Europe d'hier, Europe de demain

Les fédéralistes triomphent sur un champ de ruines

9 février 2025. Les joutes politiques de cet hiver donnent à penser que nous sommes entrés pour de bon dans une Europe fédérale : la Commission européenne traite les grandes affaires : économie, relations internationales, relations avec les multinationales et les GAFAM, normalisation, frontières, etc. Elle laisse aux gouvernements nationaux le soin de gérer les affaires domestiques et répartir les pénuries...

Jusqu’à l’automne dernier, on pouvait craindre que l’Union européenne succombe sous le poids de ses contradictions et de ses échecs à près de 75 ans - comme avant elle l’Union soviétique -.

Elle est déchirée par ses oppositions internes, Fisco (Slovaquie) et Orban (Hongrie) contre Tusk (Pologne), Tusk contre Scholz (Allemagne), Scholz contre Macron, Macron contre Meloni (Italie), etc. Elle était aussi défiée par des prédateurs extérieurs, de Trump à Poutine en passant par Erdogan et Xi.

Dépassée par les États-Unis et la Chine en matière scientifique et industrielle (IA, espace, énergies renouvelables, pharmacie, etc.), l’UE voit fuir par milliers ses jeunes cerveaux outre-Atlantique cependant que débarquent par centaines de milliers des autres rives de la Méditerranée un sous-prolétariat voué aux activités domestiques et destiné à remplacer une population native en diminution rapide (3,6 millions de naissances pour 5,2 millions de décès en 2023).

Le « Pacte Vert » de 2019 (Green Deal) est en passe de ruiner l’industrie automobile allemande, y compris son fleuron Volkswagen, ainsi que la filière nucléaire française, tout en faisant la fortune des exportateurs chinois de voitures électriques, batteries, éoliennes et panneaux photovoltaïques… Tout cela sans réel profit pour l’effet de serre.

La guerre en Ukraine a enfin révélé la faiblesse de l’industrie européenne de l’armement et consacré la subordination des états-majors européens au Pentagone.

Mais Clio est farceuse. La muse de l’Histoire aime nous surprendre. Au lieu d’être brisée par ces échecs redoublés, l’Union européenne nous apparaît droite dans ses bottes, sûre d’elle-même et indifférente aux critiques.

« Galiléen, tu as gagné ! », formule prêtée à Julien l’Apostat

Les partisans de l’Europe des Nations et du traité de Rome, qualifiés de « souverainistes », ont perdu la partie face aux « mondialistes » et aux « fédéralistes » partisans des États-Unis d’Europe et des traités de Maastricht et de Lisbonne ! Ils pourraient reprendre à leur compte la formule ci-dessus de l’empereur Julien (361-363) qui, nostalgique de la grandeur passée de Rome, avait tenté de lutter contre la poussée du christianisme avant d’avouer son échec.

Le 6 décembre 2024, de Montevideo (Uruguay) où elle venait de rencontrer les gouvernants sud-américains, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait proclamé urbi et orbi la conclusion du traité de libre-échange avec le Mercosur sans prendre la peine de le soumettre aux chefs d’État et de gouvernement de l’Union.

Ce 29 janvier 2025, elle a encore annoncé qu’elle voulait « relancer le moteur de l’innovation » avec des allègements réglementaires, normatifs et fiscaux pour les entreprises ainsi qu’une baisse du coût de l’énergie.

Avec sa nouvelle feuille de route intitulée « Boussole de compétitivité », elle se propose de fixer la politique économique et industrielle de l’Union pour les cinq années à venir. Il est bien entendu que les 27 pays de l’Union devront s’y soumettre et s’y adapter tous autant les uns que les autres, le Danemark et l’Allemagne comme la France, Chypre, Malte, la Bulgarie, etc.

Ces annonces appelées à dessiner l’avenir des citoyens européens ont été conçues à l’abri des regards dans les bureaux de Bruxelles. Elles n’en ont pas moins été entérinées par les 27 gouvernements et Parlements de l’Union européenne, sans discussion ni débat.

C’est qu’au fil de ces deux décennies, l’habitude s’est prise de définir à Bruxelles toutes les orientations majeures qui font la vie d’une communauté nationale. Les gouvernements et les Parlements des États membres se cantonnent dans la surveillance de leur budget et l’intégration dans le droit national des directives et normes venues de Bruxelles.

La France en panne de grand dessein

Ces nouvelles orientations, qui réduisent le travail gouvernemental et parlementaire au niveau de celui d’un conseil municipal, s’observent de façon éclatante en France dans les discussions autour de la loi de finances.

Le Premier ministre François Bayrou a ainsi échafaudé avec les parlementaires dans de savantes combinaisons de partis pour bâtir un budget 2025 conforme aux injonctions de la Commission européenne. Conformément à un usage bien établi, il a d’ailleurs soumis la nouvelle loi de finances à l’approbation de la Commission avant de la présenter aux parlementaires.

Le gouvernement français ambitionne de réduire le déficit public avec quelques taxes nouvelles ou augmentations de taxes sur les entreprises et les grandes fortunes ainsi que des coups de rabot dans les dépenses de santé, les remboursements, etc.

Le plus marquant tient à ce qui ne s’est pas dit dans les débats parlementaires ! Aucun élu n’a cherché à aller au-delà de ces enjeux comptables et fiscaux. Aucun n’a avancé des propositions de réformes structurelles en matière économique ou même sociale. Aucun n’a par exemple demandé qu’EDF s’émancipe de la règlementation européenne du marché de l’énergie ; aucun n’a interpellé le gouvernement sur l’efficacité de la politique de « transition énergétique » au regard de son coût (plusieurs dizaines de milliards d’euros par an)…

C’est que les uns et les autres entérinent l’idée que ces domaines relèvent désormais de l’Union européenne. De l’extrême-droite à l’extrême-gauche, aussi bien à La France Insoumise qu’au Rassemblement national, ils ne veulent plus remettre en cause les prérogatives revendiquées par l’UE afin d’éviter l’accusation infâmante de violer l’« État de droit ».

Haro sur les électeurs déraisonnables

Le 1er janvier 2015, l'ancien Premier ministre Alain Juppé, grand favori des élections présidentielles à venir, déclarait au Point : « Il faudra peut-être songer un jour à couper les deux bouts de l’omelette pour que les gens raisonnables gouvernent ensemble et laissent de côté les deux extrêmes, de droite comme de gauche, qui n'ont rien compris au monde ». Ainsi annonçait-il la mise à l'écart des citoyens et des partis qui se hasarderaient à voter pour des partis rétifs aux bienfaits de Maastricht et de la « mondialisation heureuse ».
Le 25 janvier 2022, le président du Conseil constitutionnel français Laurent Fabius en rajoutait en déclarant au journal Le Parisien : « L’une des caractéristiques des démocraties avancées comme la nôtre, c’est que la loi qu’elle soit votée par le Parlement ou le fruit d’un référendum, ne peut pas faire n’importe quoi et qu’elle doit être conforme à la Constitution et aux grands principes. C’est le rôle du Conseil constitutionnel mis en place par la Ve République de veiller et de contrôler cette conformité ».
L'ennui est que seul le Conseil constitutionnel, où siègent en 2024 Laurent Fabius tout comme Alain Juppé, se juge habilité à définir les « grands principes » et il manifeste dans cette tâche une flexibilité qui laisse songeur (note).

L’« État de droit » dans sa version post-démocratique

Admirons l’habileté des classes dirigeantes européennes. Depuis l’annihilation des référendums français et néerlandais de 2005, elles ont réussi à remplacer le mot démocratie par l’expression « État de droit », un concept d’origine allemande que peu de citoyens seraient capables de définir et qui, au demeurant, demeure ignoré des grandes démocraties de la planète, des États-Unis au Japon.

Par ce tour de passe-passe, elles ont pu imposer les traités européens et même les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme au sommet de la pyramide des normes, au-dessus même des Constitutions agréées par les Peuples souverains.

C’est ainsi que les choix des élus nationaux se voient aujourd’hui subordonnés aux décisions d’une poignée de fonctionnaires, commissaires, banquiers centraux et magistrats qui doivent leur nomination à des cénacles restreints et ne rendent aucun compte aux citoyens.

On l’a vu il y a trois décennies quand aucun fonctionnaire de la Commission n’a été poursuivi après que l’assouplissement d’une norme sanitaire sous la pression de lobbies industriels eut occasionné la crise de « la vache folle ». On le voit encore aujourd’hui, dans des conditions moins dramatiques, quand les échecs annoncés de la Commission européenne en matière industrielle, énergétique, diplomatique ou autre n’entraînent aucune contestation sérieuse dans les assemblées d’élus.

Ainsi ont pu naître au forceps les « États-Unis d’Europe ». En l’absence de soutien démocratique et populaire, craignons que cette construction invertébrée sombre à la prochaine tempête (la guerre en Ukraine ?).

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2026-02-15 16:46:22
JLG47 (22-02-2026 09:03:10)

En fait, le souci de l'UE est de réussir à faire nation.
Et pour cela, il faut unifier et harmoniser.
À des années lumière des comportements individualistes.

Guy (20-02-2026 10:45:47)

Pour être un petit état prospère et respecté, il faut posséder des qualités dont malheureusement…. Les Français sont actuellement parfaitement dépourvus. En premier lieu le goût du travail nous en sommes très loin, du civisme auquel nous substituons du chauvinisme et des principes économiques responsables et réaliste. Car on ne peut pas dire que notre politique economique qui dépense plus que notre travail rapporte et qui nous mène droit à la faillite soit très responsable. Et malheureusement tout ceci a commencé bien avant Macron dans les années 80. Résultat sur le plan prospérité une étude récente montre que notre PIB par habitant sombre par rapport à la ligne de flottaison que représente la moyenne des pays européens.

Guy (18-02-2026 10:28:25)

Un des gros problèmes de l’Europe est qu’elle reste quand même… entre deux chaises! En particulier la crainte de décision à la majorité relative qui permettrait d’évoluer mais en faisant perdre encore plus de prérogatives à chaque nation a imposé une majorité absolue qui la fige. Or le monde evolue et l’Europe créée au moment des trentes glorieuses n’est manifestement plus tout à fait adapté au monde sous les règnes de Trump II et de Poutine le guerrier ! Il va falloir choisir, ou faire le gros effort de la rénover, ou attendre passivement que le ciel nous tombe sur la tête.

Guy (18-02-2026 10:01:35)

En contrepoint de la description de l’Europe par Monsieur Larané, la citation attribuée à Charles de Montalembert convient parfaitement aux citoyens français : « Vous avez beau ne pas vous occuper de politique, la politique s’occupe de vous. » En effet il n’y a qu’à regarder la participation aux élections du parlement européen pour s’en convaincre : en général la plus faible de tous les suffrages à laquelle on leur demande de participer. En conséquence combien connaissent la composition des forces politiques de ce parlement et les buts pour lesquels ils se battent? Pourtant si on y réfléchi bien les grands problèmes que l’évolution du monde infligent aux européens ne pourra pour l’essentiel avoir de solutions que par une Europe forte et unis. Il faudrait donc que les citoyens français arrêtent de regarder le passé et prennent courageusement en main les destinées de leur avenir, car on pourrait également leur donner l’avertissement suivant : « si vous ne vous occupez pas de la réalité (de l’évolution du monde) , la réalité s’occupera de vous. »

Alban (17-02-2026 09:57:01)

Alain Maurech-Siman, votre argumentaire prête à sourire. Vous invoquez le fait que le Parlement européen est élu et que si les citoyens européens veulent changer de politique, il leur suffit de le dire par leur vote. Allons donc ! Voyez ce qu'il en a été des référendums de 2005. Tout le gratin politique de France et d'Europe a fait bloc pour les renier. Les citoyens ont dès lors compris que leur vote ne servait à rien. La preuve avec les traités CETA et Mercosur qui nous sont imposés malgré une opposition majoritaire. La preuve avec l'accueil indiscriminé de toute la misère du monde qui nous est imposé malgré une opposition ultra-majoritaire...
Le Parlement européen, dites-vous? Allons donc. Ce faux Parlement ne dispose pas du droit d'initiative et surtout est élu sur des listes nationales ou régionales. C'est un ramassis d'apparitchikis qui sont soumis aux appareils de leur parti et n'ont jamais de contacts avec leurs électeurs. Connaissez-vous vous-même les députés européens que vous avez élus? Éloignés des citoyens, ces mêmes députés, tout comme les eurocrates de Bruxelles, sont par contre très proches des lobbyistes des grands groupes industriels (surtout américains) et ce sont ces derniers qui écrivent les directives et les normes qui nous sont ensuite imposées. Comment résister à des Gafam qui disposent d'une trésorerie de plusieurs centaines de milliards de dollars, grâce à laquelle ils peuvent acheter tous les élus et les eurocrates, sans crainte de sanctions. Rappelez-vous l'épidémie de la vache folle? Quels eurocrates ont été sanctionnés et jugés pour avoir assoupli des règles de sécurité qui se sont révélées ô combien mortelles, à la demande des lobbyistes industriels?...

Marc Blasband (16-02-2026 16:46:08)

Vous oubliez l'armement de l'Europe, 150 ou plus de 800 milliards, suivant les angles de discussion. Comme dans les autres cas, par petits pas, l'UE s'arroge le droit de faire la guerre.
Amitiés;
Marc

Alain Maurech-Siman (16-02-2026 15:33:47)

Une fois de plus, caricature volontaire ou par méconnaissance, lue en fin d'article où il est fait allusion aux décisions des fonctionnaires ... Jamais un fonctionnaire européen n'a pris, ne prend ni ne prendra une décision européenne ! Celle-ci est une co-décision obligatoire entre le Parlement Européen et le Conseil de l'Union. Si, comme moi, l'on n'en est pas content de la majorité au PE, manifestez-vous par votre vote, il est élu au suffrage universel... très largement boudé par les français... laissant toute latitude au jeu des partis politiques par le scrutin de liste). Autre co-décisionnaire obligatoire : le Conseil de l'Union (où siègent tous nos Ministres... même commentaire que pour le PE !). Quant à la cour (les juges) leur rôle est de veiller à la conformité aux traités constitutifs de l'UE. Si réclamation il y a c'est en rapport avec ces mêmes traités en cours qu'ils jugeront (en dehors de tout biais politique). En ce qui concerne les droits de l'Homme, cela ne relève pas de l'UE, mais du Conseil de l'Europe, autre institution qui n'à rein à voir avec le première. De grâce, n'accusons pas l'UE de tous les maux, et si l'on ne partage pas (moi non plus) les orientations de la Commission (qui propose et exécute les décisions prises suivant le processus ci-dessus rappelé) n'oublions pas que Madame von der Leyen a reçu le chaleureux appui de notre président pour sa réélection. Avant que de charger la "mule" considérons d'abord notre part de responsabilité, et usons de nos droits (vote) pour que cela change si nous le souhaitons.

Chaktori Chaktori (16-02-2026 07:07:57)

Le projet européen m'a fait rêver, l'Europe d'aujourd'hui est un ensemble de pays dont les intérêts divergent, la diplomatie européenne est inexistante, les décideurs européens (https://www.touteleurope.eu/fonctionnement-de-l-ue/commission-europeenne-ursula-von-der-leyen-2-college-commissaires-europeens-membres/) semblent répondre aux demandes des lobbyistes venus d'outre-atlantique.

Jihème (15-02-2026 20:43:01)

Rémi Volpi, et le poids international de notre Europe déjà quasi fédérale, où est-ce que vous le voyez dans le contexte actuel ? Notre Europe, paralysée par le poids de sa bureaucratie et de toute la règlementation qu'elle produit sous la houlette d'Ursula qui outrepasse ses compétences sans qu'aucun Etat-membre ne s'y oppose, coule progressivement vers un déclassement international sans fond. Elle est totalement marginalisée et devient la risée du reste du monde, envahie par une immigration de masse de parasites miséreux qui feront bientôt disparaitre sa civilisation. Beau résultat de la poussée vers le fédéralisme !

Alban (14-02-2026 10:02:29)

Rémy, votre indignation est malvenue. Ce que nous appelons de nos voeux est précisément l'Europe des Nations promue par le traité de Rome : des Etats forts au service d'une ambition commune. C'est tout le sens de la devise de l'Union : Unie dans la diversité.
Le projet maastrichien et l'accaparement par la Commision de prérogatives qui reviennent normalement aux États membre (énergie, défense, diplomatie, santé, etc.) se font contre le voeu des citoyens et contre la démocratie, ainsi que l'a démontré le viol des référendums de 2005. Pour quels résultats : une Europe marginalisée, qui régresse dans tous les domaines : industriel, militaire, diplomatique, démographique.
L'union fait la force, dites-vous? A la condition expresse que chacun pousse dans le même sens. C'est tout le contraire ici : les Allemands et les Français sont en conflit sur tout (nucléaire, dette, OTAN, Palestine, etc.), les Polonais, les Danois et d'autres achètent des avions F35 américains et font la nique au Rafale français. Les Hongrois, Français, Polonais, etc. s'opposent aussi sur l'Irak (en 2003) comme sur l'Afrique ou l'Ukraine aujourd'hui.
L'Europe des Nations du traité de Rome était un beau projet innovant. L'Europe fédéraliste de Maastricht et Lisbonne affiche juste une médiocre ambition : détruire une réalité millénaire à l'origine de la plus belle des civilisations pour la remplacer par un succédané des Etats-Unis d'Amérique... Un peu comme les Africains, à la décolonisation, n'ont eu d'autre ambition que de tenter de créer des succédanés de l'ancienne puissance coloniale, au lieu d'inventer des formes nouvelles d'États respectueuses de leurs traditions et de leur culture.

Alban (09-04-2025 09:54:36)

Rémy, votre indignation est malvenue. Ce que nous appelons de nos voeux est précisément l'Europe des Nations promue par le traité de Rome : une assemblée d'Etats forts au service d'une ambition commune. C'est tout le sens de la devise de l'Union : Unie dans la diversité.
Le projet maastrichien et l'accaparement par la Commision de prérogatives qui reviennent normalement aux États membre (énergie, défense, diplomatie, santé, etc.) se font contre le voeu des citoyens et contre la démocratie, ainsi que l'a démontré le viol des référendums de 2005. Pour quels résultats : une Europe marginalisée, qui régresse sur tous les plans : industriel, militaire, diplomatique, démographique.
L'union fait la force, dites-vous? A la condition expresse que chacun pousse dans le même sens. C'est tout le contraire ici : les Allemands et Français sont en conflit sur tout (nucléaire, dette, OTAN, Palestine, etc.), les Polonais, les Danois et d'autres achètent des avions F35 américains et font la nique au Rafale français. Les Européens (France, Portugal, Hongrie, Suède, etc.) sont aussi divisés sur l'enjeu irakien (en 2003) comme sur les enjeux africains ou ukrainien aujourd'hui.
L'Europe des Nations du traité de Rome était un beau projet innovant. L'Europe fédéraliste de Maastricht et Lisbonne affiche juste une médiocre ambition : détruire une réalité millénaire à l'origine de la plus belle des civilisations pour la remplacer par un succédané des Etats-Unis d'Amérique... Un peu comme les Africains, à la décolonisation, n'ont eu d'autre ambition que de tenter de créer des succédanés de l'ancienne puissance coloniale, au lieu d'inventer des formes nouvelles d'États respectueuses de leurs traditions et de leur culture.

Rémy Volpi (27-03-2025 18:05:49)

Je reste sans voix (et c'est pourquoi j'écris) devant ce tissu de dangereuses inepties. Ainsi, une Europe unie fédérale ne serait autre "qu'une forme d'empire supranational et post-démocratique". Je lis dans le dictionnaire "qu'un empire est une autorité, une domination absolue". Dans cette acception, c'est en effet anti-démocratique. Mais s'agit-il de cela? La Suisse, fédération depuis 1848 est-elle ipso facto un "empire"? Bien évidemment non. Ce que l'on entend par Europe fédérale, c'est un Etat européen supranational souverain vis-à-vis du reste du monde, au gouvernement démocratiquement élu et démocratiquement contrôlé. Aussi, quand je lis: "la toxicité de cette illusion pacifiste qui sert surtout à établir un empire continental anti-démocratique vassal des Etats-Unis" , je me demande sur quelle planète vit l'auteur de ce propos pour café du commerce. Idem pour l'idée que cette Europe fédérale vise "la destruction des Etats" par des "élites déconnectées". Pour qui a tant soit peu les pieds sur terre, il va de soi que dans un monde où dominent des Etats continents, les Etats européens seuls n'ont pas la masse critique pour avoir un vrai poids sur l'échiquier international. Or, disent à juste titre nos voisins belges, "l'union fait la force". Ce que propose le projet si détesté, mais pour de fausses raisons, c'est une union qui respecte les identités nationales, et permet, démocratiquement la survie de notre petit cap de l'Asie. Quelqu'un a-t-il une solution miracle alternative autre que ces lamentos résolument contre-productifs?

Marago (23-03-2025 18:49:08)

On avait un bon début : l'UE ('Marché Commun' disait-on alors, mais j'utilise ce terme, même si c'est anachronique) à six ou même à douze aurait pu devenir 'fédérale' avec un partage équilibré de prérogatives entre la Fédération et les Etats constituants.

Malheureusement, l'aspect économico-financier l'avait emporté sur l'aspect politico-social. Et pendant longtemps, les Grandes entreprises de l'Europe occidentale avaient bien profité des différences des coûts de vie et de fiscalité.

Puis, comme comme la grenouille de la fable de La Fontaine, l'UE a souhaité 'grossir comme le bœuf' pour atteindre le niveau américain ou russe de l'époque. Elle était si contente de voir les autres Etats désirer se joindre. Seulement on ne voyait pas qu'à vingt-cinq ou vingt-sept (oublions le temporaire 'vingt-huit'), on était en train d'introduire un cheval de Troie 'américain' avec les Etats de l'Europe orientale. Ces derniers avaient pourtant si peu de choses en commun avec les premiers membres. Les hommes d'affaires et les lobbies ont phagocyté l'UE en gestation.

En résumé, une Europe fédérale à douze ou quinze Etats aurait été une entité suffisamment forte entre les USA et l'URSS d'alors. Mais, ne rêvons pas, c'est complètement raté maintenant !

Carine (20-03-2025 16:11:36)

En réponse à Saint-Aubert, oui en effet, votons tous les 5 ans pour un parlement européen qui n'a aucun pouvoir. Seule la commission, constituée de personnes non élues, à le monopole de la proposition de directives normalement dans ses domaines de compétences. Sa présidente comme d'autres commissaires ne cessent d'ailleurs de s'arroger des pouvoirs qu'ils n'ont pas. Et je ne dirais rien de la façon dont la commission s'est récemment immiscer dans les élections en Roumanie. Donc non, l'EU n'est pas une démocratie. Qu'elle dicte ses choix aux chefs d'états européens est malheureusement une réalité mais ça n'est pas pour autant que les peuples sont d'accord, loin de là !

Didier (12-03-2025 05:34:27)

M Larané nous fait une immense révélation : tant La France Insoumise que le Rassemblement national ne veulent plus remettre en cause les prérogatives accordées par les 27 Etats à l’UE.
Faut-il donc penser que les projets LFI (planification, retour à la retraite à 60 ans après 37,5 ans de cotisation, fiscalité confiscatoire et recours à la dette qui ne coûte rien… ) sont conforme à l’orthodoxie européenne ?
Le caractère anti-UE du projet du RN est encore plus flagrant. Marine Le Pen promet (notamment) :
- D’inscrire dans la Constitution le principe d'une supériorité du droit français sur le droit international et européen.
- D’appliquer la priorité nationale, notamment dans l’accès à l’emploi (même privé) et au logement social.
- D’appliquer la priorité nationale aussi aux entreprises (marchés publics, aides d’États).
- De rétablir des contrôles aux frontières et d’entraver la mobilité des capitaux, des marchandises et des personnes. *
N’oublions pas Laurent Wauquiez qui met en cause le pouvoir normatif non seulement de la Cour européenne des droits de l’homme et de la Cour de justice de l’UE, mais aussi des institutions françaises : Cour de cassation, Conseil d’Etat (lui qui fut auditeur au Conseil d'État), Conseil constitutionnel (le Parlement devrait passer outre avec une majorité qualifiée)

Christian (16-02-2025 08:10:39)

Donald Trump, qui ne recule devant aucune bassesse, a laissé entendre qu’il souhaitait un accord sur l’accès aux ressources minières ukrainiennes comme condition au maintien du soutien des Etats-Unis. Dans la foulée, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a déclaré qu’il espérait parvenir à un accord sur les minerais ukrainiens qui permettrait de « rembourser » en partie les Etats-Unis pour l’aide fournie à l'Ukraine. L’Ukraine possède en effet d’importantes ressources en lithium et en titane qui sont essentiels pour l’aérospatiale et les véhicules électriques.

Or, le président ukrainien Zelensky a annoncé samedi 15 février qu’il refusait de signer un tel accord s’il ne comportait pas de claires garanties de sécurité pour l’Ukraine au lendemain d’un éventuel cessez-le-feu. Face à la monstrueuse coalition qui semble se dessiner entre les Etats-Unis de Trump, la Russie de Poutine et les partis d’extrême droite européens, il faut bien que quelqu’un commence à résister : Zelensky vient peut-être de lancer le signal de cette résistance…

Christian (15-02-2025 07:13:59)

Une "conférence sur la sécurité" s'est récemment tenue à Munich en présence du vice-président américain Vance. Evidemment, il serait déplacé de comparer cette conférence avec celle qui s'est tenue au même endroit en 1938, au cours de laquelle la France, l'Angleterre, l'Allemagne et l'Italie ont décidé de dépecer la Tchécoslovaquie en l'absence des dirigeants tchécoslovaques, alors qu'en ce moment même, Trump et Poutine sont peut-être en train de décider du sort de l'Ukraine sur le dos de l'Ukraine et de l'Union européenne...

Selon Nathalie Loiseau, eurodéputée macroniste, le discours du vice-président Vance lors de cette conférence de Munich était "totalement à côté de la plaque... Il n'a fait qu'effleurer le dossier ukrainien, préférant évoquer le respect du droit de vote et de la liberté d'expression sur le continent... Il vient nous dire que la menace en Europe, ce n'est ni la Russie, ni la Chine, mais c'est nous-mêmes"...

Nathalie Loiseau ajoute: "C'était un discours glaçant, qui a reçu un accueil glacial, il y a eu très peu d'applaudissements"... Encore heureux ! Mais je remarque que personne (et notamment pas le représentant de la France) n'a quitté la séance pour protester contre les propos de ce vice-président malotru dont les meilleurs amis sont probablement les néo-nazis de l'AFD...

Christian (13-02-2025 06:27:01)

L'Union européenne reste malgré tout plus confédérale que fédérale, dans la mesure où elle n'a en commun ni politique étrangère ni politique de défense et où les intérêts de ses membres restent divergents dans de nombreux domaines. Elle s'est montrée divisée dans la plupart des grandes crises internationales depuis le début du siècle (guerre d'Irak en 2003, crise des réfugiés syriens en 2015, crise sanitaire de 2020, guerre d'Ukraine en 2022, guerre de Gaza en 2023, guerre commerciale à venir en 2025)... Elle ressemble davantage au Saint Empire romain germanique (qui n'était "ni saint ni empire ni romain") ou à la ci-devant Confédération germanique (1815/1866) qu'aux Etats-Unis ou à la Suisse.

Saint-Aubert (10-02-2025 19:16:30)

Arrêtons de dire que l'Europe n'est pas démocratique. Ne votons-nous pas tous les cinq ans pour élire les parlementaires européens ? Et les membres de la commission (l'exécutif européen) ne sont-ils pas auditionnés individuellement, avant d'être adoubés, par ces parlementaires ?

TontonLucien (10-02-2025 17:43:54)

Comme bien des gens de ma génération j'ai été empoisonné dès mon plus jeune âge par la doctrine européiste. Mon instituteur de cm2 nous faisait chanter l'hymne à la joie :-)
J'ai mis du temps à m'apercevoir de la toxicité de cette illusion pacifiste qui servait surtout à établir un empire continental anti-démocratique vassal des Etats-Unis.
J'ai du mal aujourd'hui à supporter de voir le torchon bleu étoilé au fronton des mairies et de constater qu'il a encore tant de partisans.
Cela dit, les dérives anti-démocratiques actuelles au nom de l'état de droit ne viennent pas que de Bruxelles comme le mentionne d'ailleurs cet article.

émile (10-02-2025 12:10:49)

mon avis reprendra votre Titre ;
« Citoyens !
La démocratie est morte. Vive « l’État de droit » !
comme disait le Sphinx de Jarnac
« les Juges ont abattu la Monarchie , ils abattront la RÉPUBLIQUE …..(et la Nation FRANCE) ma version « 
on y est !!!

Gallus (10-02-2025 09:57:36)

La constitution de 1958 ne donnait au Conseil Constitutionnel qu’un rôle minime, essentiellement celui de protéger le domaine de la loi et du règlement (Art 34 de la constit. De 1958). De Gaulle se méfiait du gouvernement des juges. Or le Conseil Constitutionnel par deux décisions a fait un véritable coup d’Etat….transformant l’esprit de la Constitution de 58…En effet par les décisions du 16 juillet 71 et du 27 décembre 73 le Conseil Constitutionnel s’attribue des compétences que la Constitution ne lui donnait pas. Avec ces deux décisions il devient le gardien des libertés fondamentales sur la base de la déclaration des Droits de l’homme, des principes fondamentaux de la république, du préambule de la constitution de 1946 etc…En fait le CC devient tout puissant en pouvant se référer à tous ces principes, souvent assez vagues, qu’il manipule à l’envie en fonction de l’idéologie dominante, européiste, post nationale, immigrationniste etc…En fait à partir de ces deux décisions l’esprit de la Constitution de 1958 a été modifié…..et cela sans aucun vote, dans la plus totale opacité…laissant augurer de ce qu’allait devenir la démocratie, du référendum sur la Constitution Européenne au Mercosur…et je n’entends jamais personne dénoncer les conséquences de ces décisions du CC.

Yves, Montenay (10-02-2025 09:53:28)

Je vais regarder avec intérêt ce que fera de concret Mme Von der Leyen en matière de simplification et en matière de prix de l’électricité.
Dans le sens de l’article, il y a l’adoption de l’anglais comme langue de travail principale, voir unique malgré le Brexit, bien que ça ne me fasse pas plaisir !

Claude (10-02-2025 05:38:11)

Il est stupéfiant de lire des commentaires ici qui se réjouissent de la dérive en cours. Larané a parfaitement argumenté, sans entrer dans le détail de Maastricht ou de l’impopulaire Traité, qui pourtant réduisent au silence la Vox Populi sur :
- les recommandations des lobbies , toxiques ou non,
- la politique étrangère, vassale ou non. Et Dieu sait que nous sommes réduits à l'état de vassaux des USA ! La très superflue guerre en Ukraine n'a eu lieu avec notre argent et au détriment de notre compétitivité & de notre niveau de vie, que sur ordre de Washington,
- l'ajustement des compétitivités nationales au moyen des monnaies. La désindustrialisation de l'Italie, et plus encore de la France, le prouve.
Les promesses de Maastricht (passé de justesse, grâce aux périphéries) n'ont pas été tenues. C'est le contraire de ce que les Maastrichtiens promettaient, qui s'est produit.
Si l'on voulait couper "les extrêmes" du débat public, ce seraient désormais les Macronistes, Juppéistes, LR et PS, qu'il faudrait couper. Les élections européennes de juin 2024 leur ont opposé un désaveu massif. Or cette minorité erratique a une nouvelle fois imposé ses candidats à la Commission, au Conseil, au SEAE.

dominique (10-02-2025 00:47:55)

Je souscris complètement à cette description de l'évolution politique du système européen que j'ai suivie de l'intérieur au sein du système juridictionnel. Pendant 40 ans le système européen a multiplié les normes qui au fur et à mesure des contentieux se sont imposées par les décisions successives des juridictions, ont imprégné la société française jusqu'au moindre capillaire évacuant de l'ordre juridique, l'intérêt général, le service public, le principe d'égalité devant la loi... qui disparaissent au profit du diktat de la soumission au marché "libre et non faussé". L'Etat de droit n'est que cela : un fatras de normes et de règlements pour obliger les Etats à se conformer à un un modèle économique ultralibéral venu d'outre-mer. On multiplie les normes d'interdictions et de punitions paralysant les Etats, avec la complicité ou la connivence paresseuse de nos élites soumises ou/et achetées ou/et incompétentes (de gauche et de droite), qui sont déresponsabilisées et ainsi disponibles pour la course aux prébendes. Et L'Europe est-elle pertinente? Il ne semble pas non plus : des politiques irréalistes, le système de la monnaie unique appliquées à des économies qui ne convergent pas mais divergent, une idéologie mondialisante rigide qui fait de nous un gibier, un ubris idéologique fait d'aveuglement qui nous ruine. Le seul organe élu de l'UE est fait d 'une majorité de députés achetés par les lobbies doublant leurs traitements. Sans compter les scandales de corruption qu'on étouffe grâce aux médias domestiqués. Bref, il est grand temps que cela s'arrête et que les peuples et leurs Etats reprennent les rênes car n'oublions pas que la souveraineté est inaliénable et imprescriptible.
Merci pour votre article.

Marc R. (09-02-2025 22:34:12)

Peroraison dans la tonalité habituelle de M. Laramé. Les gens comme lui rêvent d'une démocratie où l'extrême gauche hurle dans les travées en prétendant qu'elle débat. Elle détruit plutôt, selon le beau jeu de son patron, qui voudrait être président. S'il l'était, quelle serait sa légitimité ? Celle d'une grosse magouille électorale. L'Europe sort renforcée du desordre actuel. Nous mesurons chaque jour à quel point sans elle nous ne serons plus tres vite que des vaisseaux. Ça n'est pas clair pour l'auteur ? Sa rancœur nous déprime. Typiquement français.

Guérard (09-02-2025 21:04:42)

La dècision prise par l'Europe définissant le bouchon des bouteilles d'eau me paraît être la description la plus extraordinaire de la situation de destruction des ÉTATS... Comme beaucoup de mes connaissances, je modifie ces bouchons européens pour les rendre français... Faisons là même chose dans tous les domaines... Vive l'État-Nation France, à bas l'Europe et toutes ses intances, quittons la CEDH et retrouvons tous nos pouvoirs...
Vive LA FRANCE

Bernard (09-02-2025 20:52:19)

Dans le fameux mille-feuilles institutionnel, la feuille nationale a perdu (pour de bonnes et mauvaises raisons) l'essentiel de sa pertinence : elle ne gère plus la monnaie, la défense, la diplomatie, l'industrie et a perdu sa souveraineté dans beaucoup de domaines essentiels notamment sanitaire et social. La seule raison d'être de cette feuille nationale est son exclusivité de la légitimité démocratique qui interdit que les citoyens européens élisent leur exécutif européen. Résultat : l'Europe se trouve au milieu du gué entre :
- des nations non pertinentes donc impuissantes mais légitimes
- une Union illégitime, d'une taille pertinente mais dont la puissance est entravée par les Nations.
Cette situation était peut-être inévitable au vu notre histoire mais elle ne saurait durer.
Elle doit se transformer en état fédéral (d'une centaine d'états d'environ 5 millions d'habitants, grosso modo la taille d'une région française ou d'un Land).
Il doit gérer :
- vis à vis de l'extérieur : la citoyenneté, la diplomatie, la défense, la monnaie, les échanges économiques,
- à l'intérieur : l'architecture du droit, le système social, éducatif et fiscal et la redistribution et la solidarité entre les états.
La feuille nationale a été pertinente du 17° au 19° siècle. Elle a servi à nous entretuer dans 2 guerres mondiales. Elle doit doit désormais disparaître car elle n'est plus qu'un obstacle artificiel au contrôle démocratique de cette Europe fédérale.

Wolf (09-02-2025 19:55:37)

Je trouve cet article un peu triste. A la place d'applaudir ces tentatives de créer une Europe Fédérale en douce, vous accablez la Commission Européenne de vouloir prendre le pouivoir. Je suis Européen convaincu et toute tentative de se rapprocher de l'idéal de l'Europe Fédérale avec ces citoyens ayant le même droit mais aussi les mêmes devoirs partout dans l'Union Européenne me semble un objectif ambitieux mais aussi extrêmement souhaitable.

JJ (09-02-2025 19:25:30)

OUI, Soutenons et luttons ensemble pour cette Europe Fédérale! Même si imparfaite, c’est toujours mieux que le morcellement.

gemo10 (09-02-2025 19:18:21)

"Dans une Europe intégrée, comme on dit, il faudrait bien un fédérateur et si le fédérateur venait du dehors (USA), alors on ne ferait plus de politique du tout." dixit de Gaulle dans les années 60. Il avait tout compris et nous y sommes.

Nanasse47 (09-02-2025 18:33:44)

Cette UE se finalise contre les peuples avec des penseurs non élus en dehors du monde réel: la guerre en Ukraine, le choc avec les USA qui veulent nous asservir, des décision stupides qui tuent nos industries (la neutralité carbone est un leurre ou une religion avec ses prêtres non élus, la mise à l'index de l'électricité nucléaire pour faire plaisir à l'Allemagne qui ne s'en sort pas avec son "energie wende", ces sanctions contre la Russie pour faire plaisir aux USA contre nos intérêts économiques etc .... Si cette UE continue dans son déni de réalité et ne se réforme pas en donnant plus de voix aux peuples, alors les Nations en sortiront et ce sera la fin de ce qui aurait pu être une belle construction. Peuples, réveillez-vous la mondialisation n'est pas une panacée!

Allknighty (09-02-2025 18:10:58)

Article intéressant, sur la prise de pouvoir des organes dirigeants de l'Union Européenne sur ses Etats-membres opérée de façon non-démocratique d'après les faits présentés. Je n'ai pas suffisamment de connaissances pour valider ou non l'analyse. En revanche, il me semble qu'il en découle une question: existe-t-il, dans l'Histoire, la trace de grands Etats qui se seraient unis durablement de manière intentionnelle et pacifique ? Je n'ai que des contre-exemples: les Etats-Unis se sont soudés en grande partie par la violence (guerre contre les Mexicains pour du territoire, guerre civile pour une adhésion forcée à une politique) ; l'ensemble disparate que formait l'Autriche-Hongrie a aussi éclaté en une multitude de petits Etats ; la Russie (et ses pays satellites) n'est pas réputée pour sa recherche du consentement des peuples, par exemples. Je me demande dès lors si la voie non-démocratique n'est pas la seule empruntable par l'Europe si elle veut compter, d'autant plus que (presque) chaque Etat-membre y dispose depuis des siècles de sa langue et d'une culture identitaire forte, ce qui n'a jamais été le cas des Etats-Unis (malgré les variations de culture locale, de la côte Ouest à la côte Est, la concorde prévaut sur les dissidences).

JEM (09-02-2025 17:39:43)

La règle "Fraus omnia corrumpit" s'insère dans un ensemble de principes déjà soulignés par Ripert - La règle morale dans les obligations civiles-. Faisons lui confiance...

Jeanclement (09-02-2025 17:34:14)

J'ai déjà eu l'occasion de réagir sur ce genre d'article. Comme ancien chaud partisan d'une Europe fédérale, je me rends compte aujourd'hui de mon erreur. Cette Europe a dérivé vers une espèce de monstre gluant qui étouffe la personnalité des états au profit d'une oligarchie politiquement irresponsable et sans doute corrompue. Je ne peux plus supporter -notamment- qu'à chaque critique on réponde en quelque sorte:" on ne peut pas, c'est l'Europe." Je crois qu'il faut -même si cela doit déclencher une crise -reprendre notre souveraineté totale en commençant par réformer notre constitution pour redonner à l'Etat le pouvoir qu'il a peu à peu abandonné à d'autres structures comme on le voit aujourd'hui. Bien entendu, une Europe est nécessaire pour mettre en place de grands projets communs, mais nous n'avons aucun besoin d'une fédération pour cela.

Grincheux (09-02-2025 16:24:30)

Regardant l’Union européenne depuis l’Angleterre, je me sens en effet transporté au début du vingtième siècle. L’URSS s’est mise en place et 1984 se prépare pour la perfide Albion.
Difficile d’éviter le pessimisme, mais les administrations, à toutes les échelles (de l’Europe à l’école primaire locale ou la chorale du quartier) et dans tous les compartiments de la vie (éducation, santé, travail, loisirs, religion) régimentant peu à peu tous les aspects de nos vies: nous sommes en train de perdre notre autonomie et notre humanité.
Il n’y a plus de concertation non plus, on invente de nouvelles règles, conçues par des administrateurs et manageurs qui doivent en produire pour pouvoir évoluer dans leurs carrières et justifier leurs salaires parfois exorbitants, quelque soient les conséquences pour leur collègues et concitoyens.
Sous l’apanage du progrès, de l’innovation (un terme bien malmené qui ne devrait pas s’appliquer à tout ce qui est nouveau), nos bienveillants administrateurs font passer ces nouvelles idées, sans les soumettre a une évaluation rigoureuse ou démocratique. Quand une idée émane du haut de la pyramide sociale, elle échappe naturellement à une telle évaluation car elle est au mieux discutée une ou deux fois avec de « haut subalternes » qui questionnent rarement la main qui les nourrit. Quand une idée vient de la base, elle est évaluée à tous les niveaux successivement jusqu’à ce qu’elle atteigne le niveau décisionnel. C’est un processus lent et coûteux. Comment peut-on considérer à égalité les idées d’en haut qui n’ont subi aucune critique et les idées d’en bas qui ont enduré la critique et le passage du temps? Et puis le neuf est toujours mieux, mais à l’époque du recyclage, on recycle aussi les vielles idées, sous couvert de nouveauté. L’Histoire est essentielle pour lever le voile sur ces subterfuges.
Peut-être plus inquiétante, est la guerre contre le bon sens, cette intelligence née d’une expérience partagée qui ne s’appuie pas sur des références ou des dossiers que des pédants pourraient citer. La populasse est incompétente et le bon sens non quantifiable; nous embrassons donc un système de règles et mesures rigide, toujours plus envahissant et liberticide, qui ironiquement peut être bien mieux géré par une intelligence artificielle que par des administrateurs humains. Dans leur fuite en avant pour justifier leur contributions à nos sociétés, ces pauvres fous créent le contexte qui les rendra obsolètes. Il ne fait pas bon vivre dans l’imposture. Il est temps de réaliser qu’il est plus économique de remplacer des décideurs que bien des travailleurs manuels à l’ère de l’intelligence artificielle; en tout cas dans un monde où les administrations règnent. Si seulement cette réalisation pouvait atteindre nos classes dirigeantes, leur égoïsme pourrait peut-être produire une société plus humaine.

GUYOT (09-02-2025 15:45:15)

L'ironie du titre révèle le sentiment de l'auteur. Le doute est toujours permis.
Mais l'UE, de la commission à son parlement n'est-il pas le reflet du peuple européen?
Et n'est pas le rôle de ce gouvernement de conduire et faire conduire l'ensemble des nations associées dans le même cheninement?

CROSJM (09-02-2025 15:21:16)

L'Europe Fédérale ne peut pas être KO puisqu'elle n'a jamais existé. Ce n'est qu'une addition de pays sans aucune unité. Une Europe fédérale réelle (comme aux USA) aurait un Président, une Armée, un département de politique étrangère, donc un représentation avec un pouvoir au niveau international, mais laisserait à chaque Etat la composant tous les autres secteurs (gestion , justice, industrie, scolarité, agriculture). Elle seraità la fois beaucoup mieux tolérée par les populations, et plus influente sur le plan internationale.
Cette Europe aurait pu exister lorsqu'on était 6, avec Adenauer et De Gaulle. Mais elle n'aurait rien eu de commun avec cette juxtaposition d'Etats qu'elle est aujourd'hui. Ne confondons pas les deux.

Bonnet Arlette (09-02-2025 14:54:57)

"Nous pourrions nous en accommoder dans la mesure où ces institutions fédérales seraient démocratiques, à l'image des États-Unis"... Sauf que les Etats-Unis n'ont rien de démocratique pas plus que la France dont on ne peut plus dire qu'elle est une démocratie depuis que son gouvernement n'a absolument pas respecté la voix du peuple aux dernières législatives. Que je sache une démocratie est une forme de gouvernement dans laquelle la souveraineté appartient au peuple.

JD (09-02-2025 14:15:24)

Cette analyse est plutôt pessimiste et n'aborde que l'aspect soumis des nations actuelles. Elle ne mentionne pas les oppositions qui semblent se manifester dans plusieurs pays européens et qu'il suffirait qu'un pays important décide de rompre les traités européens (aprèses britanniques) pour que l'UE s'effondre. Elle est muette sur "le grand Satan"(les Iraniens ont parfois des éclairs de lucidité) est à la manoeuvre depuis 1918 et a corrompu toute une clique de mondialistes qui opèrent pour son compte. Mais l'Histoire a montré que tous les empires ne sont pas éternels

VieuxRingard (09-02-2025 13:11:27)

Nous pourrions nous en accommoder dans la mesure où ces institutions fédérales sont démocratiques, à l'image des États-Unis ou de la Suisse…
« Seraient démocratiques » non?

Philippe MARQUETTE (09-02-2025 12:26:04)

Espérons que les générations qui viennent mettront les têtes tranchées des dirigeants européens et leurs complices au bout d'une pique.

PHERSU (09-02-2025 11:37:05)

Il est arrivé à l'Europe ce que Vladimir Boukovski avait prédit dans son ouvrage, l'Union européenne, une nouvelle URSS.
Mise en place d'une structure bureaucratique non démocratique où les décisions sont prises par une élite non élue (notamment la Commission européenne), sans véritable contrôle démocratique des citoyens. Il comparait cela au Comité central du Parti communiste soviétique.
Manque de transparence et de responsabilité : l’UE, à l’instar de l’URSS, fonctionne avec des institutions opaques et des décisions prises à huis clos, échappant au contrôle des peuples et des parlements nationaux.
Volonté d’unification imposée : Boukovski voyait dans le projet européen une tentative de forger une union artificielle entre des nations différentes, au mépris de leur histoire, de leur culture et de leur souveraineté, tout comme l’URSS avait tenté d’unifier de force diverses républiques et peuples sous une même autorité centralisée.
Répression des dissidences : Il estimait que l’UE avait tendance à marginaliser ou discréditer toute opposition à son projet fédéraliste, en assimilant les critiques à de l’extrémisme ou du populisme, ce qui rappelait selon lui les pratiques soviétiques visant à museler toute contestation.
Idéologie utopique et coercitive : Boukovski considérait l’idéologie européenne (notamment son cosmopolitisme et son universalisme) comme une forme de pensée unique, similaire au marxisme-léninisme, où l’objectif affiché (une union harmonieuse et pacifique) justifie l’imposition de règles contraignantes aux nations et aux individus.
Pouvoir centralisé incontrôlable : Il mettait en garde contre le fait que, tout comme l’URSS, l’UE pourrait évoluer vers un système où les États membres perdraient progressivement toute autonomie et où la bureaucratie européenne deviendrait un pouvoir absolu et irréversible.

Jean-Michel Duprat (09-02-2025 11:31:33)

Si l'on admet ce principe que l'actualité c'est l'Histoire en marche, voilà un beau constat d'historien . Constat oui, car il y a peu de commentaires . Une question cependant : les instances dirigeantes font état de "démocratie avancée" . À l'évidence le terme démocratie ne suffit plus . En serait-il de nos politiques comme de ces médecins qui proclament : "contentez-vous d'être malades, on s'occupe de votre santé" ; contentez-vous de voter, nous nous occupons de la démocratie .

Bernard 15 (09-02-2025 11:24:24)

La volonté des peuples ne pourra pas être indéfiniment ignorée par des "élites" déconnectées !

Gramoune (09-02-2025 11:20:33)

L'article aurait dû s'intituler "DÉFAITE par KO de l'Europe fédérale", car dans tout état fédéral, les états fédéraux ou les régions ont un droit de regard sur la gestion, la justice, la police, la consommation, l'école... ce que nos pays n'ont plus. Tout étant dicté par Bruxel, doit être entériné par l'ensemble des pays formant l'UE, ce qui en fait une oligarchie de droits non acceptée par certains pays, qui ont bien raison de s'opposer à ce "monstre juridique et administratif".

Michel Bergès (09-02-2025 11:18:49)

Cette vision néo-maçonnique a fait ses preuves… avec la SDN d'avant la Seconde Guerre mondiale. Et le Peuple français l'a rejetée lors du référendum de 2005. La prochaine présidentielle répondra à cet effacement orchestrée de la France.

Michel J. (09-02-2025 11:16:46)

Dans quelques temps peut-être l’UE, quasi unanime, pourrait se pencher sur les décisions à prendre pour relever le défi multiple lancé par la nouvelle équipe étasunienne : Mais ne sera t-il pas alors un peu tard et dans quel état se trouvera l’Europe (et la France!) à ce moment ?

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