Changement d'ère

Trump acte la fin de la « troisième mondialisation »

6 avril 2025. Comme s'il ne leur suffisait pas de « sauver la planète » avec le Pacte vert ainsi que se préparer à une guerre avec la Russie, voilà que les dirigeants européens se voient confrontés à une guerre commerciale avec leur allié privilégié, les États-Unis. Leur désarroi est total en découvrant qu'il leur faut tourner le dos à la « mondialisation heureuse » des années 2000, au risque de se mettre en porte-à-faux avec les principes constitutionnels inscrits dans le traité de Lisbonne...

En ce mois d'avril 2025, le président américain Donald Trump a annoncé l'instauration de droits de douane sur les importations en provenance de ses rivaux (la Chine) comme de ses alliés les plus fidèles (les pays ouest-européens, Taïwan, la Corée). Certains de ces nouveaux droits de douane (tariff en anglais) dépassent le seuil de 40%. C'est une rupture brutale avec la libéralisation des échanges engagée au niveau mondial il y a près de soixante ans.

Aux États-Unis, les dégâts sociaux (et écologiques) occasionnés par cette mondialisation, la troisième du genre (note), étaient devenus tels que, dès la présidence du démocrate Joe Biden, le gouvernement américain avait commencé à relever les droits de douane tant avec la Chine qu'avec l'Europe. Il y avait mis plus de finesse mais pas moins de vigueur que le président actuel.

Les Européens se souviennent de la promulgation de l'IRA (Inflation Reduction Act, 16 août 2022). Les Français gardent aussi un souvenir amer de l'annulation d'un contrat de sous-marins avec l'Australie à l'initiative, là aussi, du gouvernement Biden, une mesure d'une brutalité hors norme ! 

Ce retour des démocrates américains au protectionnisme vint trop tard pour éviter la « tornade Trump ». Que le nouveau président des États-Unis réussisse ou non son pari pour le moins hasardeux, il est d'ores et déjà certain que la troisième mondialisation (1948-2025) est derrière nous. On ne reviendra pas à la situation antérieure. Le lien de confiance entre les États est brisé, y compris au sein de l'Union européenne où chacun est tenté de négocier pour son compte avec Washington.

Une mondialisation non maîtrisée

Fondé en 1948 à Genève, le GATT (General agreement on Tariffs and Trade, en français, « Accord général sur les droits de douane et le commerce ») avait réussi à ramener les droits de douane sur les marchandises de 40% à 6% en moyenne. Mais son champ d'action se limitait pour l'essentiel à des pays avancés et en situation d'équilibre les uns par rapport aux autres. Entre ces pays qui rassemblaient moins d'un milliard d'humains (Europe de l'ouest et Amérique du nord, Japon, Australie, etc.), les barrières douanières n'avaient pas lieu d'être, comme en convenait l'économiste Maurice Allais (note).

En 1995, prenant acte du ralliement du bloc ex-soviétique et de la Chine populaire au libéralisme économique, le GATT s'était fait remplacer par l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

Celle-ci donna un coup d'accélérateur à la mondialisation des échanges (et par la même occasion aux émissions de gaz à effet de serre). En 2001, la Chine populaire fut accueillie au sein de l'OMC en dépit de ce que le secteur bancaire et les grandes entreprises du pays demeuraient sous la coupe de l'État : Pékin pouvait en conséquence manipuler la monnaie chinoise de façon à la sous-évaluer et inonder les marchés occidentaux au-delà du raisonnable ainsi qu'a pu l'expliquer Jean-Michel Quatrepoint (Mourir pour le yuan ?, 2011).

Les milieux d'affaires occidentaux n'en eurent cure car ils ambitionnaient plus que tout de délocaliser leurs usines en Chine afin de produire à des prix « chinois » et revendre en Europe à des prix « européens », avec un maximum de profit. On le constata dès 2005, avec le démantèlement des accords Multifibres : les industriels du textile allèrent en masse se fournir en Chine en entraînant la fermeture des dernières usines du Vieux Continent mais aussi de beaucoup d'usines implantées sur le pourtour méditerranéen (Tunisie, Turquie, etc.). L'Empire du Milieu inonda les étals occidentaux de textiles de médiocre qualité ; certains à des prix dérisoires, d'autres à des prix pas moins élevés qu'avant du fait d'une étiquette de marque.

À la faveur de la mondialisation (globalization en anglais), l'objectif des entrepreneurs européens était ainsi devenu la recherche du profit par le recours à une main-d'oeuvre corvéable, docile et sous-payée (Chinois, Ouïgours, Bangladais,... et aussi migrants africains). Cette démarche est à l'opposé de celle qui a fait le succès de la révolution industrielle et la grandeur de l'Europe.

Au Moyen Âge et plus encore à partir du XVIIIe siècle, les entrepreneurs ne pouvaient compter que sur la main-d'oeuvre de leur région de naissance. Pour accroître leurs revenus, ils s'évertuaient à augmenter la productivité du travail humain par le recours à des machines et des procédés plus performants. Ainsi pouvaient-ils tout à la fois accroître leur profit, améliorer les conditions de vie de leurs ouvriers et mettre sur le marché des produits en plus grande qualité et à moindre prix. De là le gain général en bien-être, en santé et en espérance de vie.

En tournant le dos à ce processus vertueux, la globalization des années 2000 traduit donc un basculement déontologique dont nous payons aujourd'hui les conséquences, en France, en Europe et aux États-Unis. Mais pour l'heure, seuls ces derniers ont pris la mesure du mal.  

À la racine du mal-être des classes populaires américaines

Les annonces fracassantes de Donald Trump sont conformes aux attentes de ses électeurs, lesquels appartiennent en grande majorité aux populations ouvrières ou ex-ouvrières de la Rust Belt (la « Ceinture de la Rouille »), de la région des Grands Lacs au centre de l'Atlantique.

C'est de cette région que sont sortis pendant la Seconde Guerre mondiale les tanks, les avions et les armements en tous genres qui ont permis aux Soviétiques et aux Anglais de vaincre le IIIe Reich, ainsi qu'aux Américains de vaincre le Japon. C'est aussi de cette région que sont sortis les belles voitures et les équipements électroménagers qui ont fait le bonheur des générations d'après-guerre. Il n'en reste aujourd'hui à peu près rien. Les habitants ruminent leur désespoir, aggravé par l'épidémie des opioïdes (note). D'où leur vote en faveur de Trump qui a surpris les observateurs.

À défaut d'être subtil et nuancé, le président américain est un homme d'instinct. Il a bien senti les attentes profondes de ces classes populaires, à la différence de ses rivaux démocrates comme des gouvernants européens, tous partis confondus.

C'est sans doute ce qui lui vaut d'être qualifié de « populiste » (le mot se traduit en latin par populare : ainsi qualifiait-on dans la Rome antique le parti de... Jules César, un patricien qui, comme l'actuel président, avait su gagner la faveur de la plèbe ; mais là s'arrêtent les similitudes entre les deux personnages !).

Il a donc entrepris de revivifier autant que faire se peut la production industrielle nationale et de ne plus abandonner à des rivaux potentiels des biens stratégiques et vitaux (composants microélectroniques par exemple). Y réussira-t-il ? Cela reste à voir.

Il prend le risque de déstabiliser l'économie mondiale et sa propre économie mais peut aussi se targuer d'atouts décisifs comme l'attrait que continuent d'exercer les États-Unis sur les scientifiques, les ingénieurs et les entrepreneurs de Chine, d'Inde, d'Europe et d'ailleurs.

L'Europe engluée dans ses « principes » hérités du traité de Maastricht

Face à l'agressivité décomplexée de leur « allié » américain, les dirigeants de l'Union européenne sont en panique ainsi que le constate le philosophe Marcel Gauchet : « Les Européens ont hélas perdu les moyens intellectuels de penser la réalité. Nous sommes devenus le continent de l’irréalisme politique » (Causeur, 5 avril 2025).

À la différence de Donald Trump et des autres hommes d'État, qui servent les intérêts de leur pays avec pragmatisme, les Européens s'obligent, quel que soit le contexte, « à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu'à la réduction des barrières douanières et autres ». Il s'agit rien moins que de l'article 206 du traité de Lisbonne ou Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE). Ce document à valeur constitutionnelle s'impose aux gouvernants de tous les États-membres.

Avec une pareille chaîne aux pieds, l'Union européenne aura du mal à résister à la  « guerre » commerciale engagée par les États-Unis, d'autant qu'elle s'est sciemment placée sous leur dépendance en matière d'économie numérique, de Google à Uber, et en matière militaire et stratégique. Ses états-majors dépendent plus que jamais du Pentagone et des fournisseurs américains de chasseurs F-35 et de missiles Patriot pour les protéger face à la Russie !

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2025-04-11 10:57:14
Christian (20-04-2025 17:47:23)

Quand on voit les grands patrons, après avoir chanté les louanges de la "mondialisation heureuse" pendant vingt-cinq ou trente ans, faire aujourd'hui l'éloge de Donald Trump ou accuser le système fiscal et social français de pousser les industriels à délocaliser, on ne peut que penser à la phrase attribuée par Alain Peyrefitte au général de Gaulle: "Le peuple est patriote, les bourgeois ne le sont plus". Eh bien, la (grande) bourgeoisie s'apprête à nous trahir, une fois de plus...

Christian (13-04-2025 11:39:09)

Caligula avait désigné son cheval comme consul, Néron était persuadé d'être un grand artiste, Poutine se prend pour la grande Catherine et Trump est sans doute persuadé d'être le plus grand diplomate de tous les temps. Pourtant, selon l'AFP, les États-Unis ont décidé ce samedi 12 avril d’exempter les smartphones et les ordinateurs fabriqués en Chine des récentes surtaxes douanières qu'ils avaient imposées quelques jours plus tôt. Décidément, l'économie n'est pas une science exacte...

D'autre part, le même Trump aurait déclaré que l'Union européenne avait réagi de manière "intelligente" (sic) aux nouveaux droits de douane. On devrait plutôt se demander quelle nouvelle bêtise ont pu commettre les dirigeants européens pour que Trump juge leur réaction "intelligente" dans un tel contexte...

Christian (09-04-2025 06:29:24)

Selon l'AFP, la discorde règne au sein de l'équipe Trump. Elon Musk s'en est pris à Peter Navarro, conseiller au commerce, en le traitant de "crétin" et de "bête comme un sac de briques" (équivalent anglophone de "bête comme ses pieds"). Musk répondait ainsi à Navarro qui avait dit de lui qu'il n'était pas un fabricant de voitures mais seulement un assembleur, travaillant avec des pièces importées d'Asie.

Dans la foulée, Musk a accusé Navarro de s'appuyer sur les théories d'un faux expert nommé Ron Vara (l'anagramme de Navarro). Quand on sait que Navarro (ou Ron Vara) est sans doute l'un de ceux qui ont inspiré les annonces du 2 avril et la fameuse liste des 185 pays taxés avec les nombreuses incohérences qu'elle comporte, il y a de quoi s'inquiéter...

Bernard (08-04-2025 20:54:30)

La mondialisation a accéléré les transferts de technologies vers les pays émergents, notamment la Chine et l’Inde, rendu ainsi la puissance proportionnelle aux masses, affaibli l'appareil industriel des pays occidentaux, accentué la submersion migratoire et notamment la colonisation arabo-africaine de l'Union Européenne, dopé le pillage des ressources au niveau mondial, accru la pollution et favorisé la circulation des virus et bactéries (Covid). Seuls bénéfices, les maigres gains en pouvoir d’achat ont été payés au prix fort.

Bref, pour l'Occident, la mondialisation a été une catastrophe sur quasiment tous les plans.

Elle était à la veille d'entraîner des dégâts irréversibles lorsque, in extremis, Donald TRUMP, chassé par le coup d’Etat de novembre 2020, et miraculeusement indemne à la suite d’une tentative d’assassinat (doigt de la Providence ?), est parvenu à reconquérir le pouvoir en 2024. Rarement dans l’histoire, le sauvetage de centaines de millions d’hommes n’aura autant dépendu du succès d’un seul.

Naturellement, ce sursaut salvateur étant tardif, il va maintenant nécessiter un remède de cheval et la transition va être difficile. Il y aura des hauts et des bas. Mais le redressement est encore jouable.

Christian (08-04-2025 07:44:45)

Si je suis d'accord avec l'essentiel de cet article, je regrette qu'il commence, une fois de plus, par une phrase accusant les dirigeants européens de "préparer une guerre contre la Russie" (sic). Je pense que la très grande majorité des dirigeants européens, comme ceux du Canada et de l'Australie, tentent de mettre sur pied une alliance défensive pour dissuader la Russie d'attaquer, si l'envie lui en prenait, la Pologne, la Finlande et les pays baltes, comme elle l'a déjà fait à plusieurs reprises dans le passé.

Cette nouvelle alliance est d'autant plus nécessaire qu'on ne peut manifestement plus compter sur le "parapluie" américain. Mais je suis persuadé que personne, à part peut-être quelques rares illuminés que je connais pas, n'envisage sérieusement de se lancer dans une nouvelle campagne de Russie, quand on sait comment celles de 1812 et de 1941 se sont terminées.

Georges PN (07-04-2025 23:30:05)

BIzarre : j'ai cherché l'article 206 sur ChatGPT et voici le texte (pas du tout ce que dit le papier) :
Article 206 - Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE)
"Dans la mise en œuvre de la politique commerciale commune, l'Union peut, conformément à ses obligations internationales, mener des négociations et conclure des accords avec des pays tiers, des organisations internationales, ou des organisations régionales, dans la mesure où ces accords concernent des domaines relevant de la compétence exclusive de l'Union."

Herodote.net répond :
Merci pour cette recherche. Elle fait la preuve qu'il ne faut pas se fier à ChatGPT et à l'"intelligence artificielle"!!!
Je vous invite à aller directement à la source comme nous : https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:12012E/TXT:fr:PDF
Article 206 (ex-article 131 TCE)
Par l'établissement d'une union douanière conformément aux articles 28 à 32, l'Union contribue, dans l'intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu'à la réduction des barrières douanières et autres.

Jonas (07-04-2025 16:15:21)

Trump n'a pas tort sur tout.
On peut toujours critiquer les Etats-Unis , mais voilà que le président Trump par son coup de pied dans la fourmilière, réveille l'Union européenne de sa léthargie et de son pacifisme.
Je ne sais pas si la politique économique de Trump réussira a long terme, mais il a raison sur plusieurs points. Contrôler les dépenses de son pays dans différents domaines : militaire , aide au développement ( USAID + de 43 milliards de dollars , la plus grande agence d'aide au monde ). Aucun pays n'est capable de substituer aux Etats-Unis dans ce domaine. Sans parler de leur quote-part pour le fonctionnement de l'ONU. La plus importante.
L'Union européenne doit penser à la réalisation d'une défense , sans compter toujours sur les Etats-Unis,. Bien sûr , cela demandera des décennies mais en attendant il faut utiliser la diplomatie , il ne sert de rien de braquer les Etats-Unis .On a pas les moyens!
Un autre point que soulève , Trump , la politique de l'immigration , ( je ne crois pas a une immigration zéro) il a raison de montrer que la politique d'une immigration sans contrôle d'Angela Merkel en 2015 ( sans consulter ses partenaires européens ) est la principale montée de AfD en 2025.

Jacques (07-04-2025 10:51:17)

Merci pour cette mise en perspective et pour les articles qui l'accompagnent.
Herodote est indispensable.

Andrée (07-04-2025 10:44:36)

S'il faut revoir le Traité de Lisbonne, profitons en pour revoir les règles qui régissent la prise de décisions au sein du Conseil des Chefs d'état et de gouvernement. L'unanimité est le vrai problème et l'outil de ceux qui ne veulent plus de l'UE même en en faisant partie.

phl (07-04-2025 10:33:19)

je lis avec plaisir cette analyse
c'est mon sentiment depuis longtemps
adversaire de la mondialisation depuis le début ,opposant à maastricht et à l'omc
nous avons délibérément sacrifié nos industries et nos emplois




Christian (07-04-2025 09:13:11)

Je n’ai jamais vraiment cru à la «mondialisation heureuse». Je pense que celle-ci a définitivement tourné à la catastrophe à partir des années 2001/2004, avec l’adhésion de la Chine à l’OMC et l’élargissement de l’Union européenne aux anciens pays communistes, sans réelles contreparties démocratiques et sociales dans les deux cas.

Je ne crois pas non plus qu’on nous prépare à la «guerre contre la Russie». Le fameux «plan de réarmement» récemment annoncé ne vise, me semble-t-il, qu’à empêcher l’effondrement de l’Ukraine et à dissuader la Russie d’envahir la Pologne, la Finlande et les pays baltes comme elle l’a fait à plusieurs reprises au cours des 250 dernières années.

Quant à la guerre commerciale lancée par Trump, elle risque surtout de plonger dans la misère des pays tels que le Lesotho (50% de taxes), le Cambodge (49% de taxes) ou Madagascar (47% de taxes), alors que l’Iran des mollahs et l’Afghanistan des talibans sont relativement épargnés avec 10% de taxes seulement…

LB (07-04-2025 07:14:19)

Tres bon article, néanmoins teinté d’idéologie politique: il aurait été peut être utile d'équilibrer le discours en parlant de cette industrie européenne textile souffrant d'accès limité a une main d’œuvre qualifiée, des les années soixante, et menant a de vastes campagnes d’immigration mais aussi des centaines de millions de personnes en Asie arrachées à la pauvreté grace a cette mondialisation tant déshumanisée et, enfin aussi, des décennies de consumérisme a bas cout dont nos generations occidentales ont tant bénéficié, sans entrainer d'inflation mortifère… meme si nous signons la mort de cette globalisation, n’en oublions pas les aspects largement positifs pour autant.

Philippe MARQUETTE (07-04-2025 03:53:18)

Herodote commencer à réaliser que l’ennemi n’est pas la Russie mais notre « cher ami d’outre Atlantique ».
Après de Gaulle, ennemi juré des américains, il n’y a eu que des présidents atlantistes qui se sont tous mis à plat-ventre face à eux.
Lire « L’ami américain » d’Éric Branca » chez Perrin, 2018.
Il serait intéressant de relever l’influence des rescapés nazis dans tout cela sans verser dans le complotisme, toujours chez Perrin, 2021, du même Éric Branca « Le roman des damnés ».
Mais dédiaboliser Trump ou Poutine, ou ne serait-ce que ne pas les accuser de tous les crimes, n’est-ce pas déjà du complotisme ?
Quel degré de stupidité faut-il avoir pour croire qu’un pays de 17 millions de km2 doté d’une population d’à peine 150 millions d’habitants ait des velléités d’envahir l’Union Européenne ? C’est le résultat de décennies de désinstruction nationale et de propagande étatique.
La dictature européenne est pourtant là, grignotant petit à petit les libertés et instaurant le « 2 poids, 2 mesures » aux citoyens apeurés et clamant haut et fort que c’est pour la paix.

Hugo (06-04-2025 21:24:14)

Dépourvue de matières premières, livrée à une colonisation de peuplement, tiraoimillées par les inntérêt contradictoires de ses membres; en proie à un totalitarisme rampants, endettée et dépendante, l'UE est désormais en soins palliatifs. N'importe quel observateur avisé voit bien qu'elle n'en a plus pour longtemps.
Sortir la France le plus tôt et le moins mal possible de cet ensemble en voie de décomposition sera la priorité du (de la) futur(e) président(e), quel(le) qu'il (elle) soit.

Georges PN (06-04-2025 21:10:41)

Excellente synthèse qui nous change des "Trump fait n'importe quoi" et autres "Trump est devenu fou"…

Ellesse L S (06-04-2025 20:50:32)

Excellent article ! L'Europe engluée, tellement bien dit. Un traité non voulu. J'ai hâte de voir la réponse de l'Union envers le monsieur Orange! Une double claque: la dette plus les tariffs! Le compte de banque vide!

Michel (06-04-2025 18:09:20)

L’U.E. à 27 États, déjà bien mal en point, est au pied du mur :
- Soit elle continue en s’adaptant vite aux circonstances quitte à rétrécir;
- Soit elle disparaît !
C’est en tous cas mon avis.

Marie-Joëlle (06-04-2025 17:45:41)

Votre analyse me semble très juste. Merci de partager ce point de vue qui éclaire encore de façon différente et complémentaire ce que j'ai lu sur le sujet.
Nous avons besoin de penser et d'oeuvrer en intelligence

Phil38 (06-04-2025 17:42:30)

C'est un peu fatigant de lire régulièrement vos arguments : L'Occident a perdu, la France est foutue, nos politiques sont nuls alors que Trump est un homme d'instinct. Trump va échouer parce qu'il est inculte, élu par des décérébrés. Continuez un peu le parallèle avec Jules César, il ne faudra pas attendre longtemps pour qu'il se fasse "assassiner" par Wall street ou par des Américains qui auront perdu leur retraite et leurs économies dans la chute de la bourse. Le bouffon Elon Musk pense que notre avenir réside dans un monde de libre échange, sans taxe. Et pendant ce temps, les Tesla brûlent et les cours dévissent. Quel instinct !

Schaffhauser (06-04-2025 16:43:53)

Enfin un peu d'intelligence.... Maurice Allais est bien loin de nos élites ainsi que les anciens du Plan sousble général... Certains sont encore en vie omme jean Jacques Bonnaud... Etnson livre sur le 5 ème plan reste d'actualité... Que de bêtises en Europe en raison d' une élite infeodée car corrompue

BOZONAT (06-04-2025 15:54:49)

Les Américains n'ont pas d'amis, ils n'ont que des affaires à faire ( A de Tocqueville )

FREDDY (06-04-2025 13:50:40)

Tout a fait d'accord avec cet article, courageux et réaliste, car à l'opposé de la doxa en cours ... L'immaturité politique et stratégique de nos dirigeants, en est la cause principale.

Liger (06-04-2025 11:49:37)

Avis aux benêts européens larmoyants : un peu de culture politique étasunienne et de réflexion seraient utiles pour savoir interpréter la nette réorientation de la politique étrangère des États-Unis et en tirer les conséquences qui s'imposent. Sans donner dans l'antiétasunisme primaire, il s'agit de savoir distinguer entre les États-Unis tels qu'ils sont - fort légitimement : il ne s'agit pas de formuler des jugements « moraux », lesquels sont inappropriés - et ce que les atlantistes voudraient que les États-Unis soient, ce que l'on appelle « wishful thinking » en anglais ....

Lorsqu'on s'est déjà informé en la matière, on est capable de définir les principes fondamentaux de sa politique étrangère et on n'est donc pas fatalement pris au dépourvu par un net changement d'orientation de la politique étrangère des États-Unis, comme ceux qui considéraient comme acquise la protection des États-Unis dans le cadre d'une « alliance » censée être « intangible » : effroyable nullité de la réflexion géopolitique...

Comme d'autres dirigeants des États-Unis le pratiquèrent constamment au cours des siècles et comme l'affirme de manière « fracassante » M. Trump depuis quelques mois, voici un utile rappel de ce principe étasunien fondamental en ce qui concerne la pratique des « alliances » par cet empire (terme que j'emploie dans son sens descriptif et non comme une invective quelconque) :
Ci-dessous un extrait de la fin du Discours d'adieu de George Washington en 1796 :
« It is our true policy to steer clear of permanent alliances with any portion of the foreign world » (George Washington, Farewell Address, 1796) (« Notre véritable politique consiste à éviter les alliances permanentes avec toute partie du monde étranger » (George Washington, discours d'adieu, 1796).
Cette allocution fait partie des « textes sacrés » dans la tradition politique et géopolitique des États-Unis.
Bonne réflexion !

JM KAËS (06-04-2025 11:41:58)

Excellent article comme d’habitude. Merci M. Larané.
Décidément l’Europe est bien mal partie avec sa Constitution et sa politique libre echangiste qui va se heurter de plein fouet à la politique protectionniste des USA et de la Chine. Pour une Europe des Nations libres et indépendantes, politiquement et économiquement !! Et contre l’UE actuelle de Macron et de Mme Ursula von der Leyen, qui font de l’UE de plus en plus un satellite US quoi qu’il arrive.

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