3 septembre 2025. Le Premier ministre François Bayrou s’est donné pour mission d’assainir les finances publiques de la France, plombées par trois décennies de politiques « laxistes ». La dette a en effet bondi de 60% en 1999 à plus de 110% du Produit intérieur brut (PIB ou richesse nationale) en 2024...
Est-ce inquiétant ? Pour en juger, rappelons-nous que c’est l’endettement du Trésor public qui a contraint le roi Louis XVI à convoquer les états généraux en 1789. Il s’en est suivi vingt-cinq ans de secousses politiques et militaires comme la France et l’Europe n’en avaient jamais connues !
Mais observons aussi qu’une dette himalayenne n’est pas nécessairement un drame.
Depuis son entrée en somnolence en 1989, le Japon a vu sa dette publique bondir jusqu’à plus de 200% du PIB, un record parmi les pays avancés, en temps de paix. Cela n’a pas pour autant fait chavirer la société japonaise. Au contraire...
La pression fiscale au Japon reste très faible : 33% du PIB contre 45% en France, cependant que le vieillissement de la population nécessite des efforts croissants de l’État.
Du coup, les retraités qui ont bénéficié de l’expansion triomphante des années 1960-1980, comblent par leurs prêts le déficit public. Toute entière concentrée entre les mains des épargnants japonais, la dette publique du Japon est, en quelque sorte, rien de plus qu'un impôt volontaire rémunéré.
Rien de tel avec la dette française. Une partie d’entre elle est entre les mains des citoyens français, sous la forme de contrats d’assurance-vie à taux garanti par l’État et dispensés de droits de succession. Mais plus de la moitié est aujourd'hui détenue par des fonds étrangers et soumise à l’évolution des taux d’intérêt.
Si les taux d'intérêt sur les marchés financiers venaient à bondir, l’État français serait obligé de choisir entre la banqueroute et une politique d’austérité très sévère comme la Grèce ou le Portugal en ont connue.
Malheureusement, nous observons que la France s'oblige à emprunter toujours plus à l'étranger et ne peut, à la différence du Japon, faire davantage appel à l'épargne nationale, pourtant très abondante...
Dérapage des comptes publics : coupables, les retraités et les partis ?
Sur les raisons de ces blocages, le Premier ministre a un diagnostic tout trouvé. Il a déclaré sur TF1, le 27 août, que la dette avait été augmentée pour « le confort de certains partis politiques et des boomers ». Les boomers, rappelons-le, désignent la génération née juste après la Seconde guerre mondiale et qui est aujourd'hui retraitée.
Il en déduit des remèdes tout aussi illusoires qui enflamment les réseaux sociaux, comme la suppression de deux jours fériés ou la réduction des franchises sur les frais de santé. Ces remèdes visent rien moins qu'à accroître la pression fiscale, déjà parmi les plus élevées du monde...
Si personne ne conteste le montant de la dette publique, le plus inquiétant est que rien ne semble devoir enrayer sa progression et ce ne sont pas les appels au réarmement et à la guerre contre la Russie qui vont nous rassurer.
Que dire du diagnostic de François Bayrou ?
• Que certains partis, sinon tous, portent une responsabilité, c’est l’évidence puisque la dette résulte par définition de choix politiques.
• Que les « boomers » y contribuent, c’est incontestable par le fait qu’ils représentent près de la moitié des citoyens qui se déplacent pour voter. Ils déterminent donc les orientations des partis de gouvernement, dont ceux de François Bayrou et Emmanuel Macron.
Reste à se demander pourquoi les partis et leurs électeurs ont fait ce choix d’augmenter la dette publique année après année depuis un quart de siècle…
Le décrochage de l'An 2000 : la faute aux 35 heures ?
Remontons à la fin du XXe siècle. La France est encore affectée par un chômage de masse (10% de la population active) mais son industrie se porte bien et compte beaucoup de champions mondiaux dont Péchiney, Lafarge, Alcatel, Thomson, Technip, Renault, PSA, etc.
Plus important encore, le solde commercial (différence entre les exportations et les importations de biens) est positif, année après année. En 1999, il est de +8,5 milliards d’euros. La même année, la dette publique n’est encore que de 60% du PIB, ce qui est un seuil raisonnable d’autant que les deux tiers sont détenus par des nationaux.
Dès l’année 2000, le solde commercial de la France va devenir négatif et le demeurer jusqu’à ce jour (-98 milliards d’euros en 2023). Quant à la dette publique, elle va amorcer une montée irrésistible et quelques poussées de fièvre motivées par les crises (crise des « subprimes » en 2007 ; Covid en 2020-2021). Dans le même temps, les fleurons industriels de la France vont disparaître ou se racornir à l’image de tous ceux cités plus haut.
Cela dit, le chômage a nettement régressé mais il s’agit d’une illusion d’optique : les emplois perdus d’ingénieurs et d’ouvriers qualifiés ont été plus que compensés par les recrutements dans les associations et les administrations et les créations d’emplois à faible valeur ajoutée : livreurs, hommes de ménage, etc.
Que s’est-il donc passé pour qu’on en arrive là ? La droite et le patronat ont longtemps accusé de ce marasme la loi Aubry du 13 juin 1998 : en ramenant de 39 heures à 35 heures la durée hebdomadaire légale du travail salarié à salaire constant, elle a brutalement accru de près de 10% le coût du travail.
Reste que cette loi a été amendée au cours des années jusqu’à être quasiment vidée de son contenu. Les 35 heures ont été digérées par les entreprises et les Français ne travaillent pas vraiment moins de temps dans l'année que leurs partenaires.
Cela étant, le déficit commercial perdure, le jeu de massacre des industries se poursuit... et la dette publique n'en finit pas de monter. Voyons ce qui relie ces phénomènes entre eux.
La France s'endette faute de combler son déficit commercial
On a vu que, depuis 2000, les importations de la France dépassent année après année ses exportations. Le déficit commercial, c'est autant d'argent qui part à l'étranger et fait défaut aux circuits d'échanges intérieurs.
Quand une usine ferme, faute de débouchés à l'étranger, son personnel se voit privé de revenus et donc ne fait plus tourner les commerces alentours. L'usine elle-même ne fait plus appel à ses fournisseurs locaux... Pour éviter des faillites en cascade, l'État se doit donc d'intervenir.
Avant le traité de Maastricht sur la monnaie unique, cela lui était facile : il laissait filer le cours de la monnaie ou dévaluait celle-ci, ce qui rendait les produits étrangers relativement plus chers et moins attractifs que les produits nationaux.
C’est ainsi qu’entre 1949 et 1989, on est passé d’un franc français pour un mark allemand à trois francs français pour un mark. Ces d'évaluations successives n’ont pas affecté le moins du monde le dynamisme de la société française et le niveau de vie de ses habitants car elles ont permis au solde commercial de rester peu ou prou à l’équilibre en dépit des errances politiques... Ainsi, après les accords de Grenelle de mai 1968 qui ont vu les salaires augmenter très fortement, le gouvernement a pu corriger en août 1969 la dégradation du solde commercial par une sévère dévaluation de la monnaie.
Avec la création de la monnaie unique, le remède est devenu inopérant, l’État n'ayant plus la main sur la monnaie. La France étant malgré tout obligée de combler les pertes de numéraire consécutives au déficit commercial, elle a choisi de recourir à l'emprunt sur les marchés étrangers.
On voit ici la différence de nature entre la dette française et la dette japonaise : le Japon a une balance commerciale plus ou moins à l'équilibre, ce qui le dispense d'emprunter a l'étranger.
La monnaie unique, un « cadeau du ciel »
Libérée de la pression monétaire, la classe politique française s’adonna à l'emprunt avec une secrète jubilation.
Qui se souvient de la « cagnotte » de 2000 ? La dette publique était alors de trente milliards de francs inférieure aux prévisions. Plutôt que de la maintenir à ce bas niveau, le Premier ministre Lionel Jospin et le président Jacques Chirac s'empressèrent de faire plaisir à leurs électeurs en supprimant la vignette automobile, une taxe aux vertus écologiques, mais impopulaire comme l'est tout impôt.
C'est qu'à cette date était entré en vigueur du traité de Maastricht sur la monnaie unique. L'euro, porté par la solidité de l’économie allemande, inspirait une confiance indéfectible aux financiers internationaux et les États européens pouvaient ainsi emprunter pour presque rien.
Les États du sud (le « Club Med » : France, Portugal, Espagne, Italie, Grèce) n’ont pas manqué d’en profiter en multipliant les dépenses sociales (France) et les investissements disproportionnés (Grèce).
En France, disparaissaient nos champions industriels, frappés de plein fouet par une concurrence allemande ou chinoise qui ne rencontrait aucun obstacle tel que barrières douanières ou réévaluations monétaires.
Mais qu'importe. Les pertes de monétaire liées au déficit commercial furent comblées d'une part par des cessions d'actifs à l'étranger (entreprises, vignobles, etc.), d'autre part par les emprunts de l’État sur les marchés étrangers.
L'État n'étant pas en capacité de recréer des emplois industriels, il a développé a l'extrême son seul savoir-faire : produire des fonctionnaires de bureau et distribuer l'argent, en particulier aux associations... Ainsi fut préservé envers et contre tout l'ordre social.
La fête a duré jusqu’à la crise des « subprimes » de 2008. Durement secoués, les États méditerranéens n’ont eu d’autre choix qu’une politique d’austérité très sévère au terme de laquelle ils ont eu la satisfaction de redresser les comptes publics.
Le mirage de l’impunité se dissipe
Pourquoi la France a-t-elle échappé à la sanction ? Parce que c’est la France justement, un pays qui fut il y a deux siècles le plus riche et le plus puissant du monde (hormis la Chine) et qui était encore il y un demi-siècle respecté pour son immense patrimoine culturel mais aussi économique et industriel.
Les prêteurs se sont longtemps dit qu’en cas de crise majeure, l’État français saurait imposer à ses citoyens les impôts supplémentaires rendus nécessaires par le paiement des intérêts de la dette. Et dans le cas improbable d’une banqueroute, ils trouveraient toujours à se rembourser sur les actifs du pays, par le rachat de ses entreprises, laboratoires, services publics, brevets, vignobles, châteaux, etc.
La France a ainsi pu continuer jusqu'à ce jour à « engraisser » en toute impunité les administrations et multiplier les bonnes œuvres grâce à ses emprunts : plusieurs dizaines de milliards d'euros par an... soit l'équivalent peu ou prou du déficit commercial.
Mais la magie du passé s’est évanouie et les marchés financiers pourraient se montrer moins accommodants. L’État français est déstabilisé et si l’on en croit les dernières statistiques, l’Italie serait en passe de dépasser la France pour la richesse par habitant ! Le temps serait-il venu de vraies réformes de structure ? Adieu les placebos façon suppression de jours fériés ou réduction des franchises sur les frais de santé...













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Christian (13-09-2025 10:23:35)
L'instabilité politique s'ajoute désormais aux incertitudes économiques qui remontent en fait au premier choc pétrolier, puisque le dernier budget présentant un solde positif remonte à 1974.
Avec la chute du gouvernement Bayrou, nous en sommes désormais à 7 premiers ministres depuis 2017, soit une durée moyenne de moins d'un an et demi pour chaque premier ministre si le gouvernement Lecornu tient jusqu'à la fin du quinquennat, ce qui est loin d'être gagné. Le record du quinquennat Hollande (3 premiers ministres en 5 ans, soit une durée moyenne de 20 mois) est battu, ainsi que celui des deux septennats Mitterrand (7 premiers ministres en 14 ans, soit une durée moyenne de 2 ans).
A noter que la durée moyenne des autres premiers ministres a été de 2 ans et demi sous Pompidou, de 3 à 3 ans et demi sous Chirac, De Gaulle et Giscard... et de 5 ans sous Sarkozy, le seul à avoir conservé le même premier ministre pendant toute la durée de son mandat.
Bernard (11-09-2025 11:47:09)
L’endettement de la France (3 500 milliards, sans compter le « hors bilan » – c’est-à-dire les engagements à long terme de l’Etat et de ses satellites plus les prêts garantis par l’Etat – qui font bondir ce total à 7 000 milliards, soit 100 000€ par Français, bébé compris, ou 400 000€ par famille moyenne, ou encore plus de 1 000 000€ par famille solvable) est devenu tellement phénoménal qu’il met en péril, non seulement la construction européenne, mais aussi le système financier international.
Aux causes mentionnées dans l’article, une - tel l’éléphant dans la pièce - n’est pas mentionnée : une immigration de peuplement faiblement contributive, gouffre à prestations de toute nature et forte consommatrice de services publics (logements, écoles, hôpitaux, transports, justice, police, destructions diverses, etc.). Selon la Cour des comptes (cf. les travaux de Charles Prats), le coût de l’immigration est au minimum de 50 milliards par an (soit environ un milliard par semaine !). Et ce coût est exponentiel. Au demeurant, si on compare la croissance de l’endettement de la France avec celle de l’immigration depuis 1974, on constate qu’elles sont à peu près parallèles. Ne serait-ce qu’à ce titre, et n’en déplaise à certains partis en quête de nouveaux électeurs après avoir trahi les leurs, la submersion migratoire ne pourra continuer.
Une seconde cause résulte de l’UE. D’une part, la France est depuis l’origine contributive nette au budget européen. Cette hémorragie financière qui revient à financer des concurrents qui ruinent nos agriculteurs et tuent à petit feu notre industrie, s’est singulièrement accentuée depuis le Brexit et frôle aujourd’hui les 15 milliards par an, montant énorme si on le compare par exemple à un budget comme celui de la Justice (10 milliards) et alors qu’on s’efforce de grapiller quelques milliards sur les retraites et les retraités. D'autre part, l’Euro, véritable drogue à l’endettement facile, est, comme le souligne à juste titre l’article, venu parachever un système structurellement destructeur. En gros, il aide la France à s’endetter mais pour subventionner ses concurrents.
Une troisième cause, plus technique, est rarement évoquée. Tant que la France était indépendante, l’Etat pouvait emprunter pratiquement gratuitement à la Banque de France. Désormais, captif de l’UE et à l’Euro, il ne peut plus aujourd’hui emprunter qu’aux banques, aux compagnies d’assurance et aux caisse de retraites géantes comme Black Rock (11 000 milliards d’euros gérés, soit 4 fois le PIB de la France !), qui exigent naturellement une rémunération au prix du marché.
Ajoutons à cela le coup de grâce : la gestion chaotique du Covid, qui a vu un jeune président inexpérimenté, influençable et affolé enfermer tout le monde pendant des semaines pour une grosse épidémie de grippe, cela « quoi qu’il en coûte », creusant ainsi d’un seul coup la dette de 700 milliards supplémentaires, et on en arrive à la situation d’aujourd’hui, ingérable et qui risque de balayer le peu de démocratie qui reste en France.
Doc7538 (10-09-2025 10:36:05)
Le système de retraite par répartition actuel n'est rien d'autre qu'une pyramide de Ponzi! On sait comment ça finit...
Rakham (09-09-2025 16:37:06)
L,'économie, voilà un sujet particulièrement complexe.
Question : comment peut-on s'en sortir ?
Bernard (09-09-2025 13:44:54)
Quelques remarques :
Oui, l’inflation comme la dévaluation (tant qu’elles restent modérées) sont bonnes pour l’Économie. C’est ce que Keynes appelait « l’euthanasie du rentier » . Elles contraigne celui-ci à investir son bas de laine sans l’Économie réelle.
Le modèle allemand dont on nous a ressassé les mérites vient de s’effondrer : pas d’armée, pas d’investissement public, retard dans la numérisation des entreprises, industrie concentrée sur un produit dépassé et polluant, énergie polluante (lignite) ou dépendante de Poutine. Résultat : l’Allemagne est en récession ce qui n’est pas le cas de la France.
Le taux de prélèvements obligatoire est essentiellement un paramètre politique dans le bon sens du terme : choix de la société dans laquelle nous voulons vivre.
rené (09-09-2025 09:04:26)
selon votre article, le Japon s'en sort mieux , car c'est les Japonais eux-même qui financent leur déficit? Pourquoi ne pas créer un "livret d'épargne citoyen". Les intérêts de la dette restant en France, ils n’appauvriraient plus le Pays...On pourrait prévoir une carotte du genre d'une diminution des droits de successions sur ce livret, ce serait au bénéfice des générations futures qu'on dit sacrifiées par cette dette!!
Apolline CH (08-09-2025 14:03:28)
Un nouvel excellent article de la part d'Hérodote, aussi pertinent que plaisant à la lecture ! Merci pour votre travail.
Bernard (08-09-2025 12:40:54)
Quelques remarques :
Oui, l’inflation comme la dévaluation (tant qu’elles restent modérées) sont bonnes pour l’Économie. C’est ce que Keynes appelait « l’euthanasie du rentier » . Elles contraigne celui-ci à investir son bas de laine sans l’Économie réelle.
Le modèle allemand dont on nous a ressassé les mérites vient de s’effondrer : pas d’armée, pas d’investissement public, retard dans la numérisation des entreprises, industrie concentrée sur un produit dépassé et polluant, énergie polluante (lignite) ou dépendante de Poutine. Résultat : l’Allemagne est en récession ce qui n’est pas le cas de la France.
Le taux de prélèvements obligatoire est essentiellement un paramètre politique dans le bon sens du terme : choix de la société dans laquelle nous voulons vivre.
Leroux (07-09-2025 20:36:39)
Bonjour.
Je pense que la dette de l'ancien régime a joué un rôle certain dans le déclenchement de la Révolution Française dont le "citoyen de base de l'ancien régime" n'avait certainement aucune notion. La révolution n'était surtout le résultat d'une société par definition profondément inégalitaire.
Par ailleurs je suis étonné des commentaires des lecteurs; nos problèmes seraient la faute des autres , l'Europe (dont il faut sortir...), l'Allemagne trop compétitive en oubliant qu'il y a 30 ans la situation économique de celle ci était très proche de la nôtre . Oui mais voilà entre temps les Allemands ont pris les problèmes à bras le corps en consentant des efforts , les mêmes adoptés par les pays du club Med européens (grece, Italie, Espagne, Portugal) avec les succès qu'on connait.
Alors assez de démagogie et attaquons nous à de vraies réformes de structure sinon les mêmes causes produiront les mêmes effets !
Michel Pod (07-09-2025 18:58:17)
Ce n'est pas nous - les Boomers - qui avons décidé de verser - je résume - en 1945 des retraites à des gens qui n'avaient jamais cotisé. Au lieu, comme c'était prévu initialement que ces sommes soient placées.
Si ces cotisations avaient été placées - comme prévu initialement - actuellement nous n'aurions aucune difficulté à payer les retraites.
Le système étant malheureusement ce qu'il est, nous avons cotisés pour nos parents et nous ne nous en sommes pas plaint. Que maintenant on nous accuse de mettre en difficulté la jeunesse et de profiter de son travail : il faut quand même être gonflé pour avancer ce genre d'argument.
Même si nous avons voté - les vieux - pour ceux qui ont tenu le pouvoir depuis 25 ans à qui nous n' avons jamais donné de blanc seing pour faire n'importe quoi. On ne peut pas nous reprocher de voter pour ceux qui promettent de maintenir le pouvoir d'achat des retraités.
C'est tellement facile d'oublier d'indexer les retraites sur l'inflation. On se souvient de nos parents pour qui la retraite au fil du temps s'est éffilochée pour être à peine suffisante lorsqu'ils abordèrent un age avancé et ses handicaps.
LEGROS F (07-09-2025 18:53:07)
Je ne vois pas pourquoi il faut regretter que l'on ne puisse plus faire de dévaluation. Dévaluer c'était voler tous les porteurs français ou étrangers qui avaient des Francs. Et ce n'est pas glorieux pour nos politiques d'avoir laissé passer le mark de 1 Franc à 3 Francs à coups de dévaluations. Il vaudrait mieux favoriser l'industrie et le commerce plutôt que l'administration.
NuncDimittis (07-09-2025 15:03:57)
Le modeste citoyen à la retraite que je suis entrevoit la frêle position de notre pays depuis près de 30 ans…
En effet au tournant du siècle nous voyions déjà donc nos industries diminuer, voire fermer…
Qui donc parmi nos dirigeants, quels qu'ils soient, ne le voyait pas !
Et de nos jours, les réactions de nos assemblées nous montrent que les stratégies édifiées ne sont trop souvent qu'une bataille de cours de récréation !
Par ailleurs, les réactions de nos dirigeants -quels qu'il soient- nous montrent qu'ils confondent les causes et les conséquences d’un acte, d’une action…
Faudra-t-il encore beaucoup de scrutins trop souvent ignorés par nos dirigeants pour enfin exposer notre pays à une voie…
Je ne sais…
Roberto Casanova (07-09-2025 14:54:21)
La démocratie du peuple, par le peuple et pour le peuple consiste à redonner à la France sa souveraineté nationale et populaire. C’est à la France et et non à l’Union européenne (fédéralisée) de définir sa politique économique répondant aux intérêts nationaux, c’est-à-dire aux besoins de la population, dans le cadre d’une coopération entre les nations et d’un non-alignement avec d’autres puissances. La souveraineté, c’est pouvoir définir sa politique industrielle et commerciale et frapper sa propre monnaie. Deux questions fondamentales à soumettre à la nation par référendum : premièrement, voulons-nous ou non que la loi nationale soit supérieure à la norme européenne ? Voulons-nous oui ou non sortir de l’euro ? Si c’est oui, les Français pourront imaginer un nouveau projet en regard des enjeux climatiques et géopolitiques. Si c’est non, ils accepteront de se soumettre à une Europe fédérale sous emprise américaine dont la seule perspective sera le mirage nihiliste d’une guerre contre l’ennemi russe ou islamique
Jean (07-09-2025 14:10:18)
Les dévaluations du Franc possibles avant l'Euro donnaient au moins momentanément un regain de compétitivité mais...d'autres pays dévaluaient également. Au début des années 1990 l'entreprise industrielle dans laquelle je travaillais a beaucoup souffert de la très forte dévaluation de la Lire italienne. Également de la dévaluation de le Livre UK.
Jean
Herodote.net répond :
Ces dévaluations des années 90, dites "compétitives", n'étaient pas justifiées par le rétablissement de l'équilibre des échanges mais par le désir de chaque gouvernement de se mettre en conformité avec les contraintes imposées par le traité de Maastricht. Rien de "naturel" à cela.
DUBELLÉ (07-09-2025 14:03:27)
C'est la dette ou bien inflation et dévaluations.
Il vaut mieux l'inflation pour nous les pauvres, tant que les salaires étaient indexés. Ce n'est plus le cas. Mais vous pensez bien que cette situation était défavorable aux banques. J'ai connu cette période sous Giscard et au début du septennat de Mitterrand. Nous en avons profité notamment en empruntant pour acheter un logement.
Depuis 92, Maastricht, en gros, nous n'avons plus l'inflation, mais la dette, sauf dernièrement où nous avons inflation et dette.
Mais qu'est-ce que la dette ? Il y a une dette vertueuse (celle qui permet d'investir) et une dette morbide, celle qui permet de payer les dépenses de fonctionnement.
Il y a aussi, dans la dette, le capital et les intérêts, les seconds dépendant des premiers. Or, seuls les intérêts de la dette pèsent sur le budget de l'État. Le capital, appelé à n'être jamais remboursé, sert à calculer le montant des intérêts qui, eux, nourrissent les banques et autres prêteurs.
C'est ce chiffre qui détermine notre note pour ceux qui prêtent.
Là est la question qui repose sur les avoirs d'un pays et sur sa stabilité politique.
Cette dernière variable va peser dans la balance.
Bergès (07-09-2025 13:29:26)
Si l'on ne quitte pas l'UE et ses "Gopés", l'OTAN et l'Euro, aucune "réforme" possible. Mais l'UE tient tous les partis sans militants, financièrement…
Arouet Pantagruel (07-09-2025 13:19:24)
Bien d'accord avec JM KAËS, il devient de plus en plus évident que la seule solution qui fasse du sens est la sortie de l'UE. Depuis le déni de démocratie de 2005 et son référendum bafoué, on ne peut que constater un appauvrissement sur tous les domaines. La sortie de l'UE et l'éloignement des politiques de type argent magique et planche à billets semblent aujourd'hui beaucoup plus acceptables. La dette est un jeu de dupes. Et si on retrouvait notre souveraineté monétaire ?
Doran (07-09-2025 13:17:13)
comme d'habitude, un diagnostic parfait . Je soulignerai ,moi aussi, le côté néfaste de l'euro qui a été "la divine surprise" des politiciens et de Bercy . Plus besoin de réajustements du franc pour corriger toutes nos erreurs! Amusons nous folle ville ! Pire, la malfaisance de l' Union Européenne est maintenant évidente . Nous ne sommes plus Souverain monnaie - frontières- énergie- accords commerciaux...La conclusion s'impose si nous voulons rebâtir la France avec en priorité la reconstruction de l' Etat régalien alors qu'il est devenu au fil des années un Etat Débit Rentier servant des multitudes de clientèles, oubliant l'intérêt général et la vision de l'avenir .
Orchidoclaste (07-09-2025 11:53:06)
Bonjour. Que doit-on comprendre par s'oblige dans "Malheureusement, nous observons que la France s'oblige à emprunter toujours plus à l'étranger et ne peut, à la différence du Japon, faire davantage appel à l'épargne nationale, pourtant très abondante...
A supposer que l'option "rachat de la dette détenue par l'étranger" (quel montant ?) soit retenue que se passerait-il ?
Quel est l'incidence de la banque européenne et l'obligation d'emprunter aux banques ?
Bonne réception.
JM KAËS (07-09-2025 11:36:16)
Merci Herodote et M. Larané pour cette analyse économique et historique, tout est bien résumé dans votre texte.
J’ajouterai simplement que vous n’insistez pas suffisamment sur le rôle néfaste joué par l’UE et surtout l’euro, dominés jusqu’à présent par une Allemagne où la monnaie européenne a supplanté le Mark avec succès grâce à une balance commerciale excédentaire contrairement à celle de la France. Ainsi l’euro subit une forte dépréciation chez nos voisins alors qu’il est bien trop apprécié chez nous, Maastricht 1992 étant passé par là comme vous le rappelez opportunément.
À cette situation il n’y a que deux solutions : soit on sort de l’euro et en même temps de l’UE (frexit), ce qui aurait l’avantage pour notre pays de recouvrer une politique monétaire accommodante, soit on se dirige vers une double monnaie comme vous le suggériez il y a quelque temps, un euro franc intérieur et stable pour les échanges franco français, et un euro extérieur et donc instable par nature pour les échanges de la France avec ses partenaires étrangers. Personnellement et contrairement à la pensée unique qui ne jure que par l’Europe, y compris les partis (LFI, RN et autres qui jusqu’à une période récente ne parlaient que de la quitter), je penche pour la 1e solution même si elle présente des inconvénients à court terme comme une dévaluation qui me semble nécessaire, mais des avantages à plus long terme GRÂCE justement à cette même dévaluation. La France recouvrerait ainsi une politique budgétaire (sortie d’une UE en pleine décomposition) et monétaire (monnaie nationale) qui lui rendrait sa politique de grandeur passée. « Make France great again » pour pasticher Trump et Farage.
Francesco (07-09-2025 11:10:19)
L’Etat papier n’a pas besoin de maître. Il a inventé le mouvement perpétuel !!!
Francesco (07-09-2025 10:53:49)
L’Etat papier n’a pas besoin de maître. Il a inventé le mouvement perpétuel !!!