11 février 2024. Ces jours-ci, la France ne bruit que du seul nom de Robert Badinter, décédé à son domicile dans la nuit du 8 au 9 février 2024. À nos lecteurs et amis d’outre-Atlantique qui pourraient encore l’ignorer, rappelons que Robert Badinter, ministre de la Justice et garde des sceaux, a fait voter et promulgué en 1981 la loi d’abolition de la peine de mort.
Cette mesure, qui a mis la France à l’unisson de tous les autres pays d’Europe occidentale, est le principal acquis, sinon le seul, qui reste des quatorze années de la présidence de François Mitterrand (1981-1995). Mais cela ne suffit pas à expliquer l’émotion suscitée par la disparition à 95 ans du maître d’œuvre de cette loi.
Avec Robert Badinter, les Français ont peut-être le sentiment de perdre la dernière des autorités morales qui faisaient la fierté de la France et de la République et parmi lesquelles on peut ranger Simone Veil, Michel Rocard, Philippe Séguin et quelques autres.
Ces personnalités avaient en commun un amour passionné pour leur pays et des convictions dont ils ne variaient pas, ce qui, soit dit en passant, ne leur a pas facilité l’existence. Michel Rocard, devenu Premier ministre, s’était brûlé les ailes et Pierre Bérégovoy, autre personnalité aux convictions en acier trempé, n’a pas résisté aux calomnies qui l’ont frappé à l’hôtel Matignon et s’est donné la mort (note).
Avocat d’affaires mondain, ouvert aux idées libérales, Robert Badinter trouve son chemin de Damas en 1972 quand il est conduit à prendre la défense d’un dénommé Roger Bontemps, accusé d’avoir participé avec un complice au meurtre d’une infirmière et d’un garde dans la centrale de Clairvaux (Aube). Il ne peut éviter la guillotine à son client et dès lors, par défi, s’engage de toutes les fibres de son corps et avec une éloquence hors pair dans le combat contre la peine de mort et dans l’amélioration de la condition pénitentiaire.
Par la suite, n'ayant nul intérêt pour les questions sociales et les rapports de classes, il s'attachera à promouvoir les libertés individuelles en lesquelles il voit l’essence du socialisme !
À l’automne de sa vie, avec son épouse la philosophe Élisabeth Badinter, héritière du fondateur de Publicis, il va condamner les dérives mortifères auxquelles aura conduit l’extension sans frein de ces mêmes libertés.
Le poids de la Shoah
Né le 30 mars 1928 à Paris, Robert Badinter est issu d’une famille juive de Bessarabie. Ses parents se sont réfugiés après la Première Guerre mondiale à Paris où ils ont ouvert un commerce de pelleterie en gros.
La vie de Robert Badinter, comme celle de Simone Veil, bascule à l’adolescence du fait de la guerre. Le 9 février 1943, à Lyon, comme il rentre dans l’immeuble où se sont réfugiés ses parents, il voit des Allemands se saisir de son père et a lui-même tout juste le temps de s’échapper avant d’être agrippé par l’un d’eux. Tandis que son père et plusieurs proches périssent dans les camps, le jeune homme, son frère et sa mère traversent les épreuves de la guerre grâce au soutien des villageois qui les ont accueillis en Savoie.
Bien plus tard, Robert Badinter ne craindra pas de reprocher au président Jacques Chirac ses mots lors de son mémorable discours du 16 juillet 1995, lors de la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942 : « Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français… » Jusque-là, rien à dire, il s’agit d’un fait objectif. Et puis, il y a la phrase malheureuse qui est la seule que l’on va en définitive retenir de ce discours plutôt bien enlevé dans l’ensemble : « La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. »
Robert Badinter, interrogé par l’historien Jacques Semelin, s’en indigne : « Le discours de Chirac est plein d’émotion, littérairement accompli, nommant avec des mots forts la souffrance des Juifs, leur persécution et leur déportation. Mais sur le plan juridique et politique, il ne résiste pas à l’analyse. » Il y manque deux mots : « de Vichy », car c’est de « la France de Vichy » qu’il eut fallu parler et non de la France tout court car celle-là, dans les villages et les villes, protégeait tant bien que mal les juifs ; c’était aussi bien évidemment celle-là qui à Londres et Bir Hakeim, menait le combat contre le Mal…
Mais l'avocat combat aussi avec vigueur le négationnisme (dico) et son porte-drapeau, l'agrégé de lettres Robert Faurisson qui l'attaque en diffamation en 2007. « Que les choses soient claires. Pour moi, jusqu'à la fin de mes jours, et tant que j'aurai un souffle, vous ne serez jamais, vous et vos pareils, que des faussaires de l'histoire et de l'histoire la plus tragique qui soit », lui lance le fils de déporté.
Inflexible dans sa condamnation de la Shoah et de l’antisémitisme, Robert Badinter n’oublie pas pour autant le devoir d’humanité. Le 11 janvier 2001, sur la chaîne Public Sénat, il se prononce pour la libération anticipée de Maurice Papon (91 ans) pour raisons de santé. L’ancien secrétaire général de la préfecture de la Gironde a été condamné trois ans plus tôt à la perpétuité pour crime contre l’humanité. « S’agissant d’un vieillard qui a dépassé quatre-vingt-dix ans, la prison n’a pas de portée. Cela ne vaut pas que pour Maurice Papon, cela vaut pour tous les grands vieillards (…). Il arrive un moment où l’humanité doit prévaloir sur le crime, » déclare-t-il.
Entre mondanités et guerre d’Algérie
À la Libération, le jeune Robert Badinter effectue des études de droit à Paris et les complète avec une bourse à l’Université Columbia de New York. En 1951, il s’inscrit comme avocat au barreau de Paris. Son domaine privilégié est le droit des affaires mais il s’offre aussi des incursions dans le droit de la presse. Bon vivant, passionné de musique classique et de sports, fringant séducteur, il épouse l’actrice Anne Vernon.
En pleine guerre d’Algérie, il défend L’Express, attaqué pour diffamation par l’armée, ainsi que la famille du jeune mathématicien Maurice Audin, qui exige de l’État des explications sur sa « disparition » pendant la bataille d’Alger.
En 1965, Robert Badinter ouvre un cabinet avec Jean-Denis Bredin, futur académicien, et se spécialise dans le droit des affaires. ll obtient aussi une agrégation de droit privé qui lui permet d’enseigner dans différentes universités en parallèle avec ses fonctions d’avocat.
L’année suivante, séparé de sa première femme, il épouse Élisabeth Bleustein-Blanchet, née le 5 mars 1944. Elle est la fille de son client Marcel Bleustein-Blanchet (1906-1996), fondateur du groupe Publicis, l’un des géants mondiaux de la publicité. Le couple aura trois enfants : Judith, psychanalyste, Simon, expatrié aux États-Unis, Benjamin, appelé à prendre la succession de sa mère dans le conseil de surveillance du groupe Publicis dont la famille reste l’actionnaire de référence.
Agrégée de philosophie, Élisabeth Badinter va très vite mener une carrière de philosophe et d’historienne brillante. Avec son mari, en 1988, elle écrit une biographie de Condorcet, un homme des Lumières et de la Révolution.
L’engagement d’une vie
Arrive l’exécution de Bontemps. Robert Badinter va dès lors se vouer de procès en procès à combattre la peine de mort. Le 20 janvier 1997, devant la cour d'assises de Troyes (Aube), il se lance dans une plaidoirie magistrale pour sauver de la guillotine Partick Henry (23 ans), coupable d'avoir tué un petit garçon. La France entière réclame la guillotine pour le meurtrier, y compris le Premier ministre Raymond Barre. Quelques mois plus tôt, le 18 février 1976, au lendemain de son arrestation, Roger Gicquel avait ouvert le journal télévisé de TF1 par ces mots : « La France a peur ».
Badinter ne se démonte pas. Il prépare le procès avec un soin scrupuleux, noircissant des dizaines de pages, cent fois sur le métier remettant l'ouvrage. Quand le moment fatal arrive, en fin de procès, c'est parti pour une heure et demie de plaidoyer, sans lire ses notes qu'il connaît par coeur. Il s'adresse pour finir aux jurés : « Et puis il y aura un autre crime affreux, parce qu'il y en a toujours. Et puis vous y penserez. Et puis il y aura l'abolition, dans dix ans, dans quinze ans. Et vous direz à vos enfants que vous avez condamné un homme à mort. Et vous verrez leurs regards ». Le silence se fait. Des jurés ont les larmes aux yeux. Contre toute attente, le prévenu échappe à la guillotine. Il est condamné à la perpétuité.
Après ce procès mémorable, la France est mûre pour l'abolition. Mais le président Valéry Giscard d'Estaing ne s'y résout pas car il craint de fâcher son électorat conservateur. Devenu l’ami très proche du chef de l’opposition de gauche François Mitterrand, l'avocat rallie celui-ci à son combat.
Après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, le 10 mai 1981, c’est Maurice Faure qui devient garde des Sceaux dans le premier gouvernement socialiste de la Ve République mais le leader radical-socialiste se retire bien volontiers quatre semaines plus tard, le 23 juin, pour laisser le maroquin à Robert Badinter. Il le conservera jusqu’au 18 février 1986.
D’emblée, le garde des Sceaux met en chantier la loi portant abolition de la peine de mort. Elle est votée à une large majorité par l’Assemblée nationale le 18 septembre 1981 à l’issue d’un magnifique discours du ministre. « Parce qu’aucun homme n’est totalement responsable, parce qu’aucune justice ne peut être absolument infaillible, la peine de mort est moralement inacceptable, » lance-t-il.
La loi est enfin promulguée le 9 octobre 1981. Il eut été étonnant qu’il en aille autrement, tous les autres pays ouest-européens (même l’Espagne et le Portugal) ayant déjà depuis plusieurs années ou plusieurs décennies renoncé à la peine capitale.
Le ministre ne va pas s’en tenir là et pendant les cinq années de son ministère, il va multiplier les initiatives en vue de remédier aux conditions de détention et aux excès de rigueur des années précédentes.
À l'été 1982, il abroge une loi héritée de Vichy, discriminatoire envers les homosexuels, qui sanctionnait les relations sexuelles entre un mineur de moins de vingt-et-un ans et un adulte du même sexe, arguant que les relations sexuelles entre un adulte et un mineur de l’autre sexe sont quant à elles autorisées pourvu que le mineur ait plus de quinze ans. Il abroge la loi « anti-casseurs » de Raymond Marcellin, ministre de l’Intérieur, ainsi que la loi « Sécurité et Liberté » d’Alain Peyrefitte, ministre de la Justice dans le dernier gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing[AL1] . Il supprime les juridictions d’exception : Cour de sûreté de l’État et tribunaux militaires. Il améliore la condition pénitentiaire et autorise par exemple les téléviseurs dans les prisons. Il développe les peines non-privatives de liberté comme les travaux d’intérêt général, etc.
Ces réformes sur fond de terrorisme sont mal comprises de l’opinion, d’autant que François Mitterrand s’embourbe dans la sombre mystification policière des « Irlandais de Vincennes » avec l’inculpation frauduleuse de militants de l’IRA. Aussi le garde des Sceaux ne tarde-t-il pas à devenir l’homme le plus haï de France, du moins dans les cercles conservateurs et les colonnes du Figaro.
Après cinq ans d’une présidence agitée, tout le monde attend un raz-de-marée de la droite aux législatives de mars 1986 tant les socialistes sont devenus impopulaires. Prenant les devants, François Mitterrand nomme le 4 mars son fidèle ami Robert Badinter au Conseil Constitutionnel et lui obtient même la présidence du Conseil. De son siège de la rue Montpensier, l’avocat pourra ainsi contrecarrer si besoin les initiatives de Jacques Chirac, chef de l’opposition appelé à devenir Premier ministre…
L’Europe des juges
Le 29 juillet 1994, le Conseil constitutionnel présidé par Robert Badinter rend une décision qui annule de fait l’alinéa inscrit dans la Constitution en 1992 : « Le français est la langue de la République. » Il considère que cet article fait obligation aux représentants de l’État de s’exprimer en français mais que les personnes privées en sont dispensées au nom de la liberté d’expression !
Cette interprétation oiseuse de l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 va faire les choux gras des publicitaires (Publicis...) ainsi que de leurs clients (Coca Cola…). Ceux-ci vont s’appliquer à pervertir la langue commune et ainsi rendre les citoyens plus malléables à leurs slogans. Jack Lang, ancien ministre de la Culture de François Mitterrand et professeur de droit, dénonce sans succès cette distorsion du droit.
Le jour même de la promulgation de la loi d’abolition de la peine de mort, le 9 octobre 1981, le garde des Sceaux a signé un décret portant acceptation du droit de recours individuel devant la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) : les justiciables français acquièrent la possibilité de faire appel auprès de la Cour européenne une fois qu’ils auront épuisé les recours auprès de la Cour de cassation ou du Conseil d’État.
La Cour européenne des Droits de l’Homme, créée en 1950 avec le concours du grand juriste René Cassin, avait été boudée par les premiers présidents de la Ve République, de Gaulle et Pompidou, qui y voyaient une menace pour la démocratie représentative. C’est finalement le centriste Alain Poher, président par intérim à la mort de Georges Pompidou, qui l’a reconnue le 3 mai 1974, par effraction et sans en avoir reçu mandat.
Le garde des Sceaux attend de la possibilité de recours devant cette CEDH qu’elle consolide les droits individuels face à l’État national.
De fait, les magistrats français vont se faire un devoir de suivre les injonctions de la Cour européenne avec la perspective d’aligner le droit français, hérité de huit siècles de jurisprudence, sur un « droit européen » en devenir, fruit des cogitations des magistrats de 46 États, parmi lesquels la Turquie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie, la Bulgarie, Chypre, etc.
Sénateur socialiste des Hauts-de-Seine en 1995, réélu en 2004, Robert Badinter parachève son ambition de justice en soutenant le président Nicolas Sarkozy (droite) dans la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 qui introduit l’exception d’inconstitutionnalité.
Elle permet à un justiciable d’adresser au Conseil Constitutionnel une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) en faisant valoir que telle ou telle loi n’est pas conforme à la Constitution ou plus précisément au « bloc de constitutionnalité », qui comprend la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, mais aussi le préambule de la Constitution de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004.
À ce stade, la Constitution de la Ve République n’a plus grand-chose à voir avec sa version d’origine, qui plaçait les électeurs et leurs représentants élus, députés et président, au centre du jeu démocratique. Désormais, les revendications des individus et des groupes de pression en tous genres en viennent à prendre le pas sur l’opinion majoritaire et sur l’intérêt général au point d’alarmer Robert Badinter, dépassé par le « monstre » qu’il a enfanté.
En 2004-2005, Robert Badinter prend le contrepied de la classe politique et du Parti socialiste en rejetant de toutes ses forces la candidature de la Turquie à l’Union européenne : « Ce qui s’inscrit dans cette perspective de l’entrée de la Turquie, c’est une Europe indéfinie, aux limites incertaines, vouée à n’être qu’un espace marchand toujours plus étendu ».
Dès 2008, le juriste dénonce la remise en cause de la loi du 22 avril 2005 sur la fin de vie, dite « loi Leonetti », par des gens qui voudraient instituer un droit au suicide assisté. « Le droit à la vie est le premier des droits de l'homme (…) constituant l'un des fondements contemporains de l'abolition de la peine de mort », déclare-t-il.
Son épouse n’est pas en reste. Féministe de la première heure, Élisabeth Badinter a combattu l’asservissement des jeunes musulmanes dès l’affaire du foulard de Creil, en 1989, quand deux élèves ont été exclues de leur collège parce qu’elles refusaient d’enlever leur voile. Elle a ensuite défendu Charlie Hebdo dans le procès de 2012 que lui ont valu ses caricatures de Mahomet.
Plus récemment, elle s’est insurgée contre les délires de la « théorie du genre » et les abus monstrueux auxquels ils conduisent des adolescent(e)s en pleine crise pubertaire en les entraînant à des mutilations hormonales et chirurgicales irréversibles dans l’idée folle de changer de sexe.
Bibliographie
Je rends grâce à l’excellente biographie du professeur de droit Paul Cassia, qui m’a beaucoup aidé dans la rédaction de cet exposé : Robert Badinter, un juriste en politique (Fayard, 2008, 548 pages).













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Leduc (15-10-2025 06:17:50)
Sur cette abolition poussée aux parangon de la vertu on n'oublie une chose essentielle. Hélas la connaissance des règles républicaines véritables sont désormais méconnues. Elles l'étaient en période Gaullienne ! En fait Mr Badinter à littéralement "spolié" le Peuple Français d'un droit souverain qu'il détenait. En effet la grâce présidentielle est dans les seules mains d'un Président de la V ème République. Et donc le Président étant élu par le Peuple Français il revenait de DROIT aux Français de voter oui ou non à une proposition d'abolition de la peine de mort. Bien sûr Mr Badinter à préféré tirer profit de ce combat en n'evoquant jamais qu'il usurpait en son nom propre un droit qui ne lui appartenait pas seul, mais seul avec tous les autres votants Français lors d'un référendum populaire auquel le Président aurait dû solliciter (orgueil quand tu nous tiens !!). A cette époque j'imaginais que la proposition aurait pu être le maintien de cette peine ou sa transformation en un emprisonnement à perpétuité. J'aurais voté pour la deuxième option. Ainsi nous aurions vu naître une obligation de mise à l'écart définitive de personnes ayant commis les actes les plus graves ! Hélas !! En se de voyant peu à peu nous avons désormais le plus souvent des condamnations à perpétuité avec une peine incompressible de 20 ans. Avec les remises de peine et malgré des faits très graves la personne écope de 10 ans. L'abolition de la peine de mort à la sauce orgueilleuse de Mr Badinter à inocule dans notre société l'idée que commettre des faits d'une extrême gravité n'est pas si grave. Mai 68 est passé par la. Et la permanente lâcheté des hommes...
Christian (11-10-2025 07:40:38)
Rappelons aussi que Robert Badinter n'avait pas hésité à dénoncer le "génocide culturel" perpétré par les autorités chinoises au Tibet et à demander que Vladimir Poutine soit traduit en justice devant un tribunal international pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
11Nours (09-10-2025 21:34:02)
Robert Badinter est maintenant au Panthéon, la culture de l’excuse et de la vérité revisitée l’ont accompagné.
Notre justice de permissivité et de tolérance pour les coupables en frissonne d’extase.
Victor Hugo en rédigeant le » Dernier jour d’un condamné » savait-il cela ?
Emmanuel de Chambost (09-10-2025 16:03:03)
Faut-il se plaindre qu'au jour de la panthéonisation de Robert Badinter, André Larané se laisse aller sur la pente glissante de la Badinterolatrie ?
Je vais me faire l'avocat du diable, c'est-à-dire le procureur vis à vis d'un homme qui s'est plus servi de la cause de l'abolition qu'il n'a vraiment servi cette cause.
André Larané a écrit "Devenu l’ami très proche du chef de l’opposition de gauche François Mitterrand, l'avocat rallie celui-ci à son combat." Y-a-t-il vraiment des sources qui étayeraent cette idée que ce soit Robert qui ait converti François à une idée qui était très répandue non seulement dans les milieux de gauche, mais dans tous les milieux libéraux. Quand Mitterrand à Duhamel et Elkabbach qu'en conscience il supprimerait la peine de mort, Badinter n'y était pour rien, et avec l'élection de Mitterrand, les dés étaient joués.
A lire André Larané, on oublie que Bontems avait deux avocats et que Badinter, en grand cabot, l'a joué très perso, ruinant par avance la plaidoirie de l'autre avocat, Philippe Lemaire, pénaliste plus expérimenté.
Jacques (09-10-2025 12:09:37)
Dans quel esprit tordu a bien pu naître l'idée loufoque d'envoyer au Panthéon la dépouille d'un Serial Killer par procuration ? Certains trouveront sans doute ma formulation un peu violente mais celle-ci n'est que l'expression bien faible de l'indignation des familles des milliers de victimes que ce millionnaire irresponsable a envoyé à l'abattoir pour satisfaire sa marotte et surtout pour se faire un nom. A raison d'une moyenne d'environ 1 000 meurtres par an (sans parler des milliers de tentatives) depuis 44 ans et en supposant que seulement 10% de ces assassinats n'auraient pas eu lieu sans l'abolition, estimation plus que raisonnable, nous en sommes en effet depuis 1981 à environ 4 400 morts - soit plus que le nombre des victimes du World Trade Center. Ah la belle âme que voilà ! Nous assistons en fait à la confiscation de la morale publique par une petite équipe qui tient les medias et qui veut ériger coûte que coûte et contre tout bon sens ses obsessions en norme opposable. Cette affaire est donc un scandale. Et il fallait que ce soit dit, même si cela heurte les faiseurs d'opinion.
Bertrand (08-10-2025 21:32:09)
Il y a quelques années, on y aurait transféré l'abbé Pierre en grandes pompes. Ces grand'messes en béatification laïques ont toujours quelque chose de naïf flirtant avec le ridicule. A chaque époque ses héros. Mais, là, dans le pays aux 120 coups de couteaux par jour, aux 5 000 meurtres et tentatives de meurtres par an, où l'on décapite des enseignants au couteau de cuisine, où l'on assassine à la kalachnikof des journalistes, où on mitraille et mutile des jeunes venus assister à un concert, où l'on écrabouille par dizaines des touristes sur la promenade des Anglais, etc., bref, dans un pays où la barbarie atteint des sommets inconnus depuis le Moyen-âge, qu'on ne trouve rien de mieux que de transférer au Panthéon l'auteur de l'abolition de la peine capitale est d'une indécence qui laisse tout simplement pantois.
EK (08-10-2025 14:54:10)
Il est bien dommage que les partisans de la peine de mort considèrent Monsieur Badinter comme le seul responsable de son abolition . Ceux qui ont vécu cette époque se souviennent que les médias de l’époque , avec force sondages, affirmaient que les français étaient pour le maintien de cette peine. Dès lors, que Mitterand ait nommé Monsieur Badinter, partisan de l’abolition , comme Garde des Sceaux etait un geste étonnant et pourtant le vote fut sans appel . il faut également souligner qu’une partie des votes favorables sont venus de l’opposition de droite, mieux encore, le sénat, largement à droite a voté également l’abolition. C’est dire que l’abolition n’est pas exclusivement le fait d’un homme mais bien celui de la représentation nationale. En dernier lieu, il est étonnant de lire en commentaire, que la peine de mort etait la clé de voute de la justice française, comme si la justice se résumait à cette seule peine. Je terminerai en rappelant que, malheureusement, la liste des pays pratiquants encore la peine de mort , n’est pas loin d’être la même que les pays largement éloignés de la démocratie, à l’exception des USA .
Gilbert Garibal (08-10-2025 14:51:25)
Tout respect gardé pour le promoteur de l'abolition de la peine de mort, nous pouvons tout de même nous interroger sur son effet : 20 à 25 ans de prison pour le "coupable" ...et à sa sortie, la famille de la victime peut le croiser dans la rue! Ce qui ne rendra pas la vie à cette dernière! Pendant ce temps un "permis de tuer" est accordé à tous les fauteurs de guerre de notre planète! L'Homme est un être soi-disant "fini" mais certainement ...inachevé! GG
cbron (08-10-2025 14:04:47)
comme tout homme politique, il a du manger son chapeau plusieurs fois dans sa vie hélas.
l'homme je le respecte doublement pour:
-ses combats contre la peine de mort
-ses engagements au coté des LGBT ET CE DEPUIS le début. RESPECT
Hugo (08-10-2025 13:21:11)
Badinter, combien de morts ?
Disons-le tout net : sa panthéonisation claque comme une gifle donnée aux parents des victimes des récidivistes. Beaucoup de Français sont las de la moraline raisonneuse et bien pensante de ces batteleurs qui, leurs états d'âme en bandoulière, engagent la société tout entière dans une impasse, d'autant plus insupportable ici qu'elle est particulièrement sanglante. Non, et n'en déplaise à ses thuriféraires, la sanctification laïque de ce politicien au grand coeur signant des chèques en blanc sur la vie des autres est bien la marque de la décadence de tout un pays et de l'Occident dans son ensemble.
COCHE (08-10-2025 12:05:11)
« Le droit à la vie est le premier des droits de l'homme (…) constituant l'un des fondements contemporains de l'abolition de la peine de mort », dixit Monsieur Badinter. L'idéal de Monsieur Badinter, meurtri au plus profond de lui-même par l'application allemande de la solution finale, neutralisa dans l'assemblée parlementaire toute réflexion logique. La suppression de la peine de mort émascula l'Etat et la société du droit régalien de se défendre par l'élimination définitive du danger que représentent les assassins, les criminels, les violeurs, les terroristes, les traitres et certains malades mentaux dangereux et inguérissables. Si le spectacle de la mise à à mort légale peut effrayer les âmes sensibles il n'empêche pas le délit, le méfait, l'attentat ou le sacrilège. La justice doit donc détenir la possibilité de neutraliser définitivement tout danger pour la société. Cela étant, il existe aujourd'hui de nombreux moyens inodores, incolores, indolores, pour assurer le sommeil et la paix éternels. Quant au droit à la vie, il s'agit d'un droit individuel qu'aucune institution politique, religieuse, scientifique ne peut mettre en cause. Celui ou celle qui juge que la vie lui semble insupportable doit avoir le droit d'y apporter une fin paisible. Personne n'a demandé à naître et à passer son existence sur terre. Pour conclure, abolir la peine de mort du Code pénal d'un Etat n'empêchera jamais la répétition des guerres, des massacre à grande échelle ou de la volonté de peuples d'en éradiquer d'autres, l'Histoire nous l'enseigne !
GUYOT (08-10-2025 11:55:12)
Je ne sait si c'est lié, mais il me semble que la suppression de la peine capitale est liée à plusieurs autres dispositifs concernant les "droits de la défense" qui conduisent à annuler des procédures pour "vice de forme" pour des actions qui ne méritent qu'un simple correctif.
En ces temps ou le droit à l'erreur est généralisée (un nouveau droit de la défense en sorte!), la justice se doit d'être aussi amendable car imparfaite.
phl1203 (19-03-2024 17:55:22)
merci pour la précision de l'exposé
je ne communie pas loin s'en faut à la mémoire de monsieur badinter
emule revendiqué de la défense sociale de robert ancel il est à l'origine avec tant d'autres de la meme école de la situation de la politique pénale en france
de plus ses lois dites badinter en matière d'accident notamment socialisent le risque et vont à rebours du principe de responsabilité
ce monsieur a contribué au déclin de nos institutions ; il a eu des remords tardifs comme son épouse
bref ils se sont trompés par idéologie
dieu se rit des ......
Christian (15-03-2024 17:10:23)
On oublie souvent de rappeler qu'en avril 2023, moins d'un an avant sa mort, Robert Badinter a écrit avec Bruno Cotte et Alain Pellet un ouvrage intitulé « Vladimir Poutine, l’accusation ». Les auteurs réclament que le président russe soit traduit devant un tribunal international pour crime d’agression, crimes de guerre (bombardements d’hôpitaux et d’écoles, massacres et tortures de civils ou de prisonniers de guerre) et crimes contre l’humanité (viols collectifs et déportations d'enfants, entre autres).
Thucydide (29-02-2024 00:38:58)
Le début de votre article est dans l'ensemble plutôt factuel. La fin est en revanche un article d'opinion dont je vous laisse l'entière paternité, et qui n'a rien d'historique : on y retrouve notamment vos opinions hostiles à la construction européenne (à laquelle, en dépit de vos affirmations, une majorité de Français est attachée, ce qui n'empêche pas d'en critiquer certains aspects). Mais je voudrais à nouveau contester votre vision de l'héritage des deux septennats de Mitterrand que vous avez toujours plaisir à dénigrer et minorer. En tête de votre article, vous écrivez à propos de l'abolition de la peine de mort en 1981 : "Cette mesure, qui a mis la France à l’unisson de tous les autres pays d’Europe occidentale, est le principal acquis, sinon le seul, qui reste des quatorze années de la présidence de François Mitterrand". Comment peut-on écrire un article dans une revue historique et proférer une telle contre-vérité historique aussi énorme ? Les deux septennats Mitterrand (sans être exhaustif), c'est notamment :
- les lois Auroux de 1982 qui ont eu un apport fondamental dans le droit du travail en renforçant le dialogue social dans l'entreprise et le rôle des instances représentatives du personnel (moyens renforcés des CE, création des CHSCT, négociation annuelle d'entreprise obligatoire sur les salaires, la durée et l'organisation du travail...)
- les lois Defferre de 1982 relatives à la décentralisation qui ont été un évènement majeur dans l'organisation administrative d'une France jusqu'alors beaucoup trop centralisée même si elle le reste encore trop de nos jours (création des régions, transferts de compétences de l'Etat aux collectivités territoriales qui ne sont plus soumises à la tutelle des préfets,...)
- une politique culturelle foisonnante et inventive menée par Jack Lang dont nous bénéficions toujours des acquis : libéralisation de la radio ("radios libres" légalisées), autorisation de chaînes de télévision privées, mise en place de l' "exception culturelle" pour le cinéma (validée à l'échelon européen, et permettant de préserver les subventions publiques et la création nationale et européennes vis à vis du cinéma américain), haute autorité de l'audiovisuel pour garantir son indépendance (aujourd'hui CSA), journées du patrimoine en 1984 (dont le succès populaire demeure, et qui sont devenues depuis 1991 les journées européennes du patrimoine, étendues à toute l'UE), la fête de la musique (qui s'est elle aussi internationalisée puisqu'organisée dans 120 pays), pour ne citer que les exemples les plus frappants...
- Mitterrand c'est aussi (je sais que cela va vous irriter), son apport fondamental à la construction européenne avec notamment l'Acte Unique de 1986, et surtout le traité de l'Union Européenne de 1992 (comprenant notamment le renforcement du parlement européen, le développement des fonds européens d'aide aux régions défavorisées, l'instauration d'une citoyenneté européenne...); ces traités ont été complétés et améliorés depuis, mais on reste sur le socle que François Mitterrand et Jacques Delors comme Président de la Commission Européenne, ont largement contribué à bâtir.
Alors de grâce, même si vous n'aimez pas Mitterrand et l'Europe, faites votre travail d'historien, et ne réduisez pas 14 ans de présidence Mitterrand à la seule abolition de la peine de mort, ce n'est pas très sérieux ni très objectif.
Herodote.net répond :
Merci pour cet énoncé précis. Mais permettez-nous de rappeler deux points :
- Nous soutenons absolument la "construction européenne" tout simplement parce qu'elle découle de l'évidence (les pays européens sont naturellement solidaires). Mais nous déplorons la tournure qu'a prise la politique européenne avec le traité de Maastricht et le traité de Lisbonne, par exemple l'inscription dans les principes intangibles de la suppression de toutes les restrictions aux échanges avec le reste du monde (Lisbonne, article 206).
- Nous avons assez de recul sur le double septennat de Mitterrand pour l'analyser en historiens avec ses aspects grisés et sans a-priori négatif... Nous relevons simplement que l'abolition de la peine de mort est le principal souvenir qu'en garde l'opinion (de la même façon que la légalisation de l'avortement est le principal souvenir qui reste de VGE).
Zephir (25-02-2024 15:10:37)
Poursuite du commentaire : Face à cette spoliation et n'étant pas pour la peine de mort le Peuple Français attendait au minimum que tout acte qui aurait été jugé sous la sanction de la peine de mort soit OBLIGATOIREMENT transmué et une peine d'emprisonnement à perpétuité. Une vrai perpétuité !
Hélas par un subterfuge de langage faisant croire à cela, beaucoup de sentences face à des actes monstrueux se libellent ainsi : " condamné à la perpétuité avec une peine incompressible de 15 ans !". Ce qui, si les juges étaient francs, aboutit à....une peine d'au maximum 15 ans.
Ce fût une nouvelle SPOLIATION au regard du souhait populaire de voir condamner à une peine lourde une personne ayant commis des actes horribles et d'être sur qu'elle ne puisse un jour revenir naturellement vivre au sein du peuple et re commettre des actes qu'elle ne pourrait pas s'empêcher de commettre.
On peut donc considérer que l'action de Mr Badinter est loin d'être couverte par une probité, une éthique absolues et dans le respect du droit du Peuple Français. Il est fort probable que la tentation d'être perçu comme un homme d'exception valorisé par toutes les structures de l'Etat Francais ait primé chez Mr Badinter et que cela ne le gênait pas de bafouer de Droit Constitutionnel. Beaucoup de femmes et d'hommes de l'ombre, peu ou pas connus eurent dans leur vie une éthique d'un tout autre niveau.
Zephir (25-02-2024 14:57:57)
Bonjour, il est indéniable que Mr Badinter ait été l'acteur majeur de la suppression de la peine de mort en France.
Comme très souvent la vérité n'est pas exprimée et ce qui aurait du être décidé au regard de ce qu'était la peine de mort avant sa suppression par la voie parlementaire.
Revenons en arrière et posons nous quelques questions de fond : qui était le "détenteur juridique officiel" de la peine de mort en France ? C'est le Président de la République à qui appartenait le pouvoir régalien de laisser une telle peine s'appliquer ou au contraire qui pouvait décider seul en son âme et conscience de gracier un condamné à mort (Pétain, Edmond Jouhaud..etc..).
Par voie de conséquence la peine de mort étant régalienne, le Président étant élu au suffrage universel sous la Vème république, elle appartenait juridiquement, constitutionnellement au PEUPLE Français.
Ainsi donc si Mr Badinter et Mr Mitterand avaient été "sensibles" au respect des règles constitutionnelles ils leur aurait fallu faire appel au Peuple par un référendum pour la supprimer.
Ces hommes savaient que le Peuple n'était pas favorable à cette suppression d'où leur décision d'en passer par la voie parlementaire et donc de SPOLIER le Peuple Français d'une décision qui lui appartenait. La qualité de tribun de Mr Badinter, sa capacité à montrer sa fougue orale, cette c
ABL (21-02-2024 13:16:33)
C'est dommage que la France ait été en retard sur ce sujet important
Gramoune (17-02-2024 14:38:22)
L'abolition de la peine de mort par M. Badinter, n'a pas servi à grand, elle n'était plus appliquée depuis quelque temps. Mais cette mesure a permis de supprimer tous les échelons dans les condamnations : les peines de 30 ans sont réduites à 18 ans, celles de 20 ans à 10 ans, etc. ce qui fait que même pour des crimes ou des viols, les auteurs se retrouvent en liberté quelques années plus tard.
mery (16-02-2024 18:21:28)
Un combat d'avant garde, peut hélas devenir caduque avec le temps .
MILLE FOIS HELAS !!!!
Bernard (13-02-2024 13:35:41)
Merci pour cette mini-biographie qui a l'immense qualité de la nuance. Malgré l'estime profonde que j'ai pour Robert Badinter, une vie si longue et si proche des interrogations de son époque comporte nécessairement des ombres et des clairs-obscurs. Comme pour Jacques Delors il y a quelques semaines, on n'entend d'abord que les thuriféraires puis les détracteurs. Pour paraphraser Britannicus (et Jean Ferrat), j'ose dire pourtant qu'ils n'ont pas mérité ni ces excès d'honneurs ni ces indignités.
JEAN (12-02-2024 06:35:38)
En réponse à ceux qui veulent rétablir la peine, il y a le risque qu'un proche et eux-mêmes soient condamnés par erreur (crime double prémédité et parfait , on fait condamner un autre)
Pierre Louazel (11-02-2024 18:06:53)
Je réagis à la réaction de la personne qui est farouchement pour la peine de mort. Certes, je reconnais que pour les proches de la victime assassiné par un tueur c'est une façon de faire le deuil.
Mais on ne construit pas une culture nationale sur des cas particuliers. De plus, il y a des personnes qui sont opposées bien qu'ayant été confronté à un meurtre de proche.
Enfin, l'abolition de la peine de mort fait partie intrinsèque de la démocratie. Pourquoi ne pas poursuivre dans cette atteinte en rétablissant la peine de mort. Et il y a d'autres cas d'atteinte
Bernard (11-02-2024 17:23:03)
"L'enfer est pavé de bonnes intentions" (St Bernard de Clairvaux). A nul autre plus qu'à Badinter ce précepte s'applique. Sa sincérité n'est pas en cause : il a cru qu'en supprimant la peine de mort (en fait il n'a fait que la déplacer), il faisait faire, lui aussi, « un grand pas à l'humanité » vers un avenir meilleur. Or, c'est tout le contraire qui s'est produit : en abattant la clé de voûte de notre code pénal, il a fait s’effondrer celui-ci tout entier. Certes, comme tant d'autres, il ne pouvait prévoir en 1981 les vagues migratoires colossales et l'ensauvagement qui allait s'ensuivre. Mais force est de reconnaître que sa réforme a tué infiniment plus d'innocents qu'elle n'en a sauvés. Abolie pour l'Etat, la peine de mort a en effet été privatisée et démultipliée par les bandes. Les "élites" ayant les mêmes idées au même moment, la même erreur a été reprise un peu partout en Europe en y répandant partout les mêmes ravages et il sera sans doute très difficile de rétablir un semblant d'ordre dans nos sociétés déboussolées où des grand-mères sont violées et martyrisées par des tueurs sans affect qui n'ont plus grand-chose à craindre si ce n'est une détention le plus souvent confortable pour peu qu’ils s’affilient à un de ces gangs qui font la loi dans nos prisons. Pour en revenir à Badinter, paix à son âme, même si beaucoup de familles de victimes d’ores et déjà le maudissent.
DUBELLÉ (11-02-2024 16:59:09)
Je n'étais pas et ne suis pas socialiste, mais cet homme est inclassable - il est humain - et je reconnais volontiers sa valeur inestimable. Il y aura toujours des défenseurs de la peine de mort et des détracteurs. Tuer, même au nom de la justice, même un être ignoble, n'est pas anodin. Patrick Henry, assassin d'enfant, dont il a assuré la défense, était de cette trempe. Philippe Maurice, le dernier condamné à mort, qui doit d'être encore en vie grâce à Mitterrand et Badinter ne l'était pas ; il est aujourd'hui professeur d'histoire, spécialiste de l'époque médiévale. C'était un enragé. Il s'est amendé. Lire son livre ; "de la haine à la vie." Comment trancher, c'est le cas de dire ? Robert Badinter a tranché contre la peine de mort.
Jean MUNIER (11-02-2024 16:58:31)
En 1981 , le Sénat (à droite) a aussi voté l'abolition (comme le député J CHIRAC).
Roland Berger (11-02-2024 15:11:25)
Puis on est passé à la recherche du pouvoir pour le pouvoir, sans intérêt réel pour le sort des citoyens.
Henri (11-02-2024 15:01:22)
Bonjour et merci pour ce résumé de la vie de Monsieur Badinter.
Finalement, après une vie de progressisme acharné, lui et sa femme sont devenus conservateurs au 21e siècle ...
Tout ça pour ça.
Philippe MARQUETTE (11-02-2024 13:55:45)
Faisant partie de ceux qui sont pour le rétablissement de la peine de mort et contre les donneurs de leçons comme M. Badinter, sans me réjouir de sa mort, je n'éprouve aucune nostalgie.
Dans un pays où la liberté d'opinion et la liberté tout court sont battues en brèche par des gens comme ce Badinter, je pense aussi que l'abolition de la peine de mort est loin d'être un acquis ou un quelconque progrès.
Il suffit d'interroger pour cela les familles des victimes. Certes d'éliminer ceux qui ont causé leur mort ne leur rendra pas la vie ni le bonheur à leurs familles, mais c'est un signe de respect à leur égard et un témoignage de reconnaissance.
Je n'irai pas jusqu'à souhaiter aux partisans inconditionnels de cette abolition qu'eux-mêmes ou un membre de leur famille soient victimes de crimes par des gens qui auraient été éliminés définitivement.
DOUAT Étienne (11-02-2024 13:51:18)
Merci Monsieur André LARANÉ pour cet article à la fois court et très complet. Il m'a appris plusieurs choses que j'ignorais. Je l'ai trouvé très intéressant. Étienne DOUAT, professeur de Droit.
Augustin (11-02-2024 13:17:16)
Non juriste je ne me prononce pas sur la carrière juridique de M. Badinter. Je fais confiance à sa compétence et à sa droiture d'intention motivée par une conception élevée et juste de la liberté d'expression. Je voudrais souligner la cohérence, signature de l'esprit libre qu'il est, en s'opposant à la législation possible sur I'euthanasie : « Le droit à la vie est le premier des droits de l'homme (…) constituant l'un des fondements contemporains de l'abolition de la peine de mort ». Je ne partage que les valeurs qui sont les siennes et qu'il a défendues parce qu'elles sont des valeurs humaines que toute personne partagerait.