La guerre qui vient

L’Ukraine, tombeau de l’Union européenne ?

3 mars 2025. La guerre en Ukraine a déjà duré presque aussi longtemps que la Grande Guerre de 14-18. Moins meurtrière mais presque aussi lourde de conséquences, elle est en passe d'aboutir à la ruine de l'Ukraine mais également à la soumission de l'Europe aux États-Unis. Déconnectés des réalités, les gouvernants de l'Union européenne multiplient les appels à relancer la guerre commme pour mieux dissimuler leurs échecs intérieurs et leur effacement de la scène internationale...

Voilà bientôt quatre ans que sévit la guerre dans le Donbass, à l’est de l’Ukraine. Cette guerre ressemble en tous points à la Grande Guerre  avec un front étiré sur mille kilomètres et des combattants enterrés dans les tranchées, avec aussi des effectifs comparables mais des pertes bien moindres. Notons les drones en plus.

La Grande Guerre a duré jusqu’à l’effondrement militaire du principal belligérant, l’Allemagne, et s’est soldée par une paix humiliante pour cette dernière. La guerre en Ukraine est en passe de durer aussi longtemps que son aînée et tout indique que les dirigeants européens aspirent à une issue semblable : l’effondrement et l’humiliation du principal belligérant, la Russie, au nom de la morale, du droit international et du libre choix des Ukrainiens.

Emmanuel Macron (France), Friedrich Merz (Allemagne), Keir Starmer (Royaume-Uni) et Ursula von der Leyen (Commission) répètent ainsi sur tous les tons : « Pas de compromis avec l’agresseur russe ; pas de concession territoriale ». Notons que cette défense à tout crin du droit international contraste avec la tiédeur des Européens face au calvaire de Gaza ou à l'invasion de l'Irak en 2003.

Morale mise à part et si brutal que soit Vladimir Poutine, est-il pertinent d'un point de vue simplement humain de courir après sa défaite et celle de son pays, vaille que vaille ?
• Si le régime poutinien devait s'effondrer, l'immense Fédération de Russie éclaterait et deviendrait une Libye post-Kadhafi à la puissance 100 avec 3000 kilomètres de frontières communes avec l'Union europénne et l'Ukraine ! Ces dernières auraient tout à y perdre.
• À l'opposé, une victoire totale de la Russie sur l'Ukraine, improbable aujourd'hui, serait bien sûr une catastrophe pour l'Europe mais aussi une mauvaise affaire pour le Kremlin qui devrait assumer la reconstruction du pays et affronter la résistance intérieure.
• Le risque le plus probable, au stade actuel, est que s'éternise le conflit avec, dans le Donbass, une ligne de front ou de cessez-le-feu par-dessus laquelle on continuera de se canonner de temps à autre, comme aujourd'hui sur le 38e parallèle qui sépare les deux Corées. La Russie comme l'Ukraine et l'Europe y perdraient ce qui leur reste de sève vitale...

Reste le seul scénario pertinent, tel qu'il ressort de mon livre, publié en mai 2024 : Les Causes politiques de la guerre en Ukraine...

C'est celui d'une paix de compromis comme il en allait autrefois dans les conflits intra-européens. Donald Trump, plus sensé qu'on ne le dit, semble l’avoir compris, à la différence de ses homologues européens. Sans doute se dit-il aussi que les guerres, si brutales soient-elles, finissent par être oubliées et laisser place à des relations plus ou moins normales. Ainsi en a-t-il été après l'intervention des États-Unis au Vietnam et leur agression de l'Irak…

L’oubli de la diplomatie et du compromis

Entendons-nous : la guerre est toujours un drame collectif - le pire de tous - mais il ne sert à rien de rêver d’un monde sans guerre, sans convoitise ni rivalités. La diplomatie consiste en premier lieu à éviter la guerre en ne provoquant pas inutilement tel ou tel État… C’est pourtant ce que nous avons fait en entraînant l’Ukraine à rompre avec la Russie à laquelle elle est liée de source immémoriale.

En second lieu, à défaut d’avoir pu empêcher la guerre, en l'occurrence la tentative d'invasion de l'Ukraine par la Russie, il faut savoir l’arrêter.

Nos aïeux européens, au fil d’un millénaire d’expériences douloureuses, ont innové en ce domaine comme en bien d’autres. Ils ont inventé le droit international ainsi que la diplomatie, laquelle était fondée sur l’écoute de l’adversaire et la recherche du compromis. C’est ainsi que les plus grandes guerres comme la guerre de Trente Ans, la guerre de Succession d’Espagne ou les guerres de la Révolution et de l’Empire ont pu se conclure par des congrès au cours duquel vainqueurs et vaincus ne craignaient pas de festoyer ensemble. À chaque fois, il s’en est suivi une paix durable.

La Grande Guerre a mis fin à cette tradition. Elle a ouvert la voie aux guerres totales, jusqu’à l’extermination de l’ennemi.

Malheureusement, les dirigeants de l’Union européenne, dépourvus de la culture générale qui est la « véritable école du commandement » (dixit de Gaulle) et n’ayant jamais eu à connaître la guerre, ont oublié ces leçons du passé. On l'a vu quand l’armée russe a envahi l’Ukraine le 24 février 2022.

Le président Zelensky a entraîné son peuple dans une résistance héroïque tout en étant conscient qu’une guerre prolongée pourrait être fatale à son pays. Ayant prouvé à son homologue russe que la guerre ne serait pas la promenade de santé qu’il escomptait, il a aussitôt engagé des négociations en Turquie pour un cessez-le-feu. Très vite, les diplomates des deux camps s’orientèrent vers un compromis raisonnable que Zelensky se montra disposé à accepter : renoncement à l’adhésion à l’OTAN, autonomie pour le Donbass russophone, référendum en Crimée au terme d’une période probatoire de quinze ans (comme la Sarre allemande !). 

Las, les négociations capotèrent début avril du fait des violences russes (massacre de Boutcha) et plus encore du fait des sommations du Premier ministre anglais Boris Johnson et du Secrétaire d’État américain Antony Blinken à poursuivre le combat.  

Trois ans après, nous voilà de retour à la case départ. L’illusion d’un effondrement de la Russie s’est très vite évanouie et l’armée russe progresse dans le Donbass, quoique très lentement, avec l’objectif a minima d’occuper la totalité des oblasts ou régions administratives virtuellement annexés par Moscou au début de l’invasion. 

Le président américain Donald Trump, n’ayant rien à gagner à la poursuite de la guerre, veut en finir au plus vite. Comme toujours au fil de leur Histoire, les Américains, protégés par deux océans, savent qu’ils n’ont rien à perdre à une défaite de leur camp et qu’au contraire, celle-ci peut les renforcer en affaiblissant les belligérants !

De leur côté, au contraire, les principaux dirigeants européens (Royaume-Uni, France, Allemagne) revendiquent la guerre à outrance. Ils se disent eux-mêmes prêts à la faire aux côtés des Ukrainiens et, pour se justifier, n'ont de cesse de présenter le président russe comme un « ogre » (dixit Emmanuel Macron) qui ne souhaiterait pas simplement éloigner l'OTAN de ses frontières mais se disposerait à envahir l'Europe après l'Ukraine (au rythme auquel progressent ses troupes dans le Donbass, à raison d'une centaine de km2 occupés chaque semaine au prix de quelques milliers de morts, ce n'est pas de sitôt qu'il remontera les Champs-Élysées).      

À Washington, la délégation européenne a ainsi formulé trois exigences déconnectées de la réalité du terrain et des objectifs des belligérants :
• La première est un cessez-le-feu préalable aux négociations de paix.
• Vient ensuite le refus de tout compromis territorial et le maintien du Donbass et de la Crimée russophones sous la férule de Kiev.
• Enfin des « garanties de sécurité » pour l’Ukraine qui se traduiraient par la présence de troupes européennes sur son territoire destinées à prévenir toute nouvelle agression russe.

Ces trois exigences équivaudraient à une capitulation de la Russie :
• Le cessez-le-feu ferait perdre à celle-ci son avantage sur le terrain et démotiverait ses troupes tout en offrant aux Ukrainiens un sursis pour refaire leurs forces ; au mieux, il figerait la ligne de front pour un siècle comme en Corée.
• Pour les Russes, il est par ailleurs impensable de reconnaître le retour à l’Ukraine des oblasts de Donetsk, Kherson, Louhansk et Zaporijjia ainsi que de la Crimée. Ce serait admettre que la guerre et le sacrifice de centaines de milliers d’hommes n’ont débouché sur rien.
• Quant aux « garanties de sécurité », elles sont inacceptables pour Moscou. Elles reviennent à placer de facto l’Ukraine sous la protection de l’alliance atlantique. Jamie Shea, ancien secrétaire général adjoint de l'OTAN, en convient dans Le Monde (20 août 2025) : « Il semble improbable que Poutine accepte des garanties de sécurité similaires à l'article 5 (note), car cela serait équivalent à une appartenance à l'OTAN, ou mènerait à celle-ci. »

Au demeurant, on imagine mal aujourd'hui des bataillons européens dans les plaines d'Ukraine. Les armées du Vieux Continent sont étiques, très peu combattives et, à part l’armée française, aucune n’a l’expérience des combats. Qui plus est, en cas de provocation russe, elles ne pourraient compter de façon certaine sur le soutien américain et seraient réduites à l’impuissance si, pour une raison ou une autre, Washington décidait de suspendre ses fournitures de composants sensibles…

Il est à souligner que le président ukrainien Zelensky n’a repris que du bout des lèvres les exigences claironnées par les Européens. Courageux et inflexible face au président Poutine, il est aussi beaucoup plus réaliste et lucide que les Macron, Merz, Von der Leyen, Tusk, etc. Lui-même s’était montré au début du conflit disposé à un compromis raisonnable. Il ne veut pas d’une victoire à la Pyrrhus qui se solderait par une saignée à blanc de son pays et à sa quasi-extinction physique : sa population est tombée de 52 millions en 1991 à environ 35 millions aujourd'hui  (un « record » historique).

L’Union européenne tuée par ses contradictions

Si l'on n'y prend garde, le jusqu’au-boutisme affiché par les dirigeants de l’Union européenne et du Royaume-Uni pourrait conduire à une prolongation de la guerre et des massacres en ne laissant au président russe d’autre choix que la guerre à outrance, quitte à en arriver à de nouvelles extrémités comme l’emploi d’armes nucléaires tactiques.

Gardons à l’esprit que les guerres ne se déroulent jamais comme prévu. On part pour une guerre « rapide, fraîche et joyeuse » et l’on finit avec Verdun, Hiroshima et la Shoah ! Vladimir Poutine lui-même s’en est rendu compte : il a lancé une petite centaine de milliers d’hommes à l’assaut de Kiev pour une marche qu’il espérait triomphale et près de quatre ans plus tard, voilà son armée qui peine à conquérir les derniers arpents du Donbass.

Les dirigeants européens pèchent par la même ignorance des risques et, circonstance aggravante, n’ont pas la même détermination que le président russe. Avec une légèreté criminelle, les voilà qui plastronnent tant et plus et jouent les matamores sans en avoir, loin s’en faut, les moyens.

L’historien Emmanuel Todd voit dans l’attitude des principaux dirigeants européens à l’égard de la Russie et de la guerre un révélateur de leur propre nature : « La société anglaise est la plus russophobe, tout simplement parce qu'elle est la plus malade d'Europe. […] J'avoue attendre beaucoup de Friedrich Merz, dont le potentiel belliciste antirusse menace l'Allemagne de beaucoup plus qu'un effondrement monétaire. » Quant à la France, elle « va de plus en plus mal, avec son système politique bloqué, son système économique et social à crédit, avec une augmentation de mortalité infantile, » écrit Todd. « Nous coulons. Et hop, poussée russophobe. Macron, le chef d'État-major des armées et le patron de la DGSE viennent d'entonner en cœur la chanson. La France, ennemi numéro 1 de la Russie. On croit rêver. Notre insignifiance militaire et industrielle fait de la France le cadet des soucis de la Russie, suffisamment occupée par son affrontement planétaire avec les États-Unis » (Emmanuel Todd, La Russie est notre Rorschach, 17 juillet 2025).

Le Point, couverture du 21 août 2025La tonalité de la presse est à l'unisson des dirigeants (voir ci-contre la couverture du Point) et ceux-ci, semble-t-il, se disposeraient à passer aux actes.

Le chancelier Merz a pris acte de la ruine de son industrie automobile, suite à la décision de Bruxelles d’interdire dès 2035 la production de véhicules thermiques. Il suggère rien moins que de réorienter les usines vers la production de munitions à destination de l’Ukraine !

De son côté, le président Macron envisage sereinement d’alourdir la dette publique de quatre milliards d’euros en vue d'accroître les commandes d'armes et de munitions.

Sauf à imaginer que nos dirigeants commettent l'irréparrable et poussent la Russie aux dernières extrémités, l'Ukraine en viendra à un compromis concocté par les présidents russe et américain ; ce compromis dépendant du seuil de résistance de la Russie aux pressions américaines.

Quant à l'Union européenne, déclassée en économie comme en diplomatie, elle risque de devoir se résigner à la tutelle américaine. Celle-ci est déjà manifeste : extraterritorialité du droit américain, dépendance militaire et stratégique à l'égard du Pentagone, droits de douane déséquilibrés, déréglementation de l'emprise des GAFAM (géants de l'internet) sur l'Europe, etc.

Les institutions européennes issues des traités de Maastricht et de Lisbonne ne disparaîtront pas pour autant. Elles subsisteront aussi longtemps que les États-Unis en auront besoin pour tenir en laisse les États européens (de la même façon qu'aux Indes, les Anglais ont maintenu en survie artificielle l’empereur moghol jusqu’en 1857 pour mieux soumettre les princes locaux).

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2026-01-10 14:15:41
Bernard (04-01-2026 17:02:41)

L'Union Européenne n'est pas l'instrument de la soumission de l'Europe aux États-Unis. Ses États-membres (Allemagne, Pays-bas, Italie, Danemark, Pologne...) se sont soumis tout seuls mais il est vrai qu'ils l'ont contaminée de l'intérieur. Les USA ne s'y trompent pas : ils ont déclaré qu'ils voulaient sa mort et on les comprend : L'Union Européenne est la seule voie disponible pour aller vers une Europe fédérale qui assume son statut de puissance et s'affranchisse de leur tutelle. Il est plus facile de tenir en laisse un bouquet de teckels qu'un Doberman.
En revanche, L'Union Européenne est depuis 40 ans l'outil de la soumission au dogme de l'ultra-libéralisme auquel elle est la seule à croire. Elle est allée jusqu'à contraindre les Grecs à vendre le Pirée aux Chinois ! Depuis les droits de douane des USA et le dumping chinois, un léger doute s'est immiscé dans son esprit mais il lui faudra encore longtemps pour se réformer.

Christian (03-11-2025 09:33:06)

Le candidat officiel des États-Unis au prix Nobel de la paix a sans doute raison de dénoncer les terroristes islamistes qui se livrent à des meurtres de chrétiens au Nigeria, mais la menace d'une intervention contre le gouvernement nigérian qu'il accuse, à tort ou à raison, d'être complice de ces massacres, risque fort d'être contre-productive.

On peut penser que ces menaces, qui s'ajoutent à celles proférées depuis le début de l'année contre le Canada, le Groenland, le Panama, le Venezuela et la Colombie, visent à camoufler sa relative impuissance à l’égard de la Chine, de la Russie qui ne tient aucun compte de ses appels au cessez-le-feu, voire d'Israël et du Hamas qui semblent à deux doigts de reprendre les hostilités.

Christian (30-10-2025 06:58:33)

Je voudrais être moins pessimiste, mais la "pax romana" de Donald Trump ressemble fort à l'état de guerre qui prévalait au Moyen-Orient et dans le reste du monde avant le pogrom du 7 octobre 2023. Dans la bande de Gaza, les bombardements israéliens répondent aux exécutions sommaires perpétrées par le Hamas, tandis que la Russie poursuit ses opérations militaires en Ukraine. Les États-Unis envoient leur plus grand porte-avions dans les Caraïbes, avant de débarquer peut-être au Venezuela et en Colombie. Et les paramilitaires soudanais du général Daglo se livrent à de nouveaux massacres au Darfour...

Christian (16-10-2025 14:25:22)

Alors que les menaces d’intervention américaine au Venezuela, dont je parle ici même depuis un mois, se précisent chaque jour davantage, le président vénézuélien Maduro proteste vigoureusement en rappelant les nombreux coups d’État fomentés par la CIA en Amérique latine. On ne saurait lui donner tort, mais Maduro serait tout de même beaucoup plus crédible s’il n’avait pas lui-même réitéré le 3 juin dernier son soutien à l’agression russe contre l’Ukraine dans les termes suivants: "La Russie recherche la paix (sic). Alors qu'avance l'armée russe, héritière de l'armée rouge contre les nazis en Ukraine, que fait l'Ukraine? Du terrorisme, ce sont des nazis, ils font sauter des ponts, des voies ferrées, attaquent les civils" (fin de citation). Comme dans la plupart des conflits actuels, le point Godwin est largement atteint, une fois de plus...

Cochin (14-10-2025 21:41:09)

Contra factum, non fit argumentum. Le fait est que la Russie n'est pas capable militairement d'imposer sa loi aux Ukrainiens. Le fait bis est que les Ukrainiens n'ont qu'une capacité de résistance malgré le déversement d'armes de toutes origines sur son territoire, ce qui pose à terme d'autres problèmes. Le fait ter est celui de l'effacement de l'Europe de l'ouest au profit des USA qui ont tout intérêt à une Europe affaiblie, discordante et plus dépendante diplomatiquement et économiquement que jamais. La guerre russo-ukrainienne accouche d'une nouvelle histoire et avorte celle de l'UE. Une grande diplomatie choisirait son camp. Mais il n'y a plus de Talleyrand.

Christian (24-09-2025 07:54:55)

Souvent Donald varie, bien fol est qui s'y fie (suite)... Il vient de déclarer devant l'assemblée générale de l'ONU que l’Ukraine pourrait «regagner son territoire dans sa forme originelle et peut-être même aller plus loin»... Aller plus loin, qu'est-ce à dire? Déçu par son entrevue d'Anchorage avec Vladimir, aurait-il repris à son compte les rêves de ce dernier, à savoir reconstituer la principauté de Kiev, mais au profit de l'Ukraine cette fois, à l'époque où celle-ci englobait la Biélorussie actuelle et s'étendait jusqu'au golfe de Finlande?

Évitons tout de même de tirer des conclusions hâtives de ces déclarations et attendons sereinement le prochain revirement de Donald. Si son prompteur tombe en panne comme c'est arrivé hier, il finira peut-être par rendre l'Alaska à la Russie, la Louisiane à la France, la Floride et Porto Rico à l'Espagne, le Texas et la Californie au Mexique...

Christian (22-09-2025 07:20:08)

Si notre président est (parfois) capable de prendre des initiatives courageuses dans les deux principaux conflits en cours (mise en place d’une «coalition de volontaires» pour l’Ukraine, reconnaissance de l’État palestinien), il retombe malheureusement assez vite dans les travers du politiquement correct dès que l’on touche aux sujets économiques et financiers.

C’est ainsi qu’interrogé sur la question d’éventuelles sanctions ou de nouveaux droits de douane contre la Russie, il répond: «Cela ne dépend pas seulement de moi. Si cela ne dépendait que de moi, ce serait demain». Quant à la question de l’utilisation des avoirs russes gelés afin de financer l’Ukraine, il répond: «Concernant les avoirs gelés, nous tenons tous beaucoup au respect des règles internationales (sic). Et vous ne pouvez pas saisir ces avoirs de la banque centrale, même dans une telle situation»…

Tout se passe comme s’il était incapable de taper du poing sur la table dès lors qu’il s’agit de s’attaquer aux règles qui protègent les puissances financières ou ses collègues européens (Orban en Hongrie et Fico en Slovaquie) qui continuent d’acheter du pétrole à la Russie tandis que celle-ci n’hésite plus à violer l’espace aérien de l’Union européenne…

jlb (21-09-2025 13:02:50)

".......l'Europe a oublié les leçons du passé..". ?!
Je crois au contraire qu'elle n'a rien oublié !l'Histoire européenne récente nous a appris que satisfaire l'appétit territorial d'un dictateur amène très provisoirement une paix bancale. Rappelons-nous de Munich en 1938.
Hitler cultivait le pangermanisme et le culte de l'"espace vital". Poutine, cultive le panslavisme et déclare sans rire que "la Russie n'a pas de frontières".
La diplomatie cultive la culture politique du compromis......mais pour que cette politique de paix fonctionne; elle doit être adoptée par toutes les parties.

Coche (20-09-2025 18:54:56)

Excellent article, Monsieur Larané, comme votre livre. L'Union Européenne et ses dirigeants renvoient à la Parabole des aveugles, de Pierre Breughel l'Ancien. Problème, ces aveugles entrainent leurs peuples dans la débâcle. Deux gagnants probables: les USA et la Chine. Nos dirigeants sont tellement infatués de leur omniscience qu'ils oublient de s'inspirer et de copier les méthodes chinoises et américaines. L'Union Européenne aurait tout à gagner à pratiquer un virage politique, industriel et commercial à 180°. Admettre que l'Ukraine soit russe depuis la nuit des temps. Cesser d'alimenter la guerre avec la Russie, sous oublier de se réarmer, et lui tendre la main afin de créer, dixit le Général de Gaulle, l'Europe de l'Atlantique à l'Oural et au-delà !
On peut rêver...

Christian (20-09-2025 08:30:47)

Même si la Russie avait peut-être quelques raisons d'être mécontente des tentatives de rapprochement entre l'Ukraine et l'Union européenne (question qui était au centre de la "révolution" ou du "coup d’État" du Maïdan), on peut tout de même remarquer que c'est toujours elle - et non les Occidentaux - qui est à l'origine de l'escalade militaire et des violations de frontières: occupation de la Crimée en février 2014, intervention de soldats sans uniforme aux côtés des séparatistes du Donbass en avril 2014, violations de l'espace aérien de la Pologne, de la Roumanie et de l'Estonie en septembre 2025... Que ferait le Kremlin si des avions de l'OTAN venaient survoler la Biélorussie, la Transnistrie ou l'enclave de Kaliningrad?

Christian (18-09-2025 09:37:13)

Selon un rapport publié cette semaine par le laboratoire de recherche humanitaire de l'université américaine Yale, le régime de Poutine aurait mis en place un réseau à grande échelle visant à "intégrer" les enfants ukrainiens enlevés et déportés en Russie, qui seraient actuellement au nombre de 35000 (trente cinq mille). Selon ce rapport, au moins 210 établissements auraient été mis en place en Russie et dans les territoires ukrainiens occupés pour soumettre ces enfants à une "rééducation" et à une militarisation forcées.

Ces pratiques rappellent malheureusement, toutes proportions gardées, les déportations de peuples ordonnées par Staline, qui auraient concerné plusieurs centaines de milliers de personnes et qui n'ont commencé à être reconnues par Khrouchtchev qu'à partir de 1956. Elles confirment que la Cour pénale internationale (CPI) a bien quelques raisons de vouloir engager des poursuites pour crimes de guerre et/ou crimes contre l'humanité, aussi bien contre Poutine que contre Nétanyahou et les dirigeants du Hamas.

Christian (16-09-2025 17:48:34)

Comme je l'ai écrit sur ce site il y a huit jours, les menaces d'intervention américaine au Venezuela semblent se préciser. Aux journalistes qui lui demandaient si des frappes en territoire vénézuélien étaient désormais envisagées, le candidat officiel des États-Unis au prix Nobel de la paix a répondu: "On va voir ce qui se passe... Le Venezuela nous envoie ses gangs, ses dealers et ses drogues. Ce n’est pas acceptable"... et son secrétaire à la défense (ou à la guerre) a déclaré que les États-Unis traqueraient les cartels "sur tout le continent, aux moments et aux endroits de leur choix"...

Je précise que je n'ai aucune sympathie pour Maduro, mais que je ne souhaite pas que les Américains lui fassent subir, ainsi qu'à son pays, le sort qu'ils ont infligé à l'Irak et à Saddam Hussein. J'ajoute, pour que l'on ne me reproche pas de m'aligner sur tel ou tel camp, que l'on peut désavouer une éventuelle intervention américaine au Venezuela sans pour autant approuver ou excuser les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis par Poutine en Ukraine et par Nétanyahou en Palestine.

Christian (14-09-2025 10:08:28)

Dans le conflit ukrainien, le candidat officiel des États-Unis au prix Nobel de la paix démontre chaque jour qu'il devrait plutôt concourir aux jeux olympiques de la mauvaise foi et de l'hypocrisie. Voilà qu'il se déclare "prêt à prendre des sanctions significatives contre la Russie... quand tous les pays de l'OTAN auront arrêté d'acheter du pétrole à la Russie" (sic).

Pourtant, le président le plus grand et le plus intelligent de toute l'histoire américaine devrait savoir que les deux pays qui achètent du pétrole russe sont gouvernés par ses meilleurs amis, Orban en Hongrie et Fico en Slovaquie. Autrement dit, "je laisse les Russes continuer leur sale guerre en Ukraine parce mes meilleurs amis leur achètent du pétrole"...

Jean-Luc (Drôme) (08-09-2025 10:59:04)

Je ne vois pas où le compromis annoncé dans l'article, je lis qu'il faudrait céder les oblasts de l'est sous prétexte qu'il y a une (plus ou moins grande) majorité russophone, refuser l'alliance de l'Ukraine avec l'ouest, Démilitariser ce pays. Bref le compromis prôné par Hérodote semble être une capitulation.
Il n'y a peut-être pas d'autre solution militaire, mais il faudrait l'annoncer honnêtement : capituler devant la Russie .. qui poursuivra la reconstitution de l'empire avec les pays baltes ... et d'autres.
Si la France et l'Angleterre avait réagi militairement à la réoccupation de la Sarre puis de la Rhur par l'armée allemande en reconstitution, Hitler n'aurait pas pu démarrer la seconde guerre mondiale.

Christian (08-09-2025 06:33:42)

"La guerre qui vient", c'est peut-être celle du Venezuela qui risque de s'ajouter à celles d'Ukraine, de Gaza et du Soudan... Après avoir rebaptisé le "département de la défense" en "département de la guerre" (tout un symbole), Trump menace maintenant d'abattre les avions vénézuéliens qui survoleraient les navires américains chargés de lutter contre le trafic de drogue dans les Caraïbes. Sachant que la tête du dictateur Maduro a été mise à prix par les États-Unis, qui l'accusent d’être mêlé à ce trafic, on peut craindre pour le Venezuela une intervention analogue à celle de 1989 contre le dictateur Noriega au Panama.

Je précise que, contrairement à l'un des tribuns les plus connus de la gauche française, je n'ai aucune sympathie pour Maduro, qui menace d'ailleurs lui-même d'envahir le Guyana voisin sous des prétextes historiques semblables à ceux qu'invoque la Russie aux dépens de l'Ukraine. Mais je crois que, dans le contexte actuel, notre planète n'a nullement besoin d'une nouvelle guerre, qui plus est dans un pays connu pour ses vastes réserves de pétrole (sans compter qu'un tel conflit compromettrait les chances de Trump d'obtenir le prix Nobel de la paix)...

Pierre-Yves (07-09-2025 17:10:47)

J’ai personnellement le sentiment que l’Allemagne voit actuellement dans cette "fenêtre belliciste " l’opportunité de revenir parmi les puissants (autrement que économiquement et financièrement) en redevenant une puissance militaire !

Christian (06-09-2025 16:58:11)

Je crois qu'il est vain et même dangereux, en histoire, de s'appesantir sur les chaînes de causalité lointaines, qui sont souvent magnifiées et fantasmées pour servir de prétextes aux pires agressions. Dire que la Russie et l'Ukraine sont liées de temps immémorial, c'est remonter à l'époque de la principauté de Kiev. C'est comme si la France était en droit de revendiquer la rive gauche du Rhin sous prétexte que Charlemagne avait sa capitale à Aix-la-Chapelle, ou comme s'il fallait excuser les agressions commises par Hitler à cause des humiliations imposées à l'Allemagne par les traités de Westphalie et de Versailles. Pour mémoire, il me semble d'ailleurs que la principauté de Moscou n'a commencé à émerger qu'en 1263 avec le prince Daniel, fils d'Alexandre Nevski, soit plus de vingt ans après la destruction de Kiev par les Mongols...

Christian (04-09-2025 08:28:13)

Si l'on peut reprocher à certains dirigeants européens leur "tiédeur" face au calvaire de Gaza, on peut remarquer que ceux qui se montrent le plus favorables à la politique belliciste de Nétanyahou sont aussi ceux qui sont les plus proches de Trump... et de Poutine (Orban en Hongrie et Fico en Slovaquie).

On peut aussi remarquer que ceux qui manifestent régulièrement pour Gaza (en allant parfois jusqu'à nier le droit d'Israël à l'existence) ne se mobilisent guère contre les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis par les Russes en Ukraine (bombardements et massacres de civils, enlèvements et déportations d'enfants)...

Quant au point Godwin, il a de nouveau été largement atteint par le dictateur du Kremlin, qui vient de remercier publiquement son homologue nord-coréen pour son aide dans la lutte contre le "néonazisme contemporain". Quand on pense que lui-même n'hésite pas à affubler ses propres mercenaires de noms évoquant la seconde guerre mondiale, tels que "Wagner" ou "Africa Corps"...

Jean (03-09-2025 12:58:51)

Les commentaires des lecteurs de Hérodote, pas impliqués directement dans le conflit je suppose , sauf moralement évidemment, et qui soutiennent des thèses différentes et contradictoires reflètent bien la situation dans laquelle sont les dirigeants concernés par la recherche d'une sortie honorable à cette guerre.
Moi, ancien para en Algérie, confronté par mon rôle d'infirmier de commando à une tête éclatée lors de ma première embuscade, plus tard à dix blessés graves à soigner et évacuer, et d'autres réjouissantes du même type, je n'ai qu'une certitude : il faut arrêter cette boucherie en Ukraine à tout prix et rapidement , je ne sais pas comment mais il le faut ! Et neutraliser les va-t-en-guerre irresponsables qui veulent nous entraîner dans un conflit qui n'est pas le nôtre, sauf moralement bien sûr .
A quoi ont servi les 30 000 morts de la guerre d'Algérie ?
A quoi auront servis les ... je ne sais pas combien de morts et blessés ukrainiens et russes de cette guerre qui forcément se terminera un jour ou l'autre. CQFD

Edgard Thouy (03-09-2025 02:50:47)

Que de tristesse !
A lire cet article tout d'abord.
Puis les commentaires.
Toujours et partout, le droit a tenté d'exister pour contrer la "loi du plus fort".
Le droit ? Mais qu'est-ce que c'est ? Un gag, sans doute !

Curieux 78 (02-09-2025 19:46:21)

Contrairement au titre de l'article, l'Ukraine n'est pas le tombeau de l'union Européenne mais bien au contraire son Renouveau, sa renaissance après s'être endormie sous le drapeau Américain. On le voit bien par le regroupement des principaux chefs d'états ayant conscience du sort de la pauvre Ukraine comme de sa propre sécurité. Sa force militaire est faible mais c'est une préparation pour l'avenir. Quand aux tentatives de refaire l'histoire pour justifier l'agression de la Russie, la France pourrait aussi réclamer les territoires gagnés par Napoléon ! On rappelle aussi que les Russophiles des territoires occupés sont issus de colons Russes injectés de gré ou de force par Staline sur les territoires dépeuplés lors de sa tentative de genocide des Ukrainiens par la famine.

Christian (02-09-2025 19:43:39)

Sans remonter jusqu'à Hitler et Mussolini, les envahisseurs trouvent toujours de bons et (surtout) de mauvais prétextes pour envahir leurs voisins. Les Russes ont juré que le "socialisme" était menacé pour justifier l'invasion de la Hongrie en 1956, de la Tchécoslovaquie en 1968 et de l'Afghanistan en 1979. Les Américains ont monté de toutes pièces l'incident du golfe du Tonkin pour bombarder le Nord-Vietnam en 1964 et la fable des armes de destruction massive pour envahir l'Irak en 2003. Et les Russes invoquent le "coup d’État" de 2014 pour justifier l'envoi de troupes en Crimée et dans le Donbass, en violation du mémorandum de Budapest par lequel l'Ukraine avait renoncé à son arsenal nucléaire en échange de "garanties" sur ses frontières et son intégrité territoriale...

Le Bouille (02-09-2025 11:59:00)

Que la guerre soit , en règle générale, le chemin vers la non-guerre (je ne dis pas la paix): c'est un fait quasi constant . Qu'il faille s'y résoudre et l'accepter comme une fatalité assurée : heureusement non ! Je suis particulièrement choqué profondément par cette phrase :" On part pour une guerre « rapide, fraîche et joyeuse » et l’on finit avec Verdun, Hiroshima et la Shoah !" Faut- il déduire de ce qui est à peine sous- entendu que pour éviter la Shoah il fallait surtout ne pas faire la guerre à Hitler et au régime nazi allemand de l'époque alors que le racisme anti-juif était congénital à l'idéologie hitlérienne ?

Dany (02-09-2025 11:28:40)

Commencer par parler d'une "invasion de l'Ukraine" c'est définir la Russie comme l'agresseur et donc la coupable ! Il serait préférable de parler de l'"intervention de la Russie en Ukraine" pour avoir une analyse plus objective. Et je ne sais pas si M Laranié aurait quelque chose à redire aux propos récents de V. Poutine : "la crise ukrainienne ne vient pas d'une agression russe mais du coup d'Etat de 2014 orchestré par les Occidentaux. Quand des régions ont refusé ce diktat, Kiev a répondu par la force armée".
D'autre part, attribuer le massacre de Boutcha aux Russes c'est uniquement reprendre la propagande kiévienne. Certains journalistes comme Christelle Néant qui ont approfondi la question ont découvert qu'il s'agissait d'un montage organisé par l'armée ukrainienne pour faire porter le chapeau aux russes. Les médias habituels n'en parlent pas. Mais il y aurait beaucoup à méditer sur cette autre affirmation de Poutine qualifiant l'Occident d'Empire du mensonge.

Bernard (01-09-2025 19:30:52)

J'aurais envie de partager cette analyse distanciée. Malheureusement, il y manque une composante majeure : la disparition du Droit international chez Poutine comme chez Trump (ce qui les différencie, c'est que c'est une constante américaine). Signer quoique ce soit avec Poutine, c'est avoir confiance dans sa signature. Dans ce contexte, il me paraît mal venu de reprocher aux nations européennes de se réarmer tout en déplorant leur mise sous tutelle américaine.
Par ailleurs, on peut difficilement accuser les Européens et les Américains de va-t-en guerre : leur soutient à l'Ukraine a été millimétré pour ne pas trop fâcher l'agresseur nucléarisé.
Il faudra bien un jour finir cette guerre mais la seule issue acceptable serait l’effondrement économique de la Russie.

Jeamos69 (01-09-2025 14:28:52)

Alors si Todd le dit ...!!!! Affligeant de bêtise défaitiste. Pour les Todd, père et fils, il n'y a toujours eu Pour la France qu'une seule voie : la capitulation ! Tristes sirs . ..

Ianus (01-09-2025 13:10:36)

Venant de lire cet article et contrairement à certains, je trouve que celui-ci, malheureusement peut-être, décrit bien la vérité de la situation et la facheuse tendance de quelques politiques à encourager cette guerre.

hadrien1000 (01-09-2025 12:05:37)

L'analyse d'Hérodote me parait frappée au coin du bon sens , ce qui ne veut pas dire qu'elle est "parole d'évangile " . Mais il y a là une vision globale dans le temps . Hélas, si on ne se contente pas ,comme dans "Le Point" , de parler du danger du méchant Poutine, on est vite taxé de pro-Russes . Comment et pourquoi nos dirigeants européens semblent ignorer ces analyses ? Bien sûr que la Russie , anéantie à la fin de l'URSS ,retrouve un impérialisme criminel .Bien sûr que le dit Occident et l'OTAN ne sont pas innocents .Bien sûr que l'Ukraine a un courage exemplaire et ne mérite pas d'être dépecée . Mais il y a une certaine mauvaise fois , avec la Crimée donnée au temps de l'URSS et avec le Donbass bombardé par l'Ukraine pendant des années .Alors , comme en parle Hérodote , il faudrait réunir tout le monde dans une sorte de Congrès de Vienne . Encore faudrait -il que la Russie arrête les massacres et que nos dirigeants européens qui semblent ignorer bien des choses , ne confondent pas congrès de Vienne et valse de Vienne !

Custine (01-09-2025 09:47:13)

La France et l'Europe n'ont pas à rougir de leur action face à l'agresseur russe. L'Ukraine c'est nous. Les menaces sur les pays baltes, pays de l'UE et de l'OTAN ont été formulées de la manière la plus claire par de nombreux membres de l'entourage de Poutine, par Patrushev par exemple. La Pologne a très bien compris ce qui se passe, et ne se voit pas en Tchécoslovaquie de 1938.
Les pays autoritaires du monde entier sont à l'affut pour voir si l'agression paie ou non, si la loi du plus fort peut s'exercer sans que quiconque n'intervienne, si le droit international n'est plus qu'un souvenir et qu'on peut donc agresser son voisin sans rien risquer.
Vouloir la fin de cette guerre est louable, mais céder à la Russie, c'est lui donner une prime à la violence, et croire qu'elle se tiendra tranquille, c'est comme donner les clés du coffre au cambrioleur en espérant qu'il estimera que son butin est suffisant.

Frouté (01-09-2025 08:39:11)

Je me désolidarise totalement de cet article aux relents défaitistes -- qui rappellent un peu ceux de la France profonde et résignée de 1940 -- et aux références historiques totalement dépassées face à la restructuration actuelle de l'alliance des grands pays du monde -- Russie, Chine, Inde, Iran, EAU.../... --, telle qu'elle se renforce sous nos yeux dans le cadre de l'OCS dont l'objectif avoué est de contrer le bloc occidental et surtout les Etats-Unis.

Christian (01-09-2025 07:40:05)

L’un des tribuns les plus connus de la gauche française a fait savoir qu’il ne voulait pas de la signature de Zelensky sur un éventuel accord de paix en Ukraine car celui-ci serait «président de rien» puisque son mandat est arrivé à terme en 2024. Son raisonnement est le suivant: «Si vous faites signer un accord par quelqu’un qui est ensuite remplacé par quelqu’un d’autre, tout est ramené à zéro. Nous avons donc besoin d’un président légitime pour signer l’accord de paix».

On peut tout d’abord noter que ce tribun, particulièrement vigilant quand il s’agit de dénoncer les dérives autoritaires et impérialistes des dirigeants occidentaux, ne s’inquiète nullement de la légitimité de Poutine, qui est au pouvoir depuis plus de vingt-cinq ans et qui n’a réussi à se faire réélire qu’au prix d’une acrobatie juridique, en échangeant son poste avec celui de Medvedev entre 2008 et 2012.

Par ailleurs, s’il est vrai qu’en droit international, les gouvernements sont théoriquement tenus par les accords signés par leurs prédécesseurs, on peut remarquer que c’est plutôt Poutine qui a violé cette règle en envahissant l’Ukraine sans tenir compte des accords conclus par son prédécesseur en 1991, en 1994 et en 1997, qui garantissaient l’indépendance et les frontières de ce pays.

Enfin, sur le plan juridique et pratique, il paraît impossible d’organiser sérieusement des élections démocratiques dans un pays en guerre, dont 20% du territoire sont occupés et dont plusieurs millions d’habitants sont actuellement déplacés ou réfugiés à l’étranger. D’ailleurs, à ma connaissance, aucune élection n’a été organisée en France entre 1914 et 1919 ou à plus forte raison entre 1936 et 1945. Et aucune élection n’a été non plus organisée en Angleterre entre 1910 et 1918 ou entre 1935 et 1945.

Marchesseau (01-09-2025 03:23:04)

Excellent Monsieur Chamberlain…!

Curieux 78 (31-08-2025 23:01:49)

J'apprécie ordinairement Herodote mais là je trouve cet article décevant par sa partialité pour un site devant servir l'histoire sans parti pris. Rien que le fait de citer Emmanuel Todd, discrédité pour ses positions polémiques/conspirationnistes et en particulier ses thèses pro-russes, donne l'orientation de l'article. Le droit international définit les frontières des pays souverains et chercher à les modifier de force est HORS LA LOI. Poutine est condamné pour cela par la Cour Pénale Internationale. Ce n’est pas Rien ! Rappelons que la Russie déniait toute responsabilité de sa part au départ, pour ensuite se l'accaparer ! Quelle fourberie !
Le fait qu'il y aient des russophones en Ukraine ne donne bien sûr aucun droit pour envahir l'Ukraine ! Argument déjà utilisé par Hitler pour envahir la Tchécoslovaquie. La Russie n'est pas marginalisée. Elle fait partie d'un grand club de gentilles démocraties comme la Chine, l'Arabie Saoudite, l'Iran, la Turquie je crois...

alain (31-08-2025 17:46:22)

Article lumineux sur ce conflit tellement mal compris et mal interprété . En effet une meilleure connaissance de l'Histoire par nos dirigeants les aiderait dans leur appréhension des réalités d'aujourd'hui

Maud (31-08-2025 16:34:34)

Je me permets d’émettre un avis différent sur les buts de guerre de la Russie. L’attaque sur Kiev vu le peu d’hommes engagés n’était pas doute pas une guerre de conquête de cet immense territoire mais une diversion pour dégager le font du Donbass. Depuis ils ne mènent pas une guerre de mouvement mais une guerre d’usure (dite guerre d’attrition) pour réduire à néant la partie adverse. Cela marche l’Ukraine recrute maintenant avec difficulté jusqu’à 60 ans. Ce type de guerre est par ailleurs moins meurtrière pour l’armée russe. Alors comment juger l’attitude des chefs d’états occidentaux. D’accord avec Todd pas de meilleur moyen de masquer l’échec de leur politique économique et sociale (voulue sans doute par ailleurs). L’état de guerre permet de resserrer les rangs et de faire admettre des sacrifices impossibles en temps de paix. Ils ne sont pas sans connaître la situation encore quelques semaines et le sort sera scellé. Iront-ils jusqu’à déclarer la guerre à la Russie avec une population ukrainienne sacrifiée, chaque jour apporte son lot de morts ou de blessés Alors cynisme absolu ou bêtise personnifiée. Attendons la suite pour juger. Bien triste période de l’histoire.

Mirmillon (31-08-2025 15:53:54)

Je ne vois pas en quoi demander un cessez le feu cessez-le-feu préalable aux négociations de paix serait une capitulation de la Russie. Les allemands ont signé l'armistice en 1918. Le traité de Versailles fut négocié en 1919 sans les allemands. Ce fut le traité de Versailles cette paix manqué qui fut une des racines profondes de la deuxième guerre mondiale.

Enfin reprendre l'argument que puisque les territoires sont russophones ils doivent de facto revenir à la Russie sans demander l'avis aux populations concernés c'est un argument douteux. Si on suit ce raisonnement la France peut revendiquer une partie de Belgique de la Suisse et du Luxembourg.

Enfin et c'est le plus important , c'est oublié que depuis Catherine La grande à Staline, l'Empire russe a toujours réduit les populations autochtones de plusieurs façons : Catherine par des pressions politiques, fiscales et sociales. La noblesse tatare perd ses privilèges et ses terres aboutissant à une émigration massive des Tatars accompagné et installation de colons russes, grecs, arméniens.

Staline a supprimé une grande partie des ukrainiens par la famine. Les populations disparues par l'holodomor ont été remplacées des colons russes. Lire à ce sujet Terres de sang de Timothy Snider.

Lorsque les soviétiques ont pris possession de l'enclave de Kaliningrad , suite au traité de Postdman, il a expulsé immédiatement les 1,5 millions d’allemands y vivant.

Rappelons que Poutine a déclaré en Juin 2025 : « Là où un soldat russe met un pied, cela nous appartient.». Enfin pour terminer, ce n'est par les armes occidentales qui font se prolonger cette guerre. Les vietnamiens du sud étaient sur équipés et en Irak l'armée américaine a déployé toute sa puissance. Si la guerre se prolonge , c'est que les Ukrainiens se battent comme des lions comme les soldats français en 1914. A l'opposé Puttin recrute ses soldats à coup de prime valant plus de 50 ans de salaires.

Desavoy (31-08-2025 15:25:52)

Article surprenant ! L’Ukraine ne serait pas une nation reconnue et n’aurait pas droit a l’independancet, la Russie ne chercherait pas a l’annexer? Cette guerre est genante, trouvez un compromis en faveur de l’envahisseur ! L’histoire passee ne justifie pas systematiquement les comportements actuels.

Gilga (31-08-2025 15:21:03)

Article très intéressant, néanmoins je suis assez d’accord avec JM KAES. Zelinsky me semble plutôt une marionnette. Poutine est un président qui souhaite reprendre des territoires russophones. Sans doute, veut il aussi redonner de la grandeur à son pays (après l’effondrement de l’URSS et l’épisode Eltsine…) ce qui est certain c’est que les dirigeants européens sont au dessous de tout ! Incapables, incompétents, arrogants et stupides. Merci à toute cette bande.

Michel (31-08-2025 14:46:10)

La négation du Droit international par les US me paraît très inquiétante pour l’avenir et l’analyse d’Emmanuel TODD me semble une fois de plus pertinente.
Avoir fait son service militaire n’est- il pas indispensable pour avoir une idée des risques d’un affrontement armé et des moyens de mettre fin aux risques de guerre par vantardise ou irresponsabilité ?

Yves Montenay (31-08-2025 14:01:42)

D'accord avec une bonne partie de l'article, je ne sens toutefois pas de volonté belliciste ou de désir de marginaliser la Russie par l'Europe. Que ce soit un fantasme russe, probablement, mais le coût humain de la guerre pour les deux parties me semble bien plus important que ces idées géopolitiques.
Par ailleurs l'histoire de l'Ukraine pendant la période soviétique me paraît mal connue en France, alors qu'elle mobilise les Ukrainiens. D'où mon article : https://www.yvesmontenay.fr/2025/08/28/ukraine-un-siecle-de-brutalites-sovietiques/

Torquemada (31-08-2025 13:12:23)

Marginalisation de la Russie dites vous.
En ce moment se tient le sommet de l’OCS avec une vingtaine de présidents ou hauts responsables presents autour de la Chine et de la Russie.
Comme marginalisation on a vu mieux.

Cren (31-08-2025 12:04:19)

Ça nous change des commentaires habituels…et ça nous fait réfléchir

Leroux (31-08-2025 11:45:24)

Un point seulement. Vous écrivez "marginaliser la Russie" .Oui peut être d'un point de vue occidental , encore que les affaires reprennent puisque Exon mobil est en passe de revenir sur le projet d'exploitation de gaz/pétrole de l'Ile Sakhaline ; et il y en certainement beaucoup d'autres dans les cartons ou à venir.
Mais surtout le reste du monde Asie, Afrique , Chine n'a certainement pas cette vision réductionniste de la Russie.
Bien amicalement
P. LEROUX

JM KAËS (31-08-2025 11:32:25)

Pour une fois je suis consterné par un article d’Herodote : présenter Zelensky, marionnette de groupes neonazis comme Azov, et par certains pays de l’UE France en tête, résistant héroïquement à une pseudo invasion des méchants Russkofs dirigés par un Poutine machiavélique, c’est faire fi de l’Histoire réelle. L’opération militaire menée par l’armée russe en février 2022 n’avait d’autre but que de porter secours aux habitants largement pro russes du Donbass, bombardés et mitraillés depuis 2014 par des troupes ukrainiennes soutenues militairement et financièrement par les gouvernements occidentaux et notamment par les Anglo Américains jusqu’à l’arrivée de Trump au pouvoir. Ce dernier, malgré une politique économique et sociale dangereuse tant pour l’UE que pour son propre pays, a décidé de renouer des liens avec le Président russe propices à une paix durable entre une Russie récupérant des territoires ouvertement russophones et une Ukraine qui finira bien par comprendre que ces territoires ne lui appartiennent plus. D’ailleurs l’Ukraine, en tant que véritable nation, n’a réellement existé que de 1941 (invasion nazie) à 1945 puis depuis 1991, avec une population en forte diminution et comportant d’importantes minorités polonaises et hongroises entre autres. Le mot même d’Ukraine signifie « frontière » en russe, la Rus étant même née……à Kiev !! Alors cessons de penser à l’Ukraine comme nation indépendante et rendons aux Russes, Polonais, Hongrois et Roumains ou Moldaves les territoires qui leur reviennent réellement. La guerre cessera ainsi d’elle même.

Bergès (31-08-2025 11:27:33)

Ladite Ukraine n'est ni dans "l'UE", ni dans l'OTAN. Et “l'UE“ n'est pas un État, mais une succursale US de longue date. C'est la fin inéluctuable de l'utopie mitterrandienne à courte vue d'une “Europe politique" … sans la Russie, forcée ainsi, elle, de se tourner vers l'OCS (Organisation de coopération de Shanghaï) et vers les “BRICS“. Échec de "la politique Kinsinger”, en définitive, sur fond de "valeurs civilisationnelles" irréductibles. Et Trump, autour des valeurs chrétiennes réhabilitées aux USA, court derrière cette "nouvelle donne".

Blumenthal Pierre (31-08-2025 11:21:46)

Que n'a-t-on un Jaurès aujourd'hui pour contrer les propos bellicistes d'un Macron ridicule.

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