17 janvier 2024. L’historien Emmanuel Todd ne laisse personne indifférent. Depuis près d’un demi-siècle, il bouscule nos certitudes par ses analyses géopolitiques adossées à ses travaux d’anthropologie familiale. C’est l’Histoire immédiate éclairée par l’Histoire longue. C'est l’Histoire comme nous l’aimons.
Dans ce dernier essai consacré à la guerre d'Ukraine (La Défaite de l'Occident, Gallimard, janvier 2024), Todd reprend et synthétise toutes ses réflexions sur l’Ukraine, la Russie et l’Amérique. On en retrouve l’écho dans les différents entretiens qu’il a accordés à Herodote.net depuis 2014...
L'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février 2022 a effaré les Occidentaux et surpris tous les observateurs. Emmanuel Todd lui-même confesse avoir été troublé sur le moment. Il a jugé importun d'analyser à chaud l'événement. L'opinion publique et les médias n'y étaient pas disposés et préféraient s'adonner aux dix « Principes élémentaires de propagande de guerre » selon Lord Ponsoby (note). Il a donc pris du temps pour réfléchir à ce retour de la guerre sur le continent européen et à sa signification dans l'Histoire longue.
Le résultat, c'est cet essai dense, agréable à lire et parfaitement construit dans lequel il s'applique à tirer tous les enseignements du conflit à grand renfort de références bibliographiques, de données économiques et d'études anthropologiques. La guerre d'Ukraine lui apparaît ainsi, avant tout, comme un révélateur de l'effondrement des États-Unis et du Royaume-Uni, lesquels n'auraient plus rien à voir avec les États-nations puissants et créatifs qu'ils ont été au siècle antérieur !
Pour nous, Français, qui avons coutume de toujours nous plaindre de notre sort, ce livre apparaît en définitive plutôt réconfortant. Il montre qu'en dépit de l'indigence de notre classe politique, nous conservons davantage d'atouts que nos cousins d'outre-Manche.
L'Allemagne elle-même, qu'Emmanuel Todd a longtemps fait profession de critiquer, pourrait paradoxalement sortir à son avantage de la défaite de l'OTAN et de l'axe Washington-Londres dans le conflit actuel. Comment ? En retrouvant la voie d'une coopération raisonnable avec son grand voisin russe, coopération amorcée en 2001 avec le discours de Poutine au Bundestag et brutalement interrompue au printemps 2008 à l'initiative de Washington.
Plus osé encore, Emmanuel Todd suggère en post-scriptum que la défaite de Washington pourrait aider Israël à sortir du piège de Gaza, là aussi par une intervention de Moscou ! Il ne s'agit bien sûr que d'hypothèses et avant de vous en indigner, ayez soin de lire la démonstration sur laquelle elles s'appuient...
Les surprises de la guerre
Comme la plupart des guerres, celle-ci ne s'est pas déroulée comme prévu. La première surprise fut la résistance inattendue de l'Ukraine, illustrée par la réponse magnifique du président Volodymyr Zelensky (un ex-acteur) à son homologue américain qui proposait de l'exfiltrer : « J'ai besoin de munitions, pas d'un taxi ».
Le plus surpris fut sans doute le président Poutine qui, comme tout un chacun, assimilait l'Ukraine à un État « failli » et pensait le faire tomber d'une pichenette. Il n'avait engagé que cent vingt mille hommes dans son « Opération militaire spéciale », délicat euphémisme pour qualifier une guerre d'invasion étendue sur un front de plus de mille kilomètres, de Kiev au nord à Kherson au sud.
L'attaque russe a aussi pris de court les Européens qui se croyaient engagés dans une paix perpétuelle par la grâce de l'OTAN, du « doux commerce » ainsi que d'une gentillesse à toute épreuve. Très vite s'est liquéfié le « couple » franco-allemand, contraint de s'effacer derrière l'axe Washington-Londres-Varsovie-Kiev. L'alignement inconditionnel du Royaume-Uni sur les États-Unis est une autre surprise relevée par Todd, sans doute celle qui l'a le plus affecté dans son anglomanie intime. Il déplore le torpillage des négociations russo-ukrainiennes d'Istanbul par le Premier ministre Boris Johnson.
Le plus surprenant fut l'échec des sanctions économiques sur lesquelles les Européens comptaient pour faire plier la Russie. Le 1er mars 2022, le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire déclarait ainsi : « Le trésor de guerre de Poutine est déjà réduit à presque rien. Nous allons provoquer l’effondrement de l’économie russe. (...) États-Unis et Europe ensemble sont de très loin le continent économique, financier le plus puissant de la planète. (...) Le rapport de force économique et financier est totalement en faveur de l'Union européenne, qui est en train de découvrir sa puissance économique. »
Las. Ainsi que le rappelle Emmanuel Todd, Poutine avait anticipé le coup et pris des dispositions dès 2014 pour surmonter les sanctions et préparer ses banques à une suspension du réseau international SWIFT. Plus gravement, du point de vue occidental, la Russie put contourner les sanctions grâce à l'appui ouvert ou tacite des deux tiers de l'humanité, dont la Chine, l'Inde, le Brésil, la Hongrie, etc. Ainsi prit forme pour la première fois de façon visible l'opposition entre « Occident collectif » et « Sud global », ou encore l'Occident et le Reste du monde, traduction par Emmanuel Todd de l'expression américaine The West versus the Rest.
Côté américain, à lire La Défaite de l'Occident, on a le sentiment d'un aveuglement et d'une incompétence sans limites. Comment Washington, englué dans sa rivalité armée avec la Chine, pouvait-il imaginer que celle-ci se détacherait de Moscou, écrit Todd ? Pékin sait parfaitement que si l'OTAN venait à vaincre la Russie, son tour viendrait aussitôt après... La dernière et plus grande surprise de cette guerre nourrit le cœur du livre : l'incapacité des États-Unis à alimenter en continu l'armée ukrainienne en armements de pointe. C'est l'enseignement majeur de ce conflit, qui fait dire à Emmanuel Todd que « l'Occident s'autodétruit plutôt qu'il n'est attaqué par la Russie ». C'est ce qu'il s'applique à montrer dans la suite de son analyse.
Le nihilisme pour horizon
L'historien s'est penché sur la Russie, l'Ukraine, le Royaume-Uni et les États-Unis. Il s'est demandé ce que la guerre révélait de leur évolution politique, économique, humaine et même spirituelle et anthropologique au cours des dernières décennies. Le voyage vaut le détour même s'il laisse de côté l'Europe continentale ou encore la Chine.
De façon inédite dans son parcours de chercheur, Emmanuel Todd aborde les aspects proprement spirituels et religieux de la condition humaine. C'est pour constater l'effondrement de la foi religieuse dans les pays occidentaux. Cette déchristianisation a été progressive. On en voit les prémices dans le Bassin parisien au XVIIIe siècle, en lien avec la première limitation volontaire des naissances. Mais cette déchristianisation a aussi connu des rémissions dans la société bourgeoise du XIXe siècle et surtout après la Seconde Guerre mondiale, en lien avec le retour à des valeurs familiales traditionnelles, un regain de natalité... et une singulière confiance en l'avenir.
Puis, les Occidentaux, tant protestants que catholiques, se sont éloignés à petits pas des rituels (messe dominicale, jeûne du vendredi) avec même les encouragements de Vatican II, comme le suggère l'historien Guillaume Cuchet. Ils n'ont plus conservé que les préceptes moraux et les rituels minimum (baptême, mariage, funérailles), ce qu'Emmanuel Todd appelle le « christianisme zombie ». Enfin, avec la légalisation du mariage homosexuel et la généralisation de la crémation (réprouvés par l'Église), nous en arrivons selon lui au « christianisme zéro » !
Emmanuel Todd rappelle que la modernité a été rendue possible par l'alphabétisation de masse, laquelle est venue de ce que les protestants s'obligeaient à lire les Évangiles. Elle a bénéficié aussi de la morale héritée de l'enseignement religieux (application au travail, tolérance, respect des institutions). « Le christianisme a été la matrice originelle de toutes nos croyances collectives ultérieures : partout en Europe, la nation ou la classe ; en France spécifiquement, le radical-socialisme, le socialisme, le communisme, le gaullisme ; en Grande-Bretagne, le travaillisme et le conservatisme », écrit-il page 154.
La déchristianisation a laissé le champ libre au néolibéralisme qui fait de la cupidité et de l'âpreté au gain le moteur de l'activité humaine et « détruit les services publics, l'industrie et les conditions de vie » (page 210). Cette idéologie a conquis les élites occidentales dans les années 1970, sous la bannière de Margaret Thatcher et Ronald Reagan et conduit à ce que les jeunes cerveaux des pays développés se sont détournés des carrières scientifiques et techniques pour embrasser les fonctions plus lucratives du commerce, de la communication et de la finance. « Le néolibéralisme a voulu fonder un capitalisme non wébérien, dont "l'esprit" serait libéré de l'éthique protestante. Au-delà de son simplisme intellectuel, la révolution néolibérale trahit une déficience morale. (...) On nous a rebattu les oreilles avec la "destruction créatrice" schumpétérienne. Mais ce que l'on observe pour de bon, dans l'économie et la société, c'est la destruction tout court : le mot "nihilisme" revient nous hanter. (...) Souvenons-nous de la phrase la plus connue de Margaret Thatcher : "There is no such thing as society" ("La société, ça n'existe pas"), souvent citée, avec raison, tellement elle est centrale. (...) Pourtant, cette phrase, si extraordinaire dans sa radicalité, nous révèle une vérité cachée du néolibéralisme : sa négation pure et simple de la réalité » (page 211).
S'ensuivent la mondialisation des échanges, la délocalisation des industries dans les pays à bas coût et l'exploitation de leurs prolétaires au bénéfice de l'oligarchie financière... et des classes populaires occidentales. Celles-ci se voient réduites au statut de consommateurs avec le nihilisme, autrement dit le vide, pour horizon. Leurs insatisfactions professionnelles (chômage, précarité, petits boulots) ont pour conséquence une dégradation des conditions de santé, une baisse de l'espérance de vie et un effondrement du niveau éducatif et même du quotient intellectuel (QI), dont les Anglo-Saxons n'ont aucun scrupule à mesurer l'évolution.
Ce nihilisme frappe de plein fouet les jeunes générations comme l'indique l'effondrement de la fécondité et la montée des pathologies (transitions de sexe, asexualité, etc.) Les Étasuniens, les Britanniques et les autres Occidentaux compensent cette perte de substance par le recours massif à des immigrés, ingénieurs, scientifiques ou médecins.
« L'une des grandes illusions des années 1960 - entre révolution sexuelle anglo-américaine et Mai-68 français - fut de croire que l'individu serait plus grand une fois affranchi du collectif. C'est tout le contraire. L'individu ne peut être grand que dans une communauté et par elle. Seul, il est voué par nature à rétrécir. Maintenant que nous sommes libérés en masse des croyances métaphysiques, fondatrices et dérivées, communistes, socialistes ou nationales, nous faisons l'expérience du vide et nous rapetissons, » écrit l'auteur (page 159).
L'effacement de la religion et des valeurs qu'elle sous-tend va de pair avec la déliquescence des États. C'est ainsi que l'État-nation disparaît des terres qui l'ont vu naître (îles britanniques, France, États-Unis) pour ressurgir dans les terres les plus improbables, de la Chine (et Taiwan !) à l'Afrique en passant par la Russie, l'Iran, la Turquie, etc.
À travers des cartes relatives à la patrilinéarité et à l'homophobie, Emmanuel Todd montre que l'Occident et le reste du monde ne s'opposent pas seulement par les enjeux économiques, politiques et stratégiques ! Ils s'opposent aussi de manière plus profonde par les valeurs mentales et l'anthropologie :
• L'« Occident collectif » se caractérise pour l'essentiel par la fluidité des mœurs qu'autorise un statut égalitaire de l'homme et de la femme.
• Le « Sud global » est dominé par des systèmes familiaux patrilinéaires fondés sur la primauté du masculin, la distinction des sexes et la répression de l'homosexualité (voir notre carte sur l'orientation sexuelle dans le monde)...
Autant dire que Vladimir Poutine joue sur du velours quand il promulgue des lois contre l'homosexualité et la question transgenre : il est sûr de gagner de la sorte l'adhésion des deux tiers de l'humanité !
« Démocratie autoritaire » contre « oligarchies libérales »
Pour en revenir à la Russie, Emmanuel Todd rappelle d'abord qu'elle est devenue à l'ère Poutine un État-nation stable. C'est ce qu'il avait déjà affirmé en 2014 dans un entretien avec Herodote.net : « La Russie nous surprendra toujours ». Ainsi les Russes avaient-ils gagné plusieurs années d'espérance de vie et vu leur mortalité infantile chuter fortement, alors que les Étatsuniens connaissaient des évolutions exactement inverses ! Cela explique le soutien de la masse du peuple russe à son président, y compris dans la guerre qui lui a été imposée par l'OTAN (c'est sa version et elle est acceptée par ses concitoyens). Cela explique aussi, selon Emmanuel Todd, la stratégie adoptée par le président russe face à l'Ukraine et l'OTAN.
À la différence des dirigeants occidentaux, obnubilés par la communication, les réseaux sociaux et les prochaines élections, Vladimir Poutine a le loisir de réfléchir aux enjeux de long terme de son pays. Il a conscience de la fragilité de sa démographie, avec un indicateur de fécondité qui est retombé ces dernières années au niveau ouest-européen (1,5 enfants par femme). Qui plus est, dans les prochaines années arriveront à l'âge adulte les classes creuses de l'ère Eltsine, nées dans les années 1990. C'est pourquoi il a voulu attaquer l'Ukraine et sécuriser ses confins tant qu'il en avait encore les moyens humains. Et c'est pourquoi Poutine n'a engagé dans les opérations que des effectifs limités, les mercenaires de Wagner et les guerriers tchétchènes de préférence aux conscrits. Avec une industrie qui continue de produire armes et munitions en grandes quantités, il espère pouvoir tenir jusqu'à la défaite de l'Ukraine et de l'OTAN.
Quant à étendre sa zone d'occupation, voire agresser les États voisins (Baltes, Pologne, etc.), c'est une lubie occidentale qui ne tient pas la route. La Fédération de Russie couvre 17 millions de km2 avec une population hétérogène et déclinante de 140 millions d'habitants, soit à peine plus importante que la population japonaise qui occupe 380 000 km2. Le souci de Poutine comme de tout gouvernant russe est de conserver ce territoire, pas de l'étendre.
Face à la Russie, l'Ukraine reste pour Emmanuel Todd une énigme. En 2014, déjà, dans un entretien avec Herodote.net : « L'Ukraine et la tentation de la guerre », il s'était inquiété de son instabilité par le fait qu'il s'agit pour l'essentiel d'un pays avec des structures familiales nucléaires très souples (comme dans le monde anglo-saxon) mais qui ne sont pas contenues par un État solide. La surprise, on l'a vu, est venu de sa résistance inattendue à l'invasion russe.
Ici, l'historien aborde une hypothèse proprement hérétique : si l'Ukraine avait réellement souhaité se fondre dans l'univers ouest-européen, elle aurait abandonné à la Russie, dès 2015 ou au pire en mars 2022, ses provinces orientales qui constituent un obstacle à son occidentalisation du fait de leur caractère russophone et même russe ; si elle a préféré s'engager dans une lutte à mort afin de conserver ces provinces pour lesquelles les Ukrainiens de l'Ouest n'ont que mépris, ne serait-ce pas qu'elle souhaitait au fond d'elle-même rester dans le monde russe ? se demande Emmanuel Todd. Je me garderai de répondre.
Le plus notable, maintenant, est la dégénérescence de la démocratie en son cœur historique, France, îles britanniques, États-Unis. L'historien l'avait entrevue en 2008 dans son essai Après la démocratie avec un divorce entre l'oligarchie métropolitaine et les classes populaires. Ce divorce a éclaté au grand jour lors du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen et n'a fait que s'accentuer comme le montre le phénomène trumpiste aux États-Unis. Il repose sur des réalités tangibles comme le déclassement des populations du Middle West américain et l'effondrement de leurs conditions de vie et de leur espérance de vie.
Depuis deux décennies, ces populations sont gravement affectées par leur addiction aux médicaments opiacés destinés à soulager leur mal-être). Mis en cause dans ce crime organisé, les trusts pharmaceutiques n'en continuent pas moins d'exercer leurs ravages avec la bénédiction des élus de Washington. Cette observation parmi d'autres conduit Emmanuel Todd à qualifier les régimes occidentaux d'« oligarchies libérales ». Le pouvoir réel appartient à l'oligarchie néolibérale qui n'est plus freinée par aucun scrupule de nature religieuse ou éthique. Mais cette oligarchie veille à protéger les minorités de tous ordres, homosexuels, minorités ethniques, etc. En cela, elle se présente comme libérale.
Non sans culot, l'historien oppose ces « oligarchies libérales » à la « démocratie autoritaire » qu'est devenue la Russie poutinienne ! Le régime, avec toute sa brutalité, satisfait en effet les aspirations de la masse de ses concitoyens, y compris les non-Russes (Caucasiens, etc.). Dans le même temps, il réprime les minorités, à commencer par la mouvance LGBT. Il y a d'autant plus de facilités que les élites occidentalisées des métropoles, qui auraient pu lui faire obstacle, ont émigré.
« L'Europe se trouve engagée dans une guerre profondément contraire à ses intérêts, autodestructrice, alors même que depuis trente ans au moins, ses promoteurs nous vendaient une Union toujours plus approfondie qui, grâce à l'euro, allait devenir une puissance autonome, contrepoids aux géants que sont la Chine et les États-Unis. L'Union européenne a disparu derrière l'OTAN, plus soumise désormais aux États-Unis qu'elle ne l'avait jamais été, » écrit-il (page 161).
Le résultat visible dans la sphère politique anglo-américaine est la disparition des élites traditionnelles, remplacées par les représentants des nouvelles minorités ethniques. À Londres et Edimbourg, les dirigeants viennent du sous-continent indien. À Washington, le gouvernement Biden ne compte pour ainsi dire plus aucun représentant de l'élite WASP (White Anglo-Saxon Protestant) qui a fait les beaux jours de l'Amérique triomphante de l'après-guerre, le président lui-même étant catholique d'ascendance irlandaise.
Autrement plus grave est l'effondrement des capacités industrielles du pays. Les États-Unis réalisaient 45% de la production industrielle mondiale en 1945 et n'en réalisent plus que 17%, largement dépassés par la Chine (28%). Les comptes publics et notamment le mode de calcul du PIB (Produit Intérieur Brut) font encore illusion selon Emmanuel Todd. Comment admettre en effet les chiffres ronflants des économistes quand les États-Unis affichent des critères de santé désastreux (espérance de vie, mortalité infantile), très inférieurs à ceux des Européens et même des Russes, tout en affectant 18% de leur PIB aux dépenses de santé ?
Ces incohérences apparaissent avec éclat dans la guerre en cours en Ukraine avec l'incapacité des États-Unis à fabriquer et fournir les armements et les munitions que les Ukrainiens réclament à cor et à cri. Elles rendent insupportable l'assertion selon laquelle la Russie, qui, elle, continue de produire armes et munitions, ne représenterait que 3,3% du PIB de l'ensemble des membres de l'OTAN. Ces froides observations permettent à Emmanuel Todd de prédire la défaite finale de l'alliance sans présumer de la suite.
Entretien d'Emmanuel Todd avec Jean Petaux, professeur de culture générale et science politique à Sciences Po Bordeaux (librairie Mollat, Bordeaux, 23 janvier 2024)













Vos réactions à cet article
Recommander cet article
Michel J. (26-06-2024 11:28:44)
Depuis la sortie de l’ouvrage je désespérais vraiment d’en lire une critique approfondie et pertinente : La voici, à 4 jours du premier tour des législatives post-dissolution…
Christian (24-02-2024 05:40:24)
Selon l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), la "république moldave du Dniestr" (entité séparatiste plus connue sous le nom de Transnistrie) s'apprêterait à franchir un pas supplémentaire vers son annexion à la Russie lors du prochain congrès des députés transnistriens, qui doit se tenir mercredi prochain 28 février. Il se pourrait même que le président russe Vladimir Poutine annonce officiellement l'annexion de la Transnistrie dès le lendemain...
Christian (23-02-2024 15:06:56)
On commémore ces jours-ci le deuxième anniversaire de l’invasion massive de l’Ukraine par la Russie. Cela fait pourtant dix ans que des troupes russes sont présentes, en toute illégalité, sur le territoire internationalement reconnu de l’Ukraine (reconnu formellement y compris par la Russie elle-même, qui s’était engagée à respecter l’indépendance, la souveraineté et les frontières existantes de ce pays aux termes du mémorandum de Budapest, signé en 1994).
Dans un récent article, le journaliste français Benoît Vitkine rappelle que Vladimir Poutine lui-même, après l’avoir d’abord nié, a finalement reconnu que les soldats sans insigne qui avaient pris le contrôle de la Crimée dans les derniers jours de février 2014 étaient en réalité des militaires russes. On peut également noter que la médaille russe «pour le retour de la Crimée» mentionne, comme début de l’opération, la date du 20 février 2014, soit deux jours avant la destitution et la fuite du président ukrainien Ianoukovitch, événement que la Russie invoque pour justifier l’intervention de ses troupes…
Christian (23-02-2024 11:05:08)
Si le 24 février 2024 marquera le deuxième anniversaire de l'invasion massive de l'Ukraine par la Russie, il peut être utile de rappeler que la guerre a effectivement commencé (sous une forme larvée, certes) en 2014 et que des troupes russes sont présentes depuis cette date sur le territoire internationalement reconnu de l’Ukraine (reconnu y compris par la Russie selon le mémorandum de Budapest, signé en 1994). . Après l’avoir nié, Vladimir Poutine lui-même a reconnu que les soldats sans insigne qui ont pris le contrôle de la Crimée dans les derniers jours de février 2014 étaient des militaires russes. Par ailleurs, il semble inexact de dire que l’annexion s’est faite « sans qu’un coup de feu ne soit tiré » car au moins deux militaires ukrainiens y ont perdu la vie, ainsi qu’une poignée de manifestants favorables à Kiev, auxquels s’ajouteront des dizaines de disparus.
Christian (17-02-2024 17:34:12)
On connaît enfin le nom de l’homme qui a déclenché la guerre d’Ukraine. A l’approche du tricentenaire d’Emmanuel Kant, né et mort à Königsberg (aujourd’hui Kaliningrad), le gouverneur russe de cette ville, Anton Alikhanov, soutient en effet que celui-ci «a un lien presque direct avec le chaos mondial auquel nous sommes confrontés… et un lien direct (sic) avec le conflit militaire en Ukraine». Selon lui, Kant «a posé les fondations de la philosophie allemande classique», marquée par «l’impiété et l’absence de valeurs supérieures». Il affirme «que non seulement la première guerre mondiale a commencé avec l’œuvre de Kant, mais que le conflit actuel en Ukraine aussi» et que Kant «est le père de presque tout. Il est le père de la liberté, de l’idée de l’état de droit, du libéralisme, du rationalisme et même de l’idée d’Union européenne. Certains disent même que l'idée des Nations unies est de lui» (fin de citation).
Ce que ne dit pas ce gouverneur amateur de philosophie, c’est que la ville de Königsberg, fondée en 1255 par les Chevaliers teutoniques, appartenait alors à la Prusse. Ce n'est qu'en 1945 que cette région fut conquise par l’armée rouge, puis partagée entre la Russie et la Pologne. Si l’on appliquait le raisonnement tenu par les dirigeants russes sur le caractère « artificiel » de l’Etat ukrainien à l’enclave de Kaliningrad, celle-ci devrait être restituée à l’Allemagne…
Daniel Hardy (14-02-2024 01:45:43)
Cher Monsieur Larané,
J’ai une grande admiration pour votre érudition et pour votre capacité étonnante, remarquable, à synthétiser vos sujets historiques et à articuler progressivement les événements qui les composent de manière à ce que la lecture de vos textes soit toujours simple, fluide, efficace, et agréable.
En revanche, certaines de vos opinions ne me rejoignent pas du tout, ce qui est, somme toute, plutôt normal. Chacun a sa vision du monde, n’est-ce pas ?
Mais, ici, après vous avoir lu et après avoir lu le bouquin d’Emmanuel Todd, je ne peux que m’élever violemment contre l’éloge que vous faites de sa Défaite de l’Occident, tant, au contraire, je pense du mal de ce pamphlet, de cette propagande dissimulés maladroitement dans ce livre qui prétend expliquer l’Histoire.
Après avoir écouté Todd parler de son livre dans certaines vidéos médiatiques, la curiosité et l’intérêt m’ont amené à désirer le lire. Connaissant un peu Todd de réputation, je n’arrivais pas à mettre le doigt sur la raison de l'agacement qu’il a parfois créé en moi. Il traîne derrière lui l’étiquette d’être poutinien. Il s’en défend, bien sûr. N’empêche, il peut se révéler utile, voire nécessaire, de lire un penseur à contre-courant de la doxa consensuelle et bien pensante occidentale. En soi, le bonhomme est plutôt sympathique. Il semble être le parangon même du chercheur humble, désintéressé et apolitique. Or, d’autres fois, au contraire, il semble symboliser l’exemple même de l’intellectuel prétentieux, convaincu de son génie et de sa vérité.
J’ai donc lu son livre pour me faire ma propre idée et j’en suis sorti extrêmement déçu, et même un peu furax.
Todd a beau se cacher derrière son professionnalisme et la neutralité des statistiques, on note dès en partant, au détour de phrases anodines, un désir latent de justifier la position russe et de blanchir Poutine, sous prétexte que l’Occident ne fait pas pire en terme de mépris et de violence.
Plus j’avançais dans ma lecture et plus il m’a été catégoriquement facile de ranger le livre de Todd dans la catégorie de la propagande russe. Todd ne cesse de se laisser aller à des affirmations de toutes pièces et à l’emporte-pièce, à des jugements de valeur, à des opinions personnelles et à du dénigrement systématique sous le couvert de l’ironie. Pour un historien qui, théoriquement, devrait être neutre, on repassera. De même pour lui qui affirme faire de l’analyse de longue durée, il patauge pas mal dans le présent, je trouve. Je dirais même qu’il a le présent sans cesse collé au cul, comme une grosse merde qui fait tache sur sa culotte et que tout le monde voit, avec dégoût.
Ses paramètres d’études (démographie, occupation du territoire, appartenance à des archétypes familiaux, mortalité, éducation) sont intéressants. Par contre, son système d’analyse est arbitraire, complaisant, changeant, défaillant, partial, ubuesque, même si certains marqueurs et différentes observations sont justes.
J’ai toujours eu l’impression qu’il sortait un lapin de son chapeau ou un joker pour justifier ses assertions. Il fait plein de corrélations entre divers facteurs, mais il semble les faire de manière parcellaire, arbitraire et autodirigée, passant sous silence d’autres corrélations qui pourraient sans doute aussi être établies.
Je ne suis pas un historien. Je n’ai pas le temps, ni non plus le désir de décortiquer en détail toutes ses affirmations. Mais j’ai eu le sentiment d’assister à une très intelligente prestation d’informations, mais sans savoir si le joueur devant moi jouait honnêtement ou s’il ne cherchait pas à m’embrouiller en passant sans cesse d’une carte à l’autre, sans que j’aille bien pu bien la distinguer.
Todd me fait penser à un enfant qui s’amuse au-dessus du lavabo à remplir d’eau une multitude de gobelet de couleurs et de formes différentes, à les vider, à les transvaser, et ce, pour le seul plaisir de pouvoir inventer une nouvelle histoire subjective à chaque nouvelle manoeuvre. Ce n’est pas le sentiment que j’ai eu en lisant Guns, Germs and Steel de Jared Diamond, par exemple. Les corrélations que Diamond établissait entre les faits à partir de ses paramètres de base me semblaient justifiées, alors qu’ici j'ai constamment douté.
Todd est beaucoup trop dans une vision dichotomique de l’Histoire actuelle, où il oppose Russie et Occident, comme si l’approche contenant cette opposition simpliste était la seule et unique approche possible pour décrypter l’actualité. On peut ne pas aimer les États-Unis, on peut déplorer leur impérialisme et leur hégémonie, on peut critiquer leurs ratés diplomatiques et les accuser d’être une cause d’instabilité dans le monde — et j’en suis —, sans pourtant nécessairement faire la part belle à la Russie pour le démontrer, comme si elle était, elle, un modèle de vertu, comme s’il n’existait que deux moteurs d’évolution et que les autres forces qui concurrent à créer des changements devaient être tenues pour insignifiantes.
Bref, le livre devient loufoque tellement Todd est incapable de tenir debout sur la glace, avec ses patins. Il patine carrément sur la bottine, en pensant être Wayne Gretzky !
À l’écouter parler, il donne l’impression d’être un chercheur honnête et neutre, mais à le lire on découvre un qu’il est infatué et non crédible.
Todd fait fi des humains, de chair et d’os, et n’accorde d’importance qu’à des dynamiques historiques douteuses, subjectives et chimériques, pour rendre compte du destin des hommes. Et c’est bien malheureux.
Christian (13-02-2024 13:30:49)
Selon l’AFP, la Russie vient de lancer des « avis de recherche » contre la première ministre estonienne, le ministre lituanien de la culture et un secrétaire d’Etat estonien pour destruction et dégradation de monuments dédiés aux soldats soviétiques de la seconde guerre mondiale. La présidence russe précise que « ces gens mènent des actions hostiles contre la mémoire historique, contre notre pays » sous prétexte que plusieurs monuments hérités de la période soviétique ont été démontés dans les pays baltes. Ceux-ci estiment avoir été indûment occupés et annexés par l’Union soviétique en 1940, puis derechef en 1944, alors que, selon la version russe, les soldats soviétiques devraient être considérés comme des « libérateurs ».
Evidemment, la version du Kremlin néglige le fait que l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont été reconnues indépendantes par la Russie en 1920 et le sont restées jusqu’en 1940, date à laquelle Staline les a annexés en application du pacte germano-soviétique. Envahis par les Allemands en 1941, ces pays ont été effectivement libérés de l’occupation nazie par l’Union soviétique en 1944, mais cette libération s’est aussitôt traduite par une nouvelle annexion. On peut donc comprendre qu’ils n’aient pas gardé un bon souvenir de cette période, au cours de laquelle ils ont été envahis et occupés à trois reprises en moins de cinq ans…
Christian (13-02-2024 08:35:25)
« À la différence des dirigeants occidentaux, obnubilés par la communication, les réseaux sociaux et les prochaines élections, Vladimir Poutine a le loisir de réfléchir aux enjeux de long terme de son pays ». C’est possible, mais il est aussi aveuglé par sa propre théorie selon laquelle il aurait été « contraint » d’attaquer l’Ukraine, au point de trouver des circonstances atténuantes à Hitler dans son entretien du 6 février avec le journaliste américain Tucker Carlson.
En effet, selon Poutine, « Hitler a offert à la Pologne la paix et un traité d’amitié. Une alliance qui exigeait en contrepartie que la Pologne restitue à l’Allemagne le corridor de Dantzig… Hitler leur a demandé de le céder à l’amiable, mais ils ont refusé… Et bien qu’elle n’ait pas cédé aux exigences d’Hitler, la Pologne a tout de même participé au partage de la Tchécoslovaquie avec Hitler, car les Polonais n’avaient pas cédé le corridor de Dantzig à l’Allemagne, et ils sont allés trop loin, poussant Hitler (sic) à déclencher la Deuxième Guerre mondiale en les attaquant. Pourquoi est-ce contre la Pologne que la guerre a commencé, le 1er septembre 1939 ? La Pologne s’est révélée intransigeante, et Hitler n’a eu d’autre choix (sic) que de commencer à mettre en œuvre ses plans avec la Pologne »…
Philippe MARQUETTE (12-02-2024 05:25:06)
On peut tout reprocher à Emmanuel Todd hormis son sérieux.
Cet article a l’avantage de l’honnêteté.
On peut également constater que Bruno Lemaire que le monde entier nous envie, surdoué et Mozart de la finance est toujours en place après sa prédiction historique d’anéantir l’économie russe.
Un rappel historique est nécessaire sur l’état de la Russie après Boris Eltsine, un état en faillite. Son successeur en l’occurrence Vladimir Poutine a remis cet immense pays sur les rails.
L’aveuglement américano-occidental a fait le reste. On voit bien que les américains ne gagnent des guerres qu’à Hollywood. C’est caricatural mais tellement vrai.
J’ai lu le livre D’Emmanuel Todd, il n’a fait que préciser un certain nombre de points que je connaissais par ailleurs.
« Démocratie autoritaire » contre « oligarchies libérales » !!!
Hérodote donne dans l’oxymore, une oligarchie n’est libérale qu’en apparence, souvent paternaliste. Nos états européens sont sur la pente glissante de la dictature, ne serait-ce par l’obligation bientôt dans la loi de ne pas contredire « la pensée unique ».
Le monde change.
Lionel (03-02-2024 13:51:24)
L'historien oppose oligarchie neoliberale occidentale sans scrupules de nature religieuse et éthique à ce qu'il appelle la démocratie autoritaire russe. Difficile de voir dans cette affirmation autre chose qu'un parti pris de sa part sans pour autant dire que tout fonctionne bien dans les pays occidentaux.
Comme vous le dites, ce n'est pas sans culot. Il faut tout de même rappeler qu'en Russie, le résultat des élections est connu d'avance depuis que Poutine est au pouvoir et que les opposants lorsqu'ils ne décèdent pas sont persécutés. La liberté d'expression est permise tant qu'on ne s'oppose pas au pouvoir et les media verrouillés. Impossible donc d'affirmer que les masses se satisfont du régime actuel puisqu'il n'y a pas d'alternative pour l'instant. Dans un régime autoritaire la peur et la prudence dominent. Les Russes courageux qui ont osé manifester contre la guerre ou ont juste posté leur opinion sur les réseaux sociaux sont derrière les barreaux. Quant au fait que la Russie aurait conservé ses valeurs chrétiennes, on peut en douter alors que leur église proche du pouvoir soutient une guerre dévastatrice et qu'un prêtre qui a appelé à prier pour la paix plutôt que pour la victoire comme c'est demandé avant chaque office a été démis de ses fonctions.
Les valeurs chrétiennes c'est l'humanisme et l'amour de son prochain et non aller bombarder des civils, enlever des enfants à leurs parents pour faire plier un pays. Enfin, opposer l'Occident à un Sud global me paraît aussi simpliste que le choc des civilisations de Huntington. Les enjeux géopolitiques sont bien plus complexes. La grande majorité de ces pays n'ont pas soutenu l'agression russe à l'AG des Nations unies. Un nombre conséquent, il est vrai, ont conservé une position de neutralité sans pour autant rompre leurs relations avec l'Occident. La géopolitique c'est beaucoup une question d'intérêt ce qui peut aller de pair avec des partenaires diversifiés.
Dizonle (21-01-2024 11:21:56)
Je pense que le premier mort dans cette guerre c'est le pacifisme. "plus jamais ça!" est un vœux pieux mais qui ne tient pas compte de la réalité du comportement humain collectif et personnel.
Mon opinion concernant la déchristianisation de l'occident est très différente de celle présentée. La pensée philosophique européenne a voulu dépasser les pensées traditionnelles basée sur une religion. Si on me demande "croyez-vous en Dieu", je réponds "Lequel?". On prétend en un absolu qui n'a jamais existé si ce n'est chez ceux dont la mémoire et les connaissances sont courtes.
Mettons que Homo Sapiens Sapiens, nous-même, existe depuis 220'000 ans. Les premières tombes avérées ont à peut près 120'000 ans (chiffre toujours soumis à d'éventuelles nouvelles découvertes). Le plus vieux monument exclusivement à but religieux (si on ne tient pas compte de l'art rupestre de l'âge de la pierre) a 12'000 ans (Göpekli Tepe). Si on tient compte du nombre d' Homo Sapiens qui ont existé sur l'ensemble du globe une petite fraction a connu les "Grandes Religions Révélées". Pourquoi dire que telle religion a plus de raison d'être que des milliers d'autres qui existaient ou existent et que ses concepts moraux sont les plus valables?
La civilisation européenne s'est progressivement détachée du fondement religieux et a mis en place une morale "naturelle" sur les droits dont doit bénéficier chaque humain. Le prix de cette morale est l'individualisme qui a d'autres défauts que les doctrines basées sur une "vérité immanente" divine ou politique.
Une de ses grande victoire c'est l'abolition de l'esclavage, à ma connaissance aucune autre civilisation n'avait proclamé que chaque humain nait libre et égal! (admettons que le christianisme en est la racine)
Alors quelle va être notre évolution? Pour moi et en accord avec certaines thèses de cette présentation on voit en effet une décadence au sens ou l'immense richesse de nos nations occidentales est perverse car elle casse la nécessité de l'effort continu pour lequel nous avons évolué : survivre face aux dangers, trouver de quoi se nourrir, pouvoir perpétuer l'humanité. Les tentations sont si grandes et si faciles que beaucoup s'y perdent depuis la chute dans le plaisir de quelques minutes (le crack) jusqu'au jeux vidéos compulsif etc., etc.
Il est possible que notre civilisation s'écroule en raison de ses tensions internes, en raison d'un phénomène naturel (réchauffement climatique, modification de la tectonique des plaques qui a failli à 2-3 reprises effacer la vie sur la terre, etc.)
Pessimiste? non Réaliste et prêt à accepter notre destin tout en cherchant les moyens de répandre notre race sur l'univers car la Terre est condamnée de toute façon
Christian (18-01-2024 06:35:46)
Il est possible que le régime de Poutine satisfasse "les aspirations de la masse de ses concitoyens, y compris les non-Russes" (bien que j'aie des doutes en ce qui concerne les Caucasiens), mais ce ne semble pas être le cas des Bachkirs qui sont descendus dans la rue cette semaine pour protester contre la guerre en Ukraine...
Louis-Marie Poissant (17-01-2024 13:03:38)
Voilà ! Vu du Québec, c'est exactement ma réaction face aux français : vous valez beaucoup plus que l'opinion que vous avez de vous-même. L'empire anglo-américain n'a misé que sur la liberté individuelle, non équilibrée avec l'égalité. Donc pas de solidarité. La France et l'Europe (de l'ouest ?) seront en meilleure posture que notre voisin géant.
"Pour nous, Français, qui avons coutume de toujours nous plaindre de notre sort, ce livre apparaît en définitive plutôt réconfortant. Il montre qu'en dépit de l'indigence de notre classe politique, nous conservons davantage d'atouts que nos cousins d'outre-Manche."