1er décembre 2024. Pétrifié par l'ampleur de la dette publique (3200 milliards d'euros), le gouvernement français prépare le pays à une austérité sans précédent. Mais pas plus que ses prédécesseurs, il ne veut ou ne sait identifier la racine du mal : un déficit commercial qui résulte de la monnaie unique !
Comme bien d'autres économistes (y compris des Prix Nobel), le Grec Yanis Varoufakis met en garde sur une erreur de diagnostic qui pourrait conduire la France (et l'Union européenne) dans l'abîme...
Depuis la dissolution de l'Assemblée nationale (9 juin 2024) et la désignation au forceps d'un nouveau gouvernement, la France s'inquiète à juste titre des négociations autour du budget de l'an prochain. Le gouvernement de Michel Barnier cherche 60 milliards d'économies. C'est la condition nécessaire pour rassurer les créanciers de l'État et les convaincre de continuer à prêter sans trop augmenter les taux.
Il est normal et même sain qu'un État soit endetté ; le contraire signifierait qu'il prélève plus d'impôts que nécessaire. Mais ce déficit doit rester modéré. C'était le cas en France jusqu'au début de ce siècle avec un taux d'endettement inférieur à 60% du PIB (produit intérieur brut). Mais nous en sommes aujourd'hui à un endettement public de 110% du PIB et rien ne permet de croire à une rémission prochaine...
Le graphique ci-dessous montre clairement trois périodes :
• Années 1980 : accroissement de la dette de 20 à 40% du PIB du fait des secousses du premier mandat de François Mitterrand,
• Années 1990 : accroissement de la dette de 40 à 60% du PIB du fait de l'adaptation douloureuse de la France aux critères de Maastricht, en vue de l'introduction de la monnaie unique en 1999,
• Années 2000 : accélération soudaine de l'endettement à partir de 2008, du fait de la relance des exportations allemandes et de la soudaine aggravation du déficit commercial.

L'explication par le solde commercial
Dans les débats autour de la dette publique, la classe politique s'en tient à la sempiternelle alternative : à gauche, c'est faire payer les riches ; à droite, c'est réduire les aides sociales (et mettre les Français au travail, ajoutent les retraités !). Est-ce bêtise ? cynisme ? Plutôt le refus d'enquêter sur les causes véritables du phénomène.
« Vous n'avez pas de dette en France. Ce qui vous cause du tort, c'est que la France ne contrôle plus sa monnaie. En tant que pays déficitaire au sein de la zone euro, la France n'est plus économiquement viable, » dit Yanis Varoufakis dans un entretien à La Tribune (3 octobre 2024). Son analyse rejoint celle de l'économiste américain Joseph Stiglitz tout comme celle que j'ai développée en 2015 : Comment la monnaie unique tue l'Europe.
Ces analyses reportent l'attention sur le grand absent des débats actuels : le solde commercial, autrement dit la différence de valeur entre les exportations et les importations de la France. Dans un État normal, ce solde commercial doit être à peu près équilibré sur le moyen terme (les États-Unis, qui ne sont pas un État « normal », se sont affranchis de cette norme depuis les accords de Bretton Woods en 1944 ; à défaut d'exporter suffisamment de biens, ils équilibrent leur balance des paiements grâce aux transferts financiers vers le dollar).
La France avait dans les années 1950 et 1960 une balance commerciale à l'équilibre. Elle s'était légèrement dégradée dans les années 1970 et 1980 sous l'effet des chocs pétroliers et des secousses politiques.
Quoi qu'il en fut de la gestion des comptes publics (dépenses massives en 1981 par exemple), le retour à l'équilibre s'effectuait assez naturellement par un réajustement des taux de change entre les monnaies. De 1949 à 1989, le cours du franc par rapport au mark a été divisé par 3 sans affecter la solidité de l'économie française...
Dans les années 1990, la balance commerciale s'est soudain améliorée, en partie tirée par les exportations vers l'Allemagne en plein effort de réunification. Mais une fois l'Allemagne remise sur pied après 2005, elle s'est à nouveau dégradée et depuis lors, le déficit commercial ne cesse de se creuser.
Ce déficit commercial se traduit par de l'argent qui part à l'étranger et fait défaut aux circuits d'échanges nationaux. Du fait de la monnaie unique, il n'y a plus de correction possible par les taux de change monétaires.
Si le déficit commercial perdure et se creuse, l'équilibre de la balance des paiements doit s'obtenir par des emprunts ou des ventes d'actifs à l'étranger...
Rassuré par l'attitude bienveillante des créanciers, l'État français a choisi cette solution de facilité. Il s'est désintéressé du solde commercial et a fait le choix d'emprunter à l'étranger et de multiplier les aides sociales et les emplois publics pour compenser les pertes d'emplois dans les secteurs ouverts à la concurrence internationale (principalement allemande). « La dette française est le symptôme d'un problème plus profond et non sa cause, » en déduit Varoufakis.
Dans les autres États européens du « Club Med », tels la Grèce, l'Italie, l'Espagne et le Portugal, la monnaie unique a également conduit dans un premier temps à un relâchement des politiques publiques : dépenses de prestige (JO d'Athènes, Expo de Lisbonne...), achats d'armement, infrastructures lourdes, etc. Mais ces États, qui ne bénéficiaient pas de la même indulgence des créanciers et des agences de notation, ont dû se soumettre avec plus ou moins de succès à des cures d'austérité drastiques : réduction des dépenses publiques, compression des salaires, etc.
Un jour prochain, les responsables français devront aussi en passer par une cure d'austérité. Elle visera avant toute chose la réduction du déficit commercial et le rétablissement du secteur productif (industrie et agriculture)... quitte à brutaliser la Commission Européenne et tourner le dos à ses injonctions (voir l'encadré ci-après).
Voici une suggestion propre à rétablir de l'équité dans les appels d'offres des administrations françaises (ou autres) :
Quand un chef de service procède à un achat important, il lance un appel d'offres international. L'offre qui lui paraît la moins chère est-elle pour autant la plus avantageuse du point de vue de son employeur, l'État français ?
• Si cette offre est étrangère, voire extra-européenne, son montant va partir à l'étranger.
• Si elle est française, une bonne partie (30 à 40%) va revenir à l'État sous forme de cotisations sociales et d'impôts, sans compter qu'elle va peut-être éviter un plan social.
Autrement dit, pour une gestion saine des comptes publics, le chef de service devrait comparer non pas le montant brut des différentes offres mais leur montant déduction faite des cotisations et impôts destinés à l'État. Cela pourrait conduire les administrations à acheter plus souvent des équipements à des industriels français et non plus chinois, coréens... ou allemands. Autant de gagné pour l'emploi et le solde commercial (et tant pis pour les règles absurdes de Bruxelles).
Illustration :
Le ministère de la Défense lance un appel d'offres pour des uniformes et reçoit une offre chinoise (1 million d'euros) et une offre française (1,3 million d'euros).
• S'il valide la première, c'est un million d'euros qui partiront à l'étranger.
• S'il valide la seconde, c'est 1,3 million d'euros qui resteront en France, dont 0,4 à 0,5 million qui rentreront dans la poche de l'État. et pourront alimenter le budget de la Défense !
Du point de vue des comptes publics et de l'intérêt national, la deuxième option est bien sûr la plus avantageuse, même si la Commission européenne pourrait trouver à y redire.













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GHERARDI épouse LEONARD (20-07-2025 18:42:44)
L'ennemi est bien de l'intérieur et la résistance s'organise pour neutraliser les cols blancs en touchant au grisbi ou il y a délinquance, les systèmes mafieux s'épanouissent.
Le rapporteur général de la commission des finances du Sénat, Jean-François Husson, a passé cinq heures au ministère de l’Économie et des Finances ce 19 juin 2025, pour comprendre pourquoi une disposition anti-fraude votée par le Parlement a été vidée de son effectivité. Le résultat de mon contrôle est effarant ! » : le rapporteur général du Sénat met en cause l’intervention du lobby bancaire pour contrer une disposition anti-fraude.
À l’initiative du Sénat, la loi de finances a adopté un dispositif contre la fraude dite « Cumcum » (L. n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, JORF n° 0039 du 15 février 2025). En 2018, dans une vaste enquête « CumEx Files », Le Monde et plusieurs médias internationaux mettaient à jour une fraude fiscale organisée par plusieurs établissements bancaires européens. Sur 20 ans, son coût est estimé à 33 milliards de recettes fiscales pour la France.
Jean-François Husson fait du retrait du texte d’application polémique une demande impérative du Sénat. « Si ce texte n’était pas retiré, je ne vois pas comment il serait possible de demander aux Français de participer au redressement des comptes publics en 2026. Comment d’un côté, demander 40 milliards d’euros aux citoyens français, et laisser de l’autre perdurer la fraude opérée par les banques ?
L' histoire se répète.
En décembre 1986, pour le compte de l’US Customs, un service fédéral américain dépendant du département du Trésor, Robert Mazur s’est glissé dans la peau de Bob Musella pour infiltrer le cartel de Medellín, dirigé par Pablo Escobar. Au mois de mai 1988, Mazur et trois autres agents sous couverture se sont rendus à Paris pour rencontrer des membres éminents du cartel de Medellín, ainsi que les responsables de la succursale parisienne de la BCCI, une banque pakistanaise aux activités douteuses. Sa mission? Convaincre les hommes du cartel de faire appel à ses services pour blanchir l’argent de la drogue, faire avouer aux banquiers qu’ils étaient bien conscients des activités de leurs clients et enregistrer le tout sur bande pour préparer leur arrestation massive.
Marc Blasband (20-07-2025 15:01:34)
Je lis dans Alternatives Economiques qu'un un rapport sénatorial français du 8 juillet 25 avance le chiffre record d’au moins 211 milliards d’aides publiques, versées aux entreprises dans la plus grande opacité. Pourquoi ne pas réduire ces aides aux entreprises de 20% pour renflouer les caisses de l'état?
https://www.alternatives-economiques.fr/211-milliards-brume-letat-distribue-aux-entreprises-a-l/00115675
josé (11-12-2024 21:50:47)
Je trouve cet article intéressant, mais certains commentaires qu'il suscite sont navrants. Pour Bernard, les coupables de la mauvaise situation économique de la France seraient (1) les étrangers; (2) les fonctionnaires; (3) enfin, l'Europe et l'euro.
Les étrangers : Enseignant dans le supérieur niveau Bac+5, j'ai quelques étudiants d'origine africaine dans mes classes (environ 10% de la promotion). Je peux témoigner qu'ils travaillent dur, souvent dans des conditions difficiles, par exemple en étant veilleurs de nuit en hotel tout en faisant leurs études. Rien n'est fait pour leur faciliter la vie : ils ne remplissent pas les critères pour obtenir des logements étudiants, et ont un mal fou à obtenir des renouvellements de permis de séjour. Impossible d'obtenir des rendez-vous en préfecture (sauf à en acheter, cher, sur des marchés, auprès de profiteurs du système), ou même d'avoir un interlocuteur autre qu'un ordinateur. Ils se retrouvent parfois avec des permis temporaires de 3 mois renouvelés automatiquement car leur dossier n'a été traité par personne. Cela les empêche d'obtenir un stage de fin d'étude en entreprise (le stage durant 6 mois), et ce alors que les entreprises du secteur (BTP) ne trouvent pas de personnel français compétent.
Les fonctionnaires : étant moi même fonctionnaire, je vous assure que je fais mon métier le plus consciencieusement possible. Ce qui m'exaspère, c'est les tâches bureaucratiques inutiles et chronophages que nous demande notre ministère. Et aussi, il est vrai, les emplois inutiles qui sont créés dans l'administration non pas à la demande des fonctionnaires qui connaissent le terrain, mais bien de ces ministères dont les responsables parlent de simplification administrative.
Et l'Europe dans tout ça? Je crois malheureusement qu'un grand avantage que trouvent nos dirigeants à l'Europe et son extension vers l'Est, c'est de nous fournir des travailleurs étrangers "invisibles" : ils ne sont pas noirs, et viennent faire à bas coût le travail que les français ne veulent pas faire à ce prix. Car oui, un métier dur devrait être bien payé.
Soyons réalistes et ne cherchons pas de boucs émissaires : si la France va mal, c'est d'abord à cause des Français, de leurs dirigeants, de leur politique, et pas seulement à cause des fonctionnaires ou des étrangers !
kircher (10-12-2024 09:06:02)
Dans les années 80-90 j'étais toujours été surpris de constater que la poste allemande ne roulait qu'en voitures allemandes alors que la poste française roulait "étranger".
De même les motos de la police française ne sont que des BMW
De même les transporteurs néerlandais étaient exclusivement hollandais et refusaient que des Français viennent marcher sur leurs plates bandes...
Grand voyageur en Europe j'ai souvent constaté et regretté ce manque de nationalisme économique français.
Philippe (06-12-2024 12:55:13)
Plusieurs remarques sur la dette :
- la dette française est détenue à 50% (ça fluctue depuis 20 ans entre 45 et 55%). Mais dans le dette détenue par des non-résidents, 20% sont détenus par la BCE, rachetés sur le marché secondaire dans le cadre du quantitative easing. La BCE n'a en effet pas le droit d'acheter de la dette primaire donc de financer les déficits des états membres.
- reste donc 30%. perte de souveraineté ? la part détenue par les non-résidents est de 23% aux USA, 22% en Allemagne.
- avez-vous réellement l'impression que l'Allemagne est souveraine puisqu'elle sent actuellement tout le poids de sa dépendance énergétique envers la Russie, militaire envers les USA, industrielle, envers la Chine.
- d'autre part, nous avons les yeux rivés sur la balance commerciale mais il faut tenir compte de la balance des paiements courants. Un exemple, le tourisme étranger en France a représenté en 2023 65 G€ (milliards) soit exactement le coût de la dette mais n'est pas intégré dans la balance commerciale.
Il est donc extrêmement difficile de parler de la dette qui est un sujet particulièrement complexe dont les chiffres peuvent être diversement interprétés.
Une chose est cependant certaine, la dette française n'est pas une "bonne" dette qui permet de financer des investissements générateurs de revenus futurs.
Mais comment faire autrement quand les citoyens d'un pays attendent tout de l'État mais ne veulent pas payer l'impôt ? François de Closets avait été "Toujours Plus !" en 1982. Toujours d'actualié. "Vox clamantis in deserto".
Bernard (02-12-2024 11:15:23)
Pour ce qui est de la dette, il est important de distinguer auprès de qui un pays s'est endetté. Le Japon a une dette faramineuse autour de 230% du PIB mais elle est souscrite à 95% par des Japonais. L'argent des intérêts reste donc dans le pays fait tourner l'économie et, pour une part via l'impôt revient dans les caisses de l'État. Résultat, la dette mise sur les marchés internationaux est tellement faible que le Japon emprunte à 0,1% et peut donc financer son économie à bas coût. Le Japon se fiche des Agences de notation qui, de toute façon, sont contraintent de très bien le noter.
Avant même Maastricht puis l'Euro, Giscard, ministre des Finances de Pompidou plus très en forme, a fait passer une loi interdisant de financer le déficit par la Banque de France. Résultat, notre dette est souscrite à l'étranger et les intérêts versés, au lieu de financer notre économie (et indirectement l'État qui pourrait ainsi...réduire son déficit) fuient à l'étranger et financent nos concurrents !
Georges PN (01-12-2024 22:08:50)
Bravo pour cet excellent article !
Bernard (01-12-2024 20:50:22)
L'augmentation inexorable depuis des décennies de la dette publique ne fait que traduire sur le plan économique et financier une descente aux enfers de notre pays sur tous les plans depuis 50 ans : moral, sociétal, éducatif, intellectuel, industriel, agricole, militaire, démographique, politique, etc. La France est aujourd'hui comme un toxicomane en fin de parcours, qui se délabre de toute part. Pour sauver le malade, il faut maintenant un remède de cheval.
Pour se limiter à l’aspect économique et financier, l’effondrement de la France a quatre causes désormais clairement identifiées : 1/ la submersion migratoire d’abord (un colon supplémentaire chaque minute !), qui paupérise le pays à toute allure, 2/ le cancer bureaucratique, qui nous coûte une fortune, 3/ l’empire Bruxellois, dont la tutelle, empêche notre pays de prendre les mesures qui s’imposent pour son redressement, 4/ l’Euro enfin, à la fois clé de voute d’une construction sans fondations et dangereux euphorisant qui nous a permis de nous endetter au-delà de toute mesure.
Si on souscrit à ce constat, les solutions sont évidentes : 1/ mettre un terme à la colonisation du pays, en rétablissant les frontières, en réservant les prestations sociales aux seuls Français, en reconstruisant un système pénal crédible et, naturellement, en mettant un terme à « l’Etat de droit» qui a confisqué le pouvoir, 2/ débureaucratiser, dans un premier temps en ne remplaçant qu’un départ à la retraite sur deux dans la Fonction publique hors secteurs vitaux, réduire à tous les niveaux de moitié le nombre des élus, dissoudre les instances inutiles (conseil économique et social, corps d’inspection, agences régionales de santé, régions, etc.), supprimer une bonne partie des subventions qui parasitent le budget de l’Etat et couper le cordon avec les possessions outre-mer devenues un fardeau insupportable (Mayotte, etc.), 3/ sortir de l’Euro et de l’UE, en s’efforçant de négocier une sortie paisible de ce carcan qui au demeurant n’y survivra pas.
Alors, en peu de temps -un quinquennat tout au plus - le pays amorcera son redressement. Mais il reste peu de temps car sinon ce sera l’agonie, cette fois sans remède.
Michel J. (01-12-2024 19:30:01)
De quel poids dans le déficit abyssal français pèsent les achats des administrations publiques ?
Sinon l’idée serait à approfondir à condition toutefois qu’une méthode juridiquement sûre puisse départager les offres nationales à 100% moins intéressantes pour l’administration en question.
Et puis y aura t-il des offres technologiquement performantes (matériel médical, machines outils, électronique, etc…) ?
Roland Peccoud (01-12-2024 19:28:31)
Je pense qu'au départ du déficit commercial est la désindustrialisation qui devait être compensée par le développement du tertiaire (notamment tourisme et banque), en vertu d'une idéologie capitalistique où chaque état doit se spécialiser dans la branche où il est sensé être le pluis fort ; nos dirigeants ont alors pensé qu'en Europe l'industrie devait revenir à l'Allemagne. Erreur fatale car l'industrie française était, dans les années 70 - 80, en pleine recherche et en pointe dans plusieurs domaines, notamment dans les transports.
Xuani (01-12-2024 18:52:46)
Bonjour Monsieur Larané,
Entre 2010 et 2023, le salaire minimum interprofessionnel brut en Espagne est passé de 641 euros à 1134 euros. Cela se vérifie facilement sur Internet, notamment sur le site de la Moncloa. Le salaire moyen n'a pas cessé d'augmenter lui aussi, peut on voir sur le site de l'Instituto Nacional de Estadística. Je ne vois donc pas à quelle source vous référez pour affirmer que l'Espagne a baissé ses salaires pour devenir compétitive? En outre, pour autant que je sache, ce genre de raisonnement n'est pas dans la ligne de réflexion de l'actuel gouvernement espagnol... Bien à vous, JK
Jihème (01-12-2024 17:21:23)
Et si l'on commençait par réduire le nombre de comités Théodule inutiles ou redondants qui coûtent pas d'argent public ? Si l'on mettait quelques taxes raisonnables à l'importation de produits qui pénalisent nos productions nationales, si l'on profitait du fait que beaucoup de pays africains ne veulent plus de nous afin de démontrer leur maturité et leur indépendance, pour réduire les crédits qu'on leur verse en pure perte et surtout si l'on réduisait les aides de toute sorte accordés à l'immigration de masse pour réduire enfin celle-ci, peut-être ferait-on quelques économies utiles sans trop pénaliser les Français. Réduire le nombre des élus nationaux et territoriaux et leurs rémunérations excessives serait aussi un exemple de civisme que ces élus donneraient au pays. De même les rémunérations excessives de certains hauts-fonctionnaires que "l'efficacité" de notre bureaucratie ne justifie en rien. D'ailleurs, l'allègement de notre législation et de notre réglementation foisonnantes qui paralysent l'entreprenariat et accablent nos agriculteurs et artisans serait peut-être bien aussi une piste à explorer et traiter.
Bernard (01-12-2024 16:31:31)
Excellente analyse.
Un petit complément quant à la Dette : l'obsession pour la Dette est un biais idéologico-culturel de l'Allemagne. On devrait raisonner sur le Patrimoine du Pays (La Dette n'est que la colonne négative du bilan patrimonial).
- un pays qui emprunte à 2% et place à 3% s'enrichit. L'absence d'évaluation du Patrimoine empêche de valoriser ce que l'on fait de la Dette. Le patrimoine d'un pays moderne est constitué de ses infrastructures et du niveau d'éducation de ses habitants. Malheureusement, le niveau de la Dette s'évalue au jour le jour, le Patrimoine sur ses décennies. C'est pour cela qu'on a besoin d'avoir un État qui ne soit pas court-termiste : c'est la négation de sa raison d'être.
- outre les bases douteuses de sa fameuse prospérité (pas vraiment d'armée, dépendance aux gaz russe, vente aux chinois des machines-outils indispensables pour ruiner l'industrie européenne, activité automobile, agricole, chimique... verrouillée sur des modèles toxiques et périmés..), l'Allemagne a aussi obtenu son niveau de dette bas non pas sur la frugalité mais sur la dégradation de ses infrastructures (transport, numérique). Si on avait évalué son Patrimoine au lieu de s'extasier sur sa faible dette, la pertinence du modèle aurait été remise en cause. La prétendue "gestion de mère de famille" de Mutti Merkel a mené à cela et les Allemands (et les autres européens) commencent à s'en rendre compte.
Bernard (01-12-2024 16:06:12)
Analyse tout à fait pertinente.
Un complément : ne regarder que la dette est un biais idéologique (une obsession allemande) : ce qui devrait être mesuré est le Patrimoine.
- quand on emprunte à 2% et qu'on investit cet emprunt avec un rendement à 3%, le Pa
Sganarello (01-12-2024 15:54:29)
C'est trop facile de dire que c'est la monnaire unique. Avant l'Euro les gouvernements pratiquaient la dévaluation ce qui est un autre genre de déficit. On a surtout eu des élus qui faisaient n'importe quoi en s'entourant d'administrations pléthoriques.
Les questions écologiques, belle excuse. Elles me font penser aux tympans des cathédrales où on menace le bon peuple du jugement dernier et de l'enfer afin qu'il passe à la caisse. Et ça marche encore aujourd'hui !
Herodote.net répond :
Les monnaies n'ont pas cessé de fluctuer avec la création de l'euro. Simplement ces fluctuations entre euro, dollar, livre, renmibi, yen, etc. Ces fluctuations (dévaluation, réévaluation) sont naturelles, utiles et indispensables. Elles corrigent les déséquilibres commerciaux.
A contrario, quand on les rend impossibles, comme entre la France et l'Allemagne, les déséquilibres commerciaux s'aggravent année après année jusqu'à obliger le pays déficitaire (la France) à s'endetter auprès du pays excédentaire.
JANDOT (01-12-2024 15:28:32)
Conseil oh combien pertinent, malheureusement les "sachants" seront sourds (comme toujours), vous n'êtes pas de leur monde !