Renouveau spirituel ?

La jeunesse 2.0 découvre le christianisme

20 avril 2025. Ce dimanche est jour de fête dans les églises avec la célébration de Pâques. Lors de la veillée pascale du Samedi Saint, c’est plus de 17000 adolescents et adultes qui ont reçu le baptême, soit le double des années précédentes. Ce bond a surpris les médias de tous bords, La Croix et Le Figaro comme Le Monde et France Inter. Faut-il y voir un effet de mode ou un renouveau spirituel annonciateur d’un changement d’ère ?...

Après le concile Vatican II  (1962-1963), l'Europe occidentale a connu une accélération brutale du mouvement de déchristianisation amorcé au XIXe siècle. L'historien Guillaume Cuchet en attribue la responsabilité au concile lui-même qui a accéléré le processus en croyant le ralentir (Comment notre monde a cessé d'être chrétien, Seuil, 2019).

Désireux de se mettre au diapason du monde moderne, les évêques conciliaires ont déconstruit le « catholicisme populaire » avec ses rituels collectifs ou individuels qui faisaient lien et donnaient de la chair au dogme. L'historien souligne : « La rupture de pente religieuse du milieu des années 1960 a pris les allures d'un krach (d'autant plus surprenant que les jeunes des années 1950, dans le milieu étudiant notamment, paraissaient plus religieux que leurs prédécesseurs) ».

En France, les statistiques relatives aux sacrements dans l’Église catholique sont amères. Quatre enfants sur cinq étaient baptisés en 1968 ; ils ne sont plus qu’un sur cinq en 2024. Le nombre total de baptêmes a été divisé par deux en moins d’une génération, de 400 000 en 2000 à moins de 200 000 en 2023 (source). Semblable baisse se retrouve dans tous les pays catholiques du Vieux Continent.

La foi chrétienne, autrefois partagée par quasiment tous les Français, est de la sorte devenue étrangère et même incompréhensible à la majorité des adultes et plus encore à leurs enfants. Nombre de blondinets sont ainsi incapables de nommer le personnage représenté sur les calvaires. La redécouverte de cette foi par une fraction de la jeunesse n’en est que plus inattendue.

Des signaux concordants

La surprise est venue d’une enquête publiée le 10 avril 2025 par la Conférence des évêques de France. Elle nous indique que plus de 17.800 personnes devaient recevoir le baptême à Pâques, soit 45% de plus qu’en 2024. Les deux tiers sont des femmes. Rien d’étonnant à cela : comme aux premiers siècles de l’Église, les femmes sont plus réceptives que les hommes au message christique. Plus étonnant est le fait que plus de 80% des nouveaux baptisés ont moins de 26 ans.

De façon logique, la messe du mercredi des Cendres par laquelle débute le Carême (dico), quarante jours avant Pâques, a connu en France une affluence inédite de jeunes. « J’avais devant moi une cathédrale pleine à craquer avec plus de 1 000 jeunes de moins de 30 ans que nous ne connaissions pas et dont nous ne savions pas comment ils étaient arrivés là », raconte Mgr Vincent ­Jordy, archevêque de Tours dans La Croix (19 avril 2025).

Selon le quotidien catholique, cette montée de sève s’observe aussi dans les manifestations traditionnelles. La rencontre biannuelle du Frat (« Fraternité »), à Lourdes, a ainsi réuni 13.500 jeunes et les organisateurs ont dû limiter les inscriptions faute de pouvoir accueillir tout le monde à Lourdes. Le diocèse aux armées a enregistré 30% d’inscriptions en plus pour son pèlerinage dans la cité mariale du 16 au 18 mai. Quant aux organisateurs du pèlerinage étudiant à Chartres, en juin prochain, ils ont dû suspendre les inscriptions le temps d’absorber une affluence record des demandes « deux à trois fois supérieures à celles de 2024 ».

Les réseaux sociaux à l’œuvre !

Ces catéchumènes (d’un mot grec qui désigne les futurs baptisés) sont venus à l’Église par les réseaux sociaux sur internet et par les discussions avec leurs amis de collège et de lycée. La pandémie de Covid-19 et les confinements successifs ont sans doute aussi nourri leur réflexion intérieure. L’incendie et la reconstruction de Notre-Dame de Paris ont pu également guidé cette réflexion sur la foi religieuse comme ciment de la collectivité.

C’est un fait nouveau que les uns et les autres ne se cachent plus d’être chrétiens. Dans La Croix, un lycéen assure : « J’ai des amis musulmans qui savent que je suis chrétien. On parle de nos points communs, mais on s’explique sur nos différences. La religion est acceptée, ce n’est plus du tout un sujet tabou. »

Selon l’enquête du quotidien Le Monde (18-19 avril 2025), les jeunes qui demandent le baptême sont souvent à la recherche de cadres stricts dans leur pratique religieuse et quotidienne « par effet de mimétisme avec l’islam autant que par volonté d’affirmation identitaire. »

Dans Le Figaro du 19 avril, le frère dominicain Paul-Adrien, 44 ans, qui est l’un des « influenceurs » catholiques les plus suivis, convient que le succès relatif du carême, cette année, a pu profiter de sa quasi-coïncidence avec le ramadan musulman. Mais plus fondamentalement, selon lui, le rapport des jeunes à la foi est en train de changer depuis déjà quelques années : « Souvent éloignés de l’Église, ils voient dans le carême un système de cases à cocher qui les rassure. C’est le retour d’une religion populaire où l’on propose des rites et des pratiques simples à mettre en œuvre pour permettre aux gens de mettre le pied à l’étrier, puis de monter en selle. L’éducation à la liberté et à la culture viendra ensuite, mais il faut bien une porte d’entrée ! »

C’est aussi l’avis du père Charles-Thierry Ndjandjo, vicaire à l’église Sainte-Claire de Vauréal (Val-d’Oise) pour lequel l’attachement des jeunes à la norme trahit une forte quête de spiritualité. « Avant, être le meilleur chrétien possible passait par l’engagement. Aujourd’hui, pour les jeunes, cela passe par la prière et l’assiduité aux sacrements, des codes qui étaient auparavant perçus comme traditionalistes, » confie-t-il au quotidien Le Monde.

Dans le rapport de la Conférence des évêques de France, le père Jean-Baptiste Siboulet, aumônier des étudiants pour le diocèse de Nantes, explique : « Cela fait deux années que l’on sent une dynamique autour du carême. Les jeunes commencent leur recherche sur les réseaux sociaux. (…) Ces demandes de jeunes correspondent à un besoin d’appartenance à un groupe, ils recherchent l’Église comme communauté avant de s’accrocher au Christ. Dans une vie fragmentée, où l’avenir peut sembler sombre, la foi représente un socle solide pour se construire. »

Catherine Lemoine, en charge de la pastorale des adolescents au niveau national, observe que « ces jeunes qui naviguent sur les réseaux sociaux sont très à l’aise pour parler de leur foi. Ils portent des signes religieux avec la même décontraction. Ils assument, ils sont acteurs de leur foi. De plus, ils vont bien, ils ont soif de Dieu et soif de vie fraternelle. »

Il semble que le même frémissement soit à l’œuvre outre-Manche avec une augmentation sensible de la religiosité chrétienne dans la jeunesse britannique, chez les catholiques bien plus que chez les anglicans. C’est en tout cas ce que révèle un rapport de la Bible Society, un institut britannique baptiste, cité par La Croix : alors que 4 % des 18-34 ans déclaraient se rendre au moins une fois par mois à l’église en 2018, en 2024 cette proportion s’élevait désormais à 16% chez les 18-24 ans et 13% chez les 25-34 ans. « Ces chiffres sont très frappants et surprenants, estime Tim Hutchings, professeur d’études religieuses à l’université de Nottingham. Dans le contexte de la société britannique, ce n’est pas ce que l’on pensait voir ».

Retour à l’authenticité

Le regain de ferveur religieuse dans la jeunesse paraît encore très fragile et l’on ne saurait dire s’il s’agit d’un effet de mode attisé par les réseaux sociaux ou d’un changement en profondeur de la société. Selon des chiffres officieux évoqués par le frère Paul-Adrien dans Le Figaro, « un nouveau baptisé adulte sur deux quitterait l’Église au bout de deux à trois ans. » Autant dire qu’il est trop tôt pour se prononcer sur sa portée en France comme en Angleterre et dans d’autres pays européens.

Si ce regain se confirme, il pourrait marquer une rupture par rapport à l’irréligiosité, voire à l'antichristianisme militant de la génération du « baby-boom » née en 1943-1963. Selon la Bible Society« il y a eu un changement notable dans les attitudes culturelles à l’égard du christianisme dans l’opinion publique », passant de « l’hostilité active du nouvel athéisme dans les années 2000 » à « l’apathie » puis progressivement à « l’ouverture ». La foi chrétienne « est même devenue culturellement attrayante », soulignent les analystes britanniques (La Croix, 8 avril 2025).

Le père Martin de Laubadère, aumônier de jeunes de la paroisse Saint-Pierre-de-Montrouge (Paris, 14e arrondissement), raconte dans La Croix : « La moitié des cinquante jeunes de mon groupe sont arrivés dans l’Église par leurs amis, qui osent leur parler de la foi. Il y a un décalage entre les sommations du monde - “Achetez, consommez !” - et ce qui se passe sur les réseaux sociaux, où la question religieuse s’est imposée, alors qu’elle est récusée dans l’espace public. Il apparaît que les jeunes ont besoin de silence, de cœur à cœur avec Dieu. »

Nous verrons dans les prochaines années si cet élan spirituel retombera comme un soufflé ou bien inaugurera un nouveau printemps de l’Église.

Quoi qu’il en soit, nous ne reviendrons pas à la situation antérieure comme le rêvent de vieux (ou jeunes) réactionnaires ; nous n'effacerons pas les indéniables avancées de la modernité occidentale et nous ne ressusciterons pas les curés en soutane et les religieuses à cornette, pas davantage la mère au foyer qui attend le chef de famille en s'activant au milieu de ses appareils électroménagers.

Citons juste pour le plaisir des belles phrases le moine Raoul Glaber (985-1045) : « On vit dans presque toute la terre, mais surtout en Italie et en Gaule, rénover les basiliques des églises ; bien que la plupart, fort bien construites, n'en eussent nul besoin, une émulation poussait chaque communauté chrétienne à en avoir une plus somptueuse que celle des autres. C'était comme si le monde lui-même se fut secoué et, dépouillant sa vétusté, ait revêtu de toutes parts une blanche robe d'église ».

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2025-04-20 18:06:08
Doc7538 (03-05-2025 20:43:29)

17000 baptisés! Mais des millions de dé-baptisés, des églises vendues comme hôtels ou même salles de spectacles, faute de fidèles... Alors? Effet de mode sur réseaux sociaux ou retour à la Foi?? Je parierais plutôt sur les "influenceurs"-ses et leurs lubies...

Louchard (28-04-2025 10:52:13)

La religion doit être expliquée plus clairement et simplement. Les gens ou l'homme, ont besoin de fraternité et d'unité, et de naturel. La tricherie, le calcul de bas étage, n'attirent personne, mais il faut vivre et parfois on se contre dit. La religion permet de retrouver une sérénité et apporte des solutions. Pas de dogme incompréhensibles, encore faut-il créer des structures où les jeunes peuvent s'éclater dans un univers sain.
sport, théâtre.... Expliquer, toujours expliquer le pourquoi, qu'il faut mieux aller faire du vélo, du camping où autre plutôt que s'abimer à fumer....Pas culpabiliser. Mais pour cela il faut être soutenu et avoir des points de repère. Au Moyen Age les églises étaient des lieux de rencontre aussi bien pour faire du business que discuter le coup ou se reposer en passant, aujourd'hui cela devrait être la même chose.
Chaque église devrait avoir une salle multi activités.... Tout cela facile à dire, mais repose sur un besoin des jeunes. La république a voulu créer ces structures, parfait, mais il manque le côté spirituel, la religion ne doit pas être à côté, séparée de la vie publique comme le veut la laïcité, mais y être mêlée, mélangée pour le bonheur de tous. La laïcité fatigue et n'est pas naturelle, il faut l'enrichir de la religion. Et bien sûr, je ne parle pas d'une religion sectaire, qui créer son rejet, mais de la vraie Religion qui n'est qu'amour et respect de l'autre, ce qui est le fondement de toutes les religions.

Guy (27-04-2025 16:49:02)

Pour comprendre l’attraction de la religion, il faut d’une part se mettre à la place des jeunes et d’autre part comprendre le rôle de la religion dans la société des humains. Or ce role est en fait multiple psychologique, sociétal voire politique et d’une richesse qui force souvent l’admiration devant une œuvre humaine collective aussi sophistiquée. Pour s’en convaincre il suffit de regarder la qualité des réponses que nous apportent les religions face à notre principal problème: la mort. D’une part face à la peur de la mort, d’autre part face au deuil, la mort d’un être cher. Parallèlement les religions se donnent pour mission de nous aider à faire face à toutes les autres peurs.
Il suffit simplement de rester dans ce registre psychologique pour trouver certaines évidences à la croissance du nombre des baptêmes Pascals chez les jeunes en 2025. Après 7 décennies de vaches grasses il peut sembler que le monde occidental soit entré dans 7 (?) décennies (?) de vaches maigres ! Ayant débuté par une épidémie mondiale de « peste covidienne », puis du retour de la guerre aux portes de l’Europe avec déjà son million de morts, enfin la prise de conscience de la mise en minorité de notre civilisation dans un monde qui nous est de plus en plus hostile, le tout accompagné de la promesse de dérèglements climatiques majeurs liés à une pollution incontrôlée et incontrôlable, le décor du monde a changé en quelques années. Pour un jeune d’aujourd’hui ou peut-il trouver des raisons d’espérer ? Dans la montée croissante de la violence dans la société (et l’école) où il vit ? Dans la montée croissante de l’irrationnel et de la haine par un complotisme débridé dans son univers sans aucune règle de réseaux sociaux ? Dans la fracture d’alliance dont la solidité semblait nous protéger ? Dans le doute de ses propres parents sur un univers démocratique qui devait n’apporter que prospérité et bien-être ?

Pablo (22-04-2025 23:02:09)

C'est aux évangiles et a la Bible qu'il faut retourner. Il n'y a pas meilleur guide et meilleures réponses à nos interrogations. Paul a écrit "Toute l’Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour réprimander, pour redresser les choses, pour former à une conduite juste" deuxième lettre a Timothée.

GARIBAL Gilbert (21-04-2025 17:58:08)

Je suis Chrétien, je suis Musulman, je suis Juif...en réalité, je suis d'abord un être humain, une créature d'imitations, de comparaisons et de répétitions. Ce fichu "sentiment d'appartenance", créé par la sociologie, nous ferait croire que nous sommes la propriété d'un groupe, d'une communauté ! Mais nous n'appartenons à personne, qu'à nous même! Le désir de croire et le besoin de croire sont deux choses différentes. Nous cherchons surtout dans cette reliance artificielle un "consolatum" à notre peur de la mort! Par ignorance du mystère de l'univers, de la vie et de la mort précitée. Nous n'aurons jamais de réponse à notre POURQUOI originel qui nous taraude et incite à chercher du SENS à la vie, à notre vie! Alors nous avons inventé Dieu et peuplé le ciel avec des récits que nous finissons par assimiler à une Vérité. Nous avons une carte d'identité, alors qu'elle devrait être de différences! Se chamaillent en nous la raison, l'intuition, l'imagination. Sans cette dernière, l'humanité n'existerait plus depuis longtemps! Ainsi, il nous reste plus, pour traverser le mieux possible notre temps de vie, que d'exercer notre métier d'homme et de femme, dans la joie si possible. Il peut se décrire en 3 verbes : SEMER, ESSAIMER ET S'AIMER! C'est plus que jamais le moment!

Benoit (21-04-2025 16:50:31)

Très bon article, très solidement argumenté comme d'habitude avec Herodote, et nous invitant à réfléchir sur un tout nouveau et surprenant fait de société.
Je ne suis cependant pas d'accord avec l'analyse de l'historien Guillaume Cuchet, qui attribue au concile Vatican 2 la responsabilité de l'accélération de la déchristianisation.
Celle-ci n'a eu lieu qu'en Occident, alors que la pratique catholique n'a cessé d'augmenter en Afrique sub-saharienne, certains pays d'Asie (Philippines, Corée du Sud), d'Amérique latine, et est restée importante et stable en Pologne, en Irlande, et stable aux USA (du fait de l'immigration d'origine latino-américaine).
Il faut donc chercher les raisons ailleurs.
Pour l'Occident, je pense à la sécularisation de la société, la montée de l’individualisme, la crise des vocations, les scandales au sein de l’Église, et le rôle décroissant de la religion dans l’éducation et la vie publique.
On aurait pu tout aussi bien dire que la déchristianisation y est due au fait que Vatican 2 n'est pas allé assez loin pour vraiment "coller" aux transformations profondes de la société occidentale.
Je constate que dans le monde, la pratique de la religion catholique est restée stable ou a augmenté là où existe un soutien de l’Église dans les questions sociales, l'éducation, et la santé.
En France, les figures de loin les plus populaires et rassembleuses du catholicisme dans le grand public sont celles de personnes s'étant engagées sur le terrain, auprès de personnes en difficulté comme le Père Jaouen, le prêtre Guy Gilbert, l'abbé Pierre (jusqu'à peu...), et non celles de Monseigneur Lefebvre et de ses adeptes pour un retour au dogme intégriste.

Benoit (21-04-2025 16:50:09)

Très bon article, très solidement argumenté comme d'habitude avec Herodote, et nous invitant à réfléchir sur un tout nouveau et surprenant fait de société.
Je ne suis cependant pas d'accord avec l'analyse de l'historien Guillaume Cuchet, qui attribue au concile Vatican 2 la responsabilité de l'accélération de la déchristianisation.
Celle-ci n'a eu lieu qu'en Occident, alors que la pratique catholique n'a cessé d'augmenter en Afrique sub-saharienne, certains pays d'Asie (Philippines, Corée du Sud), d'Amérique latine, et est restée importante et stable en Pologne, en Irlande, et stable aux USA (du fait de l'immigration d'origine latino-américaine).
Il faut donc chercher les raisons ailleurs.
Pour l'Occident, je pense à la sécularisation de la société, la montée de l’individualisme, la crise des vocations, les scandales au sein de l’Église, et le rôle décroissant de la religion dans l’éducation et la vie publique.
On aurait pu tout aussi bien dire que la déchristianisation y est due au fait que Vatican 2 n'est pas allé assez loin pour vraiment "coller" aux transformations profondes de la société occidentale.
Je constate que dans le monde, la pratique de la religion catholique est restée stable ou a augmenté là où existe un soutien de l’Église dans les questions sociales, l'éducation, et la santé.
En France, les figures de loin les plus populaires et rassembleuses du catholicisme dans le grand public sont celles de personnes s'étant engagées sur le terrain, auprès de personnes en difficulté comme le Père Jaouen, le prêtre Guy Gilbert, l'abbé Pierre (jusqu'à peu...), et non celles de Monseigneur Lefebvre et de ses adeptes pour un retour au dogme intégriste.

Roland Berger (21-04-2025 16:49:44)

Amusant, presque délirant de voir tant de jeunes adhérer à une foi par ailleurs inventée.

Marie-Pierre (21-04-2025 15:10:09)

L’homme ne vit pas seulement de pain… Les jeunes redécouvrent cette soif spirituelle plantée au cœur de tout homme. Réjouissons-nous !

Joneall (21-04-2025 12:13:46)

Depuis les lumières on lutte pour sortir de l'influence néfaste de la réligion avec pas mal de succès. Si cette tendance s'effrite, c'est bien dommage.

Peuimporte (21-04-2025 12:10:29)

Maintenant en milieu de vie, j’ai finalement réalisé que bien des gens n’arrivent pas à développer un système moral personnel et un cercle social suffisamment forts pour pouvoir endurer les vicissitudes de la vie et les inquiétudes sociétales. Il m’apparaît aussi évident que cultiver des routines à différentes échelles temporelles (heures de travail, loisirs hebdomadaires, activités religieuses/rituels, vacances, etc.) participe grandement à stabiliser et rassurer. Un retour à la pratique religieuse semble naturel de nos jours, après avoir déconstruit et remis en cause tellement de normes sociales et morales. Mais est ce vraiment un retour à une religion? Ou est-ce plus généralisé? Cette quête d’un cadre moral, de rituels et d’identité peut aussi être assouvie autrement. Une comparaison avec d’autres systèmes communautaires ritualistes serait intéressante. Je parierais que cette hausse s’étant bien au delà de la chrétienté.

orace369 (21-04-2025 12:07:56)

Bonjour,
Je répondrais par un à la fois spirituel (mineur) et de mode (majeur).
Quand à la persistance de ce qui a été acquis depuis concile 2 ou autre, permettez-moi d'en doutez car les avancées peuvent être remises en cause comme nous voyons des tentatives (avortement, terre plate, dieu crée l'homme, etc.).
Il suffit d'une invasion ou l'apparition d'une autre religion toute aussi bête ou bien d'une catastrophe (naturelle, économique, environnementale, guerre, etc.) qui retournera les pratiques, les croyances et les places dans la société.
Une philosophe dont j'ai oublié le nom et que je crois vous avez reçu a dit en gros, la lutte des femmes a pris un tour nouveau et ce tour sera soumis aux aléas de l'existence. Il suffira d'une simple catastrophe pour que les femmes soient remises aux fourneaux et tout progrès ne servira à rien pour faire barrage.
Bref, l'ambiance est à l'obscurantisme : un jeune homme me disait : c'est idiot, ils veulent apprendre l'amour au enfants alors que c'est naturel. Je lui ai répondu que ses parents lui ont bien appris à manger ou à marcher et c'est naturel. Il m'a dit ne pas comprendre ce que je disais. Fin de l'exemple. On est dans la m. comme disait quelqu'un.
Je vous salue

Paul-Bernard (21-04-2025 10:13:42)

Une certaine jeunesse découvre le christianisme. Quel christianisme ? Celui des cérémonies, des sacrements, des rites ? Probablement. Mais est-ce un retour au message de l'homme de Nazareth (qui n'a pas fondé une religion mais a apporté un nouveau regard sur la religion pratiquée à son époque) ?
Un message profondément humaniste

Alain (21-04-2025 08:42:52)

Un retour à la foi et aux valeurs chrétiennes ? Je suis d'une génération où la connaissance scientifique, les découvertes en biologie, en astronomie, l'empreinte du Darwinisme sur la compréhension du monde et son évolution, nous faisaient abandonner les croyances millénaires. Voir, à présent l'incertitude et la peur de l'avenir envahir les esprits, expliquent ce besoin de revenir aux vieilles légendes. C'est bien sur lié à la montée des idées de droite et du FN. Le règne de Trump s'étend rapidement, j'en frémis. Entre savoir et croire les jeunes reviendraient aux croyances ? C'est bien triste!

Joneall (21-04-2025 08:32:30)

Depuis les lumières on lutte pour sortir de l'influence néfaste de la réligion avec pas mal de succès. Si cette tendance s'effrite, c'est bien dommage.

Gilles Aerts (21-04-2025 03:24:55)

Lorsque j'enseignais les sciences humaines- je suis à la retraite -, je demandais au début de l'année à mes élèves de quatrième de lever la main s'ils savaient ce qu'était le Ramadan. Tout le monde ou presque levait la main ; puis, après une pause, je leur demandais de lever la main s'ils savaient ce qu'était le carême. Pratiquement personne ne levait la main.
I rest my case !
Vancouver, Colombie-britannique

Armand CHANEL (20-04-2025 23:13:55)

Merci pour ces données factuelles qui effectivement interrogent. Une 3eme hypothèse n’est pas évoquée : face aux guerres (Ukraine, Gaza)et aux dérèglements climatiques (inondations, incendies) anxiogenes, le besoin de réassurance peut pousse au désir de protection divine...

Monique (20-04-2025 22:48:26)

Merci pour cet article intéressant. J’ai reçu une éducation chrétienne, mais ne vais plus à la messe depuis longtemps. Étant en vacance en Italie où nous découvrons de si belles églises, nous avons eu envie d’assister à la veillée pascale à Milan. Notre surprise a été le petit nombre de fidèles avec surtout des têtes blanches. La ferveur des catholiques en Italie me semble aussi très modeste.

JM KAËS (20-04-2025 19:44:48)

D’abord merci M. Larané pour votre article fort bien documenté.
Je veux bien croire que le Christianisme en général et la religion catholique en particulier connaissent un renouveau chez les jeunes Français. En revanche et malheureusement, ce que je constate tous les jours est que nos églises sont de plus en plus en ruines et de moins en moins fréquentées, chaque curé exerçant la messe dans plusieurs villages et donc la messe n’étant dite dans mon village qu’un dimanche par mois en moyenne.
Ce que je constate par ailleurs et toujours malheureusement est que la seule religion montante est l’Islam avec toutes ses conséquences pernicieuses. Personnellement je suis agnostique bien que baptisé et je pense que les religions sont généralement néfastes pour l’Homme, cf notre passé (croisades, guerres de religion…..) et que l’Islam, nouvel opium du peuple, reste la pire de toutes.

Louis-Marie Grognon (20-04-2025 14:26:37)

J'ai omis de dire que le reste de l'article est excellent. Je ne commente que les articles excellents, pour les rendre parfaits.

Louis-Marie Grognon (20-04-2025 14:24:57)

Je ne fais pas confiance au frère Paul-Adrien pour ce chiffre. En théologie, ce serait différent. Voyez à trouver des sources crédibles. Et surtout, une donnée utile: que signifie "quitter l'Église"? Les chrétiens en général quittent l'église après la messe ????????????????????????
"Selon des chiffres officieux évoqués par le frère Paul-Adrien dans Le Figaro, « un nouveau baptisé adulte sur deux quitterait l’Église au bout de deux à trois ans. » "

Philippe MARQUETTE (20-04-2025 14:06:21)

Pour ma part, et je pense que nous sommes nombreux à le penser, c’est une excellente nouvelle.
L’Évangile lui-même signifiant bonne nouvelle est à prendre au pied de la lettre.
Sans être un vrai croyant, j’ai toujours plaisir à suivre une messe catholique, cela fait partie de ma tradition.
À une époque où il est important de combattre le progressisme, porteur de pauvretés proposées à la place des valeurs sur lesquelles la France s’est appuyée pendant des siècles.
On les aura !

Yves Montenay (20-04-2025 13:54:43)

Je note l'hypothèse de l'exemple des jeunes musulmans (je suis un spécialiste de l'islam, non pas sur le plan théologique mais sur le plan socio-politique). Mes amis enseignants me disent que ces adolescents musulmans exposent volontiers leur foi… quitte à y renoncer 10 ou 15 ans plus tard du fait de leurs contacts professionnels ou sociaux. Je serais heureux d'avoir d'autres témoignages.
Yves Montenay (voir Google plus « islam »)

JANDOT (20-04-2025 13:23:27)

Profondément touché !
Une bouffée d'espérance : et si l'ère du poisson était celle annoncée, le retour de l’amour universel.

Edith (20-04-2025 13:07:11)

20% des élèves étant scolarisés actuellement dans le privé dont 96% catholiques avec des baptêmes organisés en5e et 4e qu y a-il d étonnant à la
remontée de la religion ?
Le lobying catholique fonctionnant à plein, ceci explique cela

Respectez l'orthographe et la bienséance. Les commentaires sont affichés après validation mais n'engagent que leurs auteurs.

Actualités de l'Histoire

Histoire & multimédia

Nos livres d'Histoire

Récits et synthèses

Jouer et apprendre

Frise des personnages