Guerre en Ukraine

Un accélérateur de l'Histoire

22 février 2023. Un an après l’offensive russe en Ukraine, la situation sur le terrain semble figée si l'on en juge par les reportages de guerre. Mais rien n’est déjà plus comme avant. « La guerre, cet accélérateur de l’Histoire, » selon une formule prêtée à Lénine, a changé le monde et retourné nos esprits...

L’offensive du 24 février 2022 a clos le cycle historique ouvert par l’attentat de Sarajevo le 28 juin 1914 et la Révolution d’Octobre le 6 novembre 1917. Mieux encore, elle a mis un terme à cinq siècles de domination européenne sur le monde. Les Européens et l'Occident n'occupent plus une place à part dans le monde. Celui-ci est redevenu « normal » et il va falloir nous en accommoder (note).

Regardons la guerre en Ukraine en historien et faisons abstraction d'une émotion légitime (note). Inscrivons-nous dans le prolongement de nos analyses antérieures (Les causes politiques de la guerre).

Tout en exprimant le souhait que la guerre se termine de la moins mauvaise des façons, nous pouvons déjà recenser ses premières conséquences sur l’ordre international.

Le Sud uni derrière la Russie

Le 2 mars 2022, une semaine après l'offensive russe en Ukraine, l’Assemblée générale de l’ONU a voté une résolution qui « exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine ». Sur 193 États, 141 ont approuvé la résolution, ce qui a conduit Le Monde à titrer triomphalement sur « l’isolement historique de la Russie à l’ONU ». En matière de désinformation et « fake-news », il était difficile de faire pire ! En effet, bien que très nombreux, les États qui ont condamné l'offensive russe rassemblent moins d'un tiers de la population mondiale cependant que les États qui se sont abstenus rassemblent les deux tiers de l'humanité et près de la moitié du Produit intérieur brut mondial avec des pays comme la Chine, l'Inde, le Pakistan, etc.

Ces mêmes États refusent de s'associer aux sanctions économiques réclamées par Washington ou les contournent autant qu'ils le peuvent. C'est aussi le cas de nombreux États qui ont voté la résolution mais continuent de commercer et dialoguer avec la Russie comme si de rien n'était. Parmi ces derniers figurent la plupart des États d'Amérique latine, ainsi que l'Arabie saoudite et même un membre de l'OTAN : la Turquie. Il s'ensuit que l'économie russe, après un an de guerre, résiste somme toute mieux que celles de l'Union européenne et du Royaume-Uni, frappées de plein fouet par les flambées inflationnistes sur l'énergie.

Peut-on comprendre que tant d'États refusent de condamner un agresseur ? Les Européens et les Nord-Américains s'indignent d'une agression qui paraît violer toutes les conventions internationales. Mais il y aurait à dire là-dessus. L'attaque surprise du 24 février 2022 s'inscrit dans le cadre d'une guerre qui a débuté huit ans plus tôt. Il s'agit stricto sensu d'une opération destinée à sortir l'armée russe de l'enlisement dans le Donbass. Elle n'a pas grand-chose à voir avec la définition du mot agression : « Attaque non provoquée, injustifiée et brutale contre quelqu'un, contre un pays » (Larousse).

Il ne faut donc pas s'étonner que les autres États de la planète s'opposent aux Occidentaux sur la guerre en Ukraine. Les politologues américains parlent à ce propos d'une opposition West versus Rest (« l'Occident contre le Reste du monde »). Ces États que nous regroupons sous le vocable « Sud global » (on aurait parlé autrefois de pays non-alignés ou de tiers-monde), se disent que l'offensive russe en Ukraine, qui affecte l'Europe et elle seule, n'est pas plus scandaleuse que toutes celles qu'ils ont eu à subir de la part des Occidentaux, la dernière en date étant l'invasion de l'Irak par l'armée américaine il y a tout juste vingt ans. Cette invasion-là était pour le coup une agression caractérisée.

« Nous, Occidentaux, avons du mal à regarder le monde par les yeux de tous ceux que nous avons dominés depuis la révolution industrielle, » rappelle l'historien Emmanuel Todd. Cela continue : « La globalisation récente est la mise en exploitation des populations actives du reste du monde avec une intensité comme on ne l’avait jamais vue ! Nous avons délocalisé notre classe ouvrière en Chine, au Bangladesh et ailleurs... Nous ne nous voyons pas comme nous sommes. »

Plus gravement, ces États-là sont en droit de craindre qu'une défaite trop écrasante de la Russie replace le monde sous le leadership américain. L'Inde, par exemple, ne pourrait plus préserver son subtil jeu d'équilibre entre Russie, Chine et Occident, et serait obligée de se placer sous la protection de Washington pour échapper à la pression de son encombrante voisine. La Chine n'aurait plus de glacis protecteur à opposer aux États-Unis si d'aventure, entraînés par leur hubris, ceux-ci se lançaient dans une croisade pour l'indépendance de Taïwan.

L'Afrique subsaharienne ainsi que l'Algérie voient dans leurs relations avec Moscou une manière de consolider leur indépendance à l'égard de Washington et des anciennes puissances coloniales. Si le Kremlin venait à capituler, la Turquie elle-même ne pourrait plus se prévaloir de sa fonction de garde-frontière aux portes de la Russie et perdrait une grande partie de son intérêt stratégique aux yeux de Washington. Elle réapparaîtrait pour ce qu'elle est, un trublion agressif qui menace tous ses voisins : Arméniens, Grecs, Kurdes, Syriens...

En Amérique latine, tous les États ont condamné l'offensive russe (à l'exception de la Bolivie, Cuba et le Salvador) mais ces mêmes États veillent à conserver de bonnes relations avec la Russie et se montrent très critiques à l'égard des États-Unis. Le président brésilien Lula n'a pas craint de se poser en médiateur sur la chaîne CNN en février 2023. « (...) la paix est la seule chose qui peut restaurer la dignité de la vie humaine. C'est ce que les Russes doivent comprendre et que le peuple ukrainien doit comprendre. (...) Maintenant, je crois qu'il nous faut créer une alternative, parce que la Russie n'est pas n'importe quel pays. Il faut lui donner un minimum de conditions pour arrêter la guerre », a-t-il déclaré, osant même un parallèle entre le Kremlin et la Maison Blanche : « Quand les États-Unis ont arrêté la guerre du Vietnam, ce n'était pas facile, mais il a bien fallu arrêter un jour. »

Nous pouvons nous indigner de ces données géopolitiques qui n'ont que faire de la morale et font craindre à beaucoup de gens dans le monde une défaite de la Russie mais nous n'y pouvons rien changer. Le temps n'est plus où le monde était européen ou sous condominium étasunien-soviétique. 

L’ONU et la Cour pénale internationale, reliques d’un ordre ancien

L'invasion de l'Ukraine a réduit à l'impuissance les institutions internationales nées il y a quatre-vingts ans du rapprochement entre les démocraties occidentales et l'Union soviétique face au nazisme.

Au sein de l'Organisation des Nations Unies, le Conseil de Sécurité compte cinq membres permanents qui sont les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale : États-Unis, Royaume-Uni, France, Russie et Chine. Ces cinq États disposent d'un droit de veto sur toutes les décisions contraignantes qui pourraient être prises par l'organisation. D'ores et déjà, la Russie et la Chine en font un usage systématique pour faire pièce à toutes les initiatives venues de leurs homologues occidentaux. Il n'y a aucun recours face à cette paralysie de l'ONU car une réforme de ses institutions et du Conseil de Sécurité nécessiterait l'unanimité de ses membres.

La Cour pénale internationale (CPI) a été fondée en 1998 à La Haye pour juger les criminels de guerre de Yougoslavie, du Rwanda et des conflits à venir. Elle aussi est vouée à l'impuissance par le fait que les États-Unis, ainsi qu'Israël, la Chine, l'Inde, la Russie, etc. se sont abstenus de ratifier le Statut de Rome qui l'a instituée. Ces États ont voulu de la sorte échapper à d'éventuelles poursuites. Washington s'est même offert le luxe de démettre une procureure qui avait impudemment tenté de poursuivre des militaires américains impliqués dans des crimes de guerre en Irak. Il s'ensuit que la CPI en est réduite à poursuivre quelques seigneurs de guerre africains. Quant à juger un jour des Russes coupables de crimes dans la guerre en Ukraine, n'y pensons pas (dico).

L’Europe sous protectorat américain

Dans l'Union européenne, jusqu'à ces dernières années, les dirigeants et les intellectuels n'avaient de cesse de proclamer : « L'Europe, c'est la paix ! ». Ils en appellent aujourd'hui à une guerre à outrance, la première sur le Vieux Continent depuis 1945. Ce retournement de situation prêterait à rire s'il n'était si tragique pour les Ukrainiens, invités à se sacrifier jusqu'au dernier. 

La guerre en Ukraine, venant après la pandémie de covid-19, fait office de révélateur. Elle met en pleine lumière l'état de dépendance dans lequel est tombée l'Europe. Le Vieux Continent a perdu l'avance scientifique et industrielle qui lui avait permis en cinq siècles d'« occidentaliser » le monde. Celui-ci n'a désormais plus besoin d'elle et c'est l'Europe qui a besoin du monde : médicaments, semi-conducteurs, énergie, etc. En matière d'armements comme en matière d'énergie (gaz et pétrole de schiste), la guerre en Ukraine a accentué aussi sa dépendance à l'égard de Washington. 

Cette dépendance se paie d'une contrepartie politique : l'Union européenne ne peut plus rien refuser à Washington et aux stratèges du Pentagone. En cas d'initiative hasardeuse de ceux-ci dans la mer Noire, le Golfe Persique ou la mer de Chine, il serait impensable que des dirigeants européens rééditent la protestation solennelle de Chirac, Schröder et Poutine en 2003 face à la menace d'invasion de l'Irak.

Les Causes politiques de la guerre en Ukraine (André Larané)En matière économique, l'Union européenne a déjà tout cédé aux États-Unis. Elle a accepté l'extraterritorialité du droit américain de sorte que ses entreprises sont obligées de se soumettre aux injonctions de Washington, si malvenues soient-elles, sous peine de fortes amendes. Elle a accordé aux entreprises américaines de l'internet (GAFA) un accès étendu aux données personnelles des citoyens européens et la faculté de prélever un tribut sur toutes nos transactions (Uber, Airbnb, Google, Booking, Netflix...). Elle s'en tient enfin à de plates protestations quand Washington subventionne à tour de bras ses industriels (loi IRA) et fait payer au prix fort aux Européens le gaz naturel liquéfié que ceux-ci sont contraints de lui acheter.

De façon plus inattendue, la guerre en Ukraine met en lumière la fragilité idéologique de l'Union européenne. Le patriotisme et la nation sont revenus sur le devant de la scène, parés du bleu et or du drapeau ukrainien ! À gauche comme à droite, les militants du libre-échange et de l'ouverture continuent d'oeuvrer méthodiquement pour la déconstruction de leur propre État mais ne voient aucune contradiction à applaudir en même temps l'héroïsme des soldats-citoyens d'Ukraine (note).

Last but not least, la lutte contre le réchauffement climatique est reportée aux calendes grecques. À Berlin, les ministres Verts du gouvernement Scholz ne trouvent rien à redire à la remontée brutale des émissions de gaz à effet de serre pour cause de guerre (réouverture de mines de charbon et de lignite, importation à tout va de GNL des États-Unis et du Qatar).

À défaut d'une victoire décisive de l'Ukraine dans les mois à venir, nous nous orientons vers une guerre d'attrition de cinq à trente années (c'est la durée habituelle à ce genre de guerre, qu'il s'agisse des guerres mondiales ou encore de la guerre du Vietnam). Cette guerre enferrera l'Europe dans sa dépendance à l'égard de Washington et la privera de toute perspective de progrès tout en usant ses ressources vitales. En retour, les autres États de la planète y gagneront une pleine autonomie. Ils pourront vivre leur Histoire en ne se souciant plus de ce qu'en pensent les Occidentaux. 

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2025-03-18 16:20:08
Christian (16-12-2023 15:51:27)

"La Chine n'aurait plus de glacis protecteur à opposer aux Etats-Unis si d'aventure, entraînés par leur hubris, ceux-ci se lançaient dans une croisade pour l'indépendance de Taïwan". On pourrait tout aussi bien écrire : "Les Etats-Unis n'auraient pas d'autre choix que d'intervenir si d'aventure, entraînés par leur hubris, les Chinois se lançaient dans une croisade pour la reconquête de Taïwan ou l'annexion des îles de la mer de Chine également revendiquées par le Japon, le Vietnam et les Philippines".

Herodote.net répond :
Gardons à l'esprit les réalités géographiques. Les États-Unis ne tolèrent aucune immixtion hostile dans leur arrière-cour latino-américaine. A contrario, en quoi auraient-ils le droit d'intervenir de leur propre chef dans une autre région du monde, sans y être instamment invités par une puissance locale?

Christian (14-12-2023 07:39:24)

Dommage que cet article passe sous silence le mémorandum de Budapest, signé le 5 décembre 1994 par l’Ukraine, la Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni, auxquels se sont joints par la suite la France et la Chine. En échange de la dénucléarisation de l’Ukraine et de son adhésion au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), cet accord prévoit que toutes les parties s’engagent à "respecter son indépendance, sa souveraineté et ses frontières existantes".

Les signataires réaffirment à cette occasion "leur obligation de s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de l’Ukraine, et qu’aucune de leurs armes ne soit utilisée contre l’Ukraine, si ce n’est en légitime défense". Deux accords identiques sont signés la même année avec la Biélorussie et le Kazakhstan.

Si l'Ukraine n'avait pas signé ce mémorandum, elle aurait pu conserver les armes nucléaires qui se trouvaient sur son territoire, et la Russie y aurait sans doute regardé à deux fois avant de l'attaquer...

Jihème (25-07-2023 21:31:18)

J'ai bien lu cet article, toujours aussi pertinent et mesuré, mais j'ai lu aussi l'ensemble des commentaires qui précèdent le mien. J'y trouve des éléments pertinents, d'autres qui me paraissent oublieux d'une partie des réalités : les Etats-Unis, parangons de la démocratie, du droit et de la morale universelle ? Il faudrait tout de même ne pas oublier toutes les combines et tous les coups tordus de l'Etat profond pour voir ce qui se cache derrière cette belle façade dont Tocqueville avait déjà pressenti les dérives futures. Et quant à la guerre d'Ukraine, en faire porter la seule responsabilité à Poutine (qu'il ne s'agit pas pour autant de parer de sainteté) c'est en oublier les causes premières, que j'ai déjà maintes fois évoquées sur ce site : le refus du partenariat proposé à l'UE par Gorbatchev sous le vocable de "Maison commune" ; la tromperie dont il a été victime sur la non-extension de l'OTAN vers l'Est ; la pantalonnade de Eltsine encouragée par Clinton, qui conduisait la Russie à l'éclatement ; le nouveau refus par l'Ouest du partenariat proposé par Poutine dans les premières années de sa prise de pouvoir ; la captation de l'Ukraine par les intérêts occidentaux et le coup monté du Maidan, alors que son intérêt bien compris aurait été d'adopter un statut de neutralité internationale, comme celui de l'Autriche qui de ce fait avait pu échapper au Rideau de Fer, et tant d'autres manœuvres antirusses plus ou moins bien cachées jusqu'à relancer la guerre froide... jusqu'à la guerre chaude.
Comment reprocher à la Russie de se placer sous la dépendance de la Chine, alors que tout a été fait pour l'éloigner de nous et nous priver ainsi nous-mêmes de tout ce que nous avions à gagner d'un partenariat avec la Russie avec laquelle nous avions des intérêts très complémentaires et mutuellement profitables à partager ?
La Russie n'est pas une démocratie selon notre si beau modèle et ne partage pas les "valeurs" qui sont les nôtres ? Chaque peuple a son histoire qui a forgé sa sensibilité, ses traditions et ses valeurs propres et les temps ne sont plus où nous pourrions encore donner au monde des leçons de vertu, alors que nous avons fort à faire chez nous pour ne pas sombrer totalement. Si la Russie n'est pas vertueuses selon nos belles normes occidentales, l'Ukraine l'était-elle et l'est-elle encore selon ces mêmes normes ? Les bandéristes, les néo-nazis, les mafias, les oligarques corrompus y sont-ils une pure invention ? Si la Russie n'a pas la pureté des vertus démocratiques, l'Ukraine pas davantage, même si la résistance de son peuple force le respect. Mais ceux qui la gouvernent et l'on conduite dans une voie aussi tragique méritent-ils le même respect ? Et ceux qui n'ont pas su ou voulu faire respecter les accords de Minsk ?
Quant aux principes bafoués du droit international : respect des frontières établies à un moment historique donné ? Mais lequel ? Et que devient cet autre principe international du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes pourtant si prisé en d'autres temps : que souhaite donc la majorité des habitants du Donbass et celle des habitants de la Crimée ? Ce serait bien de le leur (re)demander peut-être. Comme aux siècles précédents, on se ficherait donc totalement de ce qu'ils souhaitent pour leur imposer des décisions prises au-dessus de leurs têtes ? Depuis quand et dans quelles conditions la Crimée était-elle devenue ukrainienne ? Depuis quand était-elle russe et souhaitait le rester ? Peut-être serait-il bon et utile de se poser à nouveau certaines questions et de prendre un peu de recul sur les évènements actuels.

papyzik (24-07-2023 07:55:56)

"Du bon pain" pour les US : Leurs usines d'armement tournent à plein pour fournir à l'Ukraine et à nos "partenaires" de la CE. Du gaz de schiste extrait dans des conditions contraires à l'écologie,transportés par bateaux à fioul lourd, vendus bon prix. La CE filiale des US exploitée par la maison mère.

Laurent Braquehais (23-07-2023 17:12:33)

Ce n’est pas le premier conflit en Europe depuis 1945. Comment pourrait-on oublier l’attaque des Américains et de l’OTAN contre la Serbie sans mandat de l’ONU???

Philippe37 (23-07-2023 16:12:30)

Apres seize mois de guerre en Ukraine, on peut faire un premier bilan; different du votre. Votre anti americanisme, vous egare, car, les Etats Unis dirigent le monde depuis plus de vingt ans. L Europe c est americanise et l intervention americaine en Irak, malgre l intervention française à l ONU en est la preuve. Tous les GAFA sont americaines. Ont peu le regretter, mais c est ainsi Pour ma part, j aurai souhaite qu elles soient Efrançaises ou europeennes, cela n est pas le cas. Je prefere qu elles soient occidentales que chinoises ou russes. Je regrette que les critiques que vous faites sur les USA ( pays democratique), soient absentes sur la Russie (regime actuel , URSS, les stars) ou la Chine.
La France, au sein de l Europe, doit continuer a aider l Ukraine face a un regime anti occidental qui n a jamais connu la democratie et qui ignore nos valeurs. Ce conflit ne doit pas avoir de vainqueur ni de vaincu, mais le droit international respecte. Actuellement, seulle la puissance americaine est capable de le faire; avec l aide europeenne, pourquoi pas.
Cordialement
Philippe

Rland Berger (23-07-2023 14:08:04)

L'arrogance américaine porte ses fruits, qui lui pourrissent dans les mains.

Christian (11-05-2023 13:03:08)

Je suis d'accord sur le fait que l'Inde et la Turquie ne peuvent pas être formellement qualifiées de dictatures, mais les dirigeants actuels (Modi et Erdogan, pour ne pas les nommer) favorisent ouvertement la confession religieuse à laquelle ils appartiennent au détriment des diverses minorités, qu'elles soient ethniques (Kurdes en Turquie) ou religieuses (musulmans en Inde, notamment au Cachemire dont Modi a supprimé le statut particulier en 2019).

Il n'en reste pas moins que ces deux pays se sont assez largement inspirés des pays occidentaux pour construire leur système politique. La République turque fondée par Atatürk doit beaucoup au modèle laïc de la IIIème République française. Quant à l'Inde, sa constitution est basée sur le système parlementaire dit de Westminster, avec un chef de gouvernement puissant et un chef d'Etat dont le rôle est surtout symbolique et honorifique (le roi d'Angleterre de 1947 à 1950, un président élu pour cinq ans au suffrage indirect depuis).

GB240 (03-05-2023 15:32:02)

Dans cet article il me semble qu'il faudrait préciser une évidence c'est que, malgré tout la Russie, la Chine, la Turquie et même l’Inde sont des dictatures. Alors il est peut-être préférable de vivre en démocratie même américaine...ou européenne.

Herodote.net répond :
Je suis très dubitatif sur votre classement de l'Inde ou de la Turquie parmi les dictatures ; Erdogan risque de se voir congédié le 14 mai par une élection qui s'annonce défavorable ; quant à l'Inde, elle n'a rien d'une dictature ; je n'ai pas entendu dire que des citoyens étaient arrêtés sur le seul motif d'avoir critiqué Modi...
La démocratie n'est pas un privilège européen ou occidental et même en Occident, elle souffre de graves entorses (collusion entre politiciens et mafieux, traque des lanceurs d'alerte, assassinats de journalistes, non-respect de référendums, etc.)

Christian (18-03-2023 08:54:04)

La Cour pénale internationale (CPI) n’est pas morte! Elle vient de lancer un mandat d’arrêt contre le président russe Vladimir Poutine et sa « commissaire aux droits de l’enfant » pour crimes de guerre, à savoir la déportation et le transfert de plusieurs milliers d’enfants ukrainiens vers la Russie.
Ce n’est pas la première fois que la CPI (à ne pas confondre avec les divers tribunaux spéciaux mis en place pour le Rwanda, l’ancienne Yougoslavie et le Tchad, notamment) met en accusation des dirigeants politiques, mais ces tentatives ont rarement abouti à des condamnations pour les crimes les plus graves.
Parmi les personnalités mises en accusation devant la CPI, on peut citer l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo (acquitté en 2019), l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi (mort en 2011 avant d’être jugé) et l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba (condamné en 2016 pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, acquitté en appel en 2018, mais condamné pour subornation de témoins).
Quant à l’ancien président soudanais Omar El Béchir, au pouvoir de 1989 à 2019, il a fait l’objet de deux mandats d’arrêt pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. Il serait actuellement détenu à Khartoum en attendant d’être éventuellement remis à la CPI.

Herodote.net répond :
La CPI ne représente plus grand chose. Les Etats-Unis, l'Inde, le Pakistan l'Indonésie... n'en font pas partie, ni bien sûr la Chine et la Russie n'en font partie.

jarrige (09-03-2023 14:48:54)

" la morale et l'indignation ne sont d'aucune utilité ". On peut se demander, étant donné qu'il est hors de question d'entrer en guerre avec la Russie, ce qui a de l'utilité: combattre pour la liberté "jusqu'au dernier Ukrainien" ?

hadrien 1000 (28-02-2023 16:47:01)

Excellente analyse ,un peu pessimiste sur le déclin de l'Occident mais hélas assez juste . je partage ce qui est dit par Mr Larané .Je déplore qu'il n'y ait pas de point de vue comme celui -ci à partager dans les média et chez nos dirigeants . Il y a une certaine hystérie anti-Russe ,même si leur culpabilité est patente et leur action condamnable mais bientôt on va punir les gens qui lisent Dostoïevski ! On n'a pas interdit Steinbeck quand les Américains ont détruit l'Irak et fait pendre le dirigeant (un ami en revient et a vu ...) ! La lecture d'Herodote et des causes de la guerre devrait être conseillé à beaucoup ,ce qui ne les rendrait ni pro Russe ,ni Munichois ni rien d'autre mais simplement objectifs et mesurés ...

Christian (25-02-2023 10:17:50)

Parmi les pays qui ont voté à l'ONU en faveur de la résolution exigeant le retrait des troupes russes d'Ukraine, on peut tout de même en relever beaucoup dont l'importance démographique et/ou stratégique n'est pas négligeable: les principaux pays d'Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili, Pérou, Colombie, Mexique, à l'exception du Venezuela qui était absent), l'Indonésie (pays musulman le plus peuplé du monde), le Nigeria (pays le plus peuplé d'Afrique), la Turquie et la quasi-totalité des pays arabes (sauf l'Algérie et le Soudan qui se sont abstenus, et la Syrie qui a voté contre).
Quant aux pays qui se sont abstenus, cela ne signifie pas qu'ils approuvent l'attitude de la Russie, mais qu'ils souhaitent rester neutres (comme la Suisse et l'Irlande qui sont restées neutres pendant la seconde guerre mondiale et qui n'ont pas pour autant basculé dans le fascisme ou le nazisme). Certains l'ont même fait pour des raisons qui leur sont propres, tels que le Pakistan, qui a fait remarquer que les précédentes résolutions exigeant l’autodétermination du Cachemire n'avaient été suivies d'aucun effet. On pourrait d'ailleurs dire la même chose des résolutions concernant Chypre et la Palestine (entre autres)...

Herodote.net répond :
L'abstention sur l'Ukraine, à l'ONU, signifie clairement un rejet de l'ordre américain et du deux poids deux mesures : pourquoi devrait-on condamner l'invasion du Donbass et se coucher devant celles du Cachemire ou de l'Irak? D'autre part, comme l'indiquent les propos du président Lula, beaucoup de pays d'Amérique latine ont voté la résolution du bout des lèvres tout en refusant de couper les ponts avec Moscou.

RémyVolpi (24-02-2023 17:10:40)

Je souhaite répondre à Quentin et à Christian. A Quentin, je voudrais dire que sans l'éclairage de l'histoire l'avenir est sombre. Autrement dit, s'en tenir à la seule dimension contemplative depuis les eaux calmes de l'histoire n'est pas de mise: la fonction essentielle de l'histoire est de nous aider à construire un avenir meilleur. Appliquer les leçons de l'histoire à l'actualité est donc hautement pertinent, quand bien même les avis divergeraient. A Christian, je dis qu'il n'a pas bien compris le monde dans lequel nous vivons, et je l'invite à se documenter, par exemple en lisant l'excellent "Livre Noir de Vladimir Poutine" , écrit sous la direction des éminents historiens que sont Galia Ackerman et Stéphane Courtois. A moins qu'il ne se complaise dans les positions du "pays du mensonge déconcertant", titre du livre écrit par le Croate Anton Ciliga, fondateur du parti communiste croate, à son retour (très laborieux) de l'URSS.

Jean-Marie (24-02-2023 13:31:21)

Bonjour.
Contrairement aux commentaires de certains un peu trop proches de la doctrine occidentale, je pense qu’il ne faut pas oublier que la guerre russo ukrainienne n’a pas commencé le 24 février 2022 mais remonte à l’année 2014, lorsque 2 provinces ukrainiennes mais très russophones ont fait sécession car elles désapprouvaient l’orientation vers l’UE et l’OTAN. C’est alors que l’armée ukrainienne, composée en partie de bandes ouvertement neonazies, a commencé à bombarder ces 2 provinces, faisant des milliers de morts civils. Le Président Poutine, après avoir reconnu l’indépendance de ces 2 provinces, et soucieux de ne pas avoir de missiles aux portes de la Russie, a décidé de secourir ces dernières par une grande opération militaire contre le régime ukrainien, provoquant ainsi une guerre meurtrière des 2 côtés. Ce que vous appelez l’agression russe de l’Ukraine était en fait selon moi une opération préventive pour sauvegarder l’indépendance de la Russie. Certes il y a eu beaucoup de morts dans les 2 camps, c’est la guerre !! Mais faire reposer la seule Russie comme responsable de cette guerre ne me semble pas refléter la réalité historique.

Christian (24-02-2023 08:17:45)

Outre la Russie et la Biélorussie, seuls cinq pays ont voté hier à l'ONU contre le retrait des troupes russes d'Ukraine: une dictature communiste (la Corée du Nord), deux pays entièrement dépendants de l'aide militaire russe (le Mali et la Syrie), l'Erythrée du dictateur Afeworki (au pouvoir depuis 1993) et le Nicaragua du quasi-dictateur Ortega (au pouvoir depuis 2007).

Herodote.net répond :
N'oublions pas les pays qui se sont abstenus, à peu près les mêmes que lors du vote du 6 mars 2022 (ils représentent les deux tiers de l'humanité et près de la moitié du PIB mondial).

Bubu (23-02-2023 18:09:59)

Bjr,
Un point me trouble que je ne comprends pas.
L'article y fait une brève allusion à la toute fin:l'unanimité russophobe de la droite à l'extrême gauche.Troublant? N'est ce pas?
D'autre part,jamais un article d'investigation sur le nb de morts, c'est une guerre zéro morts.
Rien non plus sur le coût des armes que nous deversons en Ukraine.
C'est une guerre gratuite et encore bcp de questions pour nos journalistes jusqu'auboutistes.
Bonne soiree

XW (23-02-2023 13:17:34)

Dans ce texte de M. Larané, je lis surtout une critique sur l'OTAN dans ce texte bien que finement amené par une introduction qui prend soin de s'apitoyer sur le sort des ukrainiens. Tout ceci ressemble à un argumentaire des parti politiques Anti-Europe. Mais c'est justement parce qu'il n'y a pas assez d'Europe que nous en sommes là. Effectivement notre dépendance vis à vis des USA parce que pendant 20 ans le marché a sans doute primé sur une Europe plus forte. Les britanniques, et Pdt de commission comme JM Barroso ou leader comme A.Merkel n'ont pas voulu d'Europe forte ou d'Europe de la Défense. Donc il faut faire avec ce que nous avons: l'OTAN. Pour ce qui est de l'adhésion (heureusement) des pays d'Europe Centrale et Baltes à l'Otan. Vous oubliez que dans les années 90, la Russie de Eltsine était perçue comme un pays instable dont on ne savait pas où elle allait pencher. Vous avez oublié les délires de Jirinovsky, et même Ziouganov. Les séances accusatrices à la Douma envers l'Europe. A cette époque il était logique sur ces nouveaux pays disent "peut-être que ça n'est pas utile" mais on ne sais jamais si un jour la Russie tourne mal. Ce qui arriva.
L'OTAN n'est qu'un prétexte pas du tout la cause. Sinon comment expliquez vous le conflit en Géorgie, il n'était absolument pas question de l'OTAN dans ce pays. (C'est seulement ensuite que la Géorgie a dit pourquoi pas l'OTAN, sinon nous n'en finirons jamais).
Nous avons souvent une vision de la géopolitique intimement liée à l’économie du monde. Dans la tête de Poutine l’économie n’est pas sa préoccupation car son économie de rente lui apporte une part de PIB sans effort. Seuls ses rêves ou ses délires d’empire et de vengeance du déclassement de la Russie guident depuis plus de 10 ans sa rhétorique et sa politique
en Afrique, en Géorgie, en Syrie, en Europe au mépris de l’intérêt et de l’avenir de son peuple, et effectivement l’Otan n’est qu’un prétexte facile pour qu’il dise « vous voyez ! »
(Un assassin qui se dit victime, une sorte de syndrome de Stockholm pour gagner l’empathie aveugle et complice de son peuple et la contagion émotionnelle).
A ses débuts, je suppose que son entente avec Chirac et Schröder reposait sur le pari que la coopération économique permettrait à la Russie de devenir un dragon économique, il n'fut rien, au contraire, nouvelle honte pour la Russie si on la compare aux pays d’Europe Centrale ou d’Asie. Et là la Russie est 100% coupable de son destin manqué ils avaient tout pour réussir, des ressources, une population instruite et je pense même parfois du génie il ont tout raté.
Alors effectivement il y a des erreurs dans les actions de l'Occident comme vous dites en Irak, en Libye, etc mais qu'est-ce ces arguments viennent faire dans le sujet Russie ? on dirait du Hubert Védrine.
Donc pour l’instant en attendant l’Europe de la Défense il faut plus d’Otan, y compris je l’espère un jour « une Ukraine dans l’Otan ».

Herodote.net répond :
Vous avez plutôt bien résumé l'enjeu. Dès 1991, les Européens ont fait le choix de privilégier l'économie et le libre-échange mondialisé tout en réduisant leurs dépenses militaires et en confiant leur sécurité au Pentagone. L'Europe de la défense est mort-née.

Christian (23-02-2023 10:30:03)

J'ai toujours désapprouvé l'agression russe du 24 février, mais je n'ai jamais souhaité que les troupes ukrainiennes aillent jusqu'au Kremlin, ce qui ne pourrait se faire qu'au prix de centaines de milliers de morts supplémentaires. Je voudrais seulement que Poutine se conforme au mémorandum de Budapest, signé le 5 décembre 1994 par l’Ukraine, la Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni, rejoints ensuite par la France et la Chine.

Pour mémoire, ce texte stipule, en échange de la dénucléarisation de l’Ukraine et de son adhésion au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, que toutes les parties s’engagent à «respecter son indépendance, sa souveraineté et ses frontières existantes». Il est probable que, si l'Ukraine ne l'avait pas respecté et avait conservé les armes nucléaires qui se trouvaient alors sur son territoire, la Russie n'aurait jamais pris le risque de l'attaquer...

Christian (23-02-2023 05:35:26)

"L'Afrique subsaharienne ainsi que l'Algérie voient dans leurs relations avec le Kremlin une manière de consolider leur indépendance à l'égard de Washington et des anciennes puissances coloniales".

Mettons l'Algérie à part, mais de quelle indépendance réelle peut-on parler pour ces dictateurs au petit pied qui ne comptent que sur les mercenaires russes du groupe Wagner pour se maintenir au pouvoir, laissant ces derniers s'approprier les richesses du pays tandis que les djihadistes continuent de prospérer...

Si les Européens n'ont pu se maintenir en force dans cette partie du monde que moins d'un siècle, combien faudra-t-il de temps aux Russes et aux Chinois pour s'y enliser? On discerne déjà dans plusieurs pays des signes de rejet des méthodes commerciales agressives et envahissantes de la Chine...

Quentin (23-02-2023 03:40:05)

J'aime l'Histoire et apprécie grandement herodote.net ; cependant ce n'est pas là, à mon sens, que devraient s'exprimer les points de vue sur l'actualité, si brûlante soit elle. Je préfèrerais qu'y soit conservé le recul de l'historien.

Herodote.net répond :
C'est précisément parce que nous aimons et étudions l'Histoire que nous nous devons d'appliquer un regard d'historien au drame ukrainien. Nous nous inscrivons dans une tradition bimillénaire illustrée par Thucydide aussi bien que Bainville, qui, l'un et l'autre, se sont efforcés d'analyser avec le recul nécessaire la guerre qui se déroulait sous leurs yeux.
Pour complaire à leur lectorat, les journaux d'actualité tiennent trop souvent des propos exaltés et rassurants sur les combats, quitte à être pris en défaut et se contredire d'un mois à l'autre.
Pour notre part, nous nous en tenons à l'analyse des réalités géopolitiques qui sous-tendent la guerre afin de mieux comprendre le sens profond des événements et évacuer ainsi l'angoisse qui peut naître des récits au jour le jour. Pour l'heure, nos analyses n'ont pas été prises en défaut et croyez que je le regrette car j'aurais bien aimé comme chacun d'entre nous que l'armée ukrainienne entrât au Kremlin sous les applaudissements des Moscovites et que les dirigeants chinois, iraniens, indiens et turcs se rendent sur ces entrefaites à Canossa pour exprimer leur allégeance aux Occidentaux et à leurs valeurs si évidemment universelles.

Cédric D. (22-02-2023 14:37:44)

Bonjour,
En ce qui concerne le sabotage des gazoducs, je crois qu'une officine sérieuse vient de conclure à la responsabilité des Américains . Ce n'est pas surprenant.
Il passe en ce moment sur Arte, que l'on ne peut guère qualifier d'être "pro-russe", une émission sur le géant Gazprom. Dès les premières minutes, il est précisé que l'OTAN a toujours, au moins depuis JFK, considéré l'énergie comme un secteur de guerre potentielle, ou causeur de guerre. Ce qui expliquerait bien des provocations de l'Occident envers les Russes, jusqu'à ce dernier traité de Minsk dont Angela Merkel elle-même a dit récemment qu'il ne servait qu'à faire gagner du temps à l'Ukraine pour s'armer...
Quant à votre dernière réflexion concernant un éventuel refus européen de cautionner une intervention "hasardeuse" des USA, elle me semble tout à fait juste : ce n'est pas en France, ni en Allemagne, qu'on trouvera des responsables qui s'y opposent. Nous aussi, nous avons nos faucons...
Bien cordialement, CD

Richard (22-02-2023 14:36:30)

Synthese.
Est-il besoin de rappeler que ce sont les États qui signent une résolution á l'ONU et non leur population qui n'est pas conviée au vote; si on dénonce Le Monde comme diffuseur de "fake news" sur ces bases frauduleuses, qu'est Percepto, les "Story-killers" révélé par Forbidden-Stories ?
Pour le fond de l'article, je crois utile de rappeler que le contexte politique d'aujourd'hui en Ukraine n'a rien á voir avec celle de la dénonciation du pacte germano-soviétique en 1941 avec l'offensive nazie de l'Opération Barbarossa vers l'Est; tout rapprochement tient de l'amalgame. Ironiquement, selon la propagande nazie, l'Union Soviétique était le foyer du Judéo-bolchévisme qu'il fallait abattre et Poutine ne fait que reprendre á son compte l'argument inverse d'une dénazification de l'Ukraine. Quand on veut se débarrasser de son chien, on l'accuse de la rage.
Quand á la Turquie, á propos des "flambées inflationnistes", qui voudrait habiter un pays avec 57,7% d'inflation (71% pour l'alimentation et 77% pour la santé)? D'ailleurs, c'est la Turquie vient en troisieme position des pays demandeurs d'asile (apres l'Afghanistan et la Syrie, c'est tout dire!), données de l'AUEA avec 55000 dossiers.

Rémy Volpi (22-02-2023 14:25:07)

Merci pour cette synthèse de la situation à laquelle je voudrais apporter quelques remarques. Tout d'abord, et incidemment, vous aviez précédemment évoqué, à juste titre, la "révolution démocratique de février 1917", consécutive à l'abdication du Tsar Nicolas II. Il s'agissait de la création d'une constitution par la Douma, le parlement, à l'instar des pays démocratiques. En revanche, vous tombez, comme tant d'autres, dans le piège "du pays du mensonge déconcertant" en qualifiant de "révolution d'octobre" le coup d'État perpétré par Lénine, de compte à demi avec la pègre organisée, afin de mettre à bas la pratique ignominieusement bourgeoise du régime parlementaire. Et de mettre en place, bien sûr au nom de l'Humanité, un régime totalitaire qui aura tôt fait de recourir massivement au travail forcé dans des conditions inhumaines. Ce qui n'a nullement empêché nombre d' Occidentaux d'y voir le paradis de l'ouvrier.
Mais surtout lorsque vous présentez l'Europe comme étant à la botte des États-Unis, vous semblez sous-entendre qu'elle est la victime de cet état de fait, voire qu'elle en pâtirait. Mon point de vue est que cette situation - pas nécessairement insupportable - est entièrement le fait de l'Europe elle-même et les récriminations à cet égard relève de l'hypocrisie la plus totale. Comment l'Europe, de dominatrice de l'univers au XIXème siècle est-elle devenu un territoire semi-colonial partagé entre les deux vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale? Et surtout, comment l'Europe du siècle des Lumières a-t-elle pu devenir durant la première partie du XXème siècle, le "continent des ténèbres"? La cause se trouve dans cette invention du XIXème siècle, le nationalisme souverainiste qui transforme les relations internationales en un panier de crabes pérenne, anarchie régie par la seule force. Pompeusement nommé realpolitik, ce mode relationnel a mené en une poignée de décennies à des conséquences désastreuses et notamment au retour de la plus abjecte des barbaries. Faut-il en vouloir aux Américains d'être intervenus par deux fois pour sauver la mise? Faut en vouloir aux Américains d'avoir proposé et mis en œuvre le plan Marshall? Faut-il en vouloir aux Américains d'avoir poussé l'Europe à s'unir? Faut-il en vouloir aux Américains si en août 1954, le parlement français a rejeté la CED, Communauté Européenne de Défense, mettant fin à l'intégration européenne de la politique extérieure et de la défense? N'ayant pu se départir de ses vieux démons nationalistes, l'Europe a préféré s'en remettre aux Américains par le truchement de l'OTAN. Et ceci avec une double incohérence. D'une part on raille cette situation. Et d'autre part, comble du paradoxe, l'idée d'un retour à un suicidaire repli nationaliste semble accueillie avec gourmandise. Métaphoriquement, c'est soigner l'éthylisme par l'alcool. "Mit der Dummheit, streben die Götter selbst vergebens" (face à la bêtise, les Dieux eux-mêmes sont impuissants) faisait dire Schiller à l'un de ses personnages

Simon S. (22-02-2023 12:54:58)

L'Indonésie a bien dénoncé l'invasion de l'Ukraine par les Russes lors de la résolution à l'ONU du 2 mars 2022 : https://news.un.org/fr/story/2022/03/1115472
https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/LTD/N22/272/28/PDF/N2227228.pdf?OpenElement
Par ailleurs, je vous accorde que Le Monde s'est quelque peu emporté en titrant "l’isolement historique de la Russie à l’ONU". Mais je trouve que votre sous-titre "Le Sud uni derrière l’agresseur russe" n'en est pas moins exagéré. Disons que les pays du "Sud" ne sont pas rangé derrière l'Occident et préfère s'abstenir pour tirer profit de la situation en fonction du rapport de force en cours (comme vous l'expliquez bine plus loin dans l'article).
Un modeste contributeur.

Bernard (22-02-2023 11:56:44)

La guerre d'Ukraine signe la fin de la domination du monde "blanc", dont la Russie, qu'elle le veuille ou non, fait partie. Tous les Etats impliqués y perdront des plumes au profit de ceux qui seront restés à l’écart, notamment les pays asiatiques et/ou détenteurs de matières premières. S'agissant de la Russie, V. Poutine aura fait d’un seul coup de son pays, relativement peu peuplé (140 millions d'habitants), un satellite de la Chine, dix fois plus peuplée. Un jour ou l'autre, les Chinois présenteront en effet à la Russie la note en termes d’"espace vital" en échange de son soutien tacite et intéressé. Il se peut bien qu’à terme les Russes aient ainsi échangé la Sibérie contre le Donbass, ce qui n’aura guère été avantageux. Pour l'UE, après un mauvais moment à passer, cette guerre va donner un coup de fouet à la recherche en matière d'énergies de substitution et il se pourrait ainsi que d'un mal sorte un bien. Les années du Canada comme puissance officiellement indépendante des Etats-Unis, sont comptées. La fin du dollar comme monnaie de réserve, précipitée par cette guerre, va engendrer le retour de l’or comme seule monnaie de réserve universellement acceptée.

Blumenthal (22-02-2023 10:33:07)

De l'Homme ou du Climat, lequel aura le privilège de débarrasser la Terre de l'espèce humaine ?

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