Langue française

État d'urgence

18 octobre 2023. La Cité internationale de la langue française devait être inaugurée le jeudi 18 octobre à Villers-Cotterêts mais l'événement a été reporté au 30 octobre 2023 du fait de l'assassinat du professeur de littérature Dominique Bernard, nouvelle victime de la guerre livrée par les « fous d'Allah » à nos démocraties (France, Suède, Belgique, etc.).

Cruelle coïncidence ! Notre langue est avec l'école le dernier rempart de notre art de vivre face à la barbarie. Honorons-la et ne permettons pas qu'elle soit attaquée par des brutes comme par les apologues de la start-up nation...

Le président Emmanuel Macron inaugure une Cité internationale de la langue française à Villers-Cotterêts mais, dans le même temps, il laisse le français sortir de l'espace public et même l'y pousse !

Ouvrons l'oreille : « Hier, après une publicité pour les couches ultra dry de My Carrefour Baby, j'ai suivi la story du dimanche soir au lieu d'aller au cinéma voir The Revenant, avant de faire un tour au drive et d'attraper mon Ouigo ». What esle ? Et ce n'est pas la mode qui consiste à mélanger français et anglais jusque dans les institutions publiques (Ma French Bank ou Cold Cases, nom officiel du nouveau service en charge des affaires non élucidées à la Justice) qui va nous rassurer, au contraire : si ajouter « the » suffit pour donner une valeur ajoutée au produit, cela veut dire que le français n'est plus la langue « chic » que les classes cultivées appréciaient autrefois.

Ce galimatias en rappelle un autre, celui par lequel, en Angleterre, les élites francophones issues de l'invasion normande se sont lentement converties à l'anglais. Il est illustré par le journaliste Ed West (The Spectator, 2 juillet 2023) : dans un jugement de 1663, le prévenu est envoyé en prison car « il monstre son nude Corps in un Balcony in Covent Garden », jetant des flacons d'urine dans la rue « to the Scandal of the Government ». Et le juge de rappeler qu'il est le gardien de la morale « de touts les Subjects le Roy ».

De façon symétrique, les élites françaises semblent aujourd'hui habitées par la volonté d'abâtardir la langue française au point de rendre incompréhensible au plus grand nombre sa littérature, de Montaigne à Victor Hugo et Saint-Exupéry, et les valeurs qu'elle véhicule : tolérance, respect de la gent féminine, absence de préjugés raciaux, etc.

Depuis quelques années, chacun peut observer une montée en flèche des américanismes dans la publicité mais aussi dans la communication officielle. Le journaliste Stéphane Kovacs en fait le constat dans Le Figaro du 2 octobre 2023 : « Don't oublie ton little plaisir dans ta crazy journée » (Candia), « born to be mélangé » (Ricard), etc. Les instances publiques s'y mettent, telle la Poste (« Ma French Bank ») ou la Ville de Nice (« #ILoveNice »). La volonté d'américanisation transparaît aussi depuis 2001 dans la diffusion des films anglo-saxons avec leur titre d'origine cependant que les autres films étrangers sont diffusés avec un titre en français. 

Dans le monde du travail, l'américanisation est devenue un must. L'école du Prix Nobel d'économie Jean Tirole s'appelle Toulouse School of Economics (aurait-elle moins de succès autrement ?) ; et bien sûr, elle se pique de proposer des cours en anglais (avec l'accent !) tout comme les écoles de commerce et même l'École Centrale Supélec (note).  À la Commission européenne, selon le journaliste Jean Quatremer, il a ainsi été nécessaire de publier un dictionnaire anglais-bruxellish pour éviter les malentendus (for instance et « for example » par exemple). De la même façon, les grandes entreprises et bien sûr les institutions internationales se tournent vers l'anglais ou plutôt vers le global english ou globish, un patois qui a peu à voir avec la langue parlée dans les films de James Ivory ou les romans de Jane Austen.

Le président Macron lui-même se délecte de parler anglais, y compris dans certaines interventions publiques depuis l'Élysée (« Make our planet great again ») et plus gravement lors de ses voyages officiels dans des pays non anglophones. Il encourage les hauts fonctionnaires à suivre son exemple et correspondre en anglais avec leurs homologues étrangers. Il se réjouit de toute évidence de l'américanisation de notre société, tant il semble désireux de couler au plus vite la start-up France dans la mondialisation sous protection américaine.

Florilège (à compléter)

• Emmanuel Macron lance en 2018 un sommet intitulé Choose France pour inciter les patrons étrangers à investir en France. Cinq ans plus tard, sitôt après l'inauguration de Villers-Cotterêts, il en remet une couche avec le slogan Make It Iconic pour promouvoir la France à l'étranger !

• En juin-juillet 2019, la Coupe du monde de football féminin (France, juin-juillet 2019) s'est tenue en France mais sous une appellation anglaise : FIFA Women’s World Cup et dans un environnement quasi-exclusivement anglophone. 

• En juin 2021 a été créé un Parquet européen pour lequel l’anglais a été reconnu seule et unique langue de travail, au détriment du français et de l'allemand, autres langues officielles de l'Union. Il a été convenu toutefois que les arrêts du Parquet seraient rendus dans la langue du justiciable pour éviter toute équivoque. Dans la foulée, en octobre 2021, la Cour des comptes de l’Union européenne a choisi de ne plus travailler qu'en anglais, sans que la France ni aucun autre pays ne proteste. Tant pis pour les magistrats méditerranéens, si brillants soient-ils, qui peinent à s'exprimer dans la langue de Michael Jordan. 

• Depuis le 2 août 2021, les cartes d'identité nationales sont entièrement bilingues sans que cela ait une quelconque utilité pratique (Bruxelles demande seulement que l'intitulé « Carte d'identité » soit écrit dans deux langues de l'Union).

• En février 2022, Brest, qui est connu pour être une ville française, a accueilli un événement international joliment dénommé « One Ocean Summit ​» sur une suggestion... du Président himself ! Lors de cette manifestation, le français était absent tant de l’affichage que des traductions. L'année suivante, Emmanuel Macron a promu un autre sommet au Gabon, pays francophone passé à l'« ennemi » (le Commonwealth britannique) : le « One Forest Summit »

• En octobre 2022, le Conseil d'État a refusé de condamner l’État français pour les marques « Choose France » et « French Impact » en avançant que la Commission d’enrichissement de la langue française n'avait pas proposé des équivalents français au termes choose et french ! De ce fait, selon le Conseil d'État, la loi Toubon de 1994 qui exige l'emploi du français dans l'administration, ne pouvait donc s'appliquer ! C'est une nouvelle illustration de la malléabilité des magistrats actuels qui contournent les textes législatifs et leur font dire une chose ou son contraire selon le sens dans lequel souffle le vent.

• En décembre 2022, lors de la 15e Conférence internationale organisée par l’Agence française de développement (AFD) sur le thème de la « Sustainability », le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne a été contraint de traduire en anglais la communication qu’il avait rédigée en français, si l'on en croit Ilyes Zouari (Cermf). En février 2023, c'est encore l'AFD qui a réuni ses partenaires sous le slogan « Let’s Start Together - The Party ! ». Sans souci de cohérence, la France d'Emmanuel Macron se flatte par ailleurs d'élargir l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) à des États non francophones (88 au total en 2023) mais ses rencontres avec l'Afrique francophone se parent d'américanismes tels que « Meet Africa » ou « Africa creative ».  Comment en vouloir dans ces conditions aux Rwandais ou aux Algériens de remplacer le français par l'anglais comme langue de communication ?

• En juin 2023, à l'occasion d'un « Concert pour la planète » à Paris, au pied de la Tour Eiffel, le président brésilien Lula s'est exprimé en portugais et son discours a été traduit exclusivement en anglais !​

Si nous devions une nouvelle fois réviser la Constitution, suggérons donc d’effacer le premier alinéa de l’article 2 : « La langue de la République est le français », ce principe n’étant plus appliqué de longue date, y compris par les instances officielles et le sommet de l'État.

Du danger de ne pas s'aimer soi-même

L'américanisation du monde serait-elle devenue irréversible ? Dans The Spectator du 2 juillet 2023, le journaliste Ed West note que « la domination de l'anglais est telle que même Daech avait ouvert deux écoles d'apprentissage de l'anglais à Rakka ». Pourquoi s'inquiéter ? La langue doit évoluer nous dit-on. Les jeunes, d'ailleurs, s'en moquent comme de leur premier dictionnaire et continuent de tchatter sur leur smartphone sans se poser de questions. 

Ces jeunes Français ne sont pas plus ouverts ni cultivés pour autant comme en conviennent très majoritairement les enseignants du collège et du lycée. Il n'y a pas de miracle en effet : la pratique d'une langue étrangère ne peut être meilleure que celle de la langue maternelle parlée à la maison et entretenue par la lecture. Au moins les cyniques verront-ils un avantage à cette dérive généralisée de la langue : les jeunes Français d'origine africaine ne se voient plus défavorisés par leur méconnaissance de la langue française ! 

Le recours général à l'anglais est-il au moins profitable à nos entrepreneurs ? Nullement car, dans une négociation, l'avantage va toujours à celui qui s'exprime dans sa langue maternelle. Le président Mitterrand en était conscient. Excellent lettré, il connaissait assez bien l'anglais (en tout cas bien mieux que l'actuelle maire de Paris) mais il se refusait à l'employer dans ses entretiens officiels, préférant le recours à un interprète qui lui laissait le temps de réfléchir et surtout de trouver le mot juste dans sa langue maternelle.

Ce mouvement quasi-universel est pourtant en passe d'être contredit par l'évolution des outils de traduction automatique. Le jour n'est pas loin où nous pourrons parler dans notre langue maternelle avec n'importe quel humain, simplement en posant un mobile entre lui et nous. Dès lors, il n'y aura aucun avantage à apprendre et pratiquer un anglais d'aéroport. La qualité des individus se mesurera à la maîtrise de leur langue maternelle sous ses formes parlées, lues, écrites et littéraires. Hier comme aujourd'hui et demain, la langue maternelle demeure un préalable indispensable à la maîtrise et la compréhension d'autres langues et à l'ouverture sur d'autres cultures.

Soulignons que les barbarismes de la publicité et le recours à l'anglo-américain ne relèvent pas d'une demande populaire ni du sacro-saint usage. Ils sont bêtement imposés aux citoyens par des « élites » parisiennes et urbaines (publicité, politique, médias) qui ont depuis longtemps cessé d'aimer la France et ne rêvent que de se fondre dans l'anglosphère. Faut-il que ces « élites » ne s'aiment pas pour en arriver là ?  

Ce désamour de notre langue et de notre culture est un obstacle majeur à l'union nationale. C'est le plus « beau » des cadeaux que nous puissions faire aux assassins de Samuel Paty, Dominique Bernard et autres...

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2024-01-28 20:01:38
Pierre (29-02-2024 10:44:27)

All you have écrit is tragiquement vrai. What a tristesse !

Jean-Marie (28-02-2024 10:42:48)

Excellent article qui complète parfaitement celui sur la censure paru dans le même numéro, et où j’ai craché mon venin sur l’américanisation à outrance de la langue et des mœurs de notre pays. Décidément cette culture woke est en train de détruire tout ce qui reste de notre culture.

Sylvain Basque (30-01-2024 20:46:14)

À 83 ans, après avoir raté deux fois l'indépendance de mon pays et constaté le déclin de ma langue à Montréal, je suis démoralisé. Et je le suis encore plus quand je constate que la Mère Patrie va peut-être laisser se noyer sa brillante culture... Réveillez-vous les Français tabarnak!

Roland Berger (10-11-2023 15:37:48)

« ne permettons pas qu'elle soit attaquée par des brutes comme par les apologues de la start-up nation... », ou des négligents qui considèrent normal d'utiliser le français écrit sans ses accents.

Gemo10 (05-11-2023 22:25:13)

Comme vous l'avez dit plus haut, le français fut la langue du savoir, de la culture et de la diplomatie au XVIIIème siècle en Europe, laissant à l'anglais le domaine commercial. Tout est dit, puisque les échanges commerciaux et la puissance économique seront dominés au XIXème siècle par l'Angleterre puis par les Etats-Unis au XXème. D'où ces incursions de plus en plus fréquentes de termes anglo-saxons dans notre langue malgré quelques défenseurs du français malheureusement peu entendus.
Cette domination inévitable a fait tache d'huile même chez les élites à qui on n'enseigne plus la littérature française de façon aussi complète qu'autrefois pas plus que la grammaire. Il y a même un certain snobisme à insérer des termes anglais dans ses phrases pour paraître savant et en adéquation avec son époque. Après tout, on parle la langue des vainqueurs...

annemarie (01-11-2023 14:45:17)

Qu'est-ce que la "langue française pure" ? Parlons-nous de la langue de Rabelais, de Céline, de Du Bellay, de Madame de Lafayette, d'Apollinaire, d'Aragon, de Prévert, de Molière, de Colette et de tous les autres ?

Llouest (25-10-2023 14:46:27)

Bonjour,

Cet article est malheureusement juste.

Il aurait pu aussi mentionner la situation lamentable des medias publics, comme, entre autres, France Culture, France Inter ou Arte , où l'on peut entendre quotidiennement des mots comme (liste non-limitative):

…”background, back-up, black, booker, booster, bottom-up, break, breakdown, briefing, bug, burn-out, business-plan, buzz, caddy, cash, casting, checker(ing), clash, cheap, clip, coaching, cool, corporate, date, dating, deadline, deal, dressing, driver, flippant, flash(back), flashes, flashy, focus(er), fun, golden parachute, gore, grunge, hacker, hard, hardware, hit, hot, hotline, hype, jackpot, job, junk, kit, (soft)landing, leader, listing, live, living, look, lose, loser, low cost, main stream, management, manager, market, matcher, open, overdose, parking, people, performer, pitch, plugger, pricing, process, réaliser (de “to realize”, pour “se rendre compte”!), relooker, report(ing), scoop, slow, soft, software, speech, speed/speedé, spoiler, spot(ter), staff, stand-by, start-up, stop(per), story, storytelling, streaming, streamline, stresser, surbooker, switcher, target(ter), teaser, test(er), timing, too much, top, training, trash, win, win-win…etc

Le phénomène a atteint une telle ampleur qu'il serait approprié de renommer tout ça 'French Culture', 'Radio French'...etc.

Effarant et triste de constater avec quelle facilité les français se suicident culturellement.



mcae.fr (21-10-2023 08:39:16)

Si on juge de la place de l’Anglais en France, par l’observation des grands médias et des grandes entreprises, alors on a l’impression d’un triomphe de l’Anglais qui pousse le Français dans ces derniers retranchements avant de disparaître.
Il me semble que c’est une illusion d’optique. Même si l’Anglais est connu par tous les Français, pour internet et pour les vacances, ce n’est qu’un patois d’affairistes qui se croient encore propriétaires de la planète, tout en sachant qu’ils la détruisent, et qui justifient leur appropriation par la promesse de punir les méchants et de nourrir les gentils.
Si la reconnaissance des scientifiques français, qui était à son apogée au XIIIe siècle, s’est affaiblie au XIXe, c’est qu’on est passé de l’économie des corporations à l’économie des fabriques, c’est-à-dire de l’ambition de maîtriser à l’ambition de posséder. Aujourd’hui Lavoisier aurait bien du mal à trouver un artisan capable de lui construire une balance innovante, capable de mesurer les milligrammes de l’oxygène et du carbone, contenus dans ses substances, sauf à prouver l’existence d’un débouché mondial.

Mais leur hégémonie se termine, contestée par haut par leurs anciennes victimes qui organisent leur autonomie (les BRICS) et par le bas dans tout l’occident, par ceux que le système a poussés dans une vie indigne, et qui s’imaginent trouver le salut en votant Le Pen, Trump ou Brexit. Si ces contestations échouent, ce pourrait bien être la planète qui sonne la fin de la partie. Souhaitons une sortie de crise avant l’effondrement du plancton et une baisse du taux d’oxygène : dans l’extinction qui en suivrait, les humains avec leur énorme cerveau seraient les premières victimes.

L’Anglais n’a pas du tout pénétré la société française. Pour annoncer une naissance, il ne viendrait à l’idée de personne d’utiliser le mot « born », alors que le mot «chouffer» acquière un usage courant.
Ceux qui revitalisent la langue française sont les Maghrébins.

« Or, en France, depuis nombre d’années, se pratique et se transmet une variété d’arabe maghrébin parlé, utilisée par des locuteurs migrants, descendants de migrants et parfois même, des locuteurs sans ascendance maghrébine. Pour s’en convaincre, faute de connaître des locuteurs, il suffit de flâner sur certains marchés, dans certains commerces ou autres restaurants, dans les espaces dédiés à l’orient ou tout
simplement dans certains quartiers populaires de France. »
« Qu’advient-t-il de l’arabe de France ? Mise en perspective » Luc Biichlé LIDILEM, Université d’Avignon
https://journals.openedition.org/glottopol/493

Actuellement, les deux langues sont parlées par deux populations disjointes, à cause de la crise économique et géopolitique, mais elles constituent deux composantes d’une même France, qu’elles n’ont pas l’intention de quitter (pour aller où ? ) et qui à terme, apprendront volontiers à vivre ensemble.

L’ usage du français a été maximal pendant la période coloniale. Peu importe que son influence se réduise si c’est pour revenir à une audience de connivence, due à des racines communes. Le principal obstacle pour que le français garde son capital de sympathie dans le monde, c’est son orthographe. Ses règles alambiquées, qui cachaient un marqueur de niveau social, sont aujourd’hui obsolètes, disqualifiées par les correcteurs informatiques, et les nouvelles normes de reconnaissance, comme les réseaux sociaux et justement le globish.
Osons la réforme de l’orthographe...
...que j’attends depuis la primaire.

Leroux (19-10-2023 09:59:39)

Habitant la Haute Savoie, je (nous) sommes confrontés tous les jours à des étrangers qui viennent du monde entier (parfois de contrées " reculées", et tout ce beau monde parle ou tout au moins s'exprime en Anglais et personnellement je regrette amèrement de ne pouvoir converser aisément avec mes très proches voisins anglo saxons.
Ceci dit, je suis heureusement surpris car les jeunes générations en fonction dans les commerces locaux font preuve d'une assez grande aisance dans leurs échanges obligés avec leur interlocuteurs; et tous disent quand on prend la peine de les féliciter qu.ils ont fait un séjour outre Manche ou aux USA...Et pendant ce temps là l'Education Nationale continue de façon impavide son petit bonhomme de chemin , ne se préoccupant de cette situation désolante à bien des égards.
Dans certains de nos voisins européens les élèves en sont à apprendre systématiquement une deuxième langue et ce des l' école primaire!

Ne croyez pas que j'approuve l'irruption des expressions anglo saxonnes dans notre si belle langue ; prenant de l'âge j'en suis de plus en plus en plus "amoureux" ainsi que des paysages hexagonaux comme nous le disent d'ailleurs nos visiteurs étrangers ou pas.
Mais il faut aussi être réaliste . Aimer son pays et sa langue ne doit pas nous empêcher de pouvoir nous ouvrir sur le monde unsans renoncer à rien...

Richard (19-10-2023 09:49:59)

Pour faire suite á ce florilege de louanges, je voudrais évoquer le courageux combat de l'ex-président de l'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), le trois fois élu Abdou Diouf qui déclarait:
" La francophonie n'est pas le combat de ses élites intellectuelles françaises" et d'ajouter: "Il y a une forme de snobisme dans ce comportement (d'utiliser l'anglais). Je l'observe également dans les milieux patronaux À l'exception d'entreprises comme Michelin".
La publicité de Renault est un salmigondis qui ne fait aucun sens, même pas en anglais! A. Diouf mériterait d'être cité en entier mais on peut encore écouter les retransmissions sur France culture. Il est assez paradoxal de constater que les meilleurs avocats de la langue française sont soit des étrangers soit des immigrés de la deuxieme génération! (veuillez pardonner les fautes d'accent que mon clavier étranger ne sait pas produire).

seringuelasse (19-10-2023 08:32:55)

Bravo pour votre indignation. Il faudrait que chaque citoyen proteste auprès de l'homme politique fautif, auprès du média décadent, ... défendre la langue et donc la culture française est l'affaire de tous. Accepter la domination du globish signera notre perte. Mais les responsables, dont notre aimable gourou de l'Elysée, seront en retraite, précoce et confortable... L'abandon dans les études de nos jeunes des "humanités classiques" (avec prédominance littéraire ou scentifique), est une catastrophe...

Louis (19-10-2023 08:26:57)

Oui, l’affaiblissement de la langue française est regrettable ! Mais n’est-ce pas le sort d’une langue vivante, comme de tout organisme vivant, d’évoluer ? Une langue vivante, à la différence d’une langue morte, évolue en fonction des usages que l’on en fait. La force d’une langue ne réside-t-elle pas dans la force intellectuelle de ceux qui l’utilisent ? Notre époque, marquée par un puissant développement de la création scientifique et technique renforce les langues dans lesquelles ces créateurs s’expriment, surtout à un moment où les recherches s’internationalisent, où les échanges commerciaux deviennent indispensables, où les échanges culturels, le tourisme deviennent incontournables. La force d’une langue vivante tient surtout à la puissance créatrice des peuples qui l’utilisent. Où en est la France aujourd’hui ?
Il est vrai qu’une part importante des anglicismes vient d’autres causes :le besoin de paraître, de se distinguer. C’est un des traits des médias actuels !
Rappelons aussi que nombre de langues dites régionales ont disparu, trop faibles pour être supports de création, et aussi sous la pression de la république !
Cette dimension ne mériterait-elle pas d’être prise en compte dans les analyses relatives à l’évolution d’une langue ?
Je ne suis pas linguiste ! Simple commentaire d’un non intellectuel !

Goliot (19-10-2023 07:46:11)

Bravo !
Oui, il faut résister au rouleau compresseur de la modernité anglo-saxonne ! La fausse élite qui « donne le ton » sera balayée dans l’effondrement prévisible du système actuel et il faut tout faire pour qu’émerge enfin une véritable élite, fière du meilleur de notre passé et de la précision comme de l’élégance de notre langue. Merci, monsieur Larané, pour votre position courageuse !
Goliot, 84 ans et encore quelques dents…

THB 1453 (19-10-2023 05:36:12)

Vos avez sans aucun doute raison de plaider pour la langue française, mais êtes vous audible auprès de la population et de ses élites ? Il y a gros à parier que non. Nous sommes devant un rouleau compresseur que rien ne peut arrêter et qui est lui même alimenté par notre propre servilité (revoir le Discours de La Boétie sur la servitude volontaire) et ...l'histoire. Votre publication est bien placée pour nous parler des 100 ans qui ont vu l'effondrement de la puissance française, de la guerre de succession d'Espagne (1714) à la défaite de Waterloo (1815), dont le français est l'une des victimes contingentes. Reste à savoir comment s'adapter et comment tirer partie de cette situation ? c'est le grand défi de la langue française pour les prochaines décennies, car les batailles d'arrière- garde ne servent à rien, non plus les lamentations permanentes.

Jean-Pierre (18-10-2023 23:12:46)

Classement de Shanghai : un peu comme les classements se Parker et Suckling pour les vins :-)
Il y a quelques années , on a refusé à mon épouse, chilienne, la soutenance d'une thèse en espagnol. Depuis quelque temps déjà, une bonne thèse se doit d'être soutenue en anglais devant un membre du jury étranger. La nuance est que, au siècle précédent, nous avions aussi des étrangers dans nos jurys de thèse, mais francophones et, certains, au plus haut niveau.
Une caricature de ce qui est évoqué ici : LinkedIn français ! J'y vois nos anciens élèves affublés de titres anglais et même libeller le nom de leur formation en anglais.

Pierre (18-10-2023 22:38:00)

Mes excuses M. Larané, je suggérais un nouvel organe hérodote.news, qui serait une façon de dissocier l'histoire de la politique, tout comme séparer la religion du politique.

Pierre (18-10-2023 20:30:43)

Bien que de formation scientifique et apologue des "start-ups", fruits de la recherche dans nombre de secteurs, je dis bravo à M. Larané pour cet éditorial incisif. Mais je demeure curieux de savoir si les sciences ont eu un impact plus bénéfique (la bombe A mise à part) que l'enseignement de l'Histoire sur l'évolution humaine et l'amélioration de sa condition ? Enfin, vu sa grande connaissance de l'Histoire, M. Larané et ses éditoriaux pourraient-ils avoir plus d'impact via un médium tel "herodote.news" qui rejoindrait autant les férus de politique que d'histoire, sinon un plus large auditoire?

Aspasie (18-10-2023 19:39:40)

En anglais, French s'écrit TOUJOURS avec une majuscule, qu'il s'agisse d'un substantif ou d'un adjectif.
Macron est un piètre interlocuteur en anglais, il fait des fautes lamentables.

Yves Petit (18-10-2023 19:16:38)

Vous avez bien raison M. Larané. De mon côté occidental de l'Atlantique, j'écoute passez souvent TV5, entre autres, l'émission Quelle Époque. Là aussi beaucoup d'anglicismes inutiles sans que personne ne reprenne la personne fautive. Par exemple, il y a quelques semaines la papesse de la mode parisienne, Carine Roitfeld y allait de "fashion week" en backstage en across shoulder sans que personne sur le plateau ne lui demande de parler français. Dans toutes sociétés, je présume que les lâches sont beaucoup plus nombreux que les courageux, d'où ce laisser-aller choquant.

Bénard (18-10-2023 18:39:04)

Bonsoir,
A dire vrai, je ne partage pas toujours vos avis (bien qu’ils soient éclairés). Mais pour ce qui est de la langue française, je vous approuve totalement. De plus Macron non seulement truffe ses propos d’anglais ou d’anglais américain, mais il croit se « rapprocher du peuple » en étant vulgaire de surcroît.

Francine Peeters (18-10-2023 18:28:41)

Malheureusement je pense que c’est un leurre d’espérer un retour à la langue française pure. Pourtant chaque terme anglais a sa correspondance en français ! Les articles dans certaines revues sont tellement truffés de mots anglais que je ne peux plus suivre .

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