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Macron comme Mac-Mahon ?

Une démission pour sortir de la crise ?

4 décembre 2024. Il y a trois ans, le 19 janvier 2022, nous avons entrevu une crise de régime similaire à celle qui a conduit en 1877-1879 à la démission du président Mac-Mahon. La crise s'est ouverte en juin 2022 avec la mise en minorité du président. Elle a mené à l'affrontement de trop sur les retraites avant d'aboutir à une dissolution inappropriée de l'Assemblée nationale. Des voix s'élèvent désormais jusque dans les rangs modérés pour réclamer le départ du président Emmanuel Macron. Mais pour quoi faire et avec quelles conséquences ?...

Les Français sont formidables. On l'a encore vérifié en juillet avec la magnifique organisation des Jeux Olympiques de Paris. On le voit aujourd'hui avec les émouvantes images de la restauration de Notre-Dame de Paris. Pourquoi faut-il qu'ils gâchent leurs talents avec la politique ?

La crise ouverte par la dissolution de l'Assemblée le 9 juin 2024 vire à la tragédie. Elle horripile les citoyens français qui y voient motif à les dégoûter de la démocratie représentative. Elle déroute les journalistes et les commentateurs qui perdent leurs repères et ne savent plus quoi penser... Elle interroge aussi les historiens qui ont le douteux privilège d'assister en direct à un événement comme il ne s'en est jamais produit dans l'Histoire de la démocratie française, sauf à remonter un siècle et demi plus tôt à la « Crise du Seize-Mai » qui a conduit le président Mac-Mahon à la démission.

Depuis janvier 2022, Herodote.net se penche sur cette nouvelle tragédie française et tente d'en éclairer les ressorts. Au fil des quatre premiers épisodes, nous nous réjouissons de n'avoir pas été pris en défaut. Puissent nos lecteurs y trouver matière à réflexion et débats...

André Larané

Une lente descente aux enfers

Les espoirs suscités par l'élection d'Emmanuel Macron, plus jeune président de la République française, ont lentement tourné au cauchemar. À preuve la succession accélérée des Premiers ministres : Édouard Philippe (3 ans), Jean Castex (2 ans), Élisabeth Borne (un an et demi), Gabriel Attal (8 mois dont 3 comme Premier ministre de plein exercice), enfin Michel Barnier, Premier ministre le plus éphémère de la Ve République (moins de 3 mois jusqu'à ce 4 décembre 2024).

Cette descente aux enfers découle des élections législatives. Celles du 19 juin 2022 a produit une majorité relative et celle du 7 juillet 2024 une tripartition de l'Assemblée sans possibilité de coalition, avec une extrême-droite tenue à l'écart, une droite en charpie et une gauche divisée en sous-main sur l'Europe de Maastricht, la guerre en Ukraine, les institutions de la Ve République...

La crise de régime est arrivée à son paroxysme avec la dissolution de l'Assemblée par le président de la République le 9 juin 2024 ; une décision pour le moins surprenante à la suite de laquelle le Premier ministre, victime de la coalition des extrêmes, se voit exposé ce 4 décembre à une motion de censure sur le budget de la Sécurité sociale.

Si son gouvernement vient à tomber, on peut craindre une crise sans issue prévisible avec un budget reconduit à l'identique en 2025 faute de vote par le Parlement et un gouvernement technique destiné à expédier les affaires courantes en attendant un prochain renouvellement de l'Assemblée, pas avant un an, soit en juillet 2025 d'après l'article 12 de la Constitution.

Il resterait bien au président de la République la ressource d'utiliser l'article 16 de la Constitution : « Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacées d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances. »

S'attribuant les pleins pouvoirs, il pourrait alors faire passer le budget rejeté par les partis extrêmes. C'est précisément ce qu'a tenté son homologue sud-coréen, le président Yoon, ce jour même, 4 décembre 2024. Ne pouvant faire voter son budget, il a instauré la loi martiale pour le faire passer de force. Mais l'opinion publique s'est aussitôt soulevée contre ce déni de démocratie et ledit président est en voie d'être destitué.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est douteux que le président français tente à son tour un passage en force du budget.   

Démissionner ou pas ?

Faute de mieux, d'aucuns en appellent à la démission d'Emmanuel Macron. Parmi eux figurent les chefs de l'opposition : Jean-Luc Mélenchon, qui souhaiterait pouvoir encore se présenter à des présidentielles avanr d'être rattrappé par l'âge (il a 73 ans) ; Marine Le Pen, qui voudrait, elle, se présenter avant d'être frappée d'inéligilité par le tribunal dans l'affaire des assistants parlementaires. Si ces supputations sont vraies, alors on peut penser que les deux personnalités pré-citées mettront tout en oeuvre pour atteindre leur objectif et ne pas laisser au président d'autre choix...

Mais les appels à la démission viennent aussi des personnalités de droite que l'on a connues plus mesurées, comme le maire de Meaux Jean-François Copé et le député centriste et rapporteur général du budget Charles de Courson. « Qui est à l’origine du chaos politique ? C’est bien le président de la République lorsqu’il a fait cette dissolution que même ses propres amis n’ont pas comprise », déclarait celui-ci sur LCI. « La seule solution, ce serait une démission du président, » lance-t-il à la tribune de l'Assemblée le 27 novembre. « Il n'y aura pas le chaos du point de vue budgétaire, car il suffit de voter comme cela a été fait en 1980 une loi spéciale pour autoriser la perception des impôts »

On peut légitimement se demander en quoi une démission du Président pourrait arranger les affaires de la France et des Français ? Cela ne s'est produit qu'à deux reprises : le 30 janvier 1879 avec Patrice Mac-Mahon à l'issue de la « Crise du Seize-Mai » ouverte deux ans plus tôt et le 27 avril 1969 avec le général de Gaulle, le soir même du référendum qu'il avait sollicité et perdu.

Inspirateur de la Constitution de la Ve République, de Gaulle avait jugé que le Président, élu au suffrage universel, devait se retirer s'il venait à perdre la confiance des Français, jusqu'à n'être plus en mesure d'« assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics » (article 5).

Le référendum du 29 mai 2005 a constitué une première entorse à ce principe éthique. Après que le projet de traité constitutionnel européen eut été approuvé à la quasi-unanimité par l'Assemblée nationale, le peuple français l'a de son côté massivement rejeté. Le président Jacques Chirac aurait du pour le moins dissoudre l'Assemblée qui, pour le coup, s'était révélée en complet déphasage avec les électeurs. Cela n'ayant pas été fait, les électeurs ont compris que leur vote comptait désormais pour du beurre et se le sont tenus pour dit.

Aujourd'hui, c'est le président de la République qui se retrouve déconnecté du peuple, comme le général de Gaulle au soir du référendum. Selon les mots de Charles de Courson, il devrait, comme son auguste prédécesseur, avoir « le courage de démissionner » afin de rendre au Peuple souverain la maîtrise de son destin.

Reste à se demander si une telle démission serait de nature à résoudre la crise.

À quoi bon une démission ?

Le blocage actuel résulte de l'impossibilité d'une coalition de gouvernement à l'Assemblée, en l'absence de parti dominant, à l'exception du Rassemblement national (onze millions d'électeurs), lequel est tenu à l'écart tous les autres partis y compris les plus proches de lui. Quant à l'hôte de l'Élysée, il ne peut décider quoi que ce soit faute de soutien à l'Assemblée et dans l'opinion publique et se voit condamné à seulement inaugurer les cathédrales et serrer des mains à Brasilia ou Riyad.

En dernier ressort, la faute en revient aux partis et aux électeurs qui continuent de tout miser sur l'élection présidentielle au lieu de s'affronter sur des projets de gouvernement solides. Dès janvier 2022, il était pourtant prévisible que le président risquait de perdre sa majorité (note).

En vertu du dernier alinéa de l'article 12 de la Constitution (« Il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l'année qui suit ces élections »), il est formellement exclu que l'Assemblée puisse être dissoute avant un délai d'un an, soit le 9 juillet 2025, ce qui conduirait à des élections législatives en septembre 2025, après les vacances d'été. Dix ou onze mois sans pilote à la barre ni marins à la manoeuvre, c'est long, surtout dans la période d'incertitude actuelle, en France, en Europe, au Moyen-Orient, en Amérique, etc.

Une élection présidentielle anticipée serait-elle de nature à résoudre la crise ? Si nous nous en tenons à une lecture littérale de la Constitution et de son article 12, c'est tout à fait improbable car le nouvel élu, quel qu'il soit, devra composer avec la même Assemblée, laquelle sera toujours aussi divisée.

Mais certains constitutionnalistes comme Jean-Éric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, préconisent de revenir à l'esprit de la Constitution gaullienne. Selon l'article 5 de celle-ci, « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État ».

Autrement dit, le nouvel élu, fort de l'autorité morale que lui donnent la Constitution et l'onction du suffrage universel, serait en droit de dissoudre sans délai l'Assemblée afin d'« assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État ».

Le Conseil constitutionnel et le Conseil d'État, autres garants des institutions, pourraient-ils l'en empêcher ? L'article 57 du texte de 1958 indique :  « Le Conseil Constitutionnel statue, en cas de contestation, sur la régularité de l'élection des députés et des sénateurs ». En d'autres termes, il ne pourrait pas s'opposer à la dissolution de son propre chef mais seulement « en cas de contestation ». Il est douteux, au point où nous en sommes, que des représentants qualifiés de la classe politique contestent une dissolution voulue par un président de la République fraîchement élu par une majorité claire de citoyens, cela afin de sauver le naufrage de l'État.

Dans l'hypothèse gratuite où le président viendrait à se démettre à la veille de Noël, un nouveau président pourrait sortir des urnes début février et une nouvelle Assemblée avant la mi-mars, soit dans trois mois et demi, avec cinq à six mois d'avance sur le terme normal. Ce serait autant de gagné pour tout le monde. 

Reste à espérer que les partis se mettent au travail sans trop tarder pour proposer aux présidentielles et surtout aux législatives une véritable alternative, projet de droite contre projet de gauche, sans rien omettre de tous les enjeux de l'heure (politique sociale et industrielle, protectionnisme, éducation, immigration, Europe, OTAN, etc.). Mais qu'ils se gardent d'instaurer un scrutin à la proportionnelle comme sous la IVe République : il s'ensuivrait un émiettement bien plus étendu de l'offre politique et une paralysie encore plus grande...

Considérant l'absence de chef charismatique, il est possible, sinon vraisemblable, que la Ve République bascule à l'issue de cette crise dans un régime parlementaire à l'image des autres démocraties du Vieux Continent. Comme il en fut de la IIIe République à l'issue de la crise de 1877-1879, après la démission de Mac-Mahon.  

Publié ou mis à jour le : 2024-12-05 14:16:44
jarrige (13-12-2024 10:40:59)

Est-ce que le Président de le République ne pourrait pas mettre les députés qui ont voté la censure devant leurs responsabilités, en les sommant de se mettre d'accord sur un programme politique et un gouvernement ? Comme cela ne serait pas possible, entre des gens du RN et de LFI, le chef de l'Etat serait en droit de tenir la censure pour nulle et non avenue et de garder Barnier et son gouvernement.

Le vieil observateur (08-12-2024 17:37:46)

Judicieuse suggestion marquée du sceau de la sagesse. A mon avis cependant, il n’est plus possible de penser que l’impasse politique actuelle peut trouver une issue avec de nouvelles élections, qu’elle soient présidentielles ou législatives. En effet, toujours à mon avis, la crise actuelle n’est pas une crise politique comme celles de 1879 ou 1958 mais une crise du socle socio-économique existant depuis des décennies sinon des siècles, consistant dans la présence pérenne au sein de la société française d’un bloc central majoritaire fondant et légitimant le pouvoir d’une force centriste réunissant centre-gauche et centre-droit et offrant la possibilité d’une alternance entre partis de l’ordre et partis du mouvement, partis de gouvernement (PDG) tantôt de gauche, tantôt de droite ou plutôt situés tantôt à gauche, tantôt à droite (ne pas oublier la formule de Mitterrand : « les centristes ne sont ni de gauche ni de gauche »).

Cette situation a été bien décrite par Herriot, ce «radical» si peu radical, avec sa fameuse métaphore, reprise tout récemment par Juppé, de l’omelette coupée en trois morceaux dont il recommandait de retenir le centre en en écartant les deux extrémités. Fin politique, bon connaisseur du «français moyen» qu’il a été le premier à qualifier ainsi, cet être qui - une autre de ses formules - " a le coeur à gauche mais le portefeuille à droite ». il n’est pas sûr qu’il n’aurait pas prévu l’adoption de la motion de censure provoquée par le mécontentement croissant de ce français moyen, conscient de la dégradation de son niveau et de son mode de vie, dans une société frappée par la mondialisation et soumise à une gouvernance supra-nationale et néo-libérale interdisant toute réaction efficace, c’est à dire efficiente et rapide, à sa paupérisation. Cette société désarmée sur le plan tarifaire et monétaire n’est en effet plus en mesure de redresser un PIB déclinant à cause notamment et sans doute principalement d’un déficit structurel de son commerce extérieur dû lui-même à l’appartenance de son territoire à une zone monétaire dont la monnaie, l’Euro, appellation consensuelle du Mark, a un cours trop élevé pour son économie, jouant ainsi comme une taxation permanente des exportations et une subvention permanente des importations ! Ne pouvant dévaluer la monnaie, les gouvernements français, pour retrouver de l’activité, se sont alors condamnés à pratiquer une dévaluation interne consistant à réduire les coûts de production par l’austérité salariale, la baisse des dépenses publiques, l’augmentation de la durée du travail et l’intensification de celui-ci. Or, il est bien évident que cette dévaluation interne, cette politique de l’offre, frappe la quasi totalité des populations, y compris celles du centre de l’omelette, qui restées peut-être sociologiquement centrales ont commencé à cesser d’être politiquement centristes.

Dans ces conditions le précepte d’Herriot ne pourra retrouver sa pertinence qu’avec le renoncement à la chimère de l’Europe fédérale et la mise en place d'une Europe confédérale, l’Europe des patries voulue par de Gaulle, la nation demeurant le seul cadre matériel et culturel permettant le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

KAFO (07-12-2024 13:09:12)

Plutôt d'accord avec le fond de cet article. A ce niveau de blocage du pays et considérant sa culture historique je ne vois plus qu'une démission de Macron et une élection présidentielle avec dans la foulée des législatives comme Mitterrand l'avait fait en 1981 et De Gaulle en 1962. Pourquoi ? C'est le sens de nos institutions de la Vème République qui donnent la primauté au président de la République. C'est la tradition qu'après avoir gagné une présidentielle, le nouveau président élu fort de sa victoire aille chercher une assemblée parlementaire pour le soutenir. Les Français ont souvent confirmé leur vote lors d'une première élection présidentielle (pour la réélection ce serait plutôt l'inverse comme Mitterrand en 1988 ou Macron en 2022 -ce qui pousserait à un mandat unique de 7 ans, mais c'est un autre sujet ! -). Les campagnes présidentielles et législatives dans la foulée donneraient largement le temps de présenter aux français un programme assez détaillé pour répondre au vœu de voir bâtir des programmes plus solides (même si malheureusement notre système médiatique ne favorise pas la réflexion politique, préférant émotion et audience). Ce scénario serait une issue possible de sortie de crise avec constitution d'une nouvelle majorité. Je ne crois pas d'ailleurs que le vieux clivage droite / gauche en serait la trame et je vois plus un clivage entre internationalistes, libre échangistes, mondialistes, progressistes, majoritairement urbains des grandes métropoles face à des nationaux, plus protectionnistes, attachés aux traditions, à une identité française propre, et plus ruraux ou de petites cités. Ceci dépasse le clivage gauche droite et le recompose. Dans ce cas la tripartition actuelle de l'électorat n'aura été qu'un épisode passager, circonstanciel que le sens politicien de Macron aura réussi à agréger. A ce stade rien ne permet de pronostiquer qui gagnera même si le camp de la tradition peut l'emporter en ce moment. Dans tous les cas les alternances seront possibles et le camp "moderniste" pourrait reprendre la main. D'autre part ces clivages auraient tendance à se polir, le camp "moderniste" comprenant que la marche forcée de la population n'est pas possible et le camp conservateur que l'Histoire et le monde environnant démontrent que les évolutions sont possibles, incontournables mais doivent être maîtrisées. Ce premier scénario serait somme toute le scénario "optimiste". Il met de côté un 2ème scénario que l'article de M. Larané n'évoque pas ce qui m'étonne étant donné sa profonde culture et sa connaissance historique de notre pays. Il s'agit du scénario révolutionnaire, brutal qui précèderait le 1er scénario. Dans ce cas et comme l'expérience historique le démontre, la phase révolutionnaire n'aboutirait à rien de mieux au final que déboucher sur le scénario 1, mais cela après des violences, des destructions, des désordres sur une durée qu'il n'est pas possible d'estimer une fois le processus déstabilisateur enclenché. Mais comment l’éviter ? A tout point de vue une démission de Macron avant le terme de son mandat et dans le courant 2025 serait souhaitable. Mais le narcissisme et l'hubris de celui qu'Onfray appelle irrévérencieusement Foutriquet ne permet pas pour l'instant de le supposer. Alors ce qui doit arriver, arrive comme nous disait Bainville.

Philippe (06-12-2024 01:03:13)

@Doc7538. Si Mélenchon sort du chapeau, au mieux, ce sera le Venezuela, au pire 1792 puis la Terreur puisqu'il se prend pour Robespierre. Bon, il finirait de même.
Mais si c'est Le Pen ou Bardella, vous voyiez les choses de façon plus positives ?
Macron, ce n'était pas terrible. je n'ai pas compris cet acharnement sur une nième réforme des retraites, guère différente des précédentes, ni cette dissolution qu'il aurait pu garder sous le coude pour cet automne, puisque le budget aurait été censuré, peut-être même avec les voix de LR, les dents de Wauquier poussant d'autant plus vite qu'il n'a aucun os à ronger.
Mais vous avez déjà entendu parler du moindre mal ?
Quant à sa présupposée arrogance, elle n'est pas pire que celle de ses prédécesseurs.
Giscard se vantait d'être un descendant d'un bâtard de Louis XV (compte tenu de l'ardeur du bonhomme, il doit y en avoir un grand nombre), et ne s'asseyait que sur du Louis XV : son fessier avait le sens de la famille.
Quant à Mitterrand, lors de son sommet de Versailles où toute la presse (de droite) se moquait de son côté Louis XIV sans perruque, il a carrément fini sur un : "Je serai toujours avec vous" comme le Christ en Mt 29 (ou 28).
Et Sarkozy qui se délectait des comparaisons avec Napoléon ...
Donc arrêtons de dauber sur l'arrogance de Macron, il n'aura pas été pire que les autres, Chirac - le bon pote - et Hollande - anormalement normal - mis à part. Leur côté corrézien ?

Philippe (06-12-2024 00:50:49)

@ROUQUIER. On a tendance à accuser Macron de tous les maux. C'est la réponse simple, voire simpliste, à tous les maux. On attend un homme providentiel qui va satisfaire les besoins voire les envies de 67 millions de Français dont je vous rappelle qu'elles sont contradictoires. Il déçoit nécessairement et on le rejette.
Je ne défends pas Macron. Mais il s'avère que les Français sont à peu près aussi mauvais en histoire qu'en économie. Ils ont donc la mémoire très courte. Cette déception, tous les présidents en ont été victimes, De Gaulle compris.
Donc non Macron n'a pas transformé la Vème en monarchie élective. Elle l'était dès sa création et seul De Gaulle avait l'étoffe d'un monarque républicain, Mitterrand aussi admettons, qu'on l'aime ou non. Mais Sarkozy ! Mais Hollande !
Macron trop jeune ? Peut-être. Ça suscite la jalousie et l'envie, sentiments plus répandus en France que la lutte des classes. Et nos politicards ont senti comme une usurpation d'un pouvoir qui leur revenait de droit. Lequel au fait ?
Mais surtout, je demeure convaincu que Macron ne souhaitait pas être élu dès 2017. Sa candidature d'alors était une rampe de lancement pour 2022. Si Fillon n'avait pas bénéficié de l'emploi fictif de Pénélope (Le RN a semble-t-il fait bien pire depuis, et de façon industrielle) et s'il n'avait pas eu la sottise d'accepter des costumes de Robert Bourji dont la réputation sulfureuse était aussi universelle que fondée, les choses auraient été bien différentes.
Revoyez ce documentaire sur la campagne d'En Marche pour 2017. Lors d'un briefing du matin, on aperçoit sur la chaîne d'info continue en bout de table l'éclatement de l'affaire Fillon et là, un grand silence dans l'équipe et Macron dit (c'est l'esprit sinon la lettre) : "Là, ce n'est plus du tout pareil ... Le jeu a changé. On peut essayer de se battre pour la victoire"

Bernard (05-12-2024 18:08:36)

En cas de démission d'E. Macron, son successeur ne pourra pas dissoudre, à peine de forfaiture, ce qui augurerait mal de la suite, tant les textes constitutionnels sont - pour une fois - parfaitement clairs.

S'il passait outre, on pourrait d'ailleurs parfaitement imaginer (surtout s'il était élu de justesse) que l'actuelle Assemblée refuse d'obtempérer et continue à siéger, ce qui conduirait à une situation à la coréenne, et cela - circonstance aggravante - dès le début du mandat présidentiel.

En revanche, fort de son élection toute fraîche, il pourrait recourir au référendum en application de l'article 11 de la Constitution, soit pour lui donner les pleins pouvoirs jusqu'à la prochaine élection législative, en juillet 2025, soit pour écourter le mandat des actuels députés de manière à permettre des élections anticipées.

Mais par-delà les circonstances, il devient urgent de moderniser et de rationaliser nos institutions. On voit quels pourraient être les contours d’une constitution rénovée et solide : un mandat non renouvelable de 7 ans pour le président, un vice-président élu en même temps que lui et pour la même durée pour éviter une élection anticipée en cas d’empêchement, un conseil constitutionnel ramené à son rôle initial : empêcher les empiètements du Législatif sur l’Exécutif (respect de l’article 34 de la Constitution) et rien d’autre, en d’autres termes en terminer avec son coup d’Etat de 1971, une autorité judiciaire (et non un « pouvoir ») cantonnée strictement à son rôle, ce qui éviterait le renouvellement du scandale qui a probablement pesé lourd dans le cataclysme institutionnel qui se prépare : l’invalidation de la chef de l’opposition à partir de griefs imaginaires et bâtis sur mesure. Enfin, on pourrait prévoir l’interdiction constitutionnelle de voter des budgets en déficit, sauf en cas de guerre ou de catastrophe naturelle majeure.

Gramoune (05-12-2024 12:09:36)

Je pensais que Hérodote était un média dédié à l'histoire, or je constate de plus en plus qu'il devient un journal du quotidien - avec un peu de références au passé.
Mais toute cela on peut le lire dans toute la presse française. Pour moi c'est un peu dommage de se focaliser sur l'actualité.

Herodote.net répond :
A quoi sert l'Histoire sinon à éclairer le présent et le futur? C'est ce à quoi nous nous essayons dans nos éditoriaux.
Nous publions chaque année un millier de nouvelles synthèses historiques... et environ 50 éditoriaux. Serait-ce trop? Je ne le crois pas car, de fait, nos lecteurs manifestent un goût évident pour ces éditoriaux qui prêtent à réflexion et débat. Ainsi, vous avez été quinze fois plus nombreux à cliquer sur notre éditorial de ce dimanche (Macron comme Mac-Mahon?) que sur notre vaste synthèse sur la Corée.

JMK (05-12-2024 11:51:40)

Très bonne leçon à la fois d’histoire politique pour le passé et le présent et essai de politique fiction, qui correspond pourtant sur de nombreux points à la réalité. Il est évident que not’ bon président est pris entre 2 choix : démission qui ajouterait une nouvelle crise à la crise actuelle ou rester au pouvoir sans aucun pouvoir véritable. Difficile de dire quel est le choix le « moins pire ». Nous le saurons peut-être ce soir avec son discours télévisé, toujours est-il que la dissolution a été une très mauvaise décision mais on ne peut revenir sur le passé.
Macron-Macmahon cela rime bien mais les 2 situations s’arrêtent là tant il y a de différences entre elles. De toutes façons le nouveau 1er ministre peut-être nommé ce soir (si comme je le pense Il n’y aura pas de démission du Président trop orgueilleux et imbu de sa personne) sera comme les précédents face à une Assemblée ingouvernable en raison de la tripartition de sa composition (bravo encore pour la dissolution) et surtout face à une situation économique, politique et sociale catastrophique. Bonne chance à celui ou celle qui sera nommé(e). Les jours, mois et semaines prochain(e)s vont être particulièrement difficiles, surtout pour les ménages les plus menacés par cette triple crise.

ROUQUIER (04-12-2024 23:08:55)

Notre jeune président - trop jeune - a transformé le système existant de la Vème République en monarchie élective. Platon pensait qu'on ne pouvait faire de la politique qu'à partir de l'âge de 52 ans. Or on assiste à un entichement pour des gens plus jeunes encore et plus ambitieux et plus incompétents. On est mal barrés !
Démission de Macron, oui ; il a trahi les institutions, mais elles s'y prêtaient. Il faut sortir de cette monarchie ; le monde est aujourd'hui trop complexe pour qu'un gamin narcissique puisse gérer seul un pays. Ça n'a aucun sens.

Bruno (04-12-2024 19:51:30)

Effectivement si un nouveau gouvernement est renversé le président aura du mal à tenir jusqu’à l’été et devra démissionner : mais une démission n’aura de sens que si le nouveau président peut dissoudre pour obtenir une majorité et débloquer la situation

Jefpro (04-12-2024 19:30:24)

1) L'interprétation par un ancien Secrétaire général du Conseil constitutionnel de l'article 5 de la Constitution me paraît très contestable. La Constitution est un texte qui doit être respecté et non interprété au nom de l'esprit qu'on prétend lui donner. L'absence de majorité à l'AN ne peut être considérée comme une absence de «de fonctionnement régulier des pouvoirs publics »
2) On ne voit pas pourquoi des députés qui considèrent qu'une dissolution anticipée leur porterait préjudice ne la contesteraient pas devant le CC au motif qu'elle serait faite par un président pour lequel leurs électeurs n'auraient pas voté.

Maud (04-12-2024 18:34:57)

Démission du président dont on peut douter compte tenu de son hubris et son appétit pour les célébrations et inaugurations en tous genres. Supposons néanmoins que oui, nous aurons alors un bouquet de candidats tous issus du marigot parlementaire actuel, sans vision, sans stratégie, tous plus préoccupés de leurs petites affaires actuelles. Personne ne sort du lot. Aborder les grands sujets (protectionnisme ou pas, par exemple et tant d'autres grands sujets) nécessiterait de s'attaquer aux règles de l'UE qui ont fait perdre toute souveraineté. Personne ne s'y risque, allez savoir pourquoi ? Rien n'est possible en l'état, le parlement français n'a pas plus de pouvoir qu'un conseil municipal. Nous continuerons cahin-caha à nous enfoncer jusqu'à ce qu'une étincelle, peut être, ne ramène aux réalités. Et pendant ce temps là les Brics progressent dans l'indifférence générale

Bruno (04-12-2024 17:53:34)

Effectivement si un nouveau gouvernement est renversé le président aura du mal à tenir jusqu’à l’été et devra démissionner : mais une démission n’aura de sens que si le nouveau président peut dissoudre pour obtenir une majorité et débloquer la situation

CROSJM (04-12-2024 17:09:23)

On va effectivement peu à peu vers un régime parlementaire, le plus juste puisque représentant chaque tendance politique, mais hélas le plus inefficace (voir la IIIé et la IVé République).

patd1952 (04-12-2024 16:49:07)

Malgré l'extrême gravité de la situation clairement dénoncée par de multiples sources qualifiées, le gouvernement en place répète et prolonge les erreurs de ses prédécesseurs : budget en déséquilibre, ajustement par les recettes et non par les dépenses malgré des leviers évidents en charges toxiques. Ces gens là sont aveuglés par leur idéologie. Il faut nous en débarrasser et redonner la main au peuple. A lui d'être clair-voyant pour opérer le changement radical qui s'impose.

Doc7538 (04-12-2024 16:47:08)

Admettons la démission de Macron! Nouvelles élections ! Ah! L'arc républicain le voilà qui se tend, se tend et hop! c'est Mélenchon qui sort du chapeau. Good morning Lenin! Hello Stalin!... Bonjour le goulag et les hommes enceints, sinon gare aux commissaire politiques!

Danniel (04-12-2024 15:55:47)

Le pire n'ai pas certain ! attendons le vote.

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