15 décembre 2023. Effondrement de la fécondité et choc démographique ; loi sur l'immigration et choc migratoire résurgence du racisme et choc des valeurs ; baisse du niveau éducatif et choc des savoirs ; désillusions de la COP28 et choc climatique. Notre horizon collectif se couvre de gros nuages. Remontons le cours de l'Histoire et mettons-nous à la recherche de leurs origines... et des remèdes.
Cette fin d’année 2023 a mis à jour plusieurs chocs qui ont tout particulièrement ébranlé une civilisation, la nôtre : choc démographique, choc migratoire, choc antisémite, choc éducatif, sans compter le choc climatique…
Ces chocs sont le produit de nos choix de société et de nos errements politiques. Ils n’ont rien à voir avec le Choc des civilisations annoncé par Samuel Huntington en 1996 et ne viennent pas d’un agresseur extérieur… même si la guerre d’Ukraine a excité le ressentiment du « Sud global » envers l’« Occident collectif » (anglosphère, Europe de l’Ouest, soit un milliard d’humains).
Démographie : où sont les bébés ?
En 2022, 726 000 bébés sont nés en France. C’est le nombre de naissances le plus faible depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, nous dit l’INSEE (28 septembre 2023), et les prévisions sur l’année en cours ne sont guère meilleures.
De 2000 à 2022, le nombre de naissances de deux parents nés en France a baissé de 22,1 %, à moins de 500 000 naissances par an, tandis que le nombre de naissances de deux parents étrangers, nés à l’étranger (hors Union européenne), a augmenté de 63% et dépasse désormais les cent mille par an !
Avec 673 000 décès en 2022, l’excédent naturel (naissances – décès) est désormais très réduit (53 000) et serait nettement négatif sans les naissances de parents étrangers nés à l’étranger (Afrique essentiellement), celles-ci venant remplacer les naissances de parents français qui manquent à l'appel.
Le phénomène se retrouve dans toute l’Union européenne : 3,9 millions de bébés sont nés en 2022, soit 4,9 % de moins qu’en 2021. Et il semble que les pays avancés d’Extrême-Orient suivent le même chemin avec même une longueur d’avance.
C’est inédit dans l’Histoire et cela nous promet, selon les démographes, un « hiver démographique » avec des jeunes de moins en moins nombreux et des vieux en proportion croissante, avec des conditions d'existence de plus en plus précaires du fait du manque de professionnels qualifiés dans l’industrie comme de personnels soignants pour s’occuper du grand âge.
Commun à tous les pays dits « avancés » (sauf Israël), cet effondrement démographique résulte des difficultés de logement et de déplacement dans des mégapoles de plus en plus étouffantes, ainsi que de la difficulté de combiner objectifs professionnels et vie familiale sous la pression consumériste. Il ne réduit pas autant le dérèglement climatique car nos émissions de gaz à effet de serre continueront d’augmenter en dépit de tout dans les trois prochaines décennies.
Immigration : le grand basculement
À Paris, l’Assemblée nationale, ce 12 décembre 2023, a déstabilisé le gouvernement en rejetant son projet de loi sur l’immigration. Réélu dix-huit mois plus tôt, le président Macron comptait sur ce texte pour reprendre la main après la fronde populaire face à sa loi sur le report de l’âge de départ à la retraite, imposée sans vote.
Cette secousse survient trois semaines après le succès du Parti de la liberté (PVV) de Geert Wilders aux élections législatives néerlandaises. En Italie, Giorgia Meloni, présidente du parti Fratelli d'Italia, dirige le pays depuis octobre 2022. En Finlande, en Lettonie et en Slovaquie, des partis d'extrême-droite participent au gouvernement. Pour ne rien dire de la Hongrie de Viktor Orban.
En France même, le Rassemblement national, qui réclame comme les précédents la fin de l’accueil indiscriminé de tous les immigrants, a fait une entrée en force au Parlement en juin 2022 et sa présidente Marine Le Pen a devancé Emmanuel Macron au deuxième tour des présidentielles dans les départements populaires et, soulignons-le, dans les départements d’outre-mer (note).
Ce malaise politique résulte de soixante ans d’ouverture progressive des frontières à l’immigration extra-européenne, ignorée pendant le millénaire précédent. Cela a débuté dans les années 1960 par l’accueil de travailleurs à bas coût dans les usines avec la volonté clairement affirmée de réduire la pression sur les salaires. Même les Allemands, sans réservoir colonial, s’y sont mis en nouant un accord avec la Turquie.
Dans les années 1970, l’effondrement de la croissance, en lien avec l’effondrement de la natalité, a conduit à freiner l’immigration de travail tout en accueillant les familles des travailleurs déjà installés. Depuis les années 2000, le phénomène s’est emballé suite d’une part au chaos installé au Moyen-Orient par l’armée américaine, d’autre part au désir des jeunes Africains de rejoindre les diasporas déjà dans la place.
Les émeutes urbaines consécutives à l’interpellation mortelle d’un jeune Franco-Algérien le 27 juin 2023 (note) ont mis à nu les erreurs d’analyse de la classe politique depuis un demi-siècle et les difficultés croissantes d’intégration des nouveaux arrivants.
Racisme : l’innommable
Qui l’eut cru ? Le 7 octobre 2023, l’État d’Israël, affaibli par une crise politique sans précédent, a été frappé en son cœur par un pogrom d’une barbarie inouïe. Son armée a réagi par une frappe brutale sur la bande de Gaza en vue d’abattre le mouvement terroriste Hamas à l’origine de l’attaque.
Il s’en est suivi à Paris comme dans tout l’Occident et jusque sur les campus américains des manifestations de soutien à la cause palestinienne. On a ainsi pu entendre des slogans ouvertement antisémites, sans qu’ils représentent heureusement l’opinion de tous les manifestants.
La France elle-même connaît depuis plus de dix ans déjà des accès de haine antisémite qui vont jusqu’au meurtre d’enfants. C’est sans précédent dans l’histoire de la République.
La résurgence de l’antisémitisme résulte du mal-être d’une fraction de la jeunesse, à cheval sur deux cultures opposées, l’une occidentale et ouverte, l’autre méditerranéenne et orientale, patriarcale et clanique.
Pour le malheur de la démocratie, ce mal-être est aujourd’hui instrumentalisé par l’extrême-gauche. Elle attise le ressentiment de cette jeunesse en vue de l’enrôler dans son combat contre ses opposants de la gauche réformiste et de la droite. C’est ainsi que dans les cénacles « intellectuels », le racisme ne se cache plus. Il prend le pas sur les luttes sociales et met en avant le combat contre les « Blancs », toutes classes confondues.
Éducation : le « choc des savoirs » !
Attendue tous les trois ans, l’enquête PISA évalue les performances scolaires des élèves de quinze ans dans les 38 pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique).
Le 5 décembre 2023, elle a fait état d’une sévère baisse du niveau en mathématiques dans la plupart des pays européens, y compris ceux qui figuraient jusque-là en haut du classement comme la Finlande ou l’Allemagne. Seuls échappent à la dégringolade les pays d’Extrême-Orient.
La France se situe tout juste dans la moyenne en mathématiques comme en compréhension de l'écrit ou en culture scientifique mais elle n’a pas lieu de s’en réjouir car elle arrive loin dans le classement, aux 26e et 29e places.
Les raisons de cette contre-performance européenne tiennent selon l’OCDE elle-même aux restrictions budgétaires, à la difficulté de recruter en nombre des enseignants de qualité ainsi qu’à l’hétérogénéité culturelle et sociale des élèves, massivement amplifiée par l’immigration récente.
Excellent communiquant, le ministre de l’Éducation nationale Gabriel Attal s’est saisi de la perche pour annoncer un « choc des savoirs ». Rien moins qu’un revirement à 180° de la politique éducative suivie depuis cinquante ans !
Ce pourrait ainsi être la fin du collège unique de la sixième à la troisième. Celui-ci a été instauré par la loi du ministre René Haby, le 11 juillet 1975, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, avec la volonté d’offrir à tous les élèves la possibilité d’études longues. Venant à l’issue des « Trente Glorieuses » (dico), cette loi prenait acte de la fin de l’exode rural et de la formation d’une classe moyenne nombreuse et homogène.
Malheureusement, ce collège unique allait culbuter sur l’arrivée de nouvelles générations plus hétérogènes que jamais, ce qu’a constaté Gabriel Attal. Il a donc promis d’introduire des groupes de niveau au collège et des classes « prépa-lycée » pour les élèves qui échoueraient au brevet en rappelant qu’« une trop forte hétérogénéité de niveau freine la capacité à faire progresser tout le monde ».
Le ministre s’est aussi engagé à autoriser les redoublements, en particulier à l’école primaire. Il a encore promis de labelliser désormais les manuels scolaires et de ne plus les laisser au libre choix des enseignants. Il a également assuré que les notes des examinateurs dans les copies d’examen et au bac ne seraient plus rehaussées artificiellement par les académies pour atteindre l’objectif souhaité d’admissions !
Le plus surprenant face à toutes ces annonces est le silence des syndicats, d’ordinaire vent debout contre toutes les velléités de réforme. C’est que sans doute ils sont convaincus de n’avoir affaire ici qu’à de la pure communication et s’enliseront dans les méandres ministériels avant même que le ministre n’ait pris la porte de sortie.
Climat : fiasco de la COP28… et très probablement de la COP29
Les météorologues voient 2023 comme l’année la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle de la planète. Elle a été marquée en France par une sécheresse suivie d’inondations d’une intensité inaccoutumée. Concomitamment, l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE) a révélé le 15 décembre que la demande mondiale de charbon a atteint 8,53 milliards de tonnes cette année, poussée par la Chine, l’Inde et l’Indonésie. C'est un record historique !
À l’issue de cette année, la 28e conférence des Nations Unis sur le climat (COP28) s’est réunie à Dubaï (Émirats arabes unis) et comme il était prévisible dans ce haut lieu de l’exploitation pétrolière et gazière, la conférence s’est gardée de tout objectif chiffré volontariste sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.
Le point positif que retiennent ses organisateurs est l’engagement inscrit dans le communiqué final de « transitionner hors des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques, d'une manière juste, ordonnée et équitable, en accélérant l'action dans cette décennie cruciale, afin d'atteindre la neutralité carbone en 2050 conformément aux préconisations scientifiques. » Des mots qui n'obligent à rien…
Retenons aussi l’annonce de la prochaine conférence : elle se tiendra l’an prochain à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, un petit État pétrolier et gazier sous la férule de l’autocrate Ilham Aliyev dont on n’imagine pas un instant qu’il fasse mieux que les Émiratis.
Il y a plus grave : Aliyev est le fossoyeur du Haut-Karabagh. C’était il y a trois mois, le 20 septembre 2023 ! Ses troupes ont en toute impunité envahi ce petit territoire autonome et chassé ses cent mille habitants arméniens. L’autocrate islamiste s’apprête maintenant à raser les églises et le patrimoine arménien comme cela avait déjà été fait dans le Nakhitchevan voisin.
Si l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 et l’attaque de Gaza par Israël en octobre 2023 ont mobilisé les foules occidentales, il n’en a rien été de l’éradication du Haut-Karabagh. Elle n’a pas empêché non plus la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen de négocier tout sourire des contrats gaziers avec le dictateur.
Personne ne s’étonne au demeurant que l’Azerbaïdjan continue de figurer au Conseil de l’Europe et que deux magistrats nommés par Aliyev siègent à la Cour européenne des droits de l’homme, un organisme sans légitimité démocratique auquel nos cours de justice et nos élus se font une obligation d’obéir.
Demain, le rebond
Même si nous n’y prêtons pas attention au quotidien, ces chocs de civilisation ont déjà des effets sur notre vie personnelle : ce sont les inondations et les incendies ainsi que la hausse des primes d’assurance et surtout des impôts et taxes pour cause de dérèglement climatique ; ce sont les professeurs de bon niveau que l’on n’arrive plus à recruter et le manque d'appétence des élèves pour la lecture ; c’est l’absence de relève dans les métiers qualifiés et notamment dans l’industrie par manque de jeunes ; c’est la bienveillance qui reflue et l’inquiétude qui gagne certains Français, notamment d’ascendance juive, etc.
Il n’appartient qu’à nous d’affronter ces épreuves et de les surmonter en puisant dans les fabuleuses ressources léguées par les quarante générations qui nous ont précédés. Nous avons toutes les raisons d’être fiers de notre Histoire et de notre culture. Nous pouvons espérer de notre classe dirigeante qu’elle agisse en conséquence, avec détermination et sans contrition, pour faire les choix qui s’imposent, quoi qu’il en coûte.













Vos réactions à cet article
Bebert75 (24-01-2024 14:07:36)
Et alors ? Que faire ? La critique est aisée mais l art est difficile ! Comment faire jaillir la bonne solution … s il y en a une ? Éclairez moi
jarrige (08-01-2024 14:58:25)
" Cet effondrement démographique résulte des difficultés de logement et de déplacement dans les mégapoles..." si c'était la raison cela toucherait tout autant, sinon plus, les immigrés, et ce n'est pas le cas.
jean-claude LOPEZ (20-12-2023 19:46:39)
ancien prof de math et de physique,aujourd'hui retraité, j'ai subi les foudres d'inspecteurs dans le vent qui découvraient la "mathématique moderne" pour ne pas suivre à la lettre leurs programmes...plusieurs générations de professeurs actuels biberonnés à cette mathématique ne sont pas à l'aise avec la matière qu'ils sont censés enseigner, pas étonnant de constater aujourd'hui les ravages de cette mode désuète !
il en va de même de la méthode globale de lecture qui a fait elle aussi tant de dégâts !
il fallait effectivement "dégraisser le mammouth" mais il aurait fallu le faire par la tête!
mcae.fr (15-12-2023 07:53:40)
Les chocs dont vous parlez sont bien réels et tout le monde peut les constater. Mais quand vous dites qu’ils ont ébranlé « notre » société, vous éludez la cause première de cette situation, comme toute la classe politique : le caractère non fonctionnel de la mondialisation. Revenons (en quelques lignes ! ) sur l’histoire de la civilisation. Pardonnez les erreurs et imprécisions, je ne suis ni historien ni érudit, mais j’ai faits un gros travail sur les relations pouvoirs-populations et pense avoir mis à jour une ligne de vérité.
La sédentarisation du néolithique a mis à disposition un niveau de richesse élevé et pérenne (par rapport aux chasseurs-cueilleurs) au prix d’un investissement lourd dans des techniques exigeantes. La tentation était grande d’y échapper par l’appropriation guerrière ou la domination politique. A cette époque, la production a besoin d’une armée de protection : la guerre apparaît dans l’archéologie de l’âge du bronze. La société accepte l’effort, qui permet à son armée, d’être supérieure aux armées d’agressions. C’est une fuite en avant qui conduit aux empires babyloniens et une régression sociale croissante des producteurs. Ce système instable conduit à des points d’inflexion :
L’empire de Amourabi vers 1750 avant JC, se termine dans une misère sociale qui amène au pouvoir les Kassites. Venus d’Iran, ils gouvernent en prennent en compte les aspirations de la population.
La crise de l’an -1200 voit l’effondrement simultané de plusieurs empires et la fuite des populations pour reconstruire une société moins prospère mais plus humaine. Les populations s’affranchissent du modèle clanique par la réapparition des cités. La Perse de Cyrus le grand expérimente la décentralisation avec les satrapies au VIe siècle avant JC.
« Afin de renforcer son empire, la politique de tolérance de Cyrus envers les territoires conquis permit aux locaux de conserver leurs langues, leurs traditions et leurs religions. En retour, cette stratégie permit à la culture perse de bénéficier d’une véritable mixité mondiale. »
https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2021/08/cyrus-le-grand-batisseur-du-premier-empire-de-lhistoire
« Son règne marque un tournant dans l'histoire du monde antique, puisqu'il signe la fin de l'ère des grands royaumes mésopotamiens et une nouvelle étape dans la construction d'empires multinationaux, son empire lui survivant deux siècles. …
En Iran, il est considéré comme une figure fondatrice de premier ordre dans l'histoire nationale. »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cyrus_le_Grand
Curieusement, quand les historiens tentent de dater la vie de Zarathushtra, ils hésitent entre 600 et 1200 avant notre ère. https://mythologica.fr/perse/zarathoustra.htm
L’Empire romain, qui aurait pu s’arrêter à l’anarchie militaire, se termine en un immense camp de travail forcé pour tenter d’alimenter son armée malgré son économie déstructurée. Le pouvoir est entre les mains des administrateurs. Dans ce contexte, les communautés chrétiennes, avec leur modèle social de respect de l’individu et de partage de la richesse, se révèlent comme les seules encore capables d’une production fiable et sont courtisées par l’Empereur. Mais les populations abandonnent l’Empire pour se rapprocher des envahisseurs, beaucoup moins exigeants.
Et ainsi, tout au long de l’histoire, deux modèles s’affrontent : l’accumulation coercitive et la décentralisation fédérative.
Aujourd’hui, ce qu’on appelle l’Occident collectif, comporte deux composantes antagonistes : l’appropriation par le marché issue des fabriques anglaises, et l’optimisation par le partage issue des corporations françaises.
La réussite militaro-économique du premier modèle a abouti, après la dernière guerre, à la domination de la planète par un empire prédateur et accumulateur archaïque, de type Babylonien. Il a cru pouvoir faire disparaître de la conscience collective le deuxième modèle qualifié d’exception française. Mais c’est le seul qui fonctionne, et les dégâts croissants inhérents au premier modèle, nous conduisent, qu’on le veuille ou non, à revenir au second : des cycles de production-consommation locaux, stables et interconnectés.
La démographie
La décroissance démographique, choisie par les populations, effraye encore les dirigeants. Mais les guerres ne se gagnent plus par la supériorité démographique, comme le montre la guerre des drones. La baisse de la densité simplifie les problèmes sociétaux et environnementaux.
L’avenir est aux états qui sauront gérer la décroissance démographique. La nouvelle aisance qu’elle apporte conduira à une stabilisation.
Immigration
L’immigration n’a pas commencé en 1960, mais à la fin du XIXe siècle, quand la Kabylie, particulièrement pauvre, organise collectivement l’envoi de jeunes hommes travailler en France.
L’économie coloniale ne leur laisse pas de quoi vivre, mais le gouvernement colonial, qui les considère inférieurs, mais malgré tout Français, autorise ce complément. Des familles Algériennes s’insèrent dans le tissu social français, et constituent également un salaire à bas coût. Leur intégration ne pose aucun problème. L’incompatibilité des civilisations est tout simplement un mensonge.
Les problèmes n’apparaissent qu’avec le chômage de masse des années 70. Les années soixante constituent effectivement un tournant.
L’effondrement de la croissance dans les années 70, n’est pas dû à la natalité, mais à la crise de reconversion d’après-guerre : les USA ont détruit une grande partie des infrastructures françaises dans le but d’une reconstruction favorable à la mondialisation. D’autre part, les populations rurales, pauvres mais souveraines, sont poussées vers les villes par une sur-rémunération temporaire. Cet exode s’accompagne d’un besoin d’équipements et d’infrastructures.
Mais une fois le transitoire passé, l’économie française, au lieu d’atterrir sur un cycle réduit à la taille des besoins, a dû subir la mondialisation forcée avec pour conséquences, le chômage de masse et l’asphyxie des banlieues, au moment du regroupement familial. La moindre des choses, en effet, pour un Algérien qui à choisi la France, en se tenant à l’écart de l’évolution négative de son pays, c’est de pouvoir faire venir sa famille.
Les migrants sont les premiers à subir le mal de la perte de pouvoir d’achat, mais c’est un cancer qui va, peu à peu, inexorablement, se propager dans les autres couches sociales.
L’immigration algérienne se double aujourd’hui, d’une part d’une immigration politique : l’aide que nous devons à nos alliés dans les conflits que l’occident allume un peu partout, et qui devrait se tarir avec la fin des conflits, et d’autre part d’une immigration économique, qui elle est systémique. Elle est la conséquence de la néo colonisation des pays du tiers-monde, sur laquelle nous ne reviendrons pas. Elle traduit une demande de subsistance de la part des populations spoliées et une demande de souveraineté de la part des états. Un mouvement de fond plus durable que la guerre en Ukraine, qui va remodeler la géopolitique et que nous devons intégrer dans le droit international et dans nos perspectives d’avenir.
A noter que, d’après des grands médias accessibles par la télévision, les bateaux sont financés par le monde des affaires, avec un taux d’intérêt de 20 %. La gouvernance mondiale est donc à la manœuvre, comme elle le fait depuis 1830, pour déplacer les populations là où elles sont le plus rentables.
Racisme
D’une façon générale, les Français ne sont pas racistes, mais la fracture sociale engendre des effets secondaires, indésirables mais inévitables, quand les perspectives d’avenir ne passent plus par l’état mais par les communautés.
Les tensions sont exploitées politiquement par des élites qui ont peur de perdre la main et qui rêvent d’une troisième guerre mondiale. Un nouveau génocide et de nouvelles destructions, permettraient de réécrire quelles décennies de croissance sur une nouvelle page blanche.
Education
Les défavorisés étant moins bons, il faut leur donner un enseignement pour défavorisés, et ainsi la reproduction sociale est assurée. Un raisonnement à mettre en parallèle avec l’enseignement occidental, greffé dans les pays du tiers monde, de manière à imposer aux Africains la conviction qu’ils constituent une race inférieure. Voir à ce sujet la vidéo de François Partant « L’école du diable » au Togo.
Les enseignants qui sont en contact quotidiennement avec les élèves, ont raison : tous les enfants sont les mêmes et possèdent une puissante capacité à rattraper leur retard et rejoindre le peloton, à condition d’avoir une ligne d’horizon, ce que la société concurrentielle ne permet pas, ni aux migrants, ni à d’autres couches sociales.
La maladie n’est pas dans l’enseignement mais dans le monde productif qui n’intègre pas les générations montantes. La France a autre chose à faire du potentiel de ses jeunes, toutes origines confondues, que du phoning ou de la livraison. Ils sont en droit de s’indigner qu’on ne leur ouvre pas d’autres portes. Les familles musulmanes et africaines n’ont qu’une envie : donner à leurs enfants une éducation qui leur permettra de trouver leur place dans la société.
Si un nouveau modèle économique le permet, il n’y aura plus de problèmes, ni dans la recherche, ni dans les processus productifs.
Et peu importe notre classement PISA si la société est prospère.
Climat
Les COP comportent un aspect médiatique, qui prouve le souci des dirigeants de préserver la planète. Mais leur sincérité est affaiblie par quelques détails. La recherche de nouveaux gisements continue, la réduction des consommations n’est pas évoquée : l’optimisation des moteurs est moins efficace que la diminution des distances (domicile travail et transport des marchandises). Le passage à l’électrique n’exploite pas la récupération d’énergie dans les descentes et les freinages. Pas de recherches internationales sur de nouvelles solutions comme, entre autres, les super-condensateurs alternatif au lithium, les DBFC qui sont des piles à combustibles rechargeables.
En conclusion
Il y a de quoi être optimiste puisqu’un simple changement de modèle économique suffit à remettre le monde à l’endroit. Le temps est proche, où nous seront capables de remettre en cause la dictature intellectuelle de la gouvernance mondiale.
Philippe LAUWICK (14-12-2023 17:46:43)
Que chacun commence à faire au mieux ce qu'il a à faire.
Arrêtons de râler et cessons les "yakafokon" et les "le gouvernement devrait".
Si les Français passaient la moitié du temps qu'ils passent à râler et "parler politique" à travailler et l'autre à faite la fête avec leurs amis et leur famille, nous serions le peuple le plus productif et le plus heureux du monde (sachant qu'il n'y a aucune relation de cause à effet entre les deux).
Quand on considère la croissance, il y a la croissance structurelle et la croissance observée. La croissance structurelle se déduit des données fondamentales chiffrées (démographie, temps de travail, productivité, etc ...). La différence entre les deux est un ensemble de facteurs qualitatifs difficiles à expliquer. La France a un écart négatif important entre les deux, preuve que nous gaspillons notre potentiel par une mauvaise organisation, une mauvaise collaboration. Et inutile de parler de la bureaucratie d’État, regardez dans vos boites privées le temps passé en réunion inutile où chacun passe plus de temps à préserver sa carrière qu'à bosser pour la société.
Ce sont toujours les autres qui devraient ... jamais soi-même. Commençons par notre boulot. Dois-je paraphraser Kennedy ? "Au lieu de dire que peut faire la France pour moi, se dire que puis-je faire pour la France".
Pour ma part, j'essaie avec mes clients de les réconcilier avec la finance, brouille qui dure depuis la banqueroute de Law et qui nous a fait perdre la Guerre de Sept Ans et donc la suprématie mondiale (lisez Nial Ferguson).
Bebert75 (13-12-2023 21:05:18)
Et alors ? Que faire ? La critique est aisée mais l art est difficile ! Comment faire jaillir la bonne solution … s il y en a une ? Éclairez moi
Palef (13-12-2023 15:52:56)
"...surtout des impôts et taxes pour cause de dérèglement climatique.."
Je dirais plutôt "surtout des impôts et taxes à gaspiller dans des mesures inutiles décidées au nom de l' hystérie climatique essentiellement occidentale.
LAURENT (13-12-2023 12:02:27)
J'ai bien aimé votre article et le choix des 4 points noirs: immigration, démographie, enseignement et climat. Il y a aussi la dérégulation ; ONU inexistante, pas de leadership mondial, chefs d'états impuissants, perte de sens citoyen et des responsabilité, prévalence de l'individualisme conséquence d'un libéralisme débridé. Chacun agit selon "c'est mon choix", surtout les jeunes. Perte de l'anthropie, du civisme et du bien commun. Tout le monde tire la couverture à soi. C'est une crise des valeurs qui sont dénigrées sans perspective d'avancer. En mai 68, ça critiquait mais un "monde meilleur" était avancé. Les temps ont bien changé...
Alexandre Feigenbaum (13-12-2023 11:46:30)
Excellent état des lieux. L'enseignement de l'histoire peut effectivement être un bon remède à la sinistrose. Le nouveau Ministre saura-t-il imposer l'enseignement de tous les génocides du 20ème siècle : arménien, assyrien, congolais, grec pontique, juif, rwandais ... Et l'enseignement di colonialisme, qui devra bien sûr inclure les empires arabes et ottoman. Et tous les esclavages ... ?
Marie-Thé (13-12-2023 11:36:24)
Je ne crois pas qu’il faille être fier ou désolé de notre histoire. Elle existe et nous devons la prendre comme un fait sans la juger. Elle nous constitue partiellement, elle doit être étudiée le plus objectivement possible.
Augustin (13-12-2023 10:22:29)
Bonjour, excellente analyse. Je ne la dis pas pessimiste mais tragiquement réaliste. Elle n'élude aucune responsabilité des politiques passées, même si une personnalité politique, aussi charismatique soit-elle, n'est pas un prophète, et on ne lui reprochera que son manque de perspectives, une hubris qui souvent l'aveugle. Et vous avez oublié, à l'horizon... le nuage noir de la dépénalisation de la mort donnée par l'euthanasie et de l'aide à mourir qu'on baptise aujourd'hui d'aide « médicale » pour mieux la faire passer.