Citoyens

Menaces sur le suffrage universel

27 avril 2025. Depuis 1970, l’État du Vatican a enlevé le droit de vote aux cardinaux de plus de quatre-vingts ans. Ainsi, seulement 135 cardinaux sur un total de 252 seront appelés à élire le successeur du pape François. Des voix réclament une réforme semblable en France et dans les autres démocraties afin de réduire le poids électoral des citoyens les plus âgés, de plus en plus important du fait de la dénatalité et du vieillissement de la population. Mais quelle que soit la manière de procéder, il en résulte toujours une atteinte au suffrage universel ! La solution pourrait venir d’une proposition méconnue du démographe Alfred Sauvy qui, en 1944, proposait au contraire un droit de vote véritablement universel, de la naissance à la mort…

L’élection du successeur du pape François par les cardinaux de 80 ans au plus a relancé dans certains milieux dits « progressistes » l’idée de priver du droit de vote les citoyens les plus âgés au motif qu’ils défendraient leurs intérêts immédiats sans se préoccuper du long terme, à la différence de la jeunesse !

Si cette idée devient récurrente, c’est d’abord en raison d’une réalité démographique : dans tous les pays développés, la proportion de personnes âgées ou très âgées augmente rapidement du fait de l’allongement de l’espérance de vie (une excellente chose !) et de la diminution année après année du nombre de naissances (ce qui est dommageable, du moins dans les pays qui n’arrivent plus à renouveler les générations).

La conséquence, ainsi que le rappelle Maxime Sbaihi dans Le Grand Vieillissement (Éditions de l’Observatoire, 2022), c’est qu’en France, les plus de 50 ans détiennent désormais la majorité absolue parmi les 48 millions d’électeurs, tandis que les moins de 30 ans ne représentent plus que 17 % du corps électoral.

Le même phénomène se retrouve bien sûr dans toutes les autres démocraties développées. Dans « Sur la voie de la gérontocratie ? » (30 juin 2016, Avenir Suisse), Tibère Adler constate que « l'âge de l'électeur suisse médian sera bientôt de 60 ans, et en constante augmentation. L'âge de l'électeur médian est celui pour lequel il y a exactement autant de votants d'un âge supérieur que d'un âge inférieur. Cette évolution n'est pas étonnante, en raison de nombreux facteurs : vieillissement généralisé ; taux de participation aux votations plus élevé chez les personnes âgées ; pas de droit de vote pour les étrangers établis, en moyenne plus jeunes. En conséquence, la majorité décidant du sort des objets mis en votation est elle-même de plus en plus âgée. Est-ce un problème ? Avenir Suisse pense que non, du moins en Suisse… »

Sur les listes électorales françaises, les plus de 65 ans représentent aujourd’hui 27,47% des inscrits et les 18-34 ans 25,6%. Qui plus est, les jeunes se déplacent beaucoup moins que leurs aînés dans les bureaux de vote. Ainsi, seuls 28 % des moins 30 ans ont voté au second tour des législatives en 2022, contre 59 % des 65 ans ou plus…

À l’autre extrémité, il faut aussi noter que plus de 55% des plus de 90 ans s’abstiennent systématiquement et dans les EHPADs, c’est tout au plus 4% des pensionnaires qui glissent un bulletin dans l’urne (source : INSEE). Jérémie Moualek, maître de conférences en sociologie à l'université d'Évry Paris-Saclay en tire la conclusion que « les plus de 80 ans s’abstiennent plus que les jeunes. Poser une limite au vote des personnes âgées viendrait entériner légalement ce qui est déjà une réalité sociologique, » (source : France TV).

Restreindre le vote des « vieux » : une réflexion qui vient de loin…

Au vu de la surreprésentation des électeurs âgés, beaucoup de militants de gauche ou d’extrême-gauche revendiquent sur les réseaux sociaux une limitation du vote des « vieux ». Ils se fondent sur l’idée au demeurant erronée (voir plus loin) que lesdits « vieux » seraient plus « réactionnaires » et moins ouverts au changement que les « jeunes ».

Des sociologues et des philosophes avancent la même revendication sur un ton plus sérieux à l’image de Frédéric Monlouis-Félicité qui propose de surpondérer le vote des jeunes dans La guerre des générations aura-t-elle lieu ? (Edition Manitoba, 2022).

Cette réflexion n’est pas nouvelle ! Elle remonte à un article de l’universitaire américain Dou­glas Stewart dans la revue de gauche The New Republic et intitulé « Disfranchise the Old » [« priver les vieux de leurs droits »]. Il est paru en 1970, après la réélection de Ronald Reagan au poste de gouverneur de Californie, ainsi que le rappelle l’universitaire roumain Andrei Poama dans Philosophie Magazine : « Et si les voix des personnes âgées comptaient moins ? » (3 juillet 2020).

Stewart affirmait ainsi que, les personnes âgées étant davantage exemptées des conséquences de leur vote que les jeunes, il n’y avait pas de sens à leur donner le même pouvoir électoral. Il proposait donc de retirer le droit de vote soit à 70 ans, soit à l’âge du départ à la retraite !

Plus près de nous, ajoute Andrei Poama, « Le philosophe belge Philippe Van Parijs pense cette question à partir d’une conception de la justice intergénérationnelle : il s’agit pour chaque génération de s’assurer que la situation socio-économique de la génération suivante n’est pas pire que la sienne. Van Parijs envisage alors d’accorder au départ trois voix à chaque électeur, puis de lui en retrancher une tous les vingt-cinq ans. Le philosophe britannique William MacAskill a développé une proposition similaire en partant d’un capital de six votes, mais à partir d’une pensée utilitariste : comme chacun vote en fonction de son avantage propre et que les préférences temporelles des personnes âgées sont définies à court terme, cela a des conséquences négatives, par exemple sur l’enjeu du climat. En Suisse, le politologue Silvano Möckli a mené une analyse en termes de domination politique : l’idée est d’éviter que, dans une démocratie, certains groupes d’âge en dominent d’autres. Il a donc proposé d’accorder deux droits de vote à 18 ans et de diminuer le poids de ce vote de 1?% chaque année » (source : Philosophie Magazine).

Ces réflexions de haute volée tiennent, on l’a vu, au poids croissant des citoyens âgés dans le corps électoral. Elles tiennent aussi à la quasi-disparition des enjeux de classes qui faisaient, jusque dans les années 1980 que jeunes et vieux se retrouvaient autour des mêmes problématique sociales : les ouvriers à la retraite votaient PC (ou PS) tout comme leurs enfants et petits-enfants sans se poser de questions. L’élection de François Mitterrand en France en 1981 est caractéristique de ce point de vue.

Depuis lors, tous les partis se sont ralliés à quelques nuances près au néolibéralisme et à la « mondialisation heureuse », avec ses babioles à bas prix importées de Chine ou du Bangladesh et ses immigrants venus d’Afrique, pratiques et peu chers pour les travaux ménagers et les livraisons à domicile ! Les clivages politiques se reportent donc sur des enjeux sociétaux plus générationnels comme les questions mémorielles, raciales, environnementales ou sexuelles (note).

Le vote des « jeunes » : mythes et réalités

C’est une petite musique qui courait déjà avant le premier tour de l’élection présidentielle française d’avril 2022 et s’est renforcée à l’annonce des résultats, écrit Clémentine Vergnaud (Présidentielle : pourquoi l'idée d'un âge limite pour le vote des seniors en convainc certains et scandalise les autres, France TV, 16 avril 2022) : « Les jeunes qui ont voté en masse Mélenchon pour leur avenir se font voler leur élection par des vieux retraités qui ont vécu leur meilleure vie et n’ont plus rien à perdre et des vieux bourgeois qui ont tous les privilèges de Macron », s’exaspérait par exemple un jeune sur Twitter au soir du premier tour. Un autre s’agace aussi, graphiques à l’appui : « Ce sont donc des vieux déjà à la retraite qui vont nous imposer de travailler cinq ans de plus. Merci à eux. » À tel point que certains vont jusqu'à se poser cette question : « Pourquoi diable laissons-nous les plus de 65 ans voter ? »

La réalité que reflètent les statistiques électorales est différente et ces jeunes disciples de Jean-Luc Mélenchon (lui-même 71 ans en 2022) devraient eux-mêmes se féliciter de ce que les « vieux retraités » puissent encore voter !

Voici ci-après les résultats du second tour de l’élection présidentielle française de 2022 par tranche d’âge, (source : Elabe /BFMTV). Ils montrent que la candidate du Rassemblement National (droite extrême) est majoritaire chez les jeunes actifs (25-34 ans) et n’est franchement minoritaire que chez les retraités (65 ans et plus) :

Tranche d'âge
Emmanuel Macron
Marine Le Pen
18-24 ans
54 %
46 %
25-34 ans
40 %
60 %
35-49 ans
51 %
49 %
50-64 ans
54 %
46 %
65 ans et plus
65 %
35 %

Rien n’indique donc qu’une restriction du vote des plus âgés changerait les résultats des élections dans le sens voulu par ses partisans !

Plus gravement, pareille mesure porterait un premier coup à un principe démocratique gagné de haute lutte : le suffrage universel. Songeons qu’avant d’en arriver à celui-ci, nous en sommes passés par le suffrage censitaire, avec un droit de vote réservé aux contribuables aisés, puis au suffrage universel mais réservé aux hommes. Certains pays ont aussi pu réserver le droit de vote aux personnes sachant lire et écrire. Réintroduire une restriction légale au droit de vote serait du plus mauvais effet (note).

« On ouvre la boîte de Pandore ! », s’exclame le constitutionnaliste Dominique Rousseau. « Pourquoi ne pas réserver le vote à ceux qui ont bac+5 ? Ce n’est pas très sérieux sur le plan démocratique. Vous rentrez dans un politique de discrimination qui remet en cause le principe d’égalité entre les citoyens et le suffrage universel sur le plan constitutionnel » (France TV).

Le « vote familial », une exception helvète !

Sous les débuts de la IIIe République, en France, à un moment où la condition féminine était tombée à son niveau le plus bas depuis plusieurs siècles, des élus « patriotes » soucieux d'une « Revanche ! » sur l'Allemagne se mirent en tête de relancer la natalité en favorisant les familles nombreuses sur le plan électoral. C'est ainsi qu'ils promurent le mal-nommé « vote familial », à savoir l'attribution au pater familias d'un droit de vote supplémentaire pour sa femme et chacun de ses enfants mineurs. Cela revenait à donner à une poignée d'hommes un poids électoral discrétionnaire et instaurer une forme de « patriarcat » au coeur de la société occidentale, laquelle en a été exemptée depuis plus d'un millénaire...

Il est à noter toutefois que le « vote familial », qui mériterait d'être plutôt appelé « vote patriarcal », a existé en Europe jusqu'au début du XXe siècle dans quelques villages de la Suisse alémanique, en particulier dans le canton rural Appenzell Rhodes-Intérieures. C'est seulement en 1990 que le Tribunal fédéral suisse a jugé cette pratique contraire à l'égalité des droits.

Étendre le vote des jeunes : une vieille idée pleine de promesses

À défaut de restreindre le droit de vote des plus âgés, quelques rares pays ont fait le choix d’abaisser l’âge requis pour voter à 17 ans (Grèce), voire à 16 ans (Autriche, Belgique, Allemagne, Malte), les autres pays s’en tenant au minimum de 18 ans.

Plutôt que d’abaisser l’âge requis pour voter (pourquoi, après tout, s’arrêter à 16 ans ?), ne vaudrait-il pas mieux réfléchir au moyen de mobiliser les plus jeunes, faire en sorte qu’ils se sentent partie prenante du destin collectif et faciliter leur vote, notamment en instaurant un vote en ligne ou dans les lieux d’étude, comme le suggère Clémentine Vergnaud (France TV) ?

Tibère Adler (Avenir Suisse) évoque quant à lui une idée radicale et quelque peu utopique, à savoir l’introduction d’un droit de vote pour les enfants : les enfants auraient dès la naissance un droit de vote que leurs parents exerceraient pour eux jusqu’à leur majorité.

Cette idée-là a déjà été lancée (sans aucun succès) par un immense démographe et humaniste français, Alfred Sauvy, en… 1944. Socialiste et humaniste de cœur, il voit dans le droit de vote de la naissance à la mort l’accomplissement d’un suffrage véritablement universel.

Il écrit dans Richesse et Population (Payot, 1944, pages 300-301) : « Si l'on fait appel au suffrage des citoyens sous quelque forme que ce soit, dans le cadre national, municipal, professionnel, corporatif, il est essentiel qu'il soit universel et que les enfants soient représentés [...]. Une représentation électorale doit se faire suivant une règle simple et bien tracée. Le mérite essentiel du « suffrage universel » est d’être sans équivoque […]. Il n’est qu’un système simple : chaque personne a une carte d’électeur. Il reste à fixer les règles de représentation des mineurs, mais ce n’est là qu’un détail ». On peut ainsi concevoir que le père et la mère se partagent les bulletins de vote de leurs enfants, le bulletin du premier-né revenant au parent de son sexe. Il appartient ensuite à la jurisprudence le soin de régler les cas spécifiques.

Avec ce droit de vote du berceau au tombeau, c’en est fini des arguties électorales et, sans le dire, on contrebalance d’une façon démocratique et saine le poids croissant des personnes âgées en renforçant celui des jeunes actifs, lesquels bénéficient du droit de vote attaché à leurs enfants.

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2025-05-06 09:22:56
Jake Holman (26-05-2025 05:16:04)

Rappelons-nous "Providence" , un film d'Alain Resnais des années 70. Il montre une situation très en phase avec l'état d'esprit des nouveaux "humanistes".

Flip (03-05-2025 19:10:22)

+
Le suffrage véritablement 'universel' fait voter les morts ; cela s'appelle la tradition.

Pascal 68 (29-04-2025 17:08:06)

Prenons tout d’abord les chiffres. Plus de 65 ans, 24,47 %. 18-34 ans, 25,6%. Des pourcentages à peu près équivalents.
Dans un cas 17 classes d’âge, dans l’autre, disons une bonne trentaine ( dont la mienne). Et dans cette catégorie les enfants du baby boom, dont nombre ont connu une longue période de paix, ou de non-guerre. Mais ils ont grandement contribué à faire de la France ce qu’elle est, et permis aux plus jeunes générations de faire et dire ce qu’elles veulent.
Et certains voudraient priver les "anciens" * de voter au prétexte qu’ils ne sont pas concernés ?
Et les mêmes voudraient décider seuls de ce qui est bien pour les anciens...horresco referens.
Et pourquoi ne pas empêcher d’être élus ceux qui auraient dépassé 80 ans, voire qui les dépasseraient en cours de mandat. En effet, il serait paradoxal d’élire quelqu'un qui ne pourrait pas voter.
Sacré retour en arrière, quand des femmes ( très/ trop rarement) étaient élues avant d’être électrices.
* si jeunesse savait, si vieillesse pouvait...

Pedro69 (29-04-2025 12:08:58)

Retirer un droit à 4% de la population (les de 80) est bien surprenant lorsque l'on pond des lois ne bénéficiant qu'à 1 ou 2% !!
Et pourquoi pas n'autoriser à voter que ceux qui payent des impôts ?

Lamola (28-04-2025 20:03:08)

En voilà une question qu'elle est bonne !

mais comme nous sommes ici en secteur "historien"... il serait peut-être utile de se poser la question de ce qu"est une démocratie, sans oublier que l'athénienne s'accommodait fort bien des esclaves, que notre XIXe siècle post-napoléonien a instauré durablement la discrimination à l'encontre des femmes...

une société est un ensemble d'individus qui se différencient par de nombreux facteurs : genres, religions, histoire, citadins/ruraux, rêveurs/pragmatiques, intellectuels/artisans... j'en passe

les règles ne sont ni universelles, ni immuables, mais il en faut bien pour assurer un "vivre ensemble" et je ne pense pas que l'exclusion ou les discriminations soient les meilleurs vecteurs

"le temps ne fait rien à l'affaire" chantait G. Brassens

en revanche, la qualité de l'information disponible à tous me semble une condition sine qua non de l'électeur avisé - et là, il y a fort à faire !

Rémy Volpi (28-04-2025 15:30:48)

Convenons de définir la démocratie comme étant la tyrannie de la majorité sur une minorité, par le biais du débat contradictoire. Tyrannie, car le principe fondamental de la démocratie, gouvernement du peuple par lui-même, est que les décisions de la majorité s’imposent à tous, nolens volens. La démocratie s’oppose ainsi au fascisme, lato sensu, tyrannie d’une minorité sur une majorité par le biais de la violence. De cette définition de la démocratie, il découle qu’il importe que la majorité soit maximale et que la minorité soit minimale. Ceci afin que les décisions démocratiquement prises reflètent optimalement l’opinion du peuple. Mais qu’est-ce que le « peuple » ? J’observai il y a quelques mois une photo de presse montant un manifestant de rue portant un écriteau affichant « nous sommes le peuple souverain ». Voilà un parfait contresens émanant d’une personne qui en réalité est un aspirant fasciste. Car concrètement, le « peuple souverain », ce sont les électeurs. Et nul autre ! Il en découle que l’électorat doit être autant que faire se peut le reflet du peuple tout entier, c’est-à-dire l’ensemble des citoyens en état de raison . Il est donc inique de vouloir cantonner arbitrairement l’électorat à une tranche d’âge. Seule doit entrer en compte la santé mentale, qui n’est pas mécaniquement altérée au-delà de quatre-vingt ans. Par ailleurs, et corollaire de ce qui précède, le droit de vote, conquête historique de longue main, devrait s’accompagner d’une obligation de vote, sous peine de sanction, ainsi que cela se pratique en Belgique. Car ceux qui ne votent pas, quand bien même se considèrent-ils comme « le peuple souverain », n’ont qu’un seul droit : celui de se taire.

Pascal (28-04-2025 13:11:25)

Le jour où le droit de vote est enlevé à quelque catégorie de la population que ce soit, je ne donne pas cher de ses droits les plus élémentaires. Quelle horreur!
Les cardinaux, on s'en fiche. L'Eglise n'est pas une démocratie.

Bernard (28-04-2025 12:06:02)

La base d'un système électoral et notamment la définition de son corps électoral est sa crédibilité. C'est elle qui fait que les perdants reconnaissent la victoire des gagnants.
Sa crédibilité repose sur :
- son anonymat qui empêche d'exercer une pression sur le votant ;
- sa sincérité, c'est à dire la difficulté matérielle de bourrer les urnes. De ce point de vue, le mode électoral actuel est extrêmement robuste. En revanche, le vote électronique est de ce point de vue problématique : quand bien même il serait techniquement parfaitement sûr, l'immense majorité de la population sera complètement incapable de juger de cette sûreté. Les perdants pourront toujours la contester et prendre le Capitole d'assaut.
- sa simplicité : toute règle sera contestable. L'avantage de la proposition d'Alfred Sauvy est qu'elle supprime une règle (la majorité) au lieu d'en ajouter une.
Il faut, bien entendu, récuser par principe les modifications du corps électoral censées favoriser un groupe au détriment d'un autre. C'est le meilleur moyen que les perdants ne reconnaissent pas leur défaite.
Quant aux différences de niveau de participation des différents groupes, n'est-il pas sain que le résultat soit influencé par les groupes qui s'estiment concernés par le sort commun réglé dans les urnes ?

Héros (28-04-2025 11:37:57)

Il faut donner le droit de vote à 16 ans pour les élections locales

El Oso (28-04-2025 11:18:21)

Peut-être faudrait-il supprimer le droit de vote à ceux qui se posent la question de supprimer le droit de vote aux citoyens de plus de 80ans?

LRD54 (28-04-2025 10:25:17)

Bonjour, 88 ans depuis novemvre 2024, je ne vote plus depuis mon dernier vote pour Monsieur FILLON....je n'ai jamais accepté E. Macron, non politique parachuté depuis Bercy...

GUYOT (28-04-2025 09:31:36)

Le problème principal semble donc de savoir comment devenir majoritaire, même contre l'évidence, les "autres" étant nécessairement mauvais.
C'est ainsi que dans certains pays, les opposants sont éliminés avant les élections. Tellement plus simples!
Je pense aussi à certaines dispositions des conseils d'administration des entreprise qui minorent ou majorent le droit de vote selon la fidélité de l'actionnaire. Ainsi un citoyen fidèle aux urnes serait récompensé, mais cela renforcerait vraiment les anciens.
Reste la solution radicale du film "soleil vert" (et autres dystopies du genre) qui incite les ancien à "passer". Mais l'ancien que je suis n'est pas encore disposé.

Philippe MARQUETTE (28-04-2025 04:31:45)

Avec un gouvernement qui suit aveuglément les pires stupidités (réchauffement climatique, ZFE, pseudo-pandémies, transgenrisme) il faut s’attendre à tout, d’autant plus qu’avec un conseil constitutionnel à sa botte le pire est devenu probable.

Durival (28-04-2025 03:42:19)

Laissons le droit de vote comme il l'est: de 18 ans (même 16 ans) jusqu'à l'âge où on peur encore s'exprimer.
En revanche, l'accès à la candidature et donc à un poste électif doit être réglementé.
Il n'y a dans nos sociétés aucune justification éthique, morale, ou sociale qu'une personne puisse percevoir un revenu global annuel supérieur à 40 fois le salaire minimum du pays (je mets là la barre haute, elle sera réduit en 20 ans à 20 fois). Quarante étant le nombre d'années de travail avant la retraite (exception faite des personnes qui n'ont pu le faire pour raison de santé ou de chômage).
Ainsi nul ne pourra accéder à un poste électif (municipal, départemental, régional, national) si, il ou elle, dépasse cette limite.
Avec un salaire horaire minimum en 2025 de 11,88 euros cela donne pour l’année à 40h/semaine et 52 semaines de travail (incluant les congés) un revenu brut minimum de 24 710 Euros.
Donc, la limite serait pour occuper un poste électif serait fixée à 40 x 24 710 euros ou 988 416 euros pour l’année.
Celles et ceux qui jugeraintbimpossible de vivre avec moins, relèverait d'un cas psychiatrique et ne pourrait donc prétendre à un poste électif.
Nous voterons alors de façon démocratique pour le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple. La démocratie serait équilibrée ... il n'y aurait plus de ploutocrate, ni d'oligarque dans la conduite des affaires publiques. Et une juste démocratie.
Notez cette limite fixée à l'accès à un poste électif, comme décrite plus haut, n’empêchera pas tout un chacun de la dépasser.
Mais là encore, l’excèdent sera confiscatoire et versé dans une caisse nationale de dépôt pour répartition dans les ministères, par ordre décroissant, de l’Agriculture, de l’Éducation, de la Santé de la Justice et de la Culture et des Arts et personnes visées par cette mesure seront félicitées et encouragées et pourront se réjouir de leur généreuse contribution.

Guy (28-04-2025 00:36:13)

Que le Vatican enlève le droit de vote des cardinaux de plus de 80 ans n’entraîne aucune argumentation particulière puisque la foi n’a pas de liens directs avec la raison ! Ou alors faudrait il se demander pourquoi une femme de moins de 80 ans ne peut pas être cardinal(e) et donc ne peut pas elle aussi participer au vote !
Dans le contexte politique d’une démocratie Que le Vatican enlève le droit de vote des cardinaux de plus de 80 ans n’entraîne aucune argumentation particulière puisque la foi n’a pas de liens directs avec la raison ! Ou alors faudrait il se demander pourquoi une femme de moins de 80 ans ne peut pas être cardinal(e) et donc ne peut pas elle aussi participer au vote !
Dans le contexte politique d’une démocratie la question ne se pose pas non plus. L’âge n’est en soi qu’une mesure de temps et ne donne aucune information individuelle sur l’évolution des aptitudes de chaque électeurs, autant vis à vis de la sénilité que a contrario vis à vis de sa plus grande expérience en particulier politique. Tout autre argument qui ne serait pas basé sur l’appréciation médicale des facultés mentales tiendrait de la manipulation électoraliste. la question ne se pose pas non plus. L’âge n’est en soi qu’une mesure de temps et ne donne aucune information individuelle sur l’évolution des aptitudes de chaque électeurs, autant vis à vis de la sénilité que a contrario vis à vis de sa plus grande expérience en particulier politique. Tout autre argument qui ne serait pas basé sur l’appréciation médicale des facultés mentales tiendrait de la manipulation électoraliste.

Michel51 (28-04-2025 00:09:56)

Je ne sais s'il faut enlever le droit de vote aux vieux ( en tout cas 80 ans me parait trop jeune) mais par contre je pense qu'il ne faut vraiment pas rajeunir le droit de vote (par exemple 16 ans comme certains le suggèrent) : fausse bonne idée, les jeunes de 16 ans sont (pour la plupart) politiquement immatures et suivistes...

Mireille (27-04-2025 21:49:18)

Tout à fait d'accord avec la suppression de ce droit de vote si, et seulement si, on supprime AUSSI les impôts de ces personnes (niveaux municipal, communauté de communes, départemental, régional, national, européen). J'ai 74 ans et ai absolument toujours voté, même quand c'était compliqué (par exemple de garde tout le week-end au Havre, en votant à Bois-Guillaume près de Rouen). Je vous remercie pour vos articles.

M HOUSEZ PIERRE (27-04-2025 20:19:59)

Un immense merci à vous.
Encore une fois un article original et génial.

Roland Berger (27-04-2025 17:43:31)

Éliminer les « trop » vieux et les « trop jeunes » laisse toute la place aux têtes d'âge moyen certaines d'être les seules à savoir pour qui et pourquoi voter.

JM KAËS (27-04-2025 17:38:36)

Excellent article une fois de plus, merci M. Larané.
En effet, à partir d’une question a priori complètement stupide et rétrograde (pourquoi ne pas retirer le droit de vote à 80 ans), vous posez le problème, véritable celui-ci, du suffrage universel et de ses qualités mais aussi défauts. Effectivement on peut et doit même se poser la question de savoir pourquoi les moins de 30 ans ne vont plus exercer leur DROIT de vote alors que les plus de 65 ans continuent à l’exercer, ce qui pourrait expliquer pourquoi les élus sont majoritairement de droite conservatrice dans notre pays. Par ailleurs la remise en cause du suffrage universel que constituerait une telle décision serait une entorse supplémentaire à la situation actuelle où c’est une majorité de cinglés incompétents qui dirige de plus en plus notre beau pays. Enfin il ne faut pas oublier que chez nous le vote des femmes ne remonte qu’à 1945 et à la Libération. Certaines propositions parfaitement réalistes comme le droit de vote à partir de 16 ans, comme l’âge possible de la majorité, peuvent être prises sans que le droit des octogénaires soit remis en cause par des personnes qui n’ont qu’une idée derrière la tête : surtout conserver l’ordre existant, même si ce pseudo ordre consiste à conserver le système mondialiste actuel de plus en plus tourné vers un individualisme exacerbé, notamment chez les jeunes générations.

Michel Carrière (27-04-2025 17:04:03)

Le suffrage universel uninominal direct reste le seul mode de scrutin qui responsabilise les citoyens, surtout s’il est associé au mandat impératif, aux référendum citoyen et au principe de subsidiaritté.
Reste la question de la capacité à voter. Sous réserve de respecter la définition de la démocratie comme étant le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple le droit de vote ne peut ni ne doit être retiré à un citoyen français que par une décision judiciaire dans un cas prévu par la loi et qui ne peut aucunement reposer exclusivement sur l’âge.
En revanche l’idée de permettre aux parents d’exercer le droit de vote de leurs enfants mineurs reviendrait à fausser l’égalité des citoyens devant la loi en privilégiant les familles nombreuses.
De plus se poserait la question du parent à qui serait confié ce mandat.

siculo (27-04-2025 16:58:10)

POURQUOI NE PAS LES EUTHANASIER DIRECTEMENT… ILS NE SONT PLUS PRODUCTIFS, ILS COUTENT CHER A LA SÉCURITÉ SOCIALE, ILS VOTENT MAL, CONDUISENT DANGEREUSEMENT .....ETC....

vilopurax (27-04-2025 16:57:17)

d'accord, pas de droit de vote, pas de taxes, pas d'impots, pas de voix au chapitre, pas d'argent pour l'état, c'est du meme tonneau que la prise en charge des frais médicaux inversement du montant des revenus, en revanche maintien des cotisations au pro rata des revenus..... faut-il que l'état soit en panique...

JMD (27-04-2025 16:27:00)

L'argument que les gens pous agés sont plus réactionnaire tombe vite lorsque l'on constate que les jeunes votent plus pour les partis réactionnaires (Le Pen par exemple) que les gens plus âgés (dire vieux est réactionnaire). Il faudrait voir aussi quelle tranche d'âge de la population a voté le plus en faveur de Trump aux États-Unis. Idem pour l'Allemagne. Qui vote pour la droite nazi ?

BetNanar (27-04-2025 16:18:03)

Bjr, idée surprenante... et séduisante que de faire voter tout le monde, y compris les enfants ! Serait-il possible de calculer le résultat des dernières élections présidentielles de 2022 dans cette hypothèse ? Emmanuel Macron aurait-il été élu ou pas ?

BONGAS (27-04-2025 16:09:10)

Plutôt que de limiter le nombre d'électeurs ne serait-il pas plus judicieux de limiter l'âge des candidats à l'élection ?

scheinfegel (27-04-2025 15:38:02)

absolument contraire aux principes de la République : tout citoyen, qq soit son sexe, son statut social a le droit de voter. Toute restriction ouvre la boite de Pandorre aux extrémistes de tout bord et doit être combattue.Par contre pourquoi ne pas abaisser l'age à 16 ans, mais attention, avec les droits associer les devoirs...

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