Les Africains et la France

Non aux « amis qui nous veulent du bien » !

20 septembre 2023. Il n’y a pire ennemi que les amis qui vous étouffent de leur sollicitude. Les Africains vérifient cet aphorisme chaque jour qui passe. Il y a soixante ans, au moment des décolonisations, le continent noir, fort d’un immense potentiel naturel, paraissait promis à de rapides progrès. Ceux-ci ont été tués dans l’œuf par l’entêtement des Occidentaux et des Français en particulier à « aider » les nouveaux États. Les gouvernants ont cédé à la tentation de cet argent « gratuit », tant public que privé, qui les dispensait d’œuvrer pour le bien de leurs concitoyens. Les Africains et nous-mêmes payons aujourd’hui le prix de notre charité mal placée…

Cela commença dès la fin du XIXe siècle, quand les Français et les Britanniques ne se satisfirent plus de quelques comptoirs sur le littoral africain pour les échanges avec les royaumes locaux. Imbus de leur sentiment de supériorité, ils se mirent en tête de « civiliser les races inférieures » (citation) pour leur plus grand bien et bien sûr sans leur demander leur avis.

Les Français entreprirent la conquête de l’Afrique intérieure, installèrent partout un embryon d’administration à l’européenne et lancèrent de grands travaux d’infrastructure (routes, voies ferrées, ports, écoles et hôpitaux). Tout cela sans profit financier, les maigres ressources du continent africain étant loin de combler les frais occasionnés par l’administration et la pacification des territoires ainsi que l'a montré l'historien Jacques Marseille (Empire colonial et capitalisme français, Albin Michel, 1984).

Ces actions « civilisatrices » furent conduites par la gauche républicaine mais laissèrent l’opinion publique indifférente. C’est le même schéma que l’on retrouve aujourd’hui à l’égard des immigrants qui traversent la Méditerranée et se voient écrasés de sollicitude par des âmes charitables jusqu’à devenir dépendants et irresponsables…

Quand fut venu le temps de la décolonisation, il y a soixante-dix ans, les Français purent s’enorgueillir de quelques succès ambivalents : ils avaient fortement réduit la mortalité infantile mais engagé la population africaine dans une croissance explosive appelée à durer ; ils avaient créé des États dotés de tous les attributs de la modernité mais tout en ayant détruit les cadres sociaux traditionnels (chefferies, conseils des anciens, etc.) ; ils avaient enfin laissé des infrastructures prometteuses de développement économique mais tout en ayant éradiqué les circuits d’échanges traditionnels.

L’Afrique, dans les années 60, paraissait avoir tous les atouts pour se développer rapidement : des élites plutôt bien formées, des terres en abondance et largement arrosées, parmi les plus fertiles du monde, le long des fleuves, dans les régions équatoriales et sur les plateaux. De fait, il ne se trouva que de rares esprits chagrins comme l’agronome René Dumont pour douter de l’avenir du continent (L’Afrique noire est mal partie, Seuil, 1962).

De son côté, le général de Gaulle, dès son retour au pouvoir en 1958, vit dans la décolonisation l'opportunité de renouer avec le pouvoir d'influence de la France avant la IIIe République, dont témoigne l'historien David Todd (Un empire de velours, l'impérialisme informel français au XIXe siècle, La Découverte, 2022). Cette ambition rejoignait celle des nouvelles oligarchies africaines promues par la France. Léopold Senghor (Sénégal), Hamani Diori (Niger), Félix Houphouët-Boigny (Côte-d’Ivoire) et également Norodom Sihanouk (Cambodge) se firent les chantres de la « francophonie » (dico), un concept inventé par le géographe Onésime Reclus en 1880 dans lequel ils perçurent une manière de contrebalancer l’influence des Anglo-Saxons et du Commonwealth britannique. Ainsi naquit le singulier système de la « Françafrique » qui donna longtemps satisfaction mais ne tarda pas à être dévoyé par l'affairisme et, pire que tout, par l'entêtement des Français comme de l'ensemble des Occidentaux à « aider » les Africains dans la tradition « civilisatrice » de Jules Ferry...

L'argent « gratuit », obstacle insurmontable au progrès

Permettons-nous une première observation d'ordre général : l'Histoire n'offre aucun exemple d'un pays qui soit sorti de la pauvreté grâce à l'aide étrangère ;  a contrario, tous les pays qui bénéficient d'une aide massive en deviennent dépendants jusqu'à perdre leur capacité de développement autonome.

Cela vaut pour les pays assistés par les institutions internationales comme par les ONG, le cas le plus caractéristique étant Haïti dont le dénuement croît en proportion des dons reçus des bonnes âmes de tous bords. Cela vaut aussi pour les pays assistés par les États européens, tel le Sénégal, enfant chéri de la France, encensé pour sa stabilité politique et tombé parmi les pays les moins avancés du monde. Cela vaut enfin pour les pays qui se satisfont des ressources de leur sous-sol (minerais, pétrole) et des redevances mirobolantes versées par les compagnies exploitantes. Le Nigéria ou encore l'Angola comptent parmi les victimes de la « malédiction de l'or noir », soit que leur sous-sol nourrit une richissime oligarchie (Black Diamonds selon une expression sud-africaine) et laisse l'immense majorité de la population dans un total dénuement, soit qu'il attise la guerre et les exactions comme dans la République démocratique du Congo (ex-Zaïre).

Il faut beaucoup de force d'âme à des gouvernants pour résister à la tentation de détourner à leur profit l'argent qui leur est offert. Cette force d'âme peut se cultiver dans les vieux et grands États d'Asie, assis sur des traditions millénaires et une forte conscience nationale, avec des contre-pouvoirs administratifs respectables et respectés. Ainsi l'Inde, chouchou des donateurs dans les années soixante, a su s'émanciper de ceux-ci et a réussi tant bien que mal à se développer à l'abri de ses frontières et de ses droits de douane.

Il en va autrement en Afrique où les États issus de la décolonisation peinent à se doter d'une identité nationale. Instables, fragiles et sans profondeur temporelle, ils ne bénéficient pas comme la France par exemple d'un « roman national » qui fortifie les consciences. Ces faiblesses les mettent à la merci des agents étrangers, ONG, institutions internationales, gouvernements et affairistes. C'est ainsi que les Africains s'enferrent dans la pauvreté en dépit ou à cause d'une aide occidentale qui n'a rien de négligeable : plus de 200 milliards de dollars par an selon la Banque mondiale, soit l’équivalent d'un plan Marshall par an !

Jean-Pierre Olivier de Sardan, directeur de recherches au CNRS, décrit le mécanisme qui transforme un État assisté en un « État rentier » et métamorphose l’aide au développement en malédiction. « L’objectif des dirigeants est d’en capter le maximum en endossant le discours des donateurs », explique-t-il. Quant aux fonctionnaires africains, leur rêve « est d’être recrutés par une ONG offrant des salaires largement supérieurs à leur traitement. Cette logique aboutit à une perte d’initiative et de compétence pour l’État » (source).

À ce facteur de désagrégation s'en ajoute un autre, plus grave s'il en est : la croyance fallacieuse des élites européennes dans les vertus du libre-échange et d'une monnaie unique ! L'Union européenne a ainsi multiplié les accords de libre-échange avec les États africains, de sorte que ceux-ci sont inondés de produits de consommation en tous genres.

Il y a d'abord les vêtements mis au rebut par les Européens et généreusement distribués par les ONG, au point de ruiner les frêles usines textiles qui préexistaient en particulier en Afrique du sud. Avec la fast fashion de très mauvaise qualité qui nous vient maintenant d'Asie, les Africains eux-mêmes ne veulent plus de ces vêtements. Au Kenya, une bonne partie d'entre eux doivent être incinérés à l'air libre, occasionnant pollution de l'air et de l'eau (source).

Il y a surtout les productions alimentaires généreusement livrées par l'Union européenne à des prix défiant toute concurrence : volailles issues d'élevages industriels, lait, blé, etc. Ces productions bénéficient de subventions importantes de Bruxelles et de toute la force de frappe des réseaux de distribution occidentaux et des ONG. Elles permettent aux citadins africains de se nourrir à bon compte mais au détriment des agriculteurs et éleveurs locaux, voués à l'échec quoi qu'ils fassent.

Une dévaluation des monnaies africaines pourrait aider ces producteurs et équilibrer les échanges commerciaux des États africains. Cette perspective est rendue impossible dans les pays francophones du fait que leur monnaie (franc CFA et éco) reste alignée quoi qu'il arrive sur le cours de l'euro !

Il y a plus grave encore : les importations modifient le goût des citadins africains et les détournent de leurs productions nationales. Ils ne veulent plus consommer que du pain blanc à base de blé importé et découragent la production locale de mil, de manioc ou de riz. Les préjugés instillés par les firmes occidentales concourent aussi au désastre : dans tel village du Sénégal, on prétend ne consommer que du lait en brick et l'on rejette avec horreur le lait de chamelle proposé par les éleveurs voisins.

Faut-il s'étonner dans ces conditions que les Africains eux-mêmes se désintéressent de leur agriculture ? En Côte d'Ivoire et au Ghana, les producteurs de cacao pratiquent la méthode ancestrale de l'écobuage ou culture sur brûlis : ils brûlent un pan de forêt, plantent leurs cacoyers en profitant de la fertilité apportée par les cendres et au bout de quelques années, quand le sol est épuisé, brûlent un nouveau pan de forêt. Il s'ensuit que les forêts sont en passe de complètement disparaître dans ces pays. Une recherche agronomique eut permis aux paysans de développer une agriculture plus économe de la ressource forestière. Mais qui s'en soucie quand par ailleurs les institutions internationales offrent des milliards de dollars pour des projets illusoires, dits « éléphants blancs », comme de planter des rideaux d'arbres en bordure du désert ou de créer des rizières irriguées en bordure du fleuve Sénégal ?

Preuve par l'absurde : le Somaliland

Le Somaliland offre in vivo une illustration de ce que seraient les États africains sans l'assistance internationale et la « bienveillance » des ONG. Ce petit pays semi-désertique de cinq millions d'habitants, situé dans la Corne de l'Afrique (nord-est) a fait sécession en 1991 de la Somalie. Depuis lors, il n'est reconnu ni par l'ONU, ni par aucun État et les ONG se gardent d'y mettre les pieds car elles ne bénéficient sur son territoire d'aucune garantie internationale.
Il s'ensuit que le pays se procure les biens qui lui sont indispensables en exportant du bétail vers la péninsule arabe et en louant à l'Éthiopie voisine le port de Berbera. Ne bénéficiant d'aucune aide ni d'aucun argent « gratuit », les gouvernants n'ont aucun motif de céder à la corruption ni de se battre pour les postes d'influence. Mieux encore, il ne se trouve aucun homme d'affaires pour les convaincre de lancer tel ou tel grand projet d'infrastructure en le finançant par un emprunt sur les marchés internationaux. Alors, certes, les habitants de ce pays oublié sont pauvres mais plutôt moins que leurs voisins, avec l'avantage sur ces derniers de bénéficier de la paix civile et de n'être pas méprisés par la classe dirigeante...

Jules Ferry n'est pas mort ! Insupportable paternalisme

L'échec flagrant de l'assistanat nourrit au sud du Sahara un ressentiment aigu à l'égard des Occidentaux et en premier lieu des Français dont les Africains ne supportent plus le paternalisme teinté de mépris et la bienveillance sirupeuse. Il n'est que de se rappeler les propos pour le moins méprisants du président Macron lors de son passage à Ouagadougou (Burkina Faso) en novembre 2017 et de sa tournée africaine en mars 2023. On peut comprendre que les États du Sahel soient prêts à se jeter dans les bras de la Russie ou de la Chine, avec l'espoir que les dirigeants de ces pays, adeptes de la Realpolitik, les traitent comme des interlocuteurs responsables et non comme des demeurés...

Publié ou mis à jour le : 2023-09-20 14:13:53
Raymond94 (01-10-2023 16:54:58)

La guerre d'Algérie s'est terminée lorsque j'avais 15 ans ; après il y eut la guerre du Vietnam et une formidable opposition des jeunes américains et des jeunes occidentaux. Nous pensions changer le monde, mais on sait comment elle s'est terminée ...

Je fais partie d'une génération qui a cru que, au moins en Europe, les guerres n'étaient plus possibles. Puis avec les manœuvres de Mitterand, le FN prit une envergure nationale. En réaction, il y eut un mouvement spontané : "touche pas à mon pote", il vit avec moi, comme moi, il est comme moi. Puis ce mouvement a été manipulé : d'abord le "respect de la différence" (pourquoi pas), puis '"le droit à la différence", qui a dérivé lentement mais surement vers le communautarisme ...

Aujourd'hui, c'est pire ; avec le 'wokisme', c'est l'individualisme victimaire qui est au commande de l'intelligencentia ...

Le court terme est perdu, l'avenir est sombre !

Lili (27-09-2023 14:24:27)

Je ne suis pas du tout d accord avec cette affirmation “ des immigrants qui traversent la Méditerranée et se voient écrasés de sollicitude par des âmes charitables jusqu’à devenir dépendants et irresponsables…”Donnez des preuves si vous en avez !
Herodote.net répond :
Votre réaction nous emmène au coeur de l'enjeu migratoire. Devons-nous nous satisfaire d'accueillir à bras ouverts tous les migrants qui se présentent? Soit ces migrants ont une qualification professionnelle et, dans ce cas, celle-ci fera défaut à leur pays d'origine et l'enfoncera un peu plus dans le sous-développement ; soit ils n'ont pas de qualification professionnelle et ne maîtrisent pas la langue du pays d'accueil et dans ce cas, ils sont voués pour très longtemps à la marginalité ou pire.
Les drogués à la coke qui divaguent dans les quartiers nord de Paris illustrent cette grande misère de l'immigration : ces jeunes gens se sont arrachés à leur clan familial, pauvre mais solidaire et chaleureux ; ils se retrouvent isolés dans une métropole à laquelle ils ne comprennent rien et dérivent dans une extrême déchéance physique et morale dont les associations désespèrent de les sortir.

mcae.fr (23-09-2023 06:36:23)

La colonisation est un bon exemple de l’impasse que représente l’économie de l’accumulation.
Au XIXe siècle, l’élite financière s’approprie le progrès technique. Au lieu de faire travailler la machine pour l’homme et d’augmenter le pouvoir d’achat au rythme des gains de productivité, elle organise le profit de masse par une production de masse, une paupérisation de masse et une émigration de masse (comme en Afrique actuellement). Les Européens qui émigrent aux USA, victime de cette violence, se croient légitimes pour l’exercer à leur tour, et exterminent les Indiens pour prendre leur place.
L’équipement des classes moyennes en biens industriels, et de l’État en réseau ferroviaire, permet un boom de l’activité et de l’accumulation financière. Mais bien sûr, il ne peut être que transitoire. Lorsque l’économie atterrit sur un niveau d’activité pérenne, la finance mondiale, en panne d’accumulation, déclare que c’est la crise. L’espace contrôlé étant saturé, la colonisation va l’étendre : de nouveaux espaces à équiper permettent un nouvelle croissance et une nouvelle captation. Le but de la colonisation n’est pas d’enrichir le pays dominant mais de relancer la croissance.
La fracture sociale est préexistante, puisque les Autochtones sont des citoyens de seconde zone.
En France, la paupérisation entraîne des résistances de la population, dont les entreprises dépendent par l’intermédiaire de la démocratie. Dans les colonies, la résistance n’est plus un problème politique mais seulement militaire, de maintien de l’ordre.
Mais la gestion des Autochtones, même paupérisé, est un coût dont l’Occident va s’affranchir par une pseudo-décolonisation. Les populations, désormais libres, doivent s’assumer sans l’Occident.
Mais les dirigeants font partie de la bourgeoisie, formés et promus par les Occidentaux, qui exigent en retour un libre accès à la richesse du pays. Que l’un d’entre eux s’avise à partager avec son peuple, et il sera déposé par les armes, comme Laurent Gbagbo.
La population, dépossédée et livrée à elle-même, n’a plus que deux choix : l’émigration ou le terrorisme.
Pour les conditions de vie des populations décolonisées, voir les vidéos « au nom du progrès » sur troeller-deffarge.com. Les vidéos sont payantes mais les scripts sont en accès libre (mais majoritairement en allemand).

Les populations tombent dans une indignité qu’ils n’avaient jamais connue. L’Occident qui croyait contenir facilement les contestations par la répression, se retrouve à faire la guerre, non pas à une armée bien inférieure, mais à toute la population. Chaque victoire militaire est une défaite politique.

J’ai le regret de vous dire que l’Afrique ira bien quand les putschistes se seront alliés aux djihadistes pour obtenir des Occidentaux qu’ils leur rendent leur souveraineté, politique, économique, mais en premier lieu financière. Il pourront créer dans leur pays, un cycle économique prospère et pérenne, et des changes équilibrés avec les autres Etats.
C’est un peu ce qui se passe avec les BRICS. Pour l’instant, le fonctionnement est surtout commercial, ce n’est pas encore un modèle alternatif construit et piloté délibérément. Mais gageons que ça va le devenir.

L’Europe, et la France en particulier, ferait bien de faire la même chose.

Mayer (22-09-2023 17:13:13)

Pas un mot de trop.
À faire lire aux politiques.

Jonas (22-09-2023 15:25:14)

Je cite de mémoire cette réflexion du général de Gaulle sur le Brésil de l'époque. " Le Brésil est un pays d'avenir , qui le restera toujours." Je crains hélas pour les pays Africains comme les pays arabo-musulmans que ce soit le cas. Ce sont des pays d'avenir qui le resterons toujours. Pourquoi ?
Les pays Africain comme les pays Arabo-musulmans se sont battus pour recouvrer leur indépendance, sans jamais préparé le jour d'après c-à d le jour où ils doivent prendre en charge leur peuple, afin de lui trouver du travail de le nourrir, loger , soigner , éduquer et d'investir dans l'avenir.
Ils se rencontrent en grande pompe dans une des capitales , s'embrassent , se font des compliments , des promesses , rédigent des déclarations solennelles en accusant les mêmes de leurs déboires .
Depuis les indépendances , jamais , les nombreux responsables qui se sont succédé n'ont eu le courage d'examiner les raisons pour lesquelles , ils n'arrivent pas à décoller et pourquoi , tant de leurs compatriotes cherchent à fuir même au péril de leur vie. Bien que certains pays bénéficient de sous-sols immensément riches , qui leur rapporte des millards de dollars. Jamais ils n'ont fait un diagnostic juste , afin de prendre les remèdes sur le dysfonctionnement de leur pays . Ils cherchent toujours chez les autres les causes de leurs maux . Ce sont, selon , les anciens colonisateurs , les américains , les juifs , les mécréants , les infidèles etc tout est bon pour faire diversion. Ils sont aidés en cela par certains intellectuels qui les confortent dans leurs divagations.
Ce ne sont ni les anciens colonisateurs , ni les américains , ni les juifs , ni les mécréants ni les infidèles qui sont responsables , de l'injustice , qui règne dans ces pays , ni de la condition faite aux femmes , de la violence et de leur minorisation juridique.

B. Cochin (21-09-2023 17:34:47)

Excellent article mais qui ne peut être compris que par ceux qui connaissent l'Afrique, ce qui n'est pas le cas de sa "diaspora" européenne ou américaine qui ne cesse de récupérer les clichés anciens pour en faire leur profit sous couvert de victimisation et ne font rien pour leur continent assisté et sous perfusion pseudo-humanitaire et effectivement neutralisante des forces vives. Il faudrait un nouvel Alain Peyrefitte pour écrire "Quand l'Afrique s'éveillera" et lui redonner du sens, du courage et de la fierté, et un autre "Lyautey" pour comprendre qu'on ne peut faire table rase sans dommage extrême des cultures et façons d'être et de faire locales.

Kourdane (21-09-2023 11:41:21)

Voilà un article parlant de l’Afrique et de ses problèmes avec réalisme.
Je pense qu’il faut y ajouter :
- les ponctions arabo musulmanes d’hommes et de femmes qui ont duré du 9 eme siècle jusqu’au 19 eme siècle
ainsi que le commerce triangulaire.
- la prégnance de l’islam de plus en plus Wahhabite
- la corruption des élites
- le peu de volonté des populations jeunes à affronter pour construire préférant les exils incertains

Xuani (20-09-2023 17:43:15)

Bonjour,
Sur un thème un peu parallèle, beaucoup de sont étonnés de ne pas voir le Maroc accepter avec gratitude toute l'aide internationale qui lui était offerte... On trouvera une analyse intéressante de David Goeury à ce propos, ici: https://theconversation.com/pour-une-analyse-geographique-des-catastrophes-le-cas-du-seisme-du-8-septembre-au-maroc-213668. Pour ceux que le sujet intéresse...

Bernard (20-09-2023 15:57:22)

L'Afrique, richissime par son sous-sol, cumule les boulets : l'islam d'abord "(le fardeau de l'humanité", selon Ernest Renan) qui stérilise la moitié féminine de la population partout où il s'implante, une natalité exponentielle qui dévore la croissance, un illettrisme - voire un analphabétisme - persistant, des dirigeants à quelques exceptions près globalement corrompus, une émigration masculine massive et, depuis peu, de nouveaux "amis" notamment russes et chinois, brutaux et rapaces, qui - n'en doutons pas, car, eux, n'ont ni états d'âme, ni complexes - une fois qu'ils auront tout pillé, laisseront le continent exsangue et la désolation partout. Aujourd'hui, le continent entier, en tous cas l’Afrique noire, semble promis à la guerre civile.

Dans un tel contexte, que doit faire la France? Se mettre à l’abri. D’abord se retirer sur la pointe des pieds (et non pas tenter vainement de se cramponner, en klaxonnant, comme on le fait actuellement au Niger) , clarifier et distancier nos rapports avec les régimes qui ne veulent plus de nous : cesser de distribuer des visas à tout va, interdire tout transferts financiers (nouveau visage du colonialisme) par la diaspora africaine en France, renvoyer les clandestins chez eux (et qu’on ne vienne pas nous dire que « c’est impossible ». Si ça l’était vraiment, on n’essaierait pas tant de nous en persuader), ramener l'immigration nette africaine à zéro et amorcer la remigration (toute arrivée devant être compensée par deux départs), et évidemment supprimer droit du sol et rassemblement familial. Puis, d’ici 20 ou 30 ans, nous pourrons repartir sur des bases saines de coopération, cette fois entre égaux, sans paternalisme ni charité mais dans une dignité retrouvée.

paxhominibus (20-09-2023 14:55:10)

cet article me paraît de grand bon sens : la pente du plus simple et du moindre effort attire plus que les montées difficiles et l'aide devient le mauvais ami.
Quels sont les facteurs qui apportent la richesse vraie soit la prospérité économique et avec cela le développement culturel, une vie décente d'une durée satisfaisante, des relations humaines basées sur le respect qui permet un fonctionnement politique aussi juste que possible : le développement de l'éducation et particulièrement celle des femmes comme le montre de façon convaincante . mais je pense aussi que la cohérence culturelle et historique d'un pays qui s'est développé sur des siècles est indispensable pour que sa population adhère à cet état et y participe positivement.
Les états africains étant totalement artificiels, dont l'histoire a été balayée, vivant dans des conditions climatiques et sanitaires difficiles, on ne peut être que pessimiste pour qu'ils trouvent ce chemin
Car il y a aussi le climat comme le montre Jared Diamond dans "de l'inégalité dans les sociétés".
Ceci dit, ce développement ne peut se faire sans sciences dans tous les domaines et pour cela la colonisation a mis dans le flux de tout le reste de l'humanité des sociétés
qui selon ma vision étaient figées dans des modèles de fonctionnement fermés culturellement et géographiquement.
Je ne prendrait pas le poste de président du monde pour donner à tous les instructions infaillibles qui les amèneront au bonheur, je ne les ai pas, hélas

Jimpy37 (20-09-2023 13:58:12)

A André Larané
N'essayez même pas de convaincre "SY" du bien-fondé de vos dires car "il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre": il a décidé que vous aviez tort et qu'il avait raison alors laissez le dans l'erreur.
D'ailleurs pour savoir qui a raison et qui a tort, il suffit de savoir si ce sont les Européens qui tentent actuellement de "submerger" l'Europe à Lampedusa ou ... le contraire ???!!!

Alex (20-09-2023 13:28:49)

Je n'ai pas vu beaucoup parler de corruption des chefs d'états africains. Quand à évoquer la realpolitik de la Russie et de Chine comme si ces deux États étaient connus pour leur générosité naturelle...

Herodote.net répond :
La corruption est la conséquence directe de l'aide internationale. Lisez notre encart sur le Somaliland. Ce pays a la chance insigne de n'être pas reconnu par l'ONU et donc de ne recevoir aucune aide des charitables Occidentaux. Il ignore la corruption et même, semble-t-il, les coups d'État.
La Realpolitik est l'exact contraire de la "générosité". On peut s'entendre entre partenaires "réalistes" dès lors que chacun suit ses intérêts propres en respectant ceux de son interlocuteur. L'entente n'est pas possible avec un "bienfaiteur" qui prétend vous dicter votre conduite et vous expliquer ce dont vous avez besoin.

SY (20-09-2023 11:07:00)

Bonjour,
Ainsi, dites-vous, les maigres ressources du continent africain étaient loin de combler les frais occasionnés par l’administration et la pacification des territoires. Des travaux récents ont démontré tout le contraire. Il y a aussi le simple bon sens qui suggère de considérer qu'il s'agissait d'un pillage organisé des ressources des pays africains ! Merci !

Herodote.net répond :
Méfiez-vous du simple bon sens. Si on l'écoutait, il nous dirait que le Soleil tourne autour de la Terre... Plus sérieusement, les travaux de Jacques Marseille ont été confirmés par Daniel Lefeuvre (voir notre entretien avec cet historien) ainsi que plus récemment par Denis Cogneau qui, malgré son désir d'invalider la thèse de Jacques Marseille, a dû bien reconnaître qu'il avait raison dans le fond.
Maintenant, parlons concret : de quelles ressources disposait l'Afrique francophone avant la décolonisation? des bois tropicaux au Gabon et au Congo, dont l'exploitation coûtait très cher, du cacao en Côte d'Ivoire et c'est à peu près tout malgré les efforts de la France pour développer les cultures de plantation (arachide au Sénégal, coton au Niger...). Dans tous les cas, ces productions s'avéraient plus coûteuses pour les acheteurs français que les productions équivalentes disponibles sur le marché international.

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