résolution de l'assemblée générale de l'ONU qui a décidé en 1947 la création en Palestine d'un État juif et d'un État arabe. Il est vrai que les États arabes ont refusé cette solution à l'époque, mais c'est tout de même sur cette base que l’État d'Israël a été créé en 1948 et admis à l'ONU en 1949.

- Les accords d'Oslo de 1993 qui ont instauré l'Autorité palestinienne et qui prévoient à plus ou moins long terme la création d'un État palestinien indépendant.

Même si Nétanyahou et ses amis d'extrême droite ont toujours rejeté les accords d'Oslo, il faut rappeler qu'en droit international, les gouvernements sont en principe tenus de respecter les accords signés par leurs prédécesseurs. Force est de constater, malheureusement, que cette règle n'est pas toujours respectée: c'est ainsi que l'Allemagne a délibérément violé en 1914 les traités signés par la Prusse qui garantissaient la neutralité de la Belgique et du Luxembourg, ou que l'actuel président russe a violé les accords signés par son prédécesseur qui garantissaient l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Ukraine, avec toutes les conséquences funestes que nous connaissons...

Christian (29-09-2025 08:45:56)

Je pense, moi aussi, qu'il est vain de rechercher dans la Bible et dans l'archéologie une chronologie remontant à plusieurs milliers d'années pour justifier l'occupation de la PAtrès loin une "chronologie" dans l'occupation du territoire de Palestine, chacun pouvant se prévaloir d'une histoire particulière. La bible, en l'occurence, n'est pas un livre d'histoire susceptible d'être reconnu par tous, et l'archéologie a prouvé l'impossibilité de faire coïncider le texte biblique avec des lieux précis à un moment donné. C'est pourquoi la seule référence acceptable par tous est la décision votée par l'ONU en novembre 1947, avec deux Etats et une ville internationale, Jérusalem.

Georges (29-09-2025 08:42:09)

Pour accroitre la compréhension de la situation d'aujourd'hui, je vous invite à prendre connaissance du regard que porte Gilles Kepel dans son livre "Le bouleversement du Monde", la version actualisée, édition Pocket, dépôt légal avril 2025, ISBN 978-2-266-34711-2

xuani (28-09-2025 21:40:51)

Bonsoir,
Je rejoins le commentaire de M. Bisson. On a effectivement l'impression qu'une terre est restée dans un trou noir pendant des siècles, et il faut faire une petite opération mathématique pour comprendre qu'avant 1920 il y avait tout de même 800 000 arabes qui vivaient là.
La dernière phrase de l'article tombe comme un cheveu sur la soupe; on n'aperçoit pas en quoi ce qui précède la démontre. Peu importe quand est né, ou non, un sentiment national (je suis belge; y avait-il un sentiment national belge avant 1830? Et ne me dites pas qu'il n'y en a toujours pas! Il y en a au moins un, le mien ;o)). Que proposez-vous, Monsieur Michel, pour régler le sort de milliers de gens aujourd'hui échoués dans les camps de réfugiés? Il me semble que leur donner la protection d'un Etat serait un premier pas, non?

LONGUET (28-09-2025 21:07:46)

Bonsoir,
Je pense que Monsieur Alain Michel se plante complètement. Il raisonne en tant que Rabbin, ce que je respecte totalement. Mais la Palestine n'a pas attendu l'arrivée de Juifs pour "grandir".
Je vous serais reconnaissant de lire avec attention ce qui suit, que j'ai copié depuis un autre site,"France Palestine Solidarité". Vous allez me dire que c'est un site également partisan; certes. Mais cela permet d'avoir une autre opinion.
Bonne lecture.
Jean-Marc


Il existe un pays qui s’appelle la Palestine, et on y fait référence depuis de nombreux siècles.

Photo : La Porte Jaffa à la fin du 19eme siècle.

Il existe un pays qui s’appelle la Palestine, et on y fait référence depuis de nombreux siècles. Les Romains utilisaient déjà une version de ce nom, tout comme les Byzantins, qui les ont remplacés, et l’empire islamique qui, au septième siècle, s’est emparé de la Palestine et a utilisé le terme "Jund Filastin" pour nommer le district qui constitue aujourd’hui la Palestine. À partir du XVIe siècle, les Occidentaux et les habitants des mondes arabe et musulman ont désigné la terre sous le nom de Palestine. Ainsi, il existe une histoire séculaire d’un lieu géographique appelé Palestine, où différentes formations politiques sont apparues au fil des ans. Les personnes qui y vivaient, qu’elles soient chrétiennes, juives ou musulmanes, étaient des Palestiniens (les personnes de confession juive constituaient la plupart du temps environ 1 % de la population et ont ensuite atteint environ 10 % ; mais lorsque le sionisme est apparu, la plupart d’entre elles n’ont pas adhéré à cette idéologie).

À l’ère moderne du nationalisme, qui est arrivé au Moyen-Orient au début du XIXe siècle, le nouveau mouvement national souhaitait initialement créer un État panarabe en Méditerranée orientale, puis un État pan-syrien. Mais dans tous les cas, les deux mouvements nationaux ont reconnu la Palestine comme faisant partie de ces projets.
Au cours des dernières années de l’Empire ottoman, Istanbul a tenté de réorganiser ses districts de manière à mieux correspondre aux identités ethniques, religieuses, culturelles et confessionnelles spécifiques. Bien que la Palestine ottomane tardive fut composée de trois districts de ce type, le principal, le district de Jérusalem, incluait la majeure partie de la Palestine en reconnaissance de l’identité palestinienne unique. Il n’est pas surprenant que le journal Falastin soit apparu à Jaffa en 1911.

Lorsque les universitaires, les médias et les élites politiques occidentaux font référence à la "Palestine", ils désignent la Cisjordanie et la bande de Gaza. Lorsqu’ils font référence aux Palestiniens, ils désignent ceux qui vivent en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Il s’agit d’une distorsion non seulement d’un point de vue moral ou politique, mais aussi d’un point de vue académique et savant.

Tout au long du XIXe siècle, les habitants de la Palestine avaient leur propre dialecte, le tissu de coexistence particulier d’une société composée de plus d’une religion, et une relation complexe entre propriétaires fonciers et locataires qui était bien plus juste que le système féodal européen. La Palestine jouissait également d’une vie urbaine florissante, menée par une élite moderne instruite, qui devenait de plus en plus nationale au fil des ans. En Méditerranée orientale, on disait que les livres étaient écrits au Caire, imprimés à Beyrouth, mais lus à Jaffa. L’érudition et le système éducatif du pays étaient très développés, bien qu’il ait fallu plus de temps pour qu’il devienne un système moderne en termes d’éducation et d’alphabétisation des femmes.

Même lorsque les puissances coloniales ont divisé le monde arabe oriental en États-nations dans le cadre de leur objectif de division et de domination, après la Première Guerre mondiale, elles ont reconnu la Palestine dans ces arrangements comme un espace géopolitique bien défini. Dans l’ acte célèbre qui constitue l’une des plus grandes injustices historiques, la Grande-Bretagne - qui s’était vu confier le rôle responsable de puissance mandataire sur la Palestine, à savoir l’aider à atteindre l’autodétermination, l’indépendance et la modernisation, comme elle l’a fait en Irak et en Égypte - a trahi cet engagement en insérant dans la charte du mandat la tristement célèbre déclaration Balfour. Lorsque cette déclaration fut faite en novembre 1917, ce n’était pas un document très important. Il s’agissait d’une lettre envoyée par le ministre britannique des Affaires étrangères au chef informel de la communauté anglo-juive, Lord Rothschild, promettant la construction d’une patrie pour les Juifs en Palestine (à l’époque, les Anglo-juifs la soutenaient comme une solution pour les Juifs d’Europe de l’Est, et non pour tous les Juifs du monde ; leurs dirigeants ne rêvaient pas de quitter la Grande-Bretagne pour la Palestine, d’abandonner leur citoyenneté britannique ou de renier leur nationalité anglaise). Il devint un document important quand il fut incorporé dans la charte mandataire en1922 et il guida la politique britannique sur le terrain.

Si la Grande-Bretagne, pendant la durée de son mandat (1918 à 1948), n’a pas permis aux Palestiniens de construire la Palestine qu’ils méritaient (elle insistait sur le fait qu’il n’y avait pas de Palestiniens, mais seulement des musulmans et des chrétiens), elle aida le mouvement sioniste à construire un État dans l’État (par exemple, contrairement aux Palestiniens, les sionistes ont été autorisés à ouvrir une université, à avoir un système d’éducation nationaliste, à construire une armée et à prendre en charge l’économie et le marché du travail). Les autorités du Mandat ont également fermé les yeux sur les premiers projets de nettoyage ethnique des villageois palestiniens qui ont débuté au milieu des années 1920.

Et pourtant, les Palestiniens n’ont pas capitulé pendant la période mandataire, mais se sont battus pour une Palestine pour les Palestiniens, comme l’ont fait les Syriens, les Irakiens et les Égyptiens. Le grand moment a été la toute première Intifada de l’histoire moderne de la Palestine, qui a éclaté en 1936. La Grande-Bretagne a utilisé la force brutale, l’aviation et un grand nombre de troupes (assistées par des groupes paramilitaires sionistes) pour réprimer la révolte, et il leur a fallu trois ans pour y parvenir. Au final, ils ont tué, blessé, exilé et arrêté l’élite palestinienne qui aurait pu aider les Palestiniens en 1948, lorsque les sionistes ont commencé l’opération de nettoyage ethnique, que nous appelons tous la Nakba.

Face à l’aide diplomatique et militaire internationale apportée au mouvement sioniste pendant les années du Mandat et pendant la Nakba, les Palestiniens n’ont pas pu faire grand-chose pour se sauver et sauver leur patrie. Le monde arabe, sous la pression de son opinion publique, est finalement intervenu, mais trop peu et trop tard. Le mouvement sioniste s’est emparé de 78 % de la Palestine et a expulsé la moitié de sa population par la force. Ce faisant, il a détruit la moitié des villages de Palestine, démoli la majeure partie de son espace urbain et tué des milliers de Palestiniens dans plus de 30 massacres qui ont accompagné l’opération de nettoyage ethnique : un crime contre l’humanité.

Le monde était indifférent. L’Europe considérait ces événements comme un détournement par rapport à ce que nombre de ses gouvernements et États avaient fait aux Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ; les États-Unis cherchaient des alliés dans la guerre froide naissante ; l’Union soviétique aidait les sionistes, pensant pouvoir les recruter pour soutenir leur camp ; et les Nations unies légitimaient l’idée de l’État juif, alors que tout ce qu’elles pouvaient offrir aux Palestiniens était de se contenter de la moitié de leur patrie - ce que les Palestiniens avaient rejeté à juste titre avant la Nakba. Après la Nakba, le monde tenta de persuader les Palestiniens d’abandonner définitivement tout espoir d’autodétermination et d’indépendance en Palestine.

Heureusement, le Sud mondial a ensuite changé d’avis sur la Palestine, tout comme la gauche en Occident, et d’autres sections de la société civile ont suivi. La nouvelle lutte de libération de la Palestine, relancée au milieu des années 1960, était considérée par beaucoup comme une lutte anticoloniale légitime. Elle souhaitait libérer la Palestine historique, et non une petite partie de la Palestine, et tous les Palestiniens, et non seulement une petite partie des Palestiniens (c’est pourquoi le droit au retour des réfugiés était un élément important de son programme ; un droit qui avait déjà été reconnu par les Nations unies en 1948).

Israël et l’Occident ont réussi à faire passer cette lutte juste et anticoloniale pour du pur terrorisme. Et dans ce cadre, en 1982, le mouvement de libération a subi sa plus grande défaite depuis la Nakba avec l’invasion israélienne du Liban et le renvoi de l’OLP à Tunis.

Mais les Palestiniens n’ont pas cédé. Et même après un autre revers, léger mais assez désastreux, les accords d’Oslo de 1993, la plupart des Palestiniens considèrent toujours la Palestine comme la Palestine historique (c’est-à-dire non seulement la Cisjordanie et la bande de Gaza). L’OLP a accepté en 1993 de concéder 78 % de la Palestine dans l’espoir qu’au moins les 22 % restants deviennent un véritable État palestinien souverain - une vision qu’Israël n’aurait pas acceptée à l’époque et qu’il n’est pas prêt à jamais concéder à l’avenir. Le résultat est visible jusqu’à présent. L’Autorité palestinienne dirige moins de 20 % de la Cisjordanie, et les dissensions avec le Hamas dans la bande de Gaza ont conduit à la création d’une autre enclave dans cette région (la bande constitue 2 % de la Palestine historique).

C’est le moment de rappeler que jusqu’en 1948, il n’y avait ni Cisjordanie ni bande de Gaza. C’était toute la Palestine, et malgré tout ce qui s’est passé depuis, pour la plupart des Palestiniens, Haïfa, Jaffa et le Naqab (Néguev) font toujours partie de la Palestine. Si vous demandez à des réfugiés internes en Israël ou à des habitants de camps de réfugiés, où qu’ils se trouvent, ils vous diront d’où ils viennent en Palestine, eux, leurs parents, ou maintenant déjà leurs grands-parents.

La Palestine historique existe toujours, même dans les manuels scolaires de l’Autorité palestinienne et dans la nouvelle discipline académique émergente et passionnante qu’est l’étude de la Palestine, qui compte désormais dix centres dans le monde entier, dans les universités les plus respectées. Elle est apparue dans des films, des pièces de théâtre et des chansons et reste à jamais dans la mémoire et l’imagination des Palestiniens et de tous ceux qui les soutiennent sincèrement. Le maillot n° 11 du Club Palestino de Santiago du Chili montrera toujours deux contours de la Palestine historique, chacun représentant le chiffre 1. Et cet emblème existe sous forme de pendentif au cou de nombreuses femmes et hommes palestiniens, ainsi que sur des photos, des tapisseries et des broderies exposées dans leurs maisons. La Palestine est mentionnée dans trois hymnes nationaux : Mawtini, Fidai, et Biladi.

Pourtant, l’ensemble de la Palestine historique est sous domination israélienne directe et indirecte. La solution à deux États est morte, et la lutte de libération est maintenant, comme elle l’a toujours été, une lutte pour décoloniser la Palestine historique et en faire un lieu libre pour tous ceux qui y vivent et y vivaient. Une fois cet objectif atteint, la Palestine historique deviendra la Palestine de l’avenir.

Pépé (28-09-2025 19:51:44)

A la lecture de cette chronique, seule la disparition des Palestiniens pourrait mettre fin à ce conflit. C’est a quoi s’emploie Israël, ou, du moins ses dirigeants. Par contre, c’est la communauté internationale qui a créé la question juive, avec, comme point culminant, la Shoah. On les a poussé en territoire à domination musulmane. Israël étant un fait acquis, la solution à deux états, surtout à cause des colonies, étant une utopie, on fait quoi?

Louis Bisson (28-09-2025 18:36:04)

Bonjour, la lecture de cet article laisse un sentiment d’une pensée inachevée. Que veut nous dire ou nous apprendre M. Michel? Les Palestiniens n’existaient pas et à ce titre ne sont pas légitimes à excerer des droits politiques. Cette terre depuis la plus haute antiquité était seulement peuplée par le peuple d’Israel? Denys le Périegete n’a t’il pas décrit la splendeur de Gaza au IIémé siécle et avant lui Nicolas de Damas? Avec M. Michel, nous comprenons que l’histoire s’est arrêtée en 586 avant notre ère puis a repris avec le sionisme moderne, la déclaration Balfour puis la déclaration d’indépendance de 1948. Nous avons du mal à relever ce qui relève du mythe ou de l’histoire avec les enjeux géostratégiques de la région, la décomposition des empires coloniaux et la rivalité des impérialismes. Cordialement

romettino (28-09-2025 18:07:56)

Alain Michel n'est pas un historien sérieux, et je m'étonne que Herodote le fasse passer pour tel.
Cf cet extrait de la fiche wikipedia
La thèse d'Alain Michel apparaît en effet en contradiction avec l'historiographie contemporaine et les archives disponibles[10],[8],[11]. On a en effet établi que si les Juifs d'origine étrangère ont été les premiers à être déportés, des Juifs de nationalité française l'ont également été dès l'été 1942, notamment lors de la rafle du Vél d'Hiv où plus de 4 000 enfants français ont été envoyés en déportation sur ordre de Vichy[10], sans qu'aucun n'y survive. De même, la Loi portant statut des Juifs du 3 octobre 1940 est annotée de la main même de Pétain, d'un texte visant à durcir le sort des Juifs même en zone libre[10].

En janvier 2021, l'historien Laurent Joly revient sur ces épisodes[12] :

« Ce n’est qu’en 2012 qu’un premier véritable essai de prise en charge scientifique de la thèse du « moindre mal » a vu le jour. Dans Vichy et la Shoah. Enquête sur le paradoxe français (CLD éditions), l’historien israélien Alain Michel fonde l’essentiel de son argumentation sur les justifications d’après-coup de Pétain, Laval, Bousquet, et affine les statistiques de la déportation raciale. Ses savants calculs l’amènent à conclure que seuls 8 % des Juifs français (parmi lesquels il ne compte pas les enfants d’étrangers nés en France et par conséquent, pour la plupart d’entre eux, faits français à titre définitif par la loi !) ont été déportés, et que donc Vichy a très largement protégé ces derniers. Naïvement, il confie au début de son livre avoir été ébranlé par sa rencontre avec le gendre de Laval, René de Chambrun ; et ne se cache pas de vouloir faire un sort à la « doxa » incarnée par Robert Paxton et Serge Klarsfeld. Le tout sans pratiquement la moindre recherche en archives ! Aucun chercheur digne de ce nom n’a pris au sérieux une démonstration aussi faible, et une prétention aussi mal fondée...). »

Pour l'historien Tal Bruttmann, Alain Michel est un faussaire qui disqualifie les documents ou manipule les faits[13].

L'ouvrage, qui selon Laurent Joly a « suscité la consternation des spécialistes », est utilisé par le polémiste puis homme politique d'extrême droite Éric Zemmour pour falsifier l'histoire[14].
Son ouvrage Vichy et la Shoah : enquête sur le paradoxe français

Herodote.net répond :
Sachez que nous n'utilisons pas wikipedia car ce média n'est en rien un site de référence, surtout en matière d'Histoire contemporaine.
Herodote.net a confronté les analyses d'Alain Michel et Laurent Joly. Ce sont des historiens consciencieux qui ont l'un et l'autre consacré leur vie professionnelle à essayer de comprendre les ressorts de la Collaboration. Il est normal qu'ils aient des points de divergence et cela ne les disqualifie ni l'un ni l'autre.

Trelab (28-09-2025 17:43:02)

Je pense vain de rechercher très loin une "chronologie" dans l'occupation du territoire de Palestine, chacun pouvant se prévaloir d'une histoire particulière. La bible, en l'occurence, n'est pas un livre d'histoire susceptible d'être reconnu par tous, et l'archéologie a prouvé l'impossibilité de faire coïncider le texte biblique avec des lieux précis à un moment donné. C'est pourquoi la seule référence acceptable par tous est la décision votée par l'ONU en novembre 1947, avec deux Etats et une ville internationale, Jérusalem.
Pendant le mandat britannique, qui reprend presque les frontières de la province de l'empire turc, les habitants arabes sont incontestablement plus nombreux que les habitants juifs. Le terrorisme à l'oeuvre est à l'époque le terrorisme juif (Irgoun).
Plusieurs lacunes et "oublis" étonnent :
- Ben Gourion proclame l'Etat d'Israël 48 heures avant le calendrier prévu et fait plus référence à la bible qu'à la résolution de l'ONU.
- Israël avait-il le droit de garder ses conquêtes territoriales en 1949 ?
- la guerre des 6 jours était une guerre préventive, condamnée par la France du général de Gaulle. C'est à cette époque que l'idée d'un grand Israël prend forme sur le plan politique, même si la doctrine officielle reste "la terre contre la paix". Les blocages viennent déjà aussi des extrémistes juifs.
- Si cette paix est signée avec l'Egypte, c'est bien parce qu'Israël rend le Sinaï.
- Les accords d'Oslo se sont surtout heurtés aux différents refus de la droite et de l'extrême droite israélienne (assassinat d'I. Rabin) sur des points que les accords d'Oslo n'avaient pas totalement réglés : le droit au retour, le statut de Jérusalem, la colonisation...
- La poursuite systématique de la colonisation juive en Cisjordanie, contraire au droit international, dont l'auteur ne dit pas un mot, est une cause majeure de l'impossibilité de négocier.
- Il est documenté désormais que le Hamas a été favorisé par Israël à ses débuts pour mieux diviser les Palestiniens et rendre toujours plus difficile la création d'un Etat de Palestine.
- Si le reconnaissance de l'Etat de Palestine n'a pas de portée concrète, on comprend mal pourquoi l'actuel premier ministre israélien réagit avec une telle violence.

jgrens (28-09-2025 16:39:21)

Cette histoire romancée de la question palestinienne est empreinte de mauvaise foi. La question de savoir si le nationalisme juif est plus ancien que le nationalisme palestinien est sans intérêt. Le nationalisme prend des formes variées selon les époques. Contre la colonisation turque, il était naturel au nationalisme arabe de présenter un front uni et de vouloir restaurer une grande nation arabe. Après le dépeçage du Moyen-Orient entre colonialisme britannique et français, tout naturellement le nationalisme a pris la forme des nouvelles entités politiques. Quant au mythe des Arabes attirés en Palestine par les entreprises des colons juifs, c’est une affabulation pure. Les colons juifs embauchaient des nouveaux immigrants juifs, pas des Arabes qu’ils seraient allés chercher à l’autre bout du Moyen-Orient. D’ailleurs même dans les calculs de l’auteur, on voit que 900 000 des habitants arabes de la Palestine en étaient originaires. Qu’il y ait eu des mouvements migratoires (dans les deux sens) entre les Arabes de Palestine et ceux de Syrie, c’est probable. Mais il n’y a jamais eu d’afflux significatif de migrants attirés par les activités industrielles des colons juifs. De toute façon, demeure le fait écrasant, massif, irréfutable, que les colons juifs se sont installés dans les terres occupées par les Arabes sans tenir compte de leur présence. Le sionisme théorique a ignoré le fait arabe dans tous ses textes. Quand le colonialisme juif s’est retrouvé confronté à la réalité arabe en 1947-48, il a procédé au nettoyage ethnique systématique de ce qui allait devenir l’État d’Israël (plan Daleth mis au point par Ben Gourion). Le malheureux Yasser Arafat n’a rien eu à refuser à Camp David car on lui refusait tout, à commencer par le retour des expropriés jamais compensés de 1947-48. Une paix qui ne reconnaît pas le crime originel d’Israël n’est pas la paix, c’est une capitulation. Les Arabes chassés de leurs foyers en 1947-48 doivent avoir le droit de retrouver leurs biens et pour ceux qui ne voudraient pas revenir, être pleinement compensés. Il n’y a d’avenir en Palestine que pour un État binational juif et arabe.

Vir_Lac (28-09-2025 16:23:46)

Voilà un article qui a l'avantage de remettre les choses en place à une époque où cet imbroglio palestinien fait perdre la tête au monde entier.

JOLLY (28-09-2025 15:36:22)

Il est erroné d'écrire que les troupes françaises ont conquis la Syrie à la fin de juillet 1920. La France a reçu mandat de la part de la SDN sur le Liban et le Syrie après la disparition de l'Empire ottoman au même titre que la Grande-Bretagne a reçu mandat sur la Mésopotamie et la Palestine. Ce partage a été préparé lors de la Conférence de San Rémo en avril 1920 et entériné lors du traité de Sèvres du 10 aoüt 1920.

Crocodile (28-09-2025 15:35:06)

Les supposés "arabes-palestiniens-musulmans" sont de perpétuels incompris et persécutés par les très mauvais "blancs" et le très maudits et infidèles "juifs - qui sont "blancs" eux-aussi...
Étrangement les pays qui se disent les plus arabes et musulmans (ils n'en sont pourtant pas pour l'ethnie arabe) comme l'Algérie ne cessent de crier que les "juifs" doivent être rejetés à la mer... Et les manifestations de haines se succèdent. Étrangement les pays comme l'Algérie n'acceptent pas de recevoir les palestiniens comme réfugiés... Mais qu'importe, les pays du Maghreb (y compris le Maroc) sont bien aises de crier contre Israël... Cela permet de cacher sous le tapis leur propres incuries des affaires d'État...

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