1973-2023

Le demi-siècle où l'Europe a basculé

14 juillet 2023. Émeutes, manifestations contre la loi sur les retraites, annulation au débotté de deux visites d’État, celle de Charles III en France et celle du président Macron en Allemagne ; tout cela fait beaucoup en cinq mois dans un pays en panne où les pharmacies en viennent à manquer même d’antibiotiques ! Entre la Commission européenne, la Cour des comptes, les cours de justice, etc. la classe politique ne sait plus à quel saint se vouer et les citoyens s’interrogent sur l’avenir de leur pays. C'est la conséquence de choix politiques vieux de cinquante ans…

Les Français vont bien. Les sites touristiques, les plages, les restaurants de qualité, les cafés et les salles de spectacle font le plein. À l’Opéra, Roméo et Juliette triomphe avec un public et des artistes représentatifs de la France aisée, dans sa diversité d’âge et de couleur. Les solidarités familiales demeurent solides et les associations font florès : sportifs, aquarellistes, boulistes, chasseurs, etc. Les patrons français se portent comme un charme, à commencer par le premier d’entre eux, Bernard Arnault (LVMH), l’homme le plus riche du monde.

La France va mal. L’annulation des festivités du 14 Juillet dans nombre de villes, pour cause d’insécurité, témoigne de « l’effondrement de l’État régalien », dixit David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Association des Maires de France (France Inter, 12 juillet 2023).

Choix politiques et pesanteurs démographiques

Sans aller jusqu’à parler d’effondrement, chacun admet la déliquescence de l’État et le défaut d’autorité de ses représentants, sur la scène intérieure comme sur la scène internationale.

Il faut y voir le résultat d’un choix conscient de la classe politique, tant de droite que de gauche, en faveur de la mondialisation, de l’ouverture des frontières et du « multiculturalisme ». Nous pouvons en suivre les jalons depuis cinquante ans.

- Le tournant de 1973-1974 :

Tout commence pour ainsi dire le 1er janvier 1973. Ce jour-là, officiellement, le Royaume-Uni  fait son entrée dans la Communauté Économique Européenne (CEE), accompagné du Danemark et de l’Irlande. Précédemment, le général de Gaulle s’était opposé à l’adhésion des Britanniques car il craignait qu’ils n’entraînent l’Europe des Six dans une allégeance accrue à Washington et ne convertissent les Européens au libéralisme anglo-saxon.

De fait, Margaret Thatcher, adepte de la doctrine néolibérale et monétariste de Friedrich Hayek et Milton Friedman (dico), accède à la tête du parti conservateur le 11 février 1975 puis entre au 10 Downing Street le 4 mai 1979. Ronald Reagan entre à la Maison Blanche en janvier 1981 et tous les deux vont entraîner les Européens dans leur sillage néolibéral.

Par ailleurs, en avril 1974, profitant de son intérim présidentiel suite au décès du président Georges Pompidou, le sénateur centriste Alain Poher valide l’entrée de la France dans la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH). De Gaulle et son successeur s’y étaient quant à eux vigoureusement opposés car ils craignaient non sans raison que les magistrats ne s’appuient sur la CEDH pour invalider les lois votées par les élus du peuple.

À ces choix économiques et politiques s’ajoutent deux tournants majeurs en matière démographique :

• Dans tous les pays développés, en 1973, l’indicateur de fécondité passe en-dessous du seuil de 2,1 enfants par femme qui assure tout juste le renouvellement de la population. Il va dès lors continuer de baisser pour se rapprocher aujourd'hui dans certains pays d'un enfant par femme, ce qui revient à une quasi-disparition physique d'ici un siècle des Européens d'origine, descendants des Indo-Européens arrivés il y a 4500 ans (dico). Aujourd'hui, cette population diminue plus ou moins vite dans tous les pays, y compris la France. C’est inédit dans l’Histoire universelle en temps de paix.

• Dans le même temps, en 1973, pour la première fois depuis mille ans ou davantage, l’Europe reçoit plus d’immigrants qu’elle ne voit partir d’émigrants. Là aussi, le phénomène va s’amplifier presque d’année en année. Aujourd'hui, si certains pays européens comme la France arrivent encore à stabiliser leur population, c'est seulement grâce à l'immigration d'origine africaine ou moyen-orientale des cinquante dernières années (note).

Sans que quiconque s’en doute, tout est alors en place pour un grand basculement de la France et de l’Europe.

- La conversion de 1983-1984 :

Début 1983, le président François Mitterrand convertit la gauche française au néolibéralisme. Après la désindexation des salaires sur les prix, il fait le choix de rester dans le SME (Système Monétaire Européen). C’est un prélude à l'Acte unique européen, un traité signé les 17 et 28 février 1986 sous l'égide de Jacques Delors, président de la Commission européenne. Entré en vigueur le 1er juillet 1987, il impose la suppression complète de toutes les barrières intérieures à la CEE (capitaux, personnes, marchandises).

Cette libéralisation au forceps dans le cadre européen porte un coup fatal au parti communiste et aux syndicats. Jusque-là, avec leurs comités d’entreprise et leurs organisations de jeunesse, ils structuraient la société en concurrence avec l’Église catholique. L’effacement de l’Église et du Parti va laisser en déshérence la jeunesse des classes populaires. Les prédicateurs de tous poils et les « influenceurs » des réseaux sociaux n'auront bientôt plus qu'à se servir...

En attendant, le 15 octobre 1983, une trentaine de jeunes gens issus de l’immigration maghrébine quittent Marseille pour Paris. Au fil du trajet, ils sont rejoints par des sympathisants et sont cent mille à l'arrivée. Leurs représentants sont reçus par le président de la République. La France prend conscience avec cette « Marche des Beurs » d’une immigration de peuplement inédite.

L’année suivante est fondée l’association SOS Racisme, avec  un slogan culte : « Touche pas à mon pote ! » en référence aux violences policières. L'opinion, ravie, y voit l'expression juvénile de l'antiracisme et la promesse d'une société multicolore et fraternelle. Elle n'en discerne pas le sens véritable : l'affirmation qu'un délinquant devient intouchable dès lors qu'il est un ami (un « pote »). C'est la négation de la justice, de la loi et de l'égalité entre les citoyens et c'est un premier coup de canif dans la légitimité de la police et des tribunaux.

- L’engagement de 1992-1993 :

L’implosion de l’URSS en 1989 a mis fin à la guerre froide. Elle laisse croire à un horizon de paix, de démocratie et de prospérité. Le politologue américain Francis Fukuyama en fait la promesse dans un livre à succès : La Fin de l’Histoire (1992). Les gouvernants européens désarment à tout va en faisant confiance aux Américains pour les protéger via l’OTAN et choisissent de ne plus s'occuper que d'économie. La monnaie unique est instaurée par le traité de Maastricht de 1992

Le 1er janvier 1993 naît officiellement l’Union européenne. Les Européens partagent la croyance de Montesquieu selon laquelle le « doux commerce » guérit de tous les maux. Ils se convainquent que l'union monétaire va faire converger les économies européennes. Au lieu de cela, l'Europe du nord et l'Europe méditerranéenne, dont la France, vont voir leurs performances industrielles et leurs niveaux de vie diverger dans les années 2000. En 2001, le PIB par habitant de l'Allemagne était de 4% supérieur à celui de la France et de 12% à celui de l'Italie. En 2021, il les dépasse respectivement de 17% et de 44%.

À cet échec contre-intuitif, il y a des raisons objectives que l'économiste américain Joseph Stiglitz (Prix Nobel d'économie 2001) a analysé avec beaucoup de finesse (Comment la monnaie unique menace l'avenir de l'Europe, 2016). Il montre combien il eut été préférable de s'orienter vers une monnaie commune (et non pas unique) composée d'un panier de monnaies nationales selon un modèle déjà envisagé par John Maynard Keynes, le bancor... Mais nous n'en sommes plus là et faute de pouvoir se réformer, l'Union en est réduite à brider toujours un peu plus les États.

La France au tournant

Jusque dans les années 1990, la classe politique française abhorrait le « multiculturalisme » à l’anglo-saxonne. Sa préférence allait au « multiracialisme » et à l’idée que les citoyens de toutes les couleurs et de toutes les religions pouvaient communier dans un même amour pour la France. C’était le temps de la France « black-blanc-beur ».

Mais après un ralentissement dans les années 1990, les flux migratoires s’intensifient, de 100 000 par an à 200 000 en 2002. « Le processus d'intégration par le brassage des populations s'est brutalement interrompu, » constate dès 1999 Julien Dray, fondateur de SOS Racisme.

De là les violences désordonnées d’octobre 2005 comme de juin 2023. Ces violences ne sont pas propres à la France. La Suède a ainsi connu l’an dernier des manifestations haineuses consécutives à la provocation d’un militant d’extrême-droite qui avait brûlé un Coran en place publique. Plus gravement, l’Angleterre a vécu en avril 2011 de violentes émeutes ethniques suite à la mort d’un délinquant d’origine antillaise. Il s’en était suivi des incendies, des pillages et cinq décès.

La faiblesse de l’État fait le désespoir des classes populaires ainsi que des habitants des départements d’outre-mer qui ont motif de craindre que leurs enfants ne soient aspirés dans un trou noir. Les uns et les autres manifestent leur inquiétude en votant majoritairement pour le Rassemblement national (droite extrême), à la grande indignation de la classe politique.

Insensiblement, à droite comme à gauche, celle-ci se rallie au « multiculturalisme » importé d’outre-Atlantique ou d’outre-Manche. Elle en vient à faire table rase du passé, de l’État et de l’idée même de communauté nationale. Le renversement de valeurs devient manifeste en 2017 quand, à Lyon, le président Macron, fraîchement élu, déclare : « Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse ! » Le même réduit la France à une « start-up nation » portée par une introuvable « souveraineté européenne ».

Autant sinon plus que la fracturation des sociétés européennes sous l'effet du « multiculturalisme », nous devrons désormais nous accommoder de la perte d'autonomie de l'Union européenne. Deux signaux sont révélateurs de ce phénomène ; ils témoignent de l'alignement de plus en plus aveugle de l'Union européenne sur les États-Unis :

• Le Japon a participé au sommet de l'OTAN de Vilnius les 11 et 12 juillet 2023 et Washington a suggéré d'ouvrir un bureau de l'Alliance à Tokyo (le président Macron s'y oppose pour l'instant) ; cela confirme que les États-Unis se disposent à impliquer leurs protégés européens dans leur conflit avec la Chine.

• De son côté, la Commission européenne s'apprête à accueillir le 1er septembre une économiste américaine très influente, Fiona Scott Morton, à un poste stratégique à la Direction générale de la concurrence. Et ne parlons pas des consultants MacKinsey invités à réformer l'administration française (pour le pire). C'est reconnaître que l'Union européenne ne se perçoitplus que comme un appendice des États-Unis.

La France conserve des ressources cachées

Démocratie mise à mal par les institutions supranationales et les cours de justice ; souveraineté réduite à peu de chose ; déficit commercial abyssal ; déchirements communautaristes...  Il y aurait matière à désespérer si la France ne conservait de magnifiques atouts avec une jeunesse ardente et passionnée. On la voit à l'oeuvre sur le chantier de Notre-Dame de Paris. Victime d'un incendie le 15 avril 2019 du fait de calculs comptables mesquins qui avaient réduit sa surveillance à presque rien, la cathédrale a été sauvée grâce au dévouement et au professionnalisme des sapeurs-pompiers et elle est en voie d'être magnifiquement restaurée grâce à ses donateurs et surtout grâce au dévouement et au professionnalisme de multiples corps de métiers.

On peut y voir le signe que le pays garde la capacité de retrouver sa souveraineté, dans le cadre d'une authentique démocratie, sous la protection d'un État fort et dans le respect de la solidarité européenne. Rien n'interdit de cultiver cet espoir, si ténu soit-il.

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2023-08-12 17:31:33
Nicolas (28-09-2023 12:34:20)

Bien que j'apprécie l'optimisme de votre conclusion, la réalité quotidienne me laisse hélas bien plus sceptique.

Fabrice D (22-08-2023 10:26:12)

j'ai fait partir trop vite mon commentaire sur votre article, qui est du coup tronqué, voilà la suite que je m'apprêtais à écrire :

je vous encourage à lire l'ouvrage de Johannes Krause et Thomas Trappe "le voyage de nos gênes - comment les migrations ont faite de nous ce que nous sommes", qui explique bien, depuis les premiers hommes, comment le continent européen a été façonné par les vagues migratoires successives. Dire que la vague migratoire récente (dont je pense que vous ne parlez que celle qui est extra-européenne à partir des années 50) serait un phénomène ontologiquement différent ce ce qu'on a vécu au cour des décennies des siècles précédents me semble erroné.

Il est vrai que l'immigration issue des anciennes colonies françaises pose des défis nouveaux en terme d'assimilation car l'intégration de ces immigrés et de leurs descendants est polluée d'une part par un ressentiment (réel et en grande partie aussi fantasmé a posteriori) issu de la période coloniale, mais aussi par les réelles difficultés sociales rencontrées par ces personnes sur notre territoire. Et aussi l'émergence d'un islam visible et parfois traditionnaliste, (voire fondamentaliste pour une fraction certes infime mais active) vient compliquer la donne.

Dire hâtivement comme vous le faites que la gauche comme la droite se seraient converties au multiculturalisme à l'anglo-saxonne, c'est selon moi là aussi caricatural et non conforme à la réalité. Un courant (à mon sens minoritaire) de la gauche est favorable au multiculturalisme, et à droite je n'ai pas vu que c'était franchement une idée en vogue... Pour ma part, je suis de gauche, et toujours viscéralement attaché à l'idée universaliste issue des Lumières et de la révolution Française de 1789 et réaffirmée à l'article 1er de notre constitution : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée."

je vous rappelle que la France reste attachée au principe de laïcité, et que des lois l'ont récemment renforcée (par exemple interdiction du port de signes religieux ostentatoires à l'école, interdiction du visage entièrement voilé dans les lieux publics, lois qui ont été très critiquées aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne où elles sont largement incomprises, preuve que nous n'avons pas changé de modèle, même si je vous accorde qu'il est difficile à faire respecter.

bref, je suis en désaccord de façon assez totale avec les présupposés idéologiques de votre article qui comprend selon moi de nombreuses inexactitudes historiques basées je pense sur vos présupposés idéologiques, ce qui n'est pas très bon pour un historien.

Fabrice D (22-08-2023 09:57:23)

Bonjour,

je lis votre billet avec une certaine consternation. Je me suis abonné à votre site car je passionné d'histoire depuis toujours (titulaire d'une simple licence d'histoire à la Sorbonne, mais j'ai fait depuis de nombreuses recherches personnelles).

En effet, votre article se fait le chantre des lubies déclinistes et souverainistes qui font florès ici ou là. Je peux être d'accord avec certains de vos constats, j'y reviendrain mais je suis en désaccord fondamental avec nombre d'entre eux.

Quand je lis par exemple que Mitterrand en 1983 aurait fait le choix du néo-libéralisme, je tombe de ma chaise. La gauche est arrivée au pouvoir en 1981 après 27 and dans l'opposition : elle avait un projet de transformation radicale de la société ("changer la vie", rien de moins, tel était le slogan du PS à l'époque). Des réformes profondes ont été engagées dans les années 1981-1983 qui marquent encore notre réalité actuelle :abolition de la peine de mort, libéralisation des médias, politique culturelle ambitieuse, lois Auroux renforçant le dialogue social dans l'entreprise avec une réforme du Code du Travail donnant plus de poids aux instances représentatives du personnel, lois Deferre 1982-83 de décentralisation notamment création des régions (réforme voulue par de Gaulle mais fracassée sur le référendum raté de 1969),...

La gauche s'est cependant heurtée aux réalités économiques et au fameux "mur de l'argent" que le Front Populaire avait déjà expérimenté en 1936 : notamment fuite massive de capitaux et spéculation internationale contre le franc. Delors et s'est heureux, avait convaincu Mitterrand de rester dans le SME, mettant sa démission dans la balance. En revanche, un contrôle des changes avait été instauré pour stopper la fuite des capitaux, et une politique de rigueur pour restaurer la compétitivité des entreprises françaises, ce qui a été réussi.

Ce n'est pas une "politique néo-libérale" comme vous l'affirmez, simplement le gouvernement socialiste de l'époque avait dû infléchir sa politique économique en 1983 pour sauvegarder notre économie ce qui avait entraîné le départ des ministres communistes du gouvernement à ce moment-là.

Mon deuxième point de désaccord majeur avec vous, quand vous parlez de l'émergence du mouvement SOS Racisme dans les années 1980 : vous interprétez le slogan "Touche pas à mon pote comme " l'affirmation qu'un délinquant devient intouchable dès lors qu'il est un ami (un « pote »). Il se trouve que j'étais dans un lycée d'une ville populaire de la parisienne quand SOS racisme est apparu, donc je peux livrer un témoignage de première main, non biaisée par des a priori. Je n'ai jamais fait partie de ce mouvement et je dois dire que je l'ai toujours accueilli avec une relative méfiance, toutefois j'ai constaté que des jeunes de toutes origines en faisaient partie, il n'y avait à l'origine rien de communautariste ou "indigéniste" dans la démarche qui était sincère et bon enfant. Il ne s'agissait pas de dire qu'un délinquant est intouchable si c'est mon pote ! Vous tombez dans la caricature : c'est suite suite à des faits divers dramatiques (agressions de jeunes et adultes d'origine étrangère par des militants de l'extrême-droite qui commençait déjà hélas à repointer son nez dans les années 80) que SOS racisme a été créé. Le sens du slogan c'était : n'agresse pas mon pote du fait de sa couleur de peau ou de son origine présumée. Rien à vour avec la délinquence, vous mélanger tout, sans doute à l'auen des émeutes récentes, vous faites un anachroniqme total par rapport à la création de SOS racisme en 1984. C'est assez problématique pour un historien qui (je sais que c'est très difficile) ne doit pas réécrire le passé à la lumière des évènements récents mas essayer de se plonger dans le contexte de l'époque. Par la suite, je dois dire qu ce qu'est devenu SOS Racisme m' a personnellement de plus en plus gêné, mais à l'origine la création de ce mouvement n'est pas du tout ce que vosu décrivez.

Une de vos affirmations qui me fait le plus bondir est celle-ci, qui vous inspirée par la soi disant "marche des beurs" de 1983? mal appelée ainsi par les médias, car son nom réel étant "Marche pour l'égalité et contre le racisme", laquelle s'est déroulée de manière totalement pacifique et avait été organisée suite à plusieurs meurtres racistes intervenus lors des mois précédents. a propos de cette marche pour l'égalité et contre le racisme (je tiens à son vrai nom qui dit mieux de ce que c'était) "La France prend conscience avec cette « Marche des Beurs » d’une immigration de peuplement inédite." Oula... on est pas très loin du "grand remplacement" cher à Eric Zemmour ici, et tant démnti par les démographes et jistoriens un tant soi peu sérieux et documentés sur les milliers d'années d'histoire de notre pays et de notre continent. je vous invite chaleureusement à lire l'ouvrage récemment traduit de l'allemand "Le voyage de nos gênes : comment les migrations ont fait de nous ce que nous sommes" 'Par Joannes Krause et Thomas Trappe, chez Odile jacob, fin 2022), qui explique bien que le continent européen, depuis le premier homme moderne jusqu'à nos jours, a été façonné par les différentes vagues migratoires qui s'y sont succédées. Parler de la dernière vague d'immigr

GUYOT (04-08-2023 15:49:37)

Bonjour,
Comme chaque fois, une analyse critique plutôt sévère, mais quel plaisir de lire un final plein d'optimisme.
Merci

Christian (24-07-2023 15:39:39)

En France, pas un jour ne se passe sans une nouvelle preuve de la déliquescence de l'Etat. La dernière en date est sans doute la déclaration du directeur général de la police nationale qui considère "qu’avant un éventuel procès, un policier n’a pas sa place en prison, même s’il a pu commettre des fautes ou des erreurs graves" et que
"le savoir en prison l’empêche de dormir". Si lui ne dort pas, nous on croit rêver...

En dehors des ténors de l'opposition, la seule institution officielle à avoir réagi à ces propos est le tribunal de Marseille en la personne de son président, qui s'exprime rarement en public et qui appelle "à la mesure afin que l’institution judiciaire puisse poursuivre les investigations indispensables à l’enquête à l’abri des pressions et en toute impartialité". Le président Macron a refusé de répondre clairement à la question ce midi depuis Nouméa et la première ministre nouvellement reconduite est aux abonnés absents, de même que les ministres de l'intérieur et de la justice, d'habitude si diserts...

mcae.fr (20-07-2023 06:56:38)

Pour abonder dans le sens de DEMOULE, je ne suis pas d’accord avec Hérodote.net quand il sous-entend que les Maghrébins se sont marginalisé eux-mêmes.
Dès la fin du XIXe siècle, les Maghrébins colonisés réagissent à leur appauvrissement en envoyant des migrants en France, sans poser de problèmes d’intégration.
Voir : https://www.histoire-immigration.fr/caracteristiques-migratoires-selon-les-pays-d-origine/l-immigration-algerienne-en-france

Avant ou après l’indépendance, la perfusion financière de l’émigration reste nécessaire en Algérie. Elle se passe sans problème, avec des jeunes qui s’intègrent et deviennent même moteurs dans notre société (comme tous les jeunes qu’on laisse s’épanouir). Une situation assez bien documentée dans le livre « Les ghettos de la république » d’André Gerin (qui a été député-maire de Vénissieux).
Il donne un témoignage précieux de la suite des événements qui ont conduit à la rupture.
- Apparition du chômage de masse, dans les années 70, pendant le septennat de Giscard d’Estaing. On peut suspecter les responsables d’un admirable compromis : rester majoritaire en affectant le chômage à ceux qui ne votent pas.
- Changement de la politique d’Urbanisme. Loger les migrants qui arrivent massivement, n’est plus de la responsabilité de l’état mais du marcher de l’immobilier. Arrêt des programmes de construction et envolé des loyers. La séduisant obligation de relogement de la loi Barrot sur « la protection des locataires d'immeubles anciens », est en fait inapplicable, comme le dénoncent des associations.
Voir : https://www.lemonde.fr/archives/article/1976/02/10/la-loi-barrot-ne-nous-permet-pas-de-defendre-reellement-les-occupants-expulses-soutiennent-les-associations_2959871_1819218.html


Les Maghrébins, qui nous ont aidés pour nos guerres et pour notre économie, et qui ont choisi de venir s’installer en France, compte tenu du fiasco social de l’Algérie du FLN, se retrouvent sans ressources dans un logement qui ne peut plus s’agrandir et qui n’est plus entretenu.
Le regroupement familial, qui est concomitant, n’est pas, à mon sens, la cause des difficultés. Si le chef de famille s’est bien intégré, pourquoi sa femme et ses enfants feraient-ils sécession et pour quelle raison ?
Déstabilisés par la régression du mode de vie, les Français ont accepté, contre leur nature, que leurs dirigeants abandonnent en rase campagne économique, les Maghrébins qui nous avaient fait confiance.


Cinquante ans plus tard, les deux sociétés sont devenues disjointes à cause de leur économie. On peut créer des jumelages mais pas des ponts.
Robert Ménard, dont j’apprécie l’honnêteté intellectuelle, finances des associations sportives, c’est dit-il le seul endroit où on peut faire se rejoindre les communautés et fabriquer des citoyens.
Mais la citoyenneté ne se construit pas à la marge, elle découle de la résolution des problèmes essentiels : l’autonomie économique, la sécurisation de l’avenir, la reconnaissance sociale. Ce n’est que lorsque les habitants seront à nouveau interdépendants pour leur travail et la construction de la cité, lorsque le travail de l’un aura besoin du travail des autres, lorsque les réussites seront interconnectées, que la citoyenneté réapparaîtra. Mais pour cela, il faut un changement de modèle économique : sortir de la mondialisation (pardon pour le blasphème).
On ne peut pas « en même temps » faire des citoyens et de la fracture sociale.
Il faut choisir.

Le flux massif de migrants de ces dernières années n’est pas en relation avec la ghettoïsation d’il y a cinquante ans. De mon point de vue, ce n’est pas un grand remplacement voulu par des idéologues musulmans, mais un grand déménagement, organisé par la gouvernance mondiale, comme elle le pratique depuis le début de l’ère industrielle, pour optimiser l’allocation des ressources humaines à l’échelle de la planète. La fracture sociale est le moteur de la profitabilité.
Une fois installée, cette fracture contredit le caractère républicain des société occidentales. Les dirigeants n’ont de cesse de la masquer, en subventionnant les pauvres ou en les faisant cohabiter avec les riches, pour que ces derniers assument un peu de leur pauvreté.
L'ouverture d'un centre d'hébergement dans le XVIe, relevait sans doute de la même démarche.

Mais la seule véritable solution est une remise en cause de la fracture sociale, donc de la mondialisation.
Ce n’est pas la pauvreté qu’il faut partager, c’est la richesse.

Michel (18-07-2023 11:22:17)

Pour l'incendie de Notre Dame dommage, aussi, que la grande échelle des Sapeurs-Pompiers soient restée jusqu'à l'incendie à ...Versailles ce qui a entrainé un retard fatal il semblerait compte tenu de la distance de rapatriement même en urgence et des embouteillages...
Pourquoi cette situation alors que les immeubles de grande hauteur ne manquent pourtant pas à Paris ?

Carole L. (17-07-2023 14:34:10)

Se souvenir du passé n’est pas un exercice stérile. C’est comprendre en partie de qui nous arrive aujourd’hui. M. Larané évoque au passage, en tout bien-fondé, Margaret Thatcher, première ministre britannique, et Ronald Reagan, président états-unien. Si les dates de ces deux règnes ne sont entièrement identiques, quelques-unes de ces années ont vu les idées fixes de ces deux personnages exercer leurs ravages en même temps.

Tandis que, vers 1984, Ronald Reagan libérait les forces de l’argent en signant moult lois au titre de la fameuse « dérégulation », Margaret Thatcher renforçait ce mouvement en cassant les reins des syndicats et en privatisant à tour de bras. Mise en route d’une mondialisation cannibale et libérée des quelques freins sociaux qui auraient pu lui enlever ses dents. Triomphe total de l'économiste Hayek et de l'école de Chicago.

Ces deux personnages ont ainsi posé les pierres angulaires de l’actuel règne de la prédation économique. Même Adam Smith, le papa du capitalisme dit-on, se ferait black block s’il revenait aujourd’hui, par dégoût des monstruosités qu’on lui attribue et qui n’ont strictement plus rien à voir avec ses théories et ses visions du bon fonctionnement d’une société soucieuse de la population. Mais oui, Adam Smith préconisait une forme de société solidaire et nommait capitalisme ce que nous appellerions aujourd’hui Etat social.

Il me semble que ce grand tournant reagano-thatchérien est pour beaucoup dans les divisions qui fragmentent aujourd’hui la société, voire la polarisent, et dans les désespoirs qui l’étouffent et qui poussent à des révoltes sans queue ni tête mais tristement dommageables.

Pour le reste, bien d’autres facteurs entre en jeu et les bonnes analyses de toutes nos erreurs actuelles ne manquent pas.

MOU-T-HON (17-07-2023 11:11:11)

Bonjour, l'ensemble est une description historique. La fin surprend. Il n'y aucun réalisme de ce qu'est devenu le patriotisme parmi les français de souche et ne parlons pas des : devenus français suite à l'idéologie politique inculquée et établie par lois interposées, des lois criblées de menaces contre ceux qui n'adulent pas les principes imposés par les gouvernements successifs tout en disant que la première vertu : serait la liberté. Tout avis contraire, nous voilà FICHÉS comme RÉFRACTAIRES et même fascistes. Nous, Français, n'avons aucune raison de croire l'affirmation de monsieur André Larané. Tout en le respectant, il vit dans des rêves, il imagine . . . heureusement que le reste est juste même si incomplet.

Joseph Ceccato (17-07-2023 08:04:31)

Je vois beaucoup d'émotion et des idées justes sur un constat de dégradation, puis uniquement des conséquences prises pour des causes.
Je propose comme cause engendrant la plupart des autres, la fin du "Néolithique" qui correspond à notre "Epoque de la Pénurie".
Ce serait le moment de préparer la transition de "l'Holocène" vers "l'Anthropocène" en utilisant toutes nos capacités : le faire serait donner sa chance à la vie, rester dans les critères du passé c'est prendre le risque de la mort.
Mon courriel peut être publié.
Qui aimerait analyser cette voie ?

mcae.fr (17-07-2023 07:37:16)

Merci pour cette analyse pertinente et courageuse, qui questionne le politiquement correct et qui entrouvre une petite porte vers une alternative.
Les réactions le montrent bien :
une revue sur internet ne doit pas faire de politique.
si la France va plus mal que les autres c'est qu'elle refuse de se réformer.

A quoi peut bien servir un échange ouvert à tous les citoyens, qui parle des problèmes du pays, si ce n'est à rechercher des solutions, à l'heure où les grands médias et les partis politiques officiels, ne font que retransmettre les paroles des états-majors, et ne nous donne à consommer que du débat public congelé sous cellophane.

La France a été mondialisée de force, par les lois Giscard, dans la décennie 70. Pour éviter un rejet électoral massif, avec l’apparition du chômage de masse, les promoteurs ont bricolé un libéralisme redistributif, « l’exception Française », qu’ils espéraient voir se dissoudre rapidement dans les inévitables réformes. Le rejet a tout de même eu lieu avec l’élection de Mitterrand.
Malgré la trahison de 1983, les Français gardent leur société solidaire comme ligne d’horizon.
La régression régulière, implacable, insensible aux alternances et cohabitations de la démocratie, ne les a pas contraint à la résignation. La réponse est une abstention qui croit au même rythme que la misère, un rejet citoyen qu’on envisage de masquer par une réforme de la constitution.


En viendra-t-on, pour reconstruire une société prospère, à prendre modèle sur les Shebabs de la Somalie, ou devra-t-on demander une assistance à Téhéran ?
Ne sommes-nous pas capables, nous qui avons tant contribué à l’émergence de la civilisation, de reprendre en main notre destin et de restaurer notre société de prospérité solidaire, que le monde entier nous enviait, en rejetant la mondialisation ?

Paul Pérucaud (17-07-2023 03:02:27)

Les années 60 et 70 du 20ème siècle en France.
Une époque extraordinaire, les personnes qui étaient des citoyennes et citoyens se sont métamorphosés en consommateurs ; adoptant le projet de démocratie libérale prôné par les Etats Unis. Le milieu culturel soixante huitard a pris le pouvoir, promulguant de sombres idées : Jack Lang et sa pétition pour la pornographie, Cohn-Bendit et ses écrits du même style, c'est la vague culturelle qui est en train de submerger la société.
Quand la bourgeoisie fait la révolution, c'est le peuple qui trinque, il n'est qu'une variable d'ajustement pour la bourgeoisie : la preuve en a été donné au 19ème siècle, période terrible pour le peuple, la bourgeoisie était a la manœuvre. Bonjour demain, la majorité sera confinée, devenue inutile pour le fonctionnement du système.
Nous vivons dans un monde technicien, conditionnés par des milliards d'informations, de publicités et la promesse d'atteindre le bonheur en consommant toujours plus. L'objection de conscience a disparu, seules comptent les apparences.
Aujourd'hui, la science et ses découvertes sont la vérité, les applications techniques qui en découlent sont le bien, et ce qui en freine le développement est le mal. Toutes autres valeurs morales sont irrecevables, considérées comme des bavardages inutiles par nombres de scientifiques et de techniciens. Étonnant progrès que cette déresponsabilisation individuelle et collective.

Louise Maral (16-07-2023 21:14:11)

1) Ce qui m'a toujours peinée à l'égard de la France, c'est la perte de vitalité de l'industrie automobile française. Dans les années 60, cette industrie produisait des voitures magnifiques, les Peugeot, les Citroën ID. Dommage que cette industrie n'ait pas su ou accepté de s'adapter aux exigences techniques des pays de l'Amérique du Nord et ce, contrairement à l'industrie allemande.
2) Certains marché du monde agricole français peut souffrir des décisions prises au nom du libéralisme économique de l'U.E. Ces décisions administratives ne devraient pas être prises au détriment de l'industrie agricole. Oui, il y a des subventions compensatoires de l'U.E. mais ces dernières n'ont pas du tout la même qualité morale que le revenu provenant du travail de l'agriculteur.
3) En ce qui concerne le dernier paragraphe de l'article de M. Laramé, je trouve qu'il s'accorde bien avec le sentiment d'une réjuvénation bien réelle de plusieurs villages de la France selon ce que l'on voit aux émissions de TV5, des Racines et des Ailes.








PAB (16-07-2023 20:40:32)

Dans cette rétrospective intéressante, ponctuée d'une conclusion d'un optimisme surprenant, du seul fait de la reconstruction de Notre-Dame, il manque 2 faits importants = Le 1er résultant de la loi du 1er Juillet 1972, dite loi Pléven, qui introduit le délit de provocation publique à la haine raciale et qui autorise les associations à porter plainte et à se constituer parties civiles pour un tel délit. Le 2ème résultant de la loi du 3 Janvier 1973, interdisant à l'Etat d'emprunter à la Banque de France. Par voie de conséquence, d'une part, en muselant la liberté d'expression, il n'est plus possible d'appeler un chat un chat. Et d'autre part, l'Etat français est pieds et poings liés aux marchés financiers.

josé (16-07-2023 20:23:47)

Je suis dans l’ensemble plutôt d’accord avec votre analyse, mais j’aimerais insister sur le fait que ce qui menace le plus l’identité française n’est pas « l’africain des banlieues » mais le fait que nos élites ne semblent plus croire en notre pays. Notre président le premier, qui ne sort plus sans son drapeau européen. Dans les laboratoires universitaires français, l’anglais devient la langue de référence. Les mails les plus anodins transmis à tous, du genre « j’ai égaré mes clés », le sont souvent uniquement en anglais. Les étrangers venant faire leur thèse en France écriront presque tous leur mémoire en anglais, et parfois ils ne prennent même plus la peine d’apprendre notre langue. Bien que le Royaume Uni ait quitté l’Europe, l’anglais (ou plutôt l’américain) est devenu la langue de la communauté. Erasmus est un instrument formidable de promotion de la langue anglaise. En effet, la plupart des étudiants ne partent dans un autre pays européen que s’ils savent qu’ils pourront suivre des cours en anglais. Et pour améliorer leur niveau d’anglais, ils visionnent les séries américaines qui véhiculent les idéaux de ce pays. D’ailleurs, la France ressemble de plus en plus aux Etats-Unis, non ? Même façons de vivre, même fracture entre villes et campagnes….
Paradoxalement, les seuls étudiants qui insistent pour qu’on maintienne des enseignements en Français sont les africains en provenance de nos anciennes colonies !

Jean Loignon (16-07-2023 19:10:35)

Avec tout le respect que je dois à André Larané pour son inlassable animation de la revue Hérodote, je persiste à penser que ses opinions, pour légitimes qu'elles soient, ne sont pas à leur place dans la revue.

Bernard (16-07-2023 19:03:23)


Pour la France, il est minuit moins le quart. L’effondrement culturel, économique et sociétal est tel qu’il risque d’être irréversible. Si, au train où vont les choses, elle ne se ressaisit pas rapidement, elle aura disparu d'ici quelques décennies sous les coups de boutoirs du mondialisme, de multiculturalisme et de l'immigration de masse. L'ampleur du défi est immense et implique de véritables travaux d'Hercule.

A l'extérieur, reconquérir notre indépendance en brisant les carcans qui nous étouffent : entre autres, sortir de l'Euro, de l'UE, de l'OTAN et de la CEDH.

A l'intérieur, rétablir la démocratie en mettant fin au gouvernement des juges qui, tels les parlements de l'Ancien Régime, ont confisqué le pouvoir et entravent toute velléité de réforme, ce qui implique le retour à sa mission d'origine pour le Conseil constitutionnel, c'est à dire seulement veiller au respect de l'article 34 de la constitution, et fin du pouvoir auto-proclamé d’invoquer les fameux "grands principes" qu'il accommode à sa sauce en fonction des obsessions de la caste qui conduit le pays à sa perte (cf. sa récente décision ubuesque étendant la notion de Fraternité à la terre entière). Pour la justice, systématisation à tous les niveaux de jurys élus, assistés de juges professionnels, simples conseillers techniques. Arrêt total de la colonisation démographique et culturelle du pays. Reconstruction de notre architecture pénale, avec notamment le rétablissement de la peine de mort (qui, contrairement à ce que d'aucuns croient, n'a pas été abolie mais seulement déplacée et privatisée) et recrédibilisation de notre système pénal par la création de peines plancher automatiques et par la construction en 5 ans de 150 000 places de prison. Instauration d’un plafond absolu pour le nombre global d'agents publics, quel que soient leurs statuts : titulaires, contractuels, stagiaires, etc. ; diminution des budgets publics de 3% par an en valeur absolue ; interdiction pour les collectivités locales d'emprunter et de subventionner ; mise sous tutelle automatique de toute commune en déficit ; reprise en main de l’Education nationale reconvertie en Instruction publique ; remise en ordre des aides sociales et de l’hôpital, actuellement ouverts à tous les vents.

Ce virage à 180 degrés par rapport à la politique actuelle de chien crevé au fil de l’eau va, on s’en doute, être dur à négocier mais il est seul à éviter la fin imminente du pays et de ses 2 000 ans d’histoire.

Philippe1961 (16-07-2023 17:28:06)

Monsieur Larané, votre analyse semble bien juste ; les potes en dehors de la loi et le sentiment d'impunité qui en découle, la lâcheté des politiques, l'illusion de la paix éternelles (La fin de l'histoire), les erreurs économiques (la monnaie unique).
Mais tout cela n'explique en rien cette situation particulière en France, puisque cela a aussi était le cas dans d’autres pays Européen sans provoquer les mêmes conséquences.
Pour avoir vécu dans ces pays, et y vivre encore, la situation Française semble totalement incompréhensible.

En fait, il y a de la part des Français, et malheureusement d'une part de son élite, un aveuglement sur les causes réels d'une situation bien ancienne. Cela impliquerait de remettre en cause profondément l'image que nous avons de nous-même, et de celle que nous imaginons avoir dans le monde.
Cela serait insupportable pour notre ego, ne sommes nous pas les enfants de Rousseau, de la Révolution et des Lumières.

Comme le décrit bien E.Todd, la sociologie familiale Française y est particulièrement libérale, mais avec une autre composante centralisé et autoritaire. Ce qui n'existe pas de façon aussi marquée dans les pays à structures familiales identiques en Europes.
C'est cette contradiction qui est profondément la cause de nos malheurs.
En clair, les Français ne veulent faire que ce qu'ils ont envie, mais quand cela va mal, ils s'en prennent à l'état. Par exemple, ils veulent fumer et boire, mais ce plaignent que les hôpitaux sont surchargés et qu'il manque d'antibiotique dont nous avons la plus grande consommation européenne par ailleurs.
Ne nous étonnons pas que les populations issues de l'immigration adoptent aussi facilement, et en les rendant insupportables, nos propres mauvaises attitudes.

Cela dit, rien de nouveau qui ne soit déjà connu par certains, et surement par l'auteur de cet article.
Ce qui est le plus surprenant dans celui-ci, c'est l'apparente volonté de stigmatiser au lieu d'expliquer, comme je l'imagine, un anthropologue le ferait.
On pourrait même y déceler la petite voix de certains aux extrêmes.

lb.dutignet@orange.fr (16-07-2023 15:22:40)

Dans son livre sur Pétain ,l'historien Marc Ferro concluait en signalant l'apparition des " techniciens " dans tous les rouages de l'Etat vichyste . Michel Debré va accentuer le mouvement en créant l'ENA , censée substituer une nouvelle élite à celle compromise avec Vichy . Aujourd'hui même la Cour des Comptes alerte sur le recours aux cabinets privés , souvent étrangers , " pour plus d'objectivité " , sans grand intérêt sinon financier . Surtout cette pratique marginalise notre haute fonction publique , très largement compétente, mais bien moins complaisante avec le pouvoir politique , De là sa marginalisation systématique par celui-ci .
On ne soulignera jamais assez le rôle délétère d'un Jean Monet , " père de l'Europe "paraît-il . Résolument opposé à De Gaulle dès les années 1940 aux USA , tout comme notre "intelligentsia " émigrée ,St John Perse , St Exupéry et bien d'autres .Tout ce beau monde a surjoué la peur du "communisme " , pour mieux se vautrer devant le dieu dollar .
Il serait déplorable , par rejet de Staline et de son " gouvernement " , d'oublier que c'est l'Armée Rouge qui a démoli la Whermacht . Même si Staline est responsable de 15 M de morts -admettons - cela fait 10 M de morts au combat , à comparer aux 400 000 morts US en Europe ET dans le Pacifique , ou aux 100 000 morts français en 1940 , dont près de 40 000 rien qu' à Dunkerque .
Pour ce qui est des migrants , il est de bon ton de signaler le réchauffement climatique . Ce qui permet d'oublier les causes réelles de ces déplacements , à savoir les conflits que les " Occidentaux " ont déclenché qui au Viet-Nam, qui en Indonésie , qui en Afghanistan , qui en Irak , qui en Syrie , qui en Libye , qui en Afrique dans son ensemble .
Pour ce qui est des Français ils oublient bien facilement les images de l'Exode de juin 40 , et les Pieds-Noirs , celles de l'été 1962 . Alors , que dire d'un Zemmour dont la famille a quitté l'Algérie dès le milieu des années 50 .....A ce sujet , le " grand remplacement " il serait bon de regarder , ou de retrouver sur les chaînes publiques , cette émission sur " Lady Sapiens " où l'on apprend _ analyse du génome des restes humains à l'Institut Max Planck de Leipzig _ que " nos ancêtres "sapiens avaient , il y a encore 8 à 9 000 ans _ une poignée de secondes dans l'histoire de l'Humanité _ avaient la peau sombre ....et les yeux bleus ! Donc c'est bien nous qui avons éclairci et pas eux qui ont foncé !
Souvenir personnel de mes années universitaires , un sujet au programme " Antiquité " portait sur la colonisation grecque .....au VIII ° s av JC ......Sic transit ....
Pour ce qui est de notre pays , nous souffrons d'un vide politique générationnel , notamment à gauche , ce qui laisse la porte ouverte à bien des " m'as-tu-vus " esbroufant les populations à grand renfort de discours , d'approximations quand ce ne sont pas des contre-vérités et d'un abus de mises en scènes pour dramatiser le tout .
La fin du " quinquennat " ne va pas être triste !

Marie-Joëlle (16-07-2023 14:40:23)

Article très synthétique et intelligent qui m'a permis enfin de comprendre tout le mécanisme des rouages qui nous emportent malgré nous vers la perte de notre autonomie et de notre identité. La fin me paraît, à moi aussi, trop optimiste et ne porte que sur la réfection de Notre Dame de Paris. Il est vrai que, lorsqu'elle a brûlé, j'ai ressenti de façon intense et douloureuse que le cœur de la France était mortellement touché. Fasse que sa reconstruction répare symboliquement le pays!
Je pense tout de même que c'est à chacun de nous, français, de nous mobiliser à notre niveau pour exprimer nos convictions sans attendre les urnes de 2024. Faire nombre en ce sens et nous unir dans des actions symboliques fortes car, au final, c'est encore aujourd'hui, notre seule possibilité d'agir et de dire.

y-en-a-acé (16-07-2023 13:28:52)

Tout ou presque tout avait été dit, quand est arrivé le commentaire lénifiant en forme de conclusion. Dommage!

Bénard Serge (16-07-2023 13:08:30)

Beaucoup de constats pertinents. Mais comme souvent chez l’auteur des points de vue assez réactionnaires (pour moi). Mais chacun pense comme il lui sied.

PITTA (16-07-2023 12:39:08)

M. Larané, vous ne nous aviez pas habitué à une conclusion faite d'éléments de langage, Macron vous a promis quelque chose ???

Emeraude (16-07-2023 12:13:27)

Résumé de l'histoire de la destruction désorganisée de notre pays... surendettement progressif...déculturation...soumission....grand remplacement injustifié....insécurité totale....pillage de nos finances par une succession de présidents peu scrupuleux et stupidement narcissiques.
La suite de l'histoire est terrifiante, c'est la mort d'un peuple évolué remplacé par d'autres en voie de civilisation et pour un grand nombre islamisés ; quant aux américains ils ont pris possession de la politique économique et financière de l'Europe nous traitant déjà comme des vassaux ; pour penser à un redressement de la situation il faudrait d'abord se débarrasser de Biden et de Macron de leurs sbires et commanditaires.
En tout état de cause nous Français de souche, blancs, hétéros allons disparaitre d'une manière ou d'une autre ....l'invasion ou la guerre mondiale qui approche.
Nous vivons l'ère satanique de l'anti-président.

Cedric B. (16-07-2023 11:53:48)

Éditorial comme souvent plaisant à lire, avec une analyse juste. La baisse d'influence du PCF et de l'église catholique était inévitable je pense, avec ou sans la libéralisation de la CEE. De plus voir l'Europe se soumettre avec autant de docilité aux États-Unis est rageant ! Une 6ème République est nécessaire déjà selon moi (mais pas celle de Melenchon). Quand à un nouveau de Gaulle, qui aime la France et sa démocratie, avec des idées et de la poigne, je crois qu'une bonne partie du pays le réclame avec ardeur aujourd'hui...

GuitouLabricole_29600 (16-07-2023 11:23:52)

L'article dans son ensemble reflète la situtation actuelle, je regrtette que depuis Sarkozy nous sommes entré dans l'OTAN, donc on devient les petits soldats des états-uniens., l'Europe est sous le contrôle des Etas-Unis qui va nous entraîner dans leur conflit avec la Russie.
La guerre froide a changé de nom mais il y a toujours autant de haine des gouvernements américains et leurs amis anglais contre le communisme et on continue la chasse aux sorcières ... Nous ne serons jamais tranquilles tant que l'Europe sera sous le contrôle de l'OTAN et bien entendu des états uniens, l'Europe est morte..

patrick (16-07-2023 10:45:34)

Le romantisme de votre conclusion est du même esprit que celui qui conduisit la politique que vous fustigez.

DEMOULE (16-07-2023 10:32:18)

Il n'y a pas que des raisons culturelles à la situation présente. Il y a aussi des décisions économiques et politiques. On a parqué, par incurie et facilité, les populations pauvres et immigrées dans des ghettos urbains de mauvaise qualité à la périphérie des métropoles avec des services publics à l'abandon. Et on les a fait garder, après avoir supprimé la police de proximité, par des forces de police dont les deux-tiers votent à l'extrême-droite. Tandis que les communes riches se refusent à toute mixité sociale en échange d'une légère amende - le "communautarisme" étant en fait des deux côtés. Tout le reste (replis identitaires, violences urbaines, etc) sur laquelle surfent les démagogues xénophobes et les médias amis, n'est que la conséquence de cette situation. Sachant par ailleurs qu'en termes statistiques (pour qui veut bien les voir) le "Grand Remplacement" n'est pas pour demain.

Herodote.net répond :
La constitution desdits "ghettos" ne ne relève pas d'un choix de notre démocratie mais d'une volonté des arrivants. De façon tres naturelle, ils aspirent à retrouver leurs parents et un environnement familier... avec des magasins à prix bas. C'est pourquoi toutes les tentatives de mixité sociale ont échoué (cf l'ouverture d'un centre d'accueil dans le 16e art de Paris).

JOSEPH (16-07-2023 10:30:49)

J'ai imprimé cet article pour sa justesse et l'historique de la situation actuelle. Je ne suis pas d'accord avec Mr Larané ( la fin de l'article) quant à la capacité de la France à retrouver sa souveraineté (sauf si un homme comme de Gaulle arrivait au pouvoir - il faut qu'il se dépêche...) Macron est là pour exécuter la feuille de route ordonnée par les américains. Il le fait très bien. L'OMS prépare une nouvelle pandémie qui ce coup-là a de fortes chances d'être réelle car le virus lâché va être beaucoup plus mortel (Marburg ? ) ce qui permettra de réinstaurer la peur et un nouveau" vaccin" (ce ne sont plus des vaccins) délétère et destructeur de nos défenses immunitaires. Puis un état dictatorial qui se met déjà en place à la manière d'une tortue qui avance ou de la grenouille qui chauffe lentement dans son eau. Complotiste pensez-vous! sans doute mais pas comploteur. Enfin, moi ce que j'en dis simple toubib généraliste qui préfère l'observation et l'intuition aux... comment dites-vous... études? Peut-être me trompé-je. Qui sait ? J'aimerais bien me tromper.

Lebrun (16-07-2023 10:15:28)

Nous avons devant nous (ex : la France et l'occident plus largement) pour au moins 50 ans, un réchauffement climatique qui va produire une émigration de masse des populations des pays du sud (qui suffoquent, se noient, croulent sous la dette internationale). On peut regretter d'avoir ouvert la boite de Pandore (depuis 1491), mais c'est là devant nous et maintenant ! Interdire l'immigration ou même seulement la limiter, c'est regarder en face sans rien faire, des pauvres gens qui vont mourir. Tant que le "truc" est géré loin de nos yeux, tout va bien ... mais pour combien de temps ?

Michel Bergès (16-07-2023 10:11:41)

Article lucide et juste sur de nombreux aspects.
Après le vote dérobé au pays en 2005, concernant le "Traité de Maastricht", plus d'avenir ni de "ressources cachées" sans retour à une souveraineté totale.
L'UE, fausse "Union douanière", est devenue un pseudo-empire antidémocratique, qui imite un État fédéralisé et sert de manette à la direction actuelle des USA.
De plus, il n'y a jamais eu de "civilisation européenne" de "l'Ouest". Tout est déformant, d'autant qu'on assiste à un "rejeu" des guerres de religion du XVIe siècle.
Un repli s'impose pour que la France se redresse. Seule solution politique, à soumettre au peuple français : quitter l'UE, l'Otan, l'Euro, par référendum post-présidentiel, ou anticipé, selon l'évolution des "événements".
Reste aussi à colmater l' "américanisation" des esprits via "le soft", et aujourd'hui le "hard power" des USA, qui nous entraînent dans "leur" guerre, une fois de plus.
Le boycott des élections européistes pourrait être une première étape (avec 60 à 80% d'abstentionnistes ?). C'est triste, d'en être arrivé là !

Blumenthal (16-07-2023 09:43:41)

J'aimerais bien adhérer à l'optimisme de la fin de l'article, mais bien que le renouveau de Notre Dame ne soit pas le seul bon exemple, il reste encore beaucoup à faire pour demeurer zen.

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