Depuis cinq cents ans, une « légende noire » dénonce les crimes commis par les Espagnols aux Amériques. Hernán Cortés et les « conquistadores » auraient-ils donc détruit des civilisations et asservi et exterminé des peuples pour assouvir leur cupidité ? C’est un absolu mensonge entretenu en particulier par les Anglo-Saxons, s'indigne Marcelo Gullo, qui enseigne à l’Université de Lanús (Buenos Aires)...
La « légende noire » (leyenda negra)désigne une vision très négative de la colonisation espagnole des Amériques. L'expression dérive de l'ouvrage éponyme de Julián Juderías (1914) qui fait état des exagérations et des outrances développées par les rivaux de la monarchie espagnole, soit pour justifier leur hostilité à celle-ci (France, Angleterre), soit pour se dédouaner de leurs propres crimes à l'égard des Amérindiens (Anglo-Saxons). Plus près de nous, l'historien Bartolomé Bennassar a repris l'expression pour désigner aussi les exagérations relatives à l'Inquisition espagnole (dico) et au nombre de ses victimes...
La critique de la colonisation espagnole s'appuie sur un réquisitoire de Bartolomé de Las Casas, Très brève relation sur la destruction des Indes (1540). Le prêtre dominicain voulait de la sorte lutter contre les excès des conquistadors mais ses accusations exagérées et par certains côtés outrancières allaient être récupérées par les adversaires des Habsbourg et nourrir jusqu'à nos jours les critiques de la colonisation espagnole.

Seul contre tous
Isolé dans un milieu intellectuel adonné au décolonialisme, Marcelo Gullo Omodeo se fait le défenseur de l’héritage de l’Empire espagnol en Amérique et estime que l'Espagne a été condamnée par des juges partiaux et de faux témoins.
Dans son essai Nada por lo que pedir perdón (2022 ; traduction française : « Ceux qui devraient demander pardon », L'Artilleur, 2024), il s’inscrit en faux contre cette « légende noire ».
C'est un procès injuste selon lui puisque l’Espagne, à la différence des autres puissances coloniales, comme la Grande Bretagne et les Pays-Bas, n’est pas coupable de génocide, ni même d’esclavage massif... Ce sont au contraire ces deux pays qui devraient demander pardon pour leurs exactions sans nom en Amérique du nord comme dans l'Insulinde.
Désireux de réhabiliter l'entreprise coloniale espagnole, il s'appuie sur des preuves et des témoignages. Ainsi consacre-t-il plusieurs pages de son livre au rapport que l’Allemand Alexander von Humboldt a produit au début du XIXe siècle à la suite d’un voyage dans les colonies espagnoles d’Amérique.
Arrivé au Mexique en 1803, ce géographe, astronome, humaniste, naturaliste et explorateur, qui « n'apprécie pas du tout l'Espagne ni le catholicisme », écrit Gullo, se dit surpris par le niveau de développement de certaines régions de l’Amérique espagnole. Il est également étonné par le grand nombre d’indigènes et de métis qu’il y rencontre. Autant d’observations qui rendent caduque le génocide qu’il s’attendait à constater.
« Comme dans tout raisonnement, la première prémisse est la plus importante. Et la première prémisse erronée de la légende noire anti espagnole est que l'Amérique précolombienne était un paradis », estime Gullo dans une interview récente sur le site Infobae.

Le monde précolombien, loin d’être un paradis
« Comment Hernán Cortés, avec 400 hommes, a-t-il pu vaincre un Empire (aztèque) qui comptait 200 000 soldats ? » demande Marcelo Gullo. « C'était mathématiquement impossible. Les Espagnols portaient des arquebuses, et le temps de recharger une arquebuse, on reçoit 40 flèches. Le cheval, les indiens l’ont tué le quatrième jour. Ils n’en avaient plus peur. Cortés a rallié les tribus de la périphérie aztèque qui en avaient assez de voir leurs enfants, leurs petits-enfants, leurs femmes se faire massacrer, sacrifier aux dieux aztèques et même dévorés. Cortés leur dit de marcher ensemble contre cet impérialisme anthropophage de Tenochtitlán. Il réunit une armée de 300 000 Indiens et bat une armée de 200 000 Aztèques. La conquête a donc été faite par les Indiens, pas par les Espagnols ».
L’auteur qualifie même cette conquête du continent américain de délivrance pour les peuples soumis aux Aztèques comparable à celle qui s'est déroulée au Pérou avec l’Empire Inca, conquis par une poignée d’Espagnols suivis par les tribus autochtones.
Le métissage lui même, vérifiable aujourd’hui dans toutes les anciennes colonies espagnoles, est une preuve irréfutable contre le génocide. « Si on s’assoie à la terrasse d’un café à Georgetown [capitale de la Guyana, ancienne colonie britannique], affirme Marcelo Gullo dans la même interview, on ne verra pas passer de métis anglo-saxons. Mais on verra sûrement un de nos métis. Un métis hispano-amérindien, parce qu'il n'y avait pas de métissage dans les colonies britanniques ».
Marcelo Gullo oppose la colonisation menée par l'Espagne et celle conduite par l'Angleterre en particulier. La grande différence est le métissage qui a été la norme de la conquête espagnole.
C'est ainsi que le fils illégitime du conquistador Hernan Cortès et de l'Indienne Malintzin a pu jouer à la cour de Charles Quint et devenir chevalier de l'ordre de Santiago. À comparer avec les enfants que l'illustre Thomas Jefferson, l'un des Pères fondateurs des États-Unis, eut avec une esclave noire : tous demeurèrent dans l'esclavage à l'exception de l'un d'eux, affranchi à la mort de son père...
Ce fut le mot d’ordre de la reine catholique Isabelle de Castille : « Mariez les Espagnols avec des Indiennes et les Indiennes avec des Espagnols ». « Cortés s'y est conformé et c'est ainsi qu'est né le Mexique », explique Marcelo Gullo. « Avant, il n'y avait pas de Mexique, il y avait Tenochtitlán, l'Empire anthropophage. »
La souveraine, son époux Ferdinand et surtout leur petit-fils, futur Charles Quint, ont déclaré d’emblée que les indigènes étaient des sujets de la Couronne et ont promulgué une série de lois pour les protéger. Il est vrai que la distance et l’immensité du Nouveau Monde ont rendu la gouvernance et la surveillance très difficiles et ont permis à beaucoup de s'écarter impunément de la loi.

Unité culturelle
Malgré cela, l'Espagne n'a pas à s'excuser, soutient Gullo dans son essai, car la conquête de l'Amérique a été l'une des plus grandes tentatives que le monde ait jamais connue pour défendre la justice et les valeurs chrétiennes à une époque brutale et sanguinaire. Le succès de cette entreprise a fait de l'Espagne une exception dans l'histoire de l'humanité, car jamais auparavant ou depuis, une nation ne s'est comportée de la sorte.
De ce fait, elle a attisé la convoitise de ses ennemis et concurrents qui, dès le début, ont lancé leur campagne de mensonges pour présenter au monde cette entreprise comme un processus sinistre qui a répandu la désolation et la mort. Gullo fustige aussi les actuelles élites des pays hispano-américains qui trop fréquemment ont adopté eux-mêmes cette version erronée de leur propre Histoire.
Lorsque la nouvelle présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a décidé de ne pas inviter le roi d'Espagne, Felipe VI, à sa cérémonie d'investiture qui a eu lieu en octobre 2024, elle a prétendu que c'était parce qu'il n'avait pas accepté de s'excuser pour les crimes de la conquête (XVIe siècle), comme le Mexique l'avait exigé.
Pedro Sánchez, chef du gouvernement espagnol, a considéré qu'il s'agissait d'un affront à son pays et a décidé de ne pas y assister, de sorte qu'il n'y a pas eu de représentation espagnole officielle à l'investiture de la présidente.
Marcelo Gullo a été impliqué dans cet incident diplomatique lorsque Alberto Núñez Feijóo, le chef du Parti Populaire espagnol, a déclaré qu'il enverrait son livre à Claudia Sheinbaum, en réponse à ses affirmations mensongères sur la colonisation du Mexique.
L'essai de Marcelo Gullo est un best-seller en Espagne mais il n'est pas publié ni vendu en Amérique, ce qui montre à quel point les élites locales ont adhéré - par idéologie ou par démagogie - à la légende noire anti-espagnole, qui fait partie du noyau dur du politiquement correct. « Si l'Espagne n'est venue que pour voler, tuer et assassiner, pourquoi a-t-elle parsemé l'Amérique d'hôpitaux et d'universités ? », demande Gullo.
L'Amérique hispanophone doit son unité culturelle à l'Espagne, mais souvent ses élites s'obstinent à l'ignorer et cherchent à ressusciter un passé précolonial imaginaire en semant la discorde entre leurs pays et avec l’Espagne, une inimitié absurde entre des peuples unis par la culture et par le sang.
« Ceux qui exigent des excuses de l'Espagne ne s'intéressent pas au passé, mais à l'avenir, affirme Marcelo Gullo dans son livre. Ce qui est dans leurs esprits, ce n'est pas la réconciliation des peuples, mais leur séparation, et même une fragmentation interne, en mettant en avant des réclamations déplacées. »













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Xav026 (12-04-2026 19:13:32)
Ah, le temps béni des colonies... (version espagnole)... ;-D !
La caractéristique des colonies espagnoles est que l'indépendance a été faite par les espagnols locaux, et non les indigènes, parfois encore majoritaires. Le colonialisme y a souvent continué, mais au profit des capitales locales et non plus de Madrid ; d'où les luttes entre fédéralistes et centralistes tout au long du 19ème siècle.
S'il est bon de lutter contre des extrémistes (wokistes) et une concurrence victimaires, il est inutile de tomber dans un extrême inverse : bienfaits du colonialisme...
Gilbert Hutin (18-07-2025 16:15:41)
Merci pour m'avoir fait connaitre cet auteur. J'ai parcouru rapidement son livre (version .pdf gratuite, en Espagne) . Je suis très étonné que l'ouvrage de Eduardo Galeano, Las venas abiertas de America Latina (les veines ouvertes de l'Amérique Latine) ne figure pas dans sa biographie. Galeano y décrit de manière circonstanciée ce que Marcello Gullo essaie d'amoindrir et meme de nier.
Olivier 93 (10-07-2025 19:47:47)
Les réactions sont très intéressantes, décidément le « wokisme » est de tout temps et de chaque côté. Il est plus que nécessaire de convoquer une histoire locale et de proposer une synthèse régionale dans un second temps (et non l’inverse).
Quelle était la situation régions par région à l’arrivée des colons, comment s’y est déroulée leur implantation, etc. Le livre de David Graeber et webgrow ( « au commencement était… ») donne quelques pistes très intéressantes en particulier sur le Canada avec les colons français, très loin de ce qu’on à pu imaginer. Merci à Herodote de creuser ce sillon.
Chantal (10-07-2025 19:40:09)
Comme très souvent, la vérité n'appartient pas aux extrêmes.
J'ai vécu au Mexique durant plusieurs années et suis tombée définitivement en amour avec ce pays fascinant. Et j'ai suivi plus récemment à la Sorbonne un séminaire consacré à la période coloniale en Amérique Latine, dirigé par Mme. Bénat-Tachot, grande spécialiste de la question.
Il n'existe pas une seule histoire de la colonisation, mais plusieurs. La légende noire peut éventuellement "coller" à celle de certains peuples du cône sud, tels que les Incas : Pizarro était une brute épaisse, sans autre but que le pillage et ses hommes et lui, en proie à des luttes intestines ont semé le chaos. Mais il n'en est pas de même de Cortés : c'était certes un homme de son siècle, durant lequel les guerres de conquête étaient légion : l'époque de la Renaissance est un monde de violence.
Mais je suis bien d'accord avec Jacmé : la légende noire ne peut pas rendre compte de la conquête du Mexique, ni d'ailleurs la légende rose. Aucune "analyse" manichéenne ne peut le faire ; ce n'est pas une histoire de "bons" et de "méchants", mais une histoire complexe.
Las Casas est toujours d'actualité, mais on peut lire aussi avec profit l'"Histoire générale des Indes" de Francisco Lopez de Gomara (1552), qui est une des meilleures sources concernant la conquête, et dont on peut trouver des traductions françaises, au moins partielles.
Liger (10-07-2025 16:52:27)
Merci de faire de l'Histoire, laquelle consiste à connaître sérieusement et donc le plus objectivement possible l'objet de son étude et non à porter des « jugements moraux » au nom de valeurs d'une autre époque, voire d'autres lieux, pratique wokiste entre autres. On doit notamment se souvenir du propos essentiel de Lucien Febvre, l'un des « pères » de la grande école historique des Annales : « Le problème est d'arrêter avec exactitude la série des précautions à prendre, des prescriptions à observer pour éviter le péché des péchés, le péché entre tous irrémissible : l'anachronisme. [en Histoire] » (« Le Problème de l'incroyance au XVIe siècle. La religion de Rabelais », Albin Michel, 1968, p. 15).
Concernant la colonisation des Amériques par les Espagnols (et d'autres Européens), il y eut, entre autres, des conséquences souvent « mortifères » pour les Amérindiens :
- fait historique incontestable sans aucun rapport avec une prétendue « volonté exterminatrice » des colonisateurs, la pire catastrophe humaine résulta de la diffusion d'épidémies - sans aucune planification, ce qui était inconcevable à l'époque du très bas niveau des connaissances médicales au moins jusqu'au XVIIIe siècle - dues à la diffusion de microbes et autres virus apportés involontairement par les colonisateurs alors que les Amérindiens n'avaient aucune immunité collective, contrairement aux Européens lesquels vivaient - et mouraient - depuis des siècles, voire des millénaires - avec les épidémies en question ;
- fait historique incontestable, la rapacité de nombreux colonisateurs assoiffés d'or et d'autres richesses se manifesta (très) brutalement, par exemple sous la forme de travaux forcés dans des mines dont les conséquences furent meurtrières ;
- de même que l'esclavage était massivement pratiqué dans toute l’Afrique par beaucoup d'Africains et d'Arabo-musulmans, alors que ce phénomène n'était pas une spécificité des Européens, des civilisations amérindiennes, comme celle des Aztèques, opprimèrent beaucoup d'autres Amérindiens avec une grande férocité, fait également incontestable justement indiqué dans cet article ;
- enfin, comme ledit article le rappelle, les Espagnols (comme les Portugais et les Français) pratiquaient - voire encourageaient - le métissage (cf. les derniers propos de Jacques Cartier en 1533), ce qui prouve que ces colonisateurs - qui n'étaient pas toujours des anges, bien sûr - n’étaient pas essentiellement ni « systématiquement » racistes par principe, contrairement aux anglo-saxons qui rejetaient systématiquement toute sorte de « Rassenschande » (honte / souillure raciale), comme, plus tard, les nazis.
Bref, comme les wokistes et leurs suiveurs, lesquels distribuent avec la morgue de grands inquisiteurs, des bons ou des mauvais points sur la base de croyances dogmatiques en ne s'encombrant pas de l'étude modeste, ardue, patiente et intellectuellement honnête des faits, faisons de l'Histoire, comme d'excellents articles parus dans www.herodote.net nous y encouragent. C’est ce que fit par exemple Jacques Marseille dans son ouvrage de référence sur le bilan économique de la colonisation française en ayant l’honnêteté et le courage de déclarer qu’il était parti avec des a priori auxquels il avait renoncé suite à un travail colossal de recherche lorsqu’il écrivit sa thèse de doctorat sur ce sujet. Cela reste à jamais pour moi un modèle et une référence.
Faublas (05-03-2025 15:50:36)
Intéressant car si on compare la rapidité de conversion du moyen orient et du maghreb à l'Islam on touche aux mêmes conclusions : une conversion libératoire d'un régime oppresseur.
Dewitte (13-02-2025 18:17:13)
Je suis outré par cet article ; ainsi on apprend que;
"la conquête de l'Amérique a été l'une des plus grandes tentatives que le monde ait jamais connue pour défendre la justice et les valeurs chrétiennes à une époque brutale et sanguinaire. '' je crois réver car en europe à cette époque tout roule ,la torture l inquisition au nom du Christ, mais non c est une affubulation L eglise est un modele de virginité ! oups faudrait lire l actualité. et quand je lis ; '' Mariez les Espagnols avec des Indiennes et les Indiennes avec des Espagnols ». « Cortés s'y est conformé et c'est ainsi qu'est né le Mexique », explique Marcelo Gullo. euh est ce que cela a été fait en bonnes et du formes ? consentement de la mariée ou viol ? Mais bon sous le couvert de la sainte eglise , tout est permis question d habitude ..Evidement
J aurai encore beaucoup à dire , mais suis plus déçu qu'Hérodote puisse publier de tels articles et ce n est pas le premier, qui font la partie belle à l eglise quand on voit tous les scandales qui l entourent . Herodote neutre ? je ne le pense pas
Bon vent
Lizzie (12-02-2025 22:34:54)
C'est très intéressant car cela me semble très juste ce que dit M. Marcelo Gullo, qui connaît bien l'histoire de la conquête espagnole. Mais cela n'est pas tout à fait la même chose pour l'Argentine, où des massacres ont eu lieu, à cause des "malones" ou attaques sauvages des Indiens qui formaient des tribus errantes...
Grabinoulor (12-02-2025 08:44:28)
Aux excès des uns répondent ceux des autres, et tous jugent avec les yeux d'aujourd'hui les évènements d'hier. La cruauté et la violence ont été très largement partagées jadis et renaissent dans tout conflit. La haine envers l'autre vient de la certitude d'avoir raison, de la volonté d'imposer ses idees.
Jean-Michel Duprat (09-02-2025 16:32:03)
Jusqu'à présent, n'ayant pas une idée établie sur la colonisation espagnole, j'avais tendance à croire qu'elle n'était ni meilleure ni pire que les autres européennes. Avec une mention particulière pour celle de l'Amérique du Nord (Anglo-saxonne) et sa façon radicale de résoudre le "problème indien". Nous avons été invités à "la repentance" (par qui donc?) et nous nous y sommes soumis. Il faut dire que notre pays traîne, en la matière, quelques casseroles dont le commerce triangulaire n'est pas la moindre. Dont acte. Toutefois, ne nous est-il pas permis d'observer que ceux qui s'érigent, aujourd'hui, en donneurs de leçon sont loin d'afficher un passé "blanc-bleu". D'aucuns jusqu'à se permettre de nos jours de se justifier comme colonisateur. D'autres en d'autre temps parlaient d'espace vital...
Bernard 15 (09-02-2025 09:34:27)
à lb.dutignet
"Voir en France le doux délire au Puy du Fou ( Le bien -nommé ? ) sur la période révolutionnaire des guerres de Vendée".. Vous allez nier les Colonnes Infernales de Turreau, les noyades de Nantes de l'abominable Carrier, les tanneries de peaux humaines et j'en passe ? L'idéologie vous rend aveugle !
Coche (08-02-2025 15:43:21)
Bien évidemment, les colons ne furent pas exempts de critiques car tous ne furent pas des anges (Kessel). Mais les coutumes religieuses des empires en place, avant l'arrivée des Espagnols, permettent de suborer des mœurs plus que brutales de la part des autorités. Pour le reste, les Anglo-saxons et les Germains cachent depuis toujours leurs crimes derrière leurs accusations de leurs concurrents français et espagnols. Il suffit de relire l'Histoire notamment celle écrite depuis 1945. Je ne tiens pas compte des écrits actuels qui ne sont que armes de guerre idéologique.
Cécil Artheaud (08-02-2025 07:58:47)
Je regrette une fois de plus qu'on nous livre une vision idéologiquement orientée de l'Histoire, sans contre point. Nous savons évidemment que l'Histoire est toujours sujette à interprétations et manipulations. L'histoire en temps que science sociale doit cependant pouvoir s'émanciper des influences politiques. On ne comprend pas pourquoi les espagnols se seraient comportés de manière différentes des Anglo-saxons? Parce qu'ils étaient catholiques? Laissez moi rire !
lb.dutignet (07-02-2025 15:52:30)
Bonjour ,
On assiste un peu partout dans le Monde à une réécriture de l'Histoire par de pseudo-historiens , quand bien même ils le sont du point de vue de leur formation .
A bien y regarder tous ces "historiens " ont tendance à pencher bien à droite et se lancent dans une broderie à la mode de " chez eux " .
Les " Grandes Découvertes " l'ont été pour aboutir aux " Indes " , id est aux épices, aux métaux précieux , aux pierres précieuses et , en toute fin de liste , à l'évangélisation .
Et surtout pour échapper au monopole détenu par les Génois , puis les Vénitiens qui tenaient là les sources de leur richesse.
La différence de style de vie , les croyances paÏennes , entre autres , ont amené les Européens à en déduire leur supériorité sur ces populations .Tel Colomb écrivant à son Roi et lui narrant comment , en deux heures ,il avait fait des esclaves de ces insulaires .Leur différence de mentalité a facilité les pillages pour ceux qui les ont suivis
Ces gens-là étaient-ils des êtres humains? Avaient-ils une âme ? C'est ce qu'ont débattu les clercs lors de la Controverse de Valladolid , c'est dire !
Il en va aussi de l'Espagne actuelle où les nostalgiques de Franco reprennent du poil de la bête .Où certains membres du clergé exploitent un vide juridique pour se réapproprier des sites arabo-andalous , les reconditionner , tenter d'effacer peu à peu tout ce qu et l'Espagne et l'Europe doivent aux Arabes dans ce qui va donner la Renaissance .
Voir en France le doux délire au Puy du Fou ( Le bien -nommé ? ) sur la période révolutionnaire des guerres de Vendée , et la démarche de l'actuel ministre de l'Intérieur , qui lui , regarde le présent avec les lunettes du passé .
Et que dire de ce qui se passe à Gaza et en Palestine où l(on joue sur les mots pour "expliquer " l'insoutenable ? Car , dans les années 60 , le slogan du jour était "Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ". Cette " terre sans peuple "abritait tout de même près d'un million d'habitants .Là aussi on joue sur les mots , Arabes , Palestiniens , etc....Et on oublie bien vite qu'il s'agit d'êtres humains , pas d'objets qu'on peut déplacer au gré , aux humeurs , aux " visons " des uns et des autres .
Tous ces acteurs ont en tête de "revisiter " le passé et d'imposer une vision démentie par les études qui, elles , s'appuient sur les faits , les vestiges , les analyses critiques .
A nous de veiller à ne pas laisser revenir des temps épouvantables où l'humanité a payé un prix effroyable pour en sortir .
Khatib (07-02-2025 10:23:14)
Etonnant ce plaidoyer pour un livre négationniste, Las Casas doit retourner dans sa tombe, il est vrai que les Indiens du nord d'Amérique ont été décimés mais au sud ils ont été soumis à l'esclavage, enfin ne confondons pas colonisation et cohabitation et n'oublions pas que l'âge d'or d'Espagne est consécutif au pillage de l'Amérique et surtout de son or
RICHARD (06-02-2025 22:29:38)
Ce dossier a étoffé mes connaissances sur ce sujet. Merci ! . . . Mais surtout, il dénonce les FAKE NEWS séculaires reprises par le WOKISME.
Ernestine (06-02-2025 21:53:18)
Déconstruire la légende noire – mémoire du rapport entre colonisateurs et colonisés au XVIè siècle, lors de la conquista, réécrite par Marcelo Gullo au goût du jour…avec des sentances pour le moins bizarres!
Marcelo Gulla a, à mon avis, raison de défendre l’état espagnol, représenté par son roi, contre la demande d’excuse du Mexique, demandant de reconnaître des faits datant de 600 ans environ : C’est la couronne de Castille qui est en cause, non le gouvernement espagnol actuel !.
Cependant, dans cette controverse, il eût été utile pour Marcelo Gullo, cet expert en historiographie concernant la « conquista » , de considérer dans son argumentaire le prêche du Dominicain Antón Montesino du 21 décembre décembre 1511, posant les questions suivantes: “Esos indios, no son hombres? No tienen animas racionales? No sois obligados amallos como a vosotros mismos? Les “indios” ne sont-ils pas des humains? Ne sont-ils pas dotés d’une âme rationnelle? N’êtes-vous pas obligés de les aimer comme vous-mêmes?, prêche qui n’a certes pas convaincu les colons espagnols présents à la messe du quatrième avent. Il fut cependant à l’origine d’une controverse sur les droits des “Indios”, sur la guerre juste contre les autotochtones, en conséquence sur leur protection, sur la justification de la création du nouvel empire colonial de la couronne de Castille en Amérique, nommé plus tard « Las Indias », et, par là un début de la question de formulation du “ ius gentium”, le droit des peuples. Christophe Colomb avait conquis l’île le 12 octobre 1492 au nom de la couronne, été nommé vice-roi et avait exercé le pouvoir dans ce territoire. Cette conquête d’une abstraction juridique difficile à cerner, allait devoir être exécutée manu militari et avait entraîné les exactions rapportée par du Dominicain Las Casas.
Or, d’après le droit en vigueur en Europe chrétienne, Christophe Colomb ne pouvait prendre possession de ce territoire que si ce dernier était « terra nullius », terre inhabitée par des hommes/humains. Or, ce nouveau territoire ne pouvait être « terra nullius » que si ses habitants n’étaient pas des humains (à la sortie du moyen-âge, humains voulant dire : des chrétiens). Or la définition de l’humain était d’être doté d’une âme rationnelle, censée donc être apte à penser. A cette époque, un humain était un « animal » devenu homme uniquement une fois baptisé, son âme ayant été purifiée par ce baptême. Etant donné que les « indios » ne possédaient pas d’âme purifiée par le baptême, ils pouvaient être considérés et traités comme des animaux (sans âme). C’est ce qu’ont fait les colons espagnols au début de la conquista.
N'est-ce-pas ici le processus de déshumanisation qui permit de traiter les autochtones comme des animaux, voire de leur faire subir des sévices, de les tuer, de les forcer à travailler dans des conditions inhumaines ? Un processus de déshumanisation bien connu en Europe chrétienne, justifiant les croisades et la guerre juste non seulement en Orient, mais aussi en Europe continentale du Nord.
Plus tard, la couronne de Castille avait décrété la christianisation des peuples autochtones. C’est alors que naquirent les récits sur l’anthropophagie de ces gens. Ce n’est que bien plus tard que la situation juridique des « indios » fut réglée dans les « Leyes de los reinos de Indias. » (1680).
Ce nouveau discours, posant un nouveau regard sur le passé, ignorant l’ aspect éthique des « valeurs chrétiennes » de l’époque, mélangeant les périodes de l’histoire du continent (comparaison des débuts de la conquista avec les constatations de Humboldt en 1803), posant la question des universités dans ce nouveau monde, apparemment sans poser la question de ceux qui y avaient accès au XVIè siècle, par exemple, ignorant apparemment les efforts des ordres mendiants ou autres (les « reductiones » des Jésuites au Paraguay ) etc … me déçoit.
Celesteaida de Verdi (06-02-2025 01:52:41)
Il y a un langage qui monte de plus en plus dans les livres, dans la vie quotidienne, dans les media, dans les discours de Milei, de Trump, en Europe Soyons très vigilants !
Jean Loignon (05-02-2025 22:27:12)
C'est un discours d'inversion et de plaidoyer : le monde précolombien des Aztèques et des Incas apparaît en noir, ce qui blanchit les conquistadores... Mais si le choc immunitaire qui décima les populations autochtones ne fut pas volontaire, le système des corvées - la mita - pour alimenter les mines du Potosi ou de Huancavelica le fut. Avec une mortalité effrayante. Que dire des expéditions des bandeirantes portugais vers l'Amazonie pour y rafler des esclaves ? Pourquoi alors les révoltes d'un Tupac Amaru au Pérou ou le marronage massif des quilombos brésiliens ? l'histoire ne s'écrit pas en noir et blanc ou blanc et noir, mais dans toute sa complexité...
Ungern (05-02-2025 18:55:44)
Étonnant que ce genre de discours, à l'opposé de la pensée dominante, rencontre un tel succès en Espagne. La vérité historique a toujours été écartée par les bien-pensants au profit du dogme et de l’intérêt particulier. Tous ceux qui essayent de lutter contre la réécriture de l'histoire sont immédiatement brocardés, mis à l'écart et insultés bien sur. (Cf Patricio un peu plus haut, des lieux communs et des insultes mais rien de constructif ni en pour, ni en contre)
Marc Blasband (05-02-2025 18:01:24)
Ces jours-ci la Russie veut s'approprier l'Ukraine, l'Amérique le Groenland, Panama et aujourd'hui Gaza. Qu'un Etat tente encore de s'approprier un territoire étranger est questionnable. Ces mœurs ne devraient plus être acceptable aujourd'hui.
Pierre MIROU (05-02-2025 16:20:11)
Je suis plutôt d'accord avec les propos de cet auteur. Malgré tout la destruction de codex préhispaniques a été une perte pour ces cultures
Benoit (05-02-2025 15:32:50)
L'adage selon lequel l'histoire appartient aux vainqueurs est une nouvelle fois confirmé.
Les anglo-saxons sont passés maîtres en la matière.
Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec l'article de Christian Néron paru sur Hérodote à la sortie du film hollywoodien "The revenant", qui refait l'histoire du Canada:
"Il y a donc beaucoup d’ironie, de cynisme et de mépris de la vérité dans ce film. Alors que les Canadiens avaient témoigné d’une diplomatie remarquable pendant plus de deux siècles, ils y sont présentés comme les épaves d’un âge des ténèbres ; les images nous les montrent dégénérés, cruels, violents et vicieux. Quant aux Anglo-américains, qui symbolisent l’arrivée de l’âge des lumières, ils vont faire preuve des pires sauvageries dans l’expropriation et l’extermination des Indiens des Plaines."
Pitou24-31 (05-02-2025 14:32:28)
Tout ça fait furieusement penser à la relation franco-algériennes.
Il y a certes eu des exactions , beaucoup, et des comportement inadmissibles, mais aussi modernisation du pays. ( au fait : quel est l’héritage ottoman en Algérie?)
il y avait des colonisateurs arrogants, brutaux et racistes, mais aussi des Albert Camus et des citoyens ordinaires.
Cependant pas de métissage possible, interdit par l’Islam, contrairement à ce qui est décrit au Mexique.
La rente mémorielle marche bien pour ceux qui gouvernent, en Algérie comme au Mexique, même si le peuple n’est pas dupe (cf Hirak)
Surprenant que le pouvoir mexicain tombe dans les mêmes outrances, donc ce n’est pas prêt de s’améliorer avec nos amis algériens (je ne confond pas le pouvoir et le peuple)
Patricio (05-02-2025 14:06:28)
Et encore un discours europeanocentriste ou les bons sont les puissants. Les copains de Milei et de Trump veulent récrire. l'histoire. En passant, l'Espagne est le seul pays colonialiste à n'avoir pas présenté d'excuses pour les méfaits de leur passé. La fachhosphere se fait entendre. Attention au réhabilitation bon marché.
Mission (05-02-2025 13:54:15)
Un article qui décoiffe. Cependant, j'aurais aimé plus d'ampleur. L'unité culturelle citée plus haut s'est faite aussi au prix du sang. Je fais mention de la suppression et de la guerre contre les Guaranis au milieu du XVIII? siècle, que le film Mission relate.
SAVIN (05-02-2025 13:33:02)
Génocide? Plutôt raté comme génocide quand on voit le nombre d''indiens' encore là en Colombie, Pérou, Bolivie avec une culture encore vivante (inti raimi, foetus de lamas au marché de La Paz, orchestres avec queña, etc...). Et, sans trop savoir, idem pour les portugais au Brésil. Anglais et Hollandais, rois des mensonges (je sais ce que je dis) et pas seulement sur ce sujet.
Jacmé (05-02-2025 13:09:53)
Passionné d'histoire depuis toujours, cela fait un demi siècle (j'ai 86 ans) que je suis arrivé aux mêmes conclusions. Qu'il y ait eu des exactions de la part des Espagnols ne fait aucun doute mais elles sont généralement bien moindres que ce que les différentes armées Européennes font subir aux peuples de notre continent à la même époque (et même après...) . Quant au génocide des Indiens, les Espagnols n''en sont pas plus responsables qu'ils ne le sont des tremblements de terre qui secouent régulièrement les Amériques car on peut difficilement leur imputer à crime le fait de n'avoir pas connu les mécanismes de l'immunisation ce qui a, c'est vrai, entraîné de véritables hécatombes dans des populations qui n’avaient aucune résistance naturelle aux infections amenées par les conquérants. Gardons nous des "donneurs de leçons" qui, soit par ignorance ou bêtise, soit pour des motifs beaucoup plus sordides, se muent en accusateurs publics en faisant bon marché de la vérité !