20 août 2023 : les 60 pays de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) ont parrainé à l'ONU en 2021 une résolution faisant du 15 mars la Journée internationale de lutte contre l’islamophobie. Il existe aussi à Bruxelles, au sein de la Commission européenne, une « coordinatrice de la lutte contre la haine antimusulmane ». La Belgique héberge par ailleurs une association qui se présente comme un Collectif contre l’islamophobie en Europe. En France même, il est courant que, dans le débat public, le terme « islamophobe » soit employé pour disqualifier un contradicteur...
Le néologisme « islamophobie » est employé aujourd’hui comme synonyme de « haine antimusulmane » mais son étymologie signifie « peur de l’islam » (du grec phobos, « peur »), ce qui n’est pas du tout pareil. Il est abject de haïr des individus en raison de leur identité religieuse ou autre. Par contre, il est légitime de réprouver à titre individuel une religion ou un quelconque système de pensée. Dans les siècles précédents, beaucoup de penseurs français (Voltaire, Zola, Sartre…) affichaient bruyamment leur hostilité à la religion catholique sans être ostracisés pour autant.
En irait-il autrement avec l'islam et les musulmans ? Une plongée dans l’Histoire millénaire de notre pays montre que celui-ci n’a jamais manifesté d’hostilité à l’égard de l’islam et encore moins à l’égard des musulmans en tant que tels !... Jamais sauf pendant la guerre d’Algérie.
Mystérieux Sarrasins
Les musulmans font leur première apparition au nord des Pyrénées en 721, soit un siècle tout juste après l’Hégire, acte de naissance officiel de l’islam. Ils sont repoussés devant Toulouse par le duc Eudes d’Aquitaine puis en 732 entre Poitiers et Tours par Charles Martel. Leur équipée ne laissera guère de trace, sinon dans les chroniques de l’époque et les livres d’Histoire.
Les chroniqueurs médiévaux les qualifient de Sarrasins (dico). Ils ne les voient pas comme les zélateurs d’une religion ennemie mais plutôt comme les adeptes d’une nouvelle secte aux contours flous. Ainsi, dans la Chanson de Roland, il sera dit plus tard que les Sarrasins adorent Mahomet et Apollon !
Cette méconnaissance de l’islam n’empêche pas pour autant Charlemagne et le calife de Bagdad Haroun al-Rachid de nouer d’excellentes relations. C’est qu’ils ont l’un et l’autre les mêmes ennemis : l’émir omeyyade de Cordoue (musulman) et l’empereur de Byzance (chrétien) !
À l’approche de l’An Mil, la Chrétienté romaine fait pâle figure face à l’Islam dont le domaine s’étend désormais des rivages du Maroc aux confins de la Chine et brille de tous ses feux. Conscients de leur ignorance, les moines d’Occident s’instruisent dans des manuscrits en latin traduits de l’arable et inspirés d’ouvrages grecs ou persans.
Gerbert d’Aurillac est l’un de ces moines. Il va étudier dans des abbayes catalanes et en ramène une innovation majeure, la numérotation arabe, qui va remplacer les chiffres romains et ouvrir la voie au développement des mathématiques. Ses qualités humaines vont aussi valoir à ce moine de devenir le pape de l’An Mil sous le nom de Sylvestre II.
En cette époque de piété intense, les laïcs, quant à eux, se soucient simplement de sauver leur âme. Beaucoup partent en pèlerinage dans les grands sanctuaires : celui de saint Martin, à Tours, ou celui de saint Jacques, à Compostelle. Les plus audacieux gagnent le Saint Sépulcre, autrement dit le tombeau du Christ à Jérusalem, alors sous domination musulmane. Le « voyage d’outre-mer » ne fait pas peur car tout le long du parcours, les pèlerins bénéficient d’une relative protection tant de la part des chrétiens que des musulmans.
Mais après l’An Mil, alors que la chrétienté d’Occident et la France entrent dans le « beau Moyen Âge », l’espace arabo-musulman se voit assailli par les Turcs et sombre dans les divisions. En 1005, le Turc Toghrul-beg s’empare de Bagdad et devient sultan. En 1009, dans un accès de fanatisme, le sultan fatimide d’Égypte El-Hakim détruit le Saint-Sépulcre. Les pèlerins ne peuvent plus se déplacer qu’avec de grandes escortes en armes.
À la génération suivante, en 1071, d’autres Turcs défont l’armée byzantine à Malazgerd et capturent le basileus. Byzance, menacée, appelle à la rescousse la Chrétienté d’Occident.
Les Turcs arrivent
Le pape Urbain II, à la faveur d’un déplacement à Clermont (Auvergne) en 1095, lance un appel aux chevaliers pour secourir Byzance et dégager la route du Saint-Sépulcre. Il est entendu au-delà de toute espérance tant par la noblesse franque que par les paysans. Il va s’ensuivre pendant plus d’un siècle des déplacements de masse vers la Terre Sainte, plus tard appelés « croisades » (dico).
Il est important de souligner que ces croisades ne sont pas dirigées contre l’islam ni contre les Arabes. Elles n’ont pas pour but de convertir les musulmans, encore moins de les exterminer, mais seulement de contenir les Turcs. Ils ont déjà renvoyé les Arabes dans les ténèbres de l’Histoire où ils végèteront pendant neuf siècles et ils menacent d’en faire autant des Grecs, ce à quoi elle arrivera trois siècles plus tard.
Dans les États francs fondés par les croisés en Palestine, les Arabes vont découvrir ce qui fait la force des jeunes sociétés occidentales : l’égalité de tous devant la loi, puissant ou misérable, chrétien ou musulman. En témoigne l’historien et romancier Amin Maalouf : « [chez les Franj ou Francs] les féodaux, les chevaliers, le clergé, l'université, les bourgeois et même les paysans infidèles [musulmans] ont tous des droits bien établis. Dans l'Orient arabe, la procédure des tribunaux est plus rationnelle ; néanmoins, il n'y a aucune limite au pouvoir arbitraire du prince. Le développement des cités marchandes, comme l'évolution des idées, ne pouvait qu'en être retardé. » (Les croisades vues par les Arabes, 1983).
Avec les croisades, les Francs ou Français sortent pour la première fois de leur fin-de-terre et découvrent le vaste monde et ses merveilles. Leur curiosité va dès lors devenir insatiable. Ils commencent à mieux connaître l’islam et son Prophète qu’ils désignent d’après son nom turc Mehmet, dont Mahomet est une simple déformation phonétique. Dans la prestigieuse abbaye de Cluny (Bourgogne), l’abbé Pierre le Vénérable ne veut pas en rester là. En 1142, il va en Espagne commander à des ateliers de copistes la première traduction du Coran en latin.
Francs et musulmans se combattent comme se combattent tous les féodaux de l’époque, parfois avec malignité, parfois aussi avec noblesse. Le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion, angevin par son père et aquitain par sa mère, lie amitié avec son adversaire le frère et successeur du sultan Saladin. Il envisage même un moment de lui donner sa sœur en mariage afin qu’ils gouvernent de concert la Terre Sainte…
Quelques années plus tard, en 1219, saint François d’Assise a pour la première fois l’idée de convertir les musulmans à sa foi. Il se rend auprès du sultan d'Égypte Mélik el-Kâmil. Celui-ci, neveu de Saladin et dont le père avait manqué d'épouser la sœur de Richard Cœur de Lion, est un homme d'ouverture à l'esprit chevaleresque. Il organise une confrontation verbale entre François et des théologiens de l'islam, puis, rempli d'estime pour l'homme d'Église, le fait reconduire dans son camp.
Après cette tentative manquée, rares seront les récidives (citons seulement Saint Louis et beaucoup plus tard Charles de Foucauld). Après l’échec des croisades, les Occidentaux tentent mais en vain de contrer l’avancée turque sur le continent européen et pour le reste, s’accommodent du voisinage avec l’Islam. En cette fin du Moyen Âge, ils se montrent autrement plus violents envers les juifs qui tentent de vivre paisiblement sur leur sol.
À la découverte de la civilisation islamique
Dans la Divine Comédie, le poète Dante Alighieri (1266-1321) témoigne de l’ouverture d’esprit de ses contemporains et de lui-même en faisant figurer dans le premier cercle de l’enfer, où résident les âmes vertueuses privées de la foi, quelques grandes figures de l’Islam comme Avicenne, Averroès et Saladin aux côtés d’Homère, Platon, Socrate et des grands présocratiques :
« Euclide géomètre et Ptolémée,
Hippocrate, Avicenne et Galien,
Averroès qui fit le Commentaire » (Enfer, IV, 142-144).
Bien plus tard, c’est Raphaël d’Urbino (1483-1520) qui représente Averroès et Avicenne parmi les grands esprits qui peuplent son chef d’œuvre, L’École d’Athènes. Cette grande fresque décore les appartements du pape Jules II. Apprécions comme il se doit cette ouverture d’esprit dont on ferait bien de s’inspirer aujourd’hui (je songe aux Ukrainiens qui débaptisent les avenues Pouchkine au prétexte de leur guerre avec la Russie).
En attendant, les Turcs ottomans ont fini par entrer dans Constantinople et participent désormais aux jeux diplomatiques et guerriers de l’Europe moderne.
Dans son conflit avec l’empereur Charles Quint, le roi de France François Ier ne voit aucun inconvénient à nouer une alliance de revers avec le sultan Soliman le Magnifique, tout comme Charlemagne avec Haroun al-Rachid sept siècles plus tôt ! En 1536, le Roi Très Chrétien en profite aussi pour signer avec le Commandeur des Croyants des Capitulations aux termes desquelles il obtient des avantages commerciaux et se voit confier la protection des Lieux Saints et des chrétiens de l’empire ottoman.
Ce traité demeurera en vigueur jusqu’à la Première Guerre mondiale, quatre siècles plus tard. Il conduira l’empereur Napoléon III à s’immiscer dans une querelle de moines autour du Saint-Sépulcre qui mènera à la guerre de Crimée et à intervenir au secours des chrétiens maronites du Liban.
À la fin du XVIIe siècle, après le deuxième échec du siège de Vienne, l’empire ottoman a perdu de sa superbe. Il n’en excite pas moins la curiosité des Occidentaux et des Français en particulier, tout comme son rival l’Iran safavide.
Un artiste de Valenciennes, Jean Baptiste Vanmour (ou Van Mour, 1671-1737), vivra de 1699 à sa mort à Istamboul, dans le quartier de Galatasaraï, avec le titre honorifique de « peintre ordinaire du roi [de France] et en Levant ». Il nous laissera un témoignage iconographique d’une exceptionnelle richesse sur la cour et la société ottomanes.
Avant lui, le voyageur et marchand Jean Baptiste Tavernier, né à Paris en 1605 et mort à Moscou en 1689, nous livre un recueil très documenté, quoique touffu, de ses Six Voyages en Turquie, en Perse et aux Indes. Notons sa description très clinique de la ville d’Ispahan : « La ville d’Ispahan est mal percée ; les rues sont étroites et inégales, et la plupart fort obscures, à cause des voûtes que l’on fait pour aller à couvert d’une maison à l’autre, et l’on marche quelquefois dessous deux cents pas à tâtons. Ces rues sont le plus souvent remplies de mille ordures, et de bêtes mortes que l’on y jette ; ce qui cause une grande puanteur, et qui pourrait engendrer la peste sans l’extraordinaire bonté de l’air qui y règne comme je dirai ailleurs ».
Autrement plus talentueux est le diplomate Antoine Galland. Au service d’un ambassadeur de Louis XIV à Constantinople, il collecte des manuscrits orientaux et, de retour en France, est attiré par un recueil de contes populaires. Il le retranscrit dans le français imagé du Siècle des Lumières et le complète effrontément en transcrivant les contes qu’il a entendus d’un ami syrien. L’ensemble est publié en 1704 sous le titre : Les Mille et Une Nuits et va recueillir immédiatement un immense succès. Il faudra attendre plus d’un siècle avant que des lettrés arabes s’intéressent à ce témoignage unique de la littérature populaire syro-égyptienne.
Les Mille et Une Nuits de Galland vont renforcer l’intérêt des Français cultivés pour l’Orient. En 1721, Montesquieu, dans Les Lettres persanes, fait parler deux voyageurs venus de Perse pour critiquer la monarchie française sans risquer la censure. .
À la fin du siècle, alors que cette monarchie est tombée sous les coups de la Révolution, un jeune général accorde son ambition politique avec sa passion pour l’Orient. Il emmène une armée en Égypte avec le projet, qui sait ? de soumettre l’empire ottoman.
Napoléon Bonaparte, car c’est de lui qu’il s’agit, n’y réussira pas mais il va ouvrir l’Égypte et le monde arabe à la modernité avec le concours des savants de son expédition. Lui-même va avoir soin de séduire la population en affichant sa bienveillance envers l’islam !
Il va inaugurer la vogue de l’Orient chez les artistes et les écrivains français et européens. Chateaubriand ouvre le bal avec son voyage au Levant en 1806-1807 d’où sort un Itinéraire de Paris à Jérusalem dans lequel l’auteur, fidèle à lui-même, parle essentiellement de lui-même !
Autrement plus fin et subtil est le Voyage en Orient de Gérard de Nerval, dans lequel le poète raconte avec une humanité rare ses pérégrinations de Vienne à Constantinople en passant par la Grèce, l’Égypte et le Liban, de 1839 à 1843.
Voici comment il narre sa rencontre inattendue avec le jeune sultan Abdul-Mejid (16 à 20 ans) alors que celui-ci venait de publier la Charte de Gulhané destinée à moderniser l’empire : « En redescendant vers le port, j’ai vu passer le sultan dans un cabriolet fort singulier ; deux chevaux attelés en flèche tiraient cette voiture à deux roues, dont la large capote, carrée du haut comme un dais, laisse tomber sur le devant une pente de velours à crépine d’or. Il portait la redingote simple et boutonnée jusqu’au col, que nous voyons aux Turcs depuis la réforme, et la seule marque qui le distinguât était son chiffre impérial brodé en brillants sur son tarbouch rouge. Un sentiment de mélancolie est empreint sur sa figure pâle et distinguée. Par un mouvement machinal, j’avais ôté mon chapeau pour le saluer, ce qui n’était au fond qu’une politesse d’étranger (…). Il me regarda alors avec attention, car je manifestais par là mon ignorance des usages. On ne salue pas le sultan. »
Passons sur Gustave Flaubert qui se rend en Égypte et à Jérusalem avec son ami Maxime du Camp en 1849-1852. Nul doute que le voyage va inspirer l’œuvre romanesque du jeune trentenaire mais ses carnets se résument pour leur part à des histoires de bordels et de viols et à une vision glauque de l’Orient.
Après ces références de premier plan, l’Orient va inspirer jusqu’à nos jours les auteurs français tel le fantasque Pierre Loti qui va faire rêver des générations d’adolescents avec Aziyadé (1879), le roman né de son amour impossible pour une jeune Ottomane. Il va aussi nourrir l’imagination du naturaliste Théodore Monod (1902-2000), en quête d’une introuvable météorite, et les travaux des grands islamologues et historiens Louis Massignon (1883-1962) ou encore Maxime Rodinson (1915-2004) et Jacques Berque (1910-1995).
Mais l’orientalisme est aussi à l’origine de chefs d’œuvre artistiques. Il y a bien sûr les beautés quelque peu fantasmées de Jean Dominique Ingres : La Grande Odalisque (1814) et Le Bain turc (1862). Plus sérieusement, il y a les toiles d’Eugène Delacroix tirées de ses impressions de voyage à Tanger, Meknès et Alger en 1831, et notamment les magnifiques Femmes d’Alger dans leur appartement (1834).
Cette œuvre et bien d’autres reflètent l’empathie de l’auteur pour l’humanité d’outre-Méditerranée. Cette empathie est aussi manifeste dans l’œuvre de Théodore Chassériau (1819-1856) ainsi que d’Eugène Fromentin (1820-1876), surtout actif sous le Second Empire. Ses Cavaliers arabes et ses scènes de chasse en Algérie expriment sa nostalgie pour un Âge d’Or chevaleresque en voie de disparition.
Faut-il poursuivre ? Où que nous posions nos regards, nous ne voyons dans l’Histoire de France que bienveillance et empathie envers le monde arabe et l’islam lui-même. Ces sentiments se concilient tout à fait avec une foi chrétienne solide comme le montrent les parcours remarquables du père de Foucauld, du très croyant Théodore Monod ou des moines de Tibéhirine. D’où vient alors ce sentiment de gâchis qui nous parcourt quand nous évoquons les relations de la France actuelle avec l’Islam et la place des musulmans dans la société française ?
Le gâchis algérien
La réponse tient en un mot : Algérie ! Depuis bientôt deux siècles, pour des raisons qui tiennent beaucoup à l’aveuglement idéologique des gouvernants de la IIIe République et d’aujourd’hui, il nourrit les pires malentendus et déboires...
















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Jonas (30-08-2023 15:15:48)
Le concept islamophobie a été forgé par l'imam Khoménye pour disqualifier , tous ceux qui s'opposaient a lui .
Il a été importé en France par l'ancien président du MRAP Mouloud Aounit , aujourd'hui décédé, pour également faire taire ceux qui critique l'islam en tant que religion.
Didier (28-08-2023 17:23:31)
La synthèse est brillante mais mêle des choses très différentes et qui ne peuvent être des arguments pour dire notre Histoire ne contient « que bienveillance et empathie envers le monde arabe et l’islam lui-même ».
Oui, la France n’a jamais manifesté d’hostilité à l’égard de l’islam et encore moins à l’égard des musulmans en tant que tels : pas plus qu’à l’égard du bouddhisme ou des Chinois tout aussi absents sur notre territoire. Oui, les souverains ont fait fi des différences de religions pour nouer des alliances, car ils font alliance avec une autre puissance et non avec les musulmans ou des protestants. Oui, il y a une littérature et des peintures magnifiques inspirées par l’Orient, mais Delacroix peint-il des musulmans ou une lumière nouvelle, des scènes pittoresques…
Mais les mesures du pouvoir et les réactions populaires contre les juifs qui sont présents sur le territoire sont une constante. Et les réactions populaires se sont manifestées aussi contre de bons catholiques comme les Italiens ou les Polonais venus travailler en France. Quant aux Noirs…Bref votre panégyrique de l’histoire française ne saurait faire oublier les discriminations liées à la religion, la langue ou la couleur.
COLLIN (23-08-2023 10:45:07)
Votre article rappelle qu'il y a eu un Orient cultivé et raffiné; c'est bien.
Mais il ne mentionne en rien le côté barbare de l'Orient (à part les mentions de bordels et de viols par Flaubert).
Il ignore toute l'activité de pillage des monastères européens, riches des dons des fidèle. Il ferait oublier les nombreux massacres (par exemples de la totalité des moines de Lérins) et au moins neuf siècles de traite des hommes par les turcs et les arabes, depuis le Caucase jusqu'en Suède actuelle. Ce qui a entrainé bien des interventions navales, surtout une expédition navale d'envergure de Louis XIV, une autre des Etats Unis au XIXème siècle. Mais aucune intervention n'a mis fin aux razzias commanditées depuis Alger et Tunis(en particulier à l'époque de Barberousse) jusqu'à l'intervention de Napoléon III suivie de la colonisation.
Certes ce n'étaient peut-être pas des guerres de religion, mais comme le Coran n'établi pas de séparation entre la religion et le pouvoir, la confusion s'impose.
Comment ces deux aspects d'un Orient multiformes cohabitaient-ils ? Intéressant !
Jérémy C. (21-08-2023 05:29:44)
"La marche des Turcs", Sully, compositeur de Louis XIV. Il y a eu une fascination occidentale pour l'Orient. Mais une fascination n'est pas lucide. Probablement nous avons découvert ce qu'était vraiment l'Islam en allant nous embourber en Algérie. De Gaulle voulait nous sortir de cette impasse en traitant avec le MNA, mouvement nationaliste algérien. Le FLN, mouvement islamique qui fascinant Sartre, tuait un à un tous les membres du MNA jusqu'à Paris. Quand les accords d'Évian ont dû être signé, il ne restait plus que le FLN pour poser les signatures, les islamistes avaient gagnés.
Philippe MARQUETTE (21-08-2023 02:23:35)
Texte très orienté et malgré cela, bien documenté qui occulte totalement le déclin de la civilisation et de la culture arabes due à l'apparition de l'Islam.
Mais le « politiquement correct » a ses exigences qui sont respectées par Hérodote comme autant de sourates en provenance du Coran.
mcae.fr (20-08-2023 20:24:15)
Voilà un texte particulièrement riche qui va m’obliger à mettre à jour ma documentation.
Mais nous nous rejoignons sur la conclusion : le rejet des musulmans est tout récent (XXIe siècle) et s’appuie sur une distorsion mal intentionnée de l’histoire.
Annie-France (20-08-2023 19:51:09)
Islamophobes, les français ?
Votre résumé historique est intéressant mais ne suffit pas, loin de là, à répondre à la question.
Il y a surtout un anti-islamisme évident lié aux attentats meurtriers, à l’idéologie islamiste radicale qui tente de se créer un argumentaire de victime, basé sur la confusion possible entre les mots.
Peu de gens sont enclins à soutenir des assassins et leurs donneurs d'ordre qu'ils se réclament d'une religion ou non. Et quoi de plus salutaire que de repousser le djiadisme, la charia qui sévit dans quelques pays musulmans, les tentatives fréquentes de contourner la laïcité ou d’occuper l’espace public.
Les femmes lourdement voilées sont (consciemment ou non) des étendards de schismes musulmans radicaux : elles suscitent une incompréhension majeure acceptant cet enfermement du à la haine de leur sexe par leur propre religion. Elles véhiculent donc l’idée d’une menace potentielle.
Nous avions eu en Fr à accueillir plusieurs vagues d’immigration (polonais, espagnols, italiens, portugais) qui se sont intégrées sans grand problème : ils n’apportaient pas non plus de nouvelle religion. Aujourd’hui, le fait religieux a perdu la moitié de ses adeptes et, les religions, depuis la loi de 1905, leurs prétentions. Ce phénomène touche aussi l’islam bien que l’on compte exagérement toute personne arabe comme musulmane.
Mais on trouve chez certains de nos compatriotes musulmans la tentation de vouloir placer les lois de leur religion au-dessus de la loi républicaine et cela attise un rejet, somme toute, légitime.
Votre article répond mal à la question car le contexte démographique, politique, géographique d’aujourd’hui n’a aucune commune mesure avec l’Histoire d’avant le 20ème Siècle.
De nombreux musulmans condamnent ces dérives mortifères dans leur religion et sur les réseaux se font traiter d’islamophobes ! Le mot le plus approprié est donc « islamistophobe », et celui-là, je le revendique.
Herodote.net répond :
Cet article-ci évoque les rapports de la France avec l'islam jusqu'à la fin du XIXe siècle. Les XXe et XXIe siècles nous restent à écrire...
dptito30 (20-08-2023 18:52:04)
Vous devriez lire ou relire ce que pensait Chateaubriand sur les musulmans !
Et il n'etait le seul. Ce cher General De Gaulle n'avait il pas dit qu'il ne voulait pas pas voir son village devenir Colombey-les-deux-Mosquees ??
opinion dissidente (20-08-2023 18:10:10)
1Certes en 1742, quand Voltaire présente « Mahomet » à la Comédie française, La pièce, connait un succès considérable qui entraine son interdiction En effet c'étaient « l'intolérance de l'Église catholique et les crimes commis au nom du Christ » qui étaient les premiers visés Au demeurant Voltaire précise dans une lettre de 1742 : « Ma pièce représente, sous le nom de Mahomet, le prieur des Jacobins mettant le poignard à la main de Jacques Clément »..En 1770, il défend le Prophète pour soutenir que « d’autres peuples pouvaient penser mieux que les habitants de ce petit tas de boue que nous appelons Europe » Ainsi Voltaire écrit .« Il n’y a point de religion dans laquelle on n’ait recommandé l’aumône. La mahométane est la seule qui en ait fait un précepte légal, positif, indispensable. L’Alcoran [le Coran] ordonne de donner deux et demi pour cent de son revenu, soit en argent, soit en denrées. La prohibition de tous les jeux de hasard est peut-être la seule loi dont on ne peut trouver d’exemple dans aucune religion.
Toutes ces lois qui, à la polygamie près, sont si austères, et sa doctrine qui est si simple, attirèrent bientôt à la religion, le respect et la confiance. Le dogme surtout de l’unité d’un Dieu présenté sans mystère, et proportionné à l’intelligence humaine, rangea sous sa loi une foule de nations et, jusqu’à des nègres dans l’Afrique, et à des insulaires dans l’Océan indien. Le peu que je viens de dire dément bien tout ce que nos historiens, nos déclamateurs et nos préjugés nous disent : mais la vérité doit les combattre.»
Chrysostome (20-08-2023 17:50:04)
Vous êtes en train de nous la faire à l'envers! Avec tout le respect que je vous dois !
Notre problème n'est pas dans ce sens, mais dans le sens que les immigrants n'aime pas la France qui les a colonisée. Pourquoi pas, mais ils ont été aussi et depuis bien longtemps colonisés par les Arabes, ont tué les Berbères, les Catholiques, etc ... Pourquoi ce sens inique et de parti pris, ça ne fait pas avancer le problème de cette immigration pernicieuse et larvée, et ce n'est pas en nous accusant en tant que Chrétiens que nous sommes coupables !
Non! Votre attaque du problème n'est pas digne d'Hérodote. Vos dérives (islamo)gauchistes sont trop évidentes.
Lebrun (20-08-2023 17:01:39)
Oui, enfin il est possible de lire une thèse un peu différente concernant l'orientalisme avec Edward Said. Si au 19eme, l'occident pouvait encore écrire l'histoire de cette manière, depuis ... la fresque s’effrite un peu. Concernant l'Algérie, les maçons français ont aussi réécrit l'histoire par exemple, au sujet de l’Émir Abd el-Kader en déclarant de partout l'avoir initié comme un frère :. à Alexandrie. Si l'histoire n'est que la propagande du vainqueur alors la fiction est la seule vérité ? Bis repetita placent.
Naphtes (20-08-2023 14:52:34)
Bravo pour cet article; merci
Tr5c (20-08-2023 12:52:34)
Et Voltaire ?
Herodote.net répond :
Voltaire faisait profession de critiquer tout le monde (sauf les puissants). Il ironisait sur les juifs, les chrétiens, les pauvres, les "sauvages", etc. Il eut été surprenant qu'il n'ironise pas aussi sur les musulmans comme dans sa pièce Mahomet.