4 février 2016

Les chapeaux circonflexes, espèce en voie de disparition ?

La simplification de l'orthographe, conçue en 1990 et agréée par l'Académie française, a été inscrite dans les programmes de l'Éducation en 2008. Les éditeurs de manuels scolaires ayant envisagé de la mettre en oeuvre à la rentrée 2016, c'est l'occasion d'une polémique comme en raffolent les Français...

Rien à voir avec le culte d'un passé mythifié. Plutôt l'irritation devant une énième « réforme » imposée d'en haut sans réelle nécessité. On craint qu'elle ajoute de la confusion sous prétexte de simplification en légitimant une nouvelle orthographe sans proscrire l'ancienne.

L'annonce est tombée ce jeudi 4 février 2016 et, comme à chaque fois, a fait l'effet d'une tornade. Oubliés attentats, crise agricole et risques sanitaires exotiques, les rues et réseaux sociaux ne bruissent désormais plus que d'un seul sujet de conversation : on allait toucher à notre orthographe !

Et aussitôt, c'est le retour des glorieux nénufars, accompagnés de leurs non moins célèbres acolytes, les ognons. Vous vous souvenez ? Ils étaient apparus un jour de 1990 à l'initiative du Conseil supérieur de la langue française, mis sur pied par le Premier ministre Michel Rocard pour simplifier une langue qui ne serait plus compétitive dans le monde. Notre chère Académie française avait alors approuvé cette réforme malgré une belle bronca à travers tout le pays.

Anastasie, représentation de la censure au XIXe siècleLorsque la tempête s'était calmée, tout le monde était retourné à ses affaires, pensant la réforme bel et bien enterrée et l'oignon sauvé.

Que nenni ! 26 ans après, la revoilà, plus en forme que jamais ! À l'occasion de l'envoi des nouveaux manuels de collège sur les presses des imprimeries, les éditeurs se sont souvenus que les enfants avaient du mal à comprendre que l'accent de la cime était tombé dans l'abîme. Anastasie, la déesse de la censure, a donc supprimé de ces ouvrages de plus en plus illustrés toute trace de barbarie : plus de piqûre, de jazzmen et de cure-dents, mais quelques bluejeans de jazzmans qui, avec leurs cure-dent qui font des piqures, ruissèlent tous les weekends…

Amusant, certes. Mais cet exemple cache la forêt : derrière le picnic, c'est près de 2 400 mots qui vont changer de peau dans les manuels scolaires (mais pas dans les ouvrages de littérature classique). Parmi eux, quelques anomalies vont passer à la moulinette, comme l'accent inversé de « événement » ou le i inutile de la fin de « serpillière ». Ce n'est pas la première fois que le dictionnaire est ainsi nettoyé, puisqu'à la Renaissance, déjà, un sérieux coup de balai avait été effectué par Malherbe et ses camarades. Mais la logique aura toujours du mal à s'imposer face aux sentiments amicaux qui nous lient à notre langue : notre « clef », on y tient !

L'époque, me direz-vous, est à la simplification : il ne faut pas bousculer les élèves qui ont tellement de mal à aligner quelques frases sans fotes, et il est temps de venir en aide aux salariés qui ne vivent plus sans leur correcteur d'orthographe. Pourquoi, dans ce cas, ne pas adopter définitivement la simplissime écriture SMS ? Est-ce si grave si l'on ne fait plus travailler la mémoire, la logique grammaticale, le bon sens ? N'est-ce pas plus cocasse de passer cinq minutes à s'interroger sur le sens caché d'un texto réduit à un squelette ?

Il faut évoluer avec son temps, nous dit-on. À l'heure de la mondialisation, on ne peut rester figés sur notre vieille langue dans un combat d'arrière-garde. D'ailleurs qui aujourd'hui est encore capable de lire Montaigne sans une montagne de notes de bas de page ? Dans 100 ans, il suffira de faire la même chose pour les œuvres de Patrick Modiano. Ça lui apprendra à faire de la littérature dans un français soutenu !

Nous n’allons quand même pas pleurer sur des accents circonflexes dont plus personne ne sait pourquoi ils sont là, même si l'hopital semble soudain moins protecteur, le traitre moins fourbe et Nimes moins ensoleillée. Cela fait trop de siècles que les linguistes nous font perdre notre temps et notre encre en nous obligeant à ajouter un accent circonflexe uniquement pour marquer l'emplacement d'une lettre que tout le monde a oubliée ! Nous devrons donc renoncer à coiffer les i et les u de cette « hirondelle de l’écriture » (Jules Renard).

Et s'il suffisait de laisser le tems au tems ? N'est-ce pas l'usage qui, finalement, a toujours raison ? Pour l'aider à faire les bons choix, puisque nous avons la liberté de continuer à écrire le français qu'on nous a appris, profitons-en pour parsemer encore nos textes de nénuphars aquatiques et d'oignons mal pelés, avec l’agrément de l’Académie : « Les personnes qui ont déjà la maîtrise de l’orthographe ancienne pourront, naturellement, ne pas suivre cette nouvelle norme » (1990).

On nous dit qu'il faut être tolérant et accepter plusieurs versions du même mot : n'est-ce pas plutôt ouvrir la porte à un bel embrouillamini dans les textes ? Se résigner à l'appauvrissement et à la fadeur ? Ne vit-on pas une première étape du processus de construction d'un français peut-être plus accessible mais sans saveur ?

On peut se demander s’il est du ressort des éditeurs de manuels scolaires d'imposer aux enseignants et aux élèves un soi-disant « bel usage ». Tolérer des simplifications orthographiques et ne pas les sanctionner dans les dictées, pourquoi pas ? Mais les généraliser dans les manuels au risque de déboussoler les amateurs de bonne littérature, est-ce bien raisonnable ?...

Isabelle Grégor
Quand Napoléon se fâchait avec l'orthographe...

Nous ne résistons pas au charme de cet extrait du Mémorial de Sainte-Hélène (Emmanuel de Las Cases, tome 6, 29 septembre 1816) :

Belles dictées de l’Empereur. Détails. particularités caractéristiques, etc.

Toutes les fois que l’Empereur traitait un sujet, pour peu qu’il s’animât, ses paroles eussent pu supporter l’impression.

Souvent aussi, quand une idée le frappait vivement, il dictait à celui de nous qui était sous sa main des morceaux qui, dès ce premier jet, se trouvaient du dernier fini. Ces messieurs doivent avoir beaucoup de ces dictées, toutes bien précieuses. J’en veux bien à l’état de mes yeux, qui, m’empêchant d’écrire, me privait la plupart du temps de cette bonne fortune. [...]

L’Empereur dictait toujours sans nulle préparation. Je ne lui ai jamais vu, dans aucun cas, faire de recherche sur notre histoire, ni sur aucune autre ; pourtant personne n’a jamais plus heureusement cité l’histoire, avec plus de justesse, plus à propos, ni plus souvent. On eût dit même qu’il ne la savait qu’en citations, et que ces dernières lui venaient comme par inspirations. C’est ici pour moi le lieu de dire quelque chose qui m’a souvent occupé, sans que j’aie pu me l’expliquer, mais qui est trop remarquable, et dont j’ai été trop souvent le témoin pour le passer, sous silence ; c’est qu’on eût dit qu’il existait en Napoléon une foule d’objets qui y demeuraient comme en réserve pour apparaître avec éclat dans les circonstances soignées ; qui, dans les moments d’insouciance, semblaient plus que sommeiller, lui être pour ainsi dire étrangers. Sur l’histoire, par exemple, combien de fois ne m’a-t-il pas demandé si Saint Louis était avant ou après Philippe le Bel, ou autre chose semblable. Eh bien, l’occasion arrivait-elle pour lui ? alors il faisait sans hésiter les citations les plus minutieuses ; et, lorsqu’il m’est arrivé de douter parfois et que j’ai été vérifier, le tout était de la plus scrupuleuse exactitude ; je ne l’ai jamais trouvé en défaut.

Autre singularité de même nature : l’Empereur, dans l’oisiveté de la vie et le bavardage, estropiait souvent les noms les plus familiers, même les nôtres ; et je ne crois pas que cela lui fût arrivé en public. Je l’ai entendu cent fois, dans nos promenades, réciter la fameuse tirade d’Auguste, et jamais il n’a manqué de dire : « Prends un siège, Sylla (note). » Il faisait, la plupart du temps, des noms propres à sa fantaisie ; et, une fois adoptés, ils demeuraient toujours, bien que nous prononçassions les véritables cent fois par jour à ses côtés ; et si nous eussions adopté les siens, son oreille en eût été choquée. Il en était de même de l’orthographe ; la plupart du temps il n’en écrivait pas un mot, et si nos copies lui eussent été portées avec de pareilles fautes, il s’en fût plaint.

Un jour, l’Empereur me disait : « Vous n’écrivez pas l’orthographe, n’est-ce pas ? » Ce qui fit sourire malignement le voisin, qui prenait cela pour un jugement. L’Empereur, qui s’en aperçut, reprit : « Du moins, je le suppose ; car un homme public et dans les grandes affaires, un ministre, ne peut, ne doit pas écrire l’orthographe. Ses idées doivent courir plus vite que sa main ; il n’a le temps que de jeter des jalons ; il faut qu’il mette des mots dans des lettres, et des phrases dans des mots ; c’est ensuite aux scribes à débrouiller tout cela. » Or, l’Empereur laissait beaucoup à faire aux scribes ; il était leur désolation ; son écriture composait de véritables hiéroglyphes ; elle était illisible souvent pour lui-même. Un jour mon fils, lui lisant un des chapitres de la Campagne d’Italie, s’arrête court, cherchant à déchiffrer : « Comment, le petit âne, dit l’Empereur, ne peut pas relire son écriture ? – Sire, c’est que ce n’est pas la mienne. – Et de qui donc ? – Celle de Votre Majesté. – Comment, petit drôle, prétendez-vous m’insulter ? » Et l’Empereur, prenant le cahier, fut fort longtemps à chercher ; et puis le jeta en disant : « Il a ma foi raison, je ne saurais dire ce qu’il y a. »

Il lui est arrivé souvent de me renvoyer les copistes pour essayer de leur déchiffrer ce qu’il n’avait pu retrouver lui-même. L’Empereur expliquait la netteté de ses idées et la faculté de pouvoir, sans se fatiguer, prolonger à l’extrême ses occupations, en disant que les divers objets et les diverses affaires se trouvaient casés dans sa tête comme ils eussent pu l’être dans une armoire. « Quand je veux interrompre une affaire, disait-il, je ferme son tiroir, et j’ouvre celui d’une autre. Elles ne se mêlent point, et ne me gênent ni ne me fatiguent point l’une par l’autre. »

Jamais non plus il n’avait éprouvé, disait-il, d’insomnies par la préoccupation involontaire de ses idées. « Veux-je dormir, je ferme tous les tiroirs, et me voilà au sommeil. » Aussi observait-il qu’il avait toujours dormi quand il en avait besoin, et à-peu-près à volonté.

Extrait numérisé par Jean-Marc Simonet)

Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 09:50:14
Magrou (17-08-2016 23:02:58)

On n'a pas le droit de transformer une langue arbitrairement surtout quand elle a été aussi magnifiée par nos grands auteurs !
GM

Marcel Quevrin (07-08-2016 11:21:55)

Ma maman alla en classe jusqu'à 12 ans et eut une belle calligraphie et orthographe basique irréprochable.Moi, 63 ans, j' essaye la nouvelle orthographe mais en vain, je conserve mes 'y' et les chapeaux car lorsque j' écris une missive avec 'aout 'j' ai l' l'impression que le destinataire va me juger puisqu'il ne connaît que' août'.

Jacques Callot (28-04-2016 11:54:16)

Je ne vais pas en rajouter sur tous les posts critiquant la suppression de l'accent circonflexe, étant en total accord avec eux.

Je vais simplement ajouter ce beau poème sur l'accent circonflexe de Jean-Pierre Rosnay (grand poète et grand Résistant à 16 ans)

L'accent circonflexe et la petite cédille

Entre deux vers
D'un long poème
D'un poème fort ennuyeux
La cédille aux yeux de verveine
Qui nattait ses jolis cheveux
Rencontra l'accent circonflexe
Curieuse quoiqu'un peu perplexe
Sans moi vous l'eussiez deviné
Elle lui dit pour commencer

Quel bizarre chapeau que le vôtre
Seriez-vous par hasard gendarme ou polytechnicien
Et que faites-vous donc sur le front des apôtres
Est-ce vous la colombe ou la fumée du train

Je suis je suis gentille cédille
Le S escamoté des mots de l'autrefois
C'est à l'hostellerie qu'on emmenait les filles
Le S a disparu me voici sur le toit
Et toi que fais-tu cédille
A traîner derrière les garçons
Sont-ce là d'honnêtes façons
N'es-tu point de bonne famille

Accent bel accent circonflexe
Voilà toute ma vérité
Je t'aime et pour te le prouver
Je fais un S avec un C

siska (25-04-2016 08:28:37)

A quand une réforme des mathématiques? où 2+2 ne feront plus quatre mais 5? La nullité que je suis en cette matière, l'attends avec impatience mais cependant sans trop d'espoir!!! j'imagine donc la jubilation ce ceux qui peinent à se plier aux règles de notre belle langue française. Combien de conflits n'aurais-je pas évités avec mes enfants quand je me battais pour leur inculquer un minimum de respect des particularités, des exceptions, ainsi que les moyens mnémotechniques de se les rappeler?
Evolution oui mais pas abandon de nos belles lettres!

Gyl (24-04-2016 19:22:22)

Et si vous voulez vous amuser, lisez donc "Plumons l'oiseau" d'Hervé Bazin.
Bonne lecture

Gyl (24-04-2016 19:16:27)

Et si vous voulez vous amuser, lisez donc "Plumons l'oiseau" d'Hervé Bazin.
Bonne lecture

Marcel lerat (24-04-2016 17:33:58)

Ma mère, née en 1905 a été à l'école jusqu'à 11 ans dans son village et ne faisait pratiquement pas de fautes d'orthographe.Dans " Je suis sûr Germaine "de Riboga il faut écrire " Je suis sûr, Germaine "la ponctuation a aussi une grande importance et enlève tout ambiguité ...

PROVENZALE (24-04-2016 16:41:17)

Je voudrais dire aux inconscients/incompétents qui nous gouvernent que, au lieu de massacrer une langue dont manifestement ils ne comprennent pas grand-chose, ils feraient mieux de consacrer leurs efforts - et notre argent - à remédier au fait que des milliers d’enfants quittent le collège sans savoir lire, écrire et compter couramment ! Ce qui est un véritable scandale d’État, et qui constitue, à mes yeux, un véritable génocide culturel. Personnellement, comme les membres de notre association littéraire, je boycotterai systématiquement tout éditeur qui serait complice de cette "réforme" honteuse, fruit d’une administration gérée par des idéologues incultes. Nous avons la chance d’avoir l’une des plus belles langues du Monde, ne la laissons pas détruire par démagogie !

Héloïse B. (12-03-2016 14:44:29)

maintenant nous pouvons écrire de toutes les façons... J'avais vu une image humoristique sur les réseaux sociaux: nous ne dirons plus les oiseaux les amis, mais les wasos !
Après vous en avez certainement vu d'autres tels que "je me ferais bien un petit jeune..." (jeûne).
Bon, je sais que faire des réformes permet de préserver des emplois, certainement, m'enfin, c'est comme adapter le clavier d'ordinateur à la française, je ne vois pas le but culturel dans l'affaire...

NONNAGNES (18-02-2016 01:11:44)

QUAND ALLONS NOUS CESSER DE TOUT NIVELER PAR LE BAS ? A QUI CHERCHONS NOUS A FAIRE PLAISIR ?POURQUOI EST - CE A LA LANGUE DE S'ADAPTER ET PAS A CEUX QUI L'APPRENNENT DE LE FAIRE?POURQUOI S'INDIGNER DE L'EXISTENCE D'UN ACCENT CIRCONFLEXE BEAUCOUP MOINS ARDU QUE LES DECLINAISONS DE LA LANGUE ALLEMANDE? POURQUOI, A PART NOTRE TAUX DE CHOMAGE, TOUT CE QUI FAIT NOTRE SINGULARITE ,DE LA BEAUTE DE NOTRE LANGUE A SES RACINES( AU PANIER AUSSI LE LATIN ET LE GREC)EST -IL DEVENU SOUDAIN HAISSABLE? JE SUIS LASSE DE TOUTE CETTE MEDIOCRITE AMBIANTE.ET JE N'AIME PAS LE NOUVEAU VOCABULAIRE QUI FAIT QUE NOS ENFANTS ROUILLENT DANS LA TECI ET NE PENSENT QU'A PECHO LES MEUFS A LA BARBE DES KEUFS ET AUTRES BOLOSSES...PEUT ETRE CES MOTS ONT-ILS PROFITE DE LA SITUATION POUR DEVENIR FRANCAIS,DU RESTE...

j. De Sens (13-02-2016 13:04:45)

Que cherche-t-on? Nolens volens, la langue française avec son architecture grammaticale compliquée n'est plus au diapason des exigences des masses humaines utilisant intensivement des moyens de communiquer ultra rapides requérant une écriture réduite a minima.Efficacité. L'anglais, en raison de la puissance de ses locuteurs originels mais aussi par sa simplicité , encore accentuée par ses locuteurs provisoires (comme le bas latin et nos langues dérivées ont épuré Ciceron ou comme le germanique et le français ont accouché de l'anglais simple) s'est définitivement imposé au monde comme langue internationale unique.
Il est évident que le petit rabotage des accents circonflexes ne va pas étendre le français sur le lit de Procuste pour l'aligner aux nouuveaux standards de l'utilisation internationale.
Alors, quelle ambition pour notre langue? Comme pour nos produites de luxe qui classent notre pays dans le monde, de même sera notre langue: a defaut d'être celle des masses, elle doit être celle de l'élite et des intellectuels. C'est là sa seule chance de survie, en beauté. Alors, ne gâchons pas ce précieux capital par des mesures misérables abaissant pour des cancres un niveau que leurs pères avaient tous atteint faisant la fierté de notre société et de notre pays.

Mondon (10-02-2016 23:09:06)

Notre pays fût le phare notre culture littéraire raffinée et enviée pendant quelques siècles.Les élites étrangères parlaient et écrivaient un Français maîtrisé.Il n'y a pas si longtemps John Malkowitch s'émerveillait devant un mot comme "vestimentairement" et disait qu'il n'y avait que la langue française pour inventer d'aussi beaux mots...

La dévalorisation de la place du Français dans le monde est dûe à Clémenceau qui, lors du traité de Versailles en 1919 se vanta de parler l'Anglais couramment et ainsi entr'ouvrit la porte à l'anglicisme qui se propagea comme un virus qu' aucun traitement n'éradiqua!

Place maintenant à la France qui devient le fare de la médiocrité,abime un trésor et va s'assoir sur le cout d'une cure de repos pour le faible nombre de neurones des boites craniennes d'une génération de débiles ipnotisés par leurs petits boitiers lumineux qui donnent (du moins le croient t'-ils)réponse à tout.

Bien entendu, les fautes de cette seconde partie de commentaire sont voulues, voire exagérées...J'ai la fierté d'avoir obtenu un nombre important de 20/20 en orthographe lorsque j'étais à l'école.
A quoi bon noter une ortografe décroissante ?

punzo edmond (10-02-2016 16:43:43)

Quand notre orthographe bat en retraite et s'incline devant une nouvelle forme de mondialisation et d'abaissement de "l'intellectualité" de nos jeunes têtes qui, par cette réforme perdent aussi les connaissances de notre histoire littéraire tans prisée de par le monde.
Et ce monde là, qu'en pense t-il?

Philippe (08-02-2016 20:55:09)

Madame Grégor fait une présentation assez juste de la réforme, bien qu’entre les lignes pointe un zest de moquerie regrettable. Qu’en pensez-vous, interroge-t-elle ?
Du bien ! beaucoup de bien.
L’association que je préside (Cercle littéraire des écrivains cheminots) publie, à l’intention de ses six-cents abonnés, un bimestriel (le dévorant) ; depuis trois ans déjà nous utilisons les règles de l’orthographe rectifiée. Dans le numéro à paraitre en mars, nous proposons la note de lecture de l’ouvrage de M J M Klinkenberg La langue dans la cité, vivre et penser l’équité culturelle (Les impressions nouvelles). L’auteur est membre de l’Académie royale de Belgique (… °) son ouvrage, préfacé par Bernard Cerquiglini, est rédigé en appliquant ces règles. Il en est de même du rapport annuel de la DGLFLF remis aux parlementaires.
De nombreux dictionnaires intègrent les rectifications ; le Grevisse, depuis plusieurs éditions, en tient compte, André Goosse était partie prenante aux débats des années qui ont précédé la publication du JO n° 100.
Sur dix numéros de la revue, nous avons présenté cette réforme à nos lecteurs.
Souvent on se gausse de la suppression de certains accents circonflexes (sur les lettres « i » et « u », sauf quelques rares exceptions) ; ce n’est qu’une toute petite partie des rectifications, rappelons-les :
• La modification de la position du tréma, déplacé, ou ajouté sur la voyelle qui doit être prononcée.
• La modification de l’usage du trait d’union — ou tiret —, ajouté sur les numéraux, supprimé dans nombre d’occurrences.
• La simplification du pluriel des mots composés (c’est la plus importante source d’erreurs d’orthographe)
• La simplification des consonnes doubles, soit par ajout d’un accent grave (verbes en « eler » et « eter », soit par suppression [mot en « ole », sauf exception]…
• Les dispositions applicables à la francisation des mots d’emprunt [c’est ce point qui permet d’écrire conteneur au lieu de container, par exemple].
• La correction de certaines anomalies, notamment de variation dans les familles de mots [charriot harmonisé avec charrette, par exemple].
• Les règles d’accord du participe passé de « laisser ».

En résumé, la réforme existe déjà, ce n’est donc pas sans un certain plaisir que dans un prochain numéro, nous rendrons les honneurs qu’ils méritent à ceux qui la découvre enfin, et que nous nous autoriserons de vilipender quelques traitres de l’Académie qui ont oublié qu’ils avaient entériné ces modifications.
Une abondante littérature traite du sujet, citons Le grand vadémécum de l’orthographe moderne recommandée (sous-titré cinq millepattes sur un nénufar, de Chantal Contant (éditions De Champlain).
Une notion importante me semble devoir être mentionnée pour terminer : la francophonie. En effet, si l’objectif de cette réforme (en 1990) est de simplifier notre langue sans la dénaturer, c’est aussi en pensant aux millions de ceux qui l’apprennent, qui l’utilisent qui portent ses valeurs hors de nos frontières (ils sont les plus nombreux !) qu’elle a été engagée. Hélas si mal portée par le monde de l’Education.

Béa (08-02-2016 18:23:57)

Concernant la réforme de 1990 j'ai un avis mais je ne suis pas sûre (c'est presque une antiphrase!) d'être représentative en la matière. En effet je trouve qu'un assouplissement s'impose et ne vois pas la nécessité de maintenir une orthographe si compliquée qu'elle en devient élitiste. Quand on compare, par exemple, avec l'espagnol, qui ne présente quasiment pas de difficulté écrite, je trouve nos élèves bien mal lotis! Peut-être aimerais-je surtout, très égoïstement, être une enseignante heureuse et ne pas corriger sempiternellement les mêmes fautes, à raison de 3 ou 4 par mot, alors que l'intelligence et les idées sont là...

riboga (08-02-2016 11:11:32)

De l'utilité de l'accent circonflexe?
"Je suis sûr Germaine"
"Je suis sur Germaine"
Germaine appréciera!

boutté (08-02-2016 10:37:57)

Nôtre langue évolue comme toutes les autres mais la nôtre était régie par l'Académie et non par les dires de banlieues ou des journalistes ou Ministres. Si l'Académie de 1990 peut accepter ces entorses qui ne rendent pas plus belle la langue il faudra s'y plier. Elle montre par là qu'elle n'est pas éternelle. Ceci est moins grave que les récentes féminisations qu'ont voulu faire admettre les précieuses ridicules du XXI° siècle.

Anne Nicolle (08-02-2016 09:31:29)

Les italiens et les espagnols ont fait une réforme de l'orthographe autrement plus importante dans les années 50. Leur langue s'en porte-t-elle plus mal ? Il faut quand même se rappeler que jusqu'à Napoléon, l'orthographe était beaucoup moins codifiée et que la plupart des écrivains écrivaient comme ils l'entendaient. Allez voir leurs manuscrits si vous ne me croyez pas. Beaucoup de complications ne sont pas dues à l'histoire de la langue mais à la volonté des grammairiens d'être incontournables pour vérifier ce qui se publiait. La dictée de Pivot a montré avec éclat qu'il était impossible d'apprendre aux professeurs de lettres à écrire sans aucune faute d'orthographe. Alors vive la réforme, libérons l'écriture des carcans, et donnons aux enfants le goût d'écrire.

TORLOTIN (08-02-2016 09:24:22)

une simplification de l'orthographe peut permettre à des jeunes en difficulté de ne pas trop se marginaliser, encore faut-il être circonspect dans ce type de réforme.
les anglicismes sont plus préoccupants

Grelier (08-02-2016 08:47:17)

Pourquoi tant d'efforts pour tirer inexorablement nos jeunes vers le bas,notes bidouillées, haro sur le bilinguisme et orthographe dénaturée, la prime aux cancres en quelque sorte, tout ça pour qu'au bout du parcours scolaire la sanction tombe ?

Jocelyne (08-02-2016 08:45:09)

Qu'en sera-t-il du Thomas, ancienne bible des correcteurs et éditeurs????

DURAND Richard (08-02-2016 08:31:58)

Certes il n'était pas particulièrement urgent de modifier les manuels scolaires à ce point . Peut-être aurait-on pu simplement mettre des annotations en bas de page pour indiquer ce que l'académie acceptait . Les puristes et les anciens, comme moi, auront du mal à intégrer ces évolutions mais la langue française n'a jamais cessé d'évoluer et il suffit de lire des textes des 18ème ou 19ème (ce qui n'est pas si vieux) pour s'en convaincre . L'orthographe change mais aussi la grammaire et même le sens des mots . Alors .......?

Daniel (08-02-2016 07:23:29)

Monsieur REY a écrit un jour qu'une langue " s'enrichissait " des erreurs commises, pourvu que celles-ci le soient par le plus grand nombre. Je n'ai jamais fait l'acquisition du Grand Robert pour cette raison. Je ne vois pas pourquoi je devrais me mouler dans ce fatras de médiocrités orthographiques qui nous inondent aujourd'hui, au prétexte qu'elles représentent la culture du plus grand nombre. "Aucun mot n'est inutile ou médiocre, ajoute Alain Rey, Tous sont égaux devant la langue. Et de terminer en écrivant : "Le français appartient à ceux qui le parlent ET L'INVENTENT. " !! Ben voyons !
Et voilà comment une langue "s'enrichit". Les différents forums du web nous donnent en abondance des exemples de cette "richesse" qui fait toute la beauté nouvelle de notre langue.
Quel poids pourra donc avoir, demain, la Certification Voltaire ?
Oui, pauvres enseignants ... dans cette triste involution culturelle.

Marc SINOU (08-02-2016 07:05:03)

Je tiens l'orthographe pour science des ânes puisqu'elle a plus d'exceptions à nous proposer que de règles. A l'heure où l'on parle d'interdire la fessée à qui on reproche, à juste titre, d'ancrer (avec un a!) et d'entretenir (avec un e)chez l'enfant la loi du plus fort et la supériorité de la violence sur la raison et l'amour,on peut bien accuser l'orthographe d'entretenir chez nos têtes blondes l'idée de l'arbitraire et de la convenance sans fondements. Le "code SMS" est aussi un code social et vous peinerez à me démontrer qu'il est moins rationnel et socialement utile que le code orthographique "officiel". Mettre un accent circonflexe sur le i de maître est aussi utile et nécessaire que mettre la fourchette à droite de l'assiette,avec les dents en haut (ou en bas?). L'intérêt de l'Histoire est justement de nous montrer que les choses ne sont pas immuables.
Jes p

Mirave (08-02-2016 06:32:36)

Enfin !
Les modifications orthographiques de 1990 étaient déjà officielles depuis décembre de la même année (parution au JORF. Toutefois le blocage des institutions, des décideurs parisiens, des médias avaient empêché leur vulgarisation. On en reparle que depuis que plusieurs pays francophones ont décidé de l'appliquer dans les cycles de l'enseignement (Belqique, Suisse et Canada). En France c'est toujours avec un train de retard que l'on bouge tout comme pour la féminisation des titres et des professions qui est pourtant utilisée désormais quotidiennement. Il est bon de savoir qu'oignon est la seule anomalie de son groupe. Rognon, trognon, grognon ont perdu leur i au fil des siècles car il n'avait aucune utilité. Nénufar ne s'écrit avec un ph que depuis 1935 (une erreur de l'époque) car c'est un mot d'origine persan et non grecque. Et ainsi de suite... les 2400 mots modifiés ont tous un point commun, c'est une certaine cohérence. Ce n'est pas une réforme, à peine une réformette. Lorsqu'on voit des journalistes monter en première ligne pour dénoncer l'évolution en cours, on sourit jaune. Ce sont les mêmes qui emploient à chaque ligne d'affreux termes anglo-américains alors qu'il existe des équivalents en français. Pourquoi écrire hashtag alors qu'en français il y a mot-dièse, pourquoi écrire doggybag, terme hypocrite et laid alors que nous avons sac de courtoisie ? etc. etc.

Michèle (08-02-2016 00:04:27)

On ne peut rien ajouter à tous ces commentaires. En français, chaque mot a une signification et deux mots qui semblent se ressembler peuvent désigner deux niveaux différents de la situation décrite. Pourtant un exemple de ma vie de tous les jours: avec mon chien, je vais aux œufs, mais s'il n'y en a qu'un ce sera quand même un zeu sinon elle ne comprendrait pas ce que je lui dit et pareil pour un cheval, mes enfants petits voyaient indifféremment un cheval ou des chevals.Alors un ognon, je veux bien, mais pas plus!
Merci à Hérodote de me régaler de tous ses articles.
Bonne journée

Michèle Corti (07-02-2016 22:45:09)

Scandale chez l'ognon !

L'o( i)gnon pleure et se désole
Le voici dénaturé
Car hélas, quelle idée folle
Son «  i «  vient d'être amputé !
Sa voyelle batifole
On ne peut plus l'arrêter
Retenez cette cagole
Car l'ognon va déprimer !

A l'écrire sans voyelle
On le sent tout dénudé
Il déprime, il désespère
La honte va l'étouffer !
Mais enfin, quelle misère :
Tous ces mots démantelés
Vont pour sûr entrer en guerre
Et sans doute se venger...

Surveillez les dictionnaires
Les livres et les cahiers
Les mots, blessés, pauvres hères
Ne voudront plus y rentrer
Et ce sera le triomphe
Du langage relâché
Des écrits à la va-vite
Sans accents ni guillemets
Des dictées sans muselières
Des SMS bâclés...

La phonétique triomphe
Et terrasse le Français,
L'érudit qui dans sa tombe
S'épuise à se retourner !
Vaugelas à St Eustache
N'en finit pas de pleurer
Depuis que les sots arrachent
Aux mots leur identité  !

Roland Berger (07-02-2016 21:36:21)

Pauvres enseignants ! Ils devront dorénavant corriger deux langues françaises, l'ancienne et la nouvelle. Pour le même salaire, essuyant le même mépris.

MENGUY (07-02-2016 21:27:06)

Rappelez-vous la leçon de J.L. Ezine:"Je voulais rencontrer une femme qui fut/fût belle" Attention aux mésaventures!

Jean-Yves andant (07-02-2016 21:16:13)

Une enseignante de ma famille m'a posé la question: quelle différence entre se taper un petit jeune ou se taper un petit jeûne si on oublie l'accent?

Bertholet (07-02-2016 20:55:34)

Bien dommage pour cette belle langue qui, grâce à ses subtilités, étale sa propre histoire.
C'est l'effort qu'on y donne à la bien écrire qui la rend si aimable et si belle.

MARY (07-02-2016 20:39:42)

je suis avec tous ceux qui sont contre ce tripatouillage les enfants se chargent suffisamment de simplifications SMS et autres anglicismes tout aussi incompréhensibles pour moi c'est
égal qu'ils se donne de la peine ces petits ânes et de la réflexion, ne soyons pas complice ,manifestons sur tous les médias.Aux stylos ou aux claviers citoyens ça ira ça ira !!!!

padafino (07-02-2016 20:19:37)

Oui, notre langue a la possibilité d'évoluer. Ne pensez-vous pas que cela devrait se faire par petites touches, simplement pour permettre aux générations coexistantes de se comprendre sans trop de difficultés. L'espérance de vie ayant augmenté considérablement, l'écart se creuse entre certaines générations.Ce débat me semble être surtout un rideau de fumée de plus, destiné à masquer les problèmes beaucoup plus importants auxquels nous sommes confrontés.

Mab (07-02-2016 20:12:31)

Comment va faire ma cousine de Moulins dans l'Allier qui prononce toujours " OI GNON "où va t-elle mettre ce OI qui ne s"écrit plus?

Saint Estèphe (07-02-2016 20:07:16)

J'ai enseigné plusieurs années en faculté jusqu'au niveau bac plus cinq. Le plus triste dans cette réforme de l'orthographe est que le niveau en orthographe de beaucoup d'étudiants est tellement désastreux qu'ils ne se rendront même pas compte de la réforme. Que dire, par exemple, à des étudiants de niveau bac plus cinq qui écrivent "la phone et la flore"?

elisabeth (07-02-2016 19:48:59)

En bonne grammairienne que je suis, évidemment cette réforme me choque profondément. Je vais néanmoins me faire l'avocat du diable et citer le grec moderne qui a supprimé les accents circonflexes et, horreur ! les esprits doux et rudes. Au début, quand j'ai commencé l'apprentissage du grec moderne, j'étais horrifiée, et finalement maintenant je me suis habituée. Je ne suis pas sûre cependant qu'ils ont eu raison, l'esprit rude avait un sens, ce n'était pas juste une fioriture.

Sylvain Lelarge (07-02-2016 19:38:32)

Laisser le tems au tems? Est-ce le tout premier signe de la prochaine réforme? :-)

Colette (07-02-2016 19:31:50)

Je crains que les simplifications proposées ne concourent à créer davantage de fautes.
Personnellement j'aime beaucoup les accents. On pourrait se passer, me semble-t-il , aïe, aïe, aïe! je m'enferre , des traits d'union, en laissant les deux mots séparés: week end!

Renaud Hyppolite (07-02-2016 19:24:55)

Maintenant qu'ils ont enlevé le chapeau des voyelles, ce sera bientôt la petite culotte du Ç. On se dirige vers un striptease de la belle française.

Renaud Hyppolite (07-02-2016 19:24:33)

Maintenant qu'ils ont enlevé le chapeau des voyelles, ce sera bientôt la petite culotte du Ç. On se dirige vers un striptease de la belle française.

Gilles (07-02-2016 18:29:30)


ON SUPPRIME LES TÉMOINS !
Ouvrons cette fenêtre où l'accent circonflexe, reliquat d'un " s " sans âge et usé par les temps, nous raconte toute une histoire. Comme de vieilles pierres éparses qui parsèment l'espace de sites entretenus sans cesse, les " chapeaux chinois " des maîtres sont les témoins d'un passé riche et ancien. Ils participent à la beauté de la langue française : Continuons de les utiliser, tels les ornements d'une architecture ciselée !

pierre Trutt (07-02-2016 18:16:51)

Que la langue française évolue à travers les siècles c'est entendu. Je ne suis pas linguiste mais je crois que certains accents, certaines orthographes ont un sens car ils se rapportent à une histoire, une origine étymologique. Je suis très attaché à cette langue classique avec laquelle les grands écrivains et poètes nous enchantent depuis des siècles. Y toucher de cette manière aussi simpliste pour permettre à nos enfants rois de ne pas trébucher sur quelques difficultés est simplement lamentable. L'apprentissage du français est aussi un exercice de rigueur intellectuelle. Je me souviens qu'à la fin des années cinquante nous avions de la 4ème jusqu'en première une dictée à chaque leçon de français. Je ne suis pas là pour pleurer sur cette époque mais plus tard, lorsque j'étais cadre et que je recevais les candidatures spontanées elles allaient directement au panier si elles comportaient des fautes de grammaire et, ou d'orthographe. Si, même un bac + 4, n'est pas capable d'écrire ou même de se faire corriger par autrui, c'est qu'il manque à la fois de rigueur et de politesse.
Ah, la culture fout le camp mon bon monsieur et moi je suis un vieux c...

jeanfrancis (07-02-2016 18:08:45)

Les difficultés rencontrées à bien écrire le français me font réellement plaisir et me rendent fier de pouvoir maitriser notre belle langue. Depuis une trentaine d'année, je constate que beaucoup de Français cultivés donnent peu d'importance à essayer d'écrire sans faute et ce phénomène s'est amplifié depuis quelques années. Je trouve cela dommage mais je me résigne à la révision des règles d'écriture. Par rapport à ma culture, je suis choqué de lire nénufar ou ognon, mais, après tout, si cela facilite l'adoption de la langue, pourquoi pas?

jeanfrancis (07-02-2016 18:08:01)

Les difficultés rencontrées à bien écrire le français me font réellement plaisir et me rendent fier de pouvoir maitriser notre belle langue. Depuis une trentaine d'année, je constate que beaucoup de Français cultivés donnent peu d'importance à essayer d'écrire sans faute et ce phénomène s'est amplifié depuis quelques années. Je trouve cela dommage mais je me résigne à la révision des règles d'écriture. Par rapport à ma culture, je suis choqué de lire nénufar ou ognon, mais, après tout, si cela facilite l'adoption de la langue, pourquoi pas?

jeanfrancis (07-02-2016 18:07:32)

Les difficultés rencontrées à bien écrire le français me font réellement plaisir et me rendent fier de pouvoir maitriser notre belle langue. Depuis une trentaine d'année, je constate que beaucoup de Français cultivés donnent peu d'importance à essayer d'écrire sans faute et ce phénomène s'est amplifié depuis quelques années. Je trouve cela dommage mais je me résigne à la révision des règles d'écriture. Par rapport à ma culture, je suis choqué de lire nénufar ou ognon, mais, après tout, si cela facilite l'adoption de la langue, pourquoi pas?

Avette70 (07-02-2016 18:04:07)

La culture du nivellement par le bas.
Finis l'effort, la volonté de vaincre. Pourtant, acquérir un savoir orthographique s'intègre parfaitement dans cette course effrénée aux activités qui ne donnent plus de temps au temps.
Juste un petit "logiciel", actif dans un méandre de ce merveilleux cerveau, voué à ajuster en permanence les lacunes, les erreurs.
Evidement mon école à moi était la vieille école. Celle du Maître ou de la Maîtresse qui vous conduisait généreusement au "certificat d'études". Nous étions fiers de ce que nous étions.
Qui est encore à l'origine d'une telle réforme?
Un amoureux de la langue française?..... certainement pas.
Laissez-nous notre langue, telle que l'Histoire nous l'apporte en héritage. Elle est notre ciment, nos racines, notre identité.
Bons et moins bons, il nous restera toujours, au cours d’une vie, la liberté et la volonté d'en vaincre les difficultés, et d'y trouver les mêmes repères pour nous construire égaux.
Ne détruisez pas l'âme d'un peuple.
Vous allez aussi sacrifier l'accent circonflexe de notre âme sur l'hôtel de l'impéritie?

Pesneau (07-02-2016 18:02:40)

Pourquoi aujourd'hui dans un contexte qui conduit à suspecter des arrière-pensées (?) de nivellement par le bas et d'abaissement de la culture sous le prétexte de la rendre plus accessible à tous ?
Pourquoi ne pas laisser l'usage et le bon sens élaguer le superflu en tolérant les variantes qui n'altèrent pas la compréhension et le sens des mots ?

Pavone (07-02-2016 18:01:03)

J'ai cinq enfants( adolescents et adultes) et je les reprends ( à l'écrit ou à l'oral) systématiquement à la moindre faute de français. Cette mesure de simplification est pour moi un acte d'irrespect vis à vis de notre langue et des éducateurs. Merci.

J.-M. Odéric Delefosse (07-02-2016 17:46:28)

Merci à l'équipe Hérodote pour la qualité de son travail, notamment à I. Grégor pour la valorisation de la langue française.
Concernant la réformette de notre orthographe "proposée" aux commerçants de manuels scolaires, trois remarques :
- je trouve absurde, inconvenant et non pédagogique de proposer "ad libitum" deux manières d'écrire le même mot. Alors, l'orthographe perd son sens et on déboussole sans profit nos écoliers, notamment ceux qui peinent à maîtriser notre langue, parce qu'ils pratiquent une autre langue orale ;
- on peut comprendre la suppression de quelques anomalies... mais le jeu en vaut-il la chandelle ?
- par contre, supprimer d'un trait de plume les lettres étymologiques, celles qui, rappelant l'origine du mot, lui donne son sens premier, permet le rapprochement avec les mots de la même famille et surtout favorisent la mémorisation de l'orthographe, même complexe. On voit ici clairement que la connaissance du latin et du grec, loin d'être réservée à quelques familles déjà privilégiée devrait faire partie intégrante de la formation des enseignants, particulièrement ceux de la langue française.
Un seul exemple :
maîtr (esse) : si on ne pose pas l'accent circonflexe, comment faire le rapprochement de ce mot avec son origine "magister", et comment faire le lien logique, marqué dans la langue avec des mots tels que : "magistère, magistral, majesté, magistrat, maire, magnat", entre autres...
Pour plus de précision et aller plus loin dans la compréhension de notre langue voir le travail novateur de Philippe Doray :
http://thesaurus-etynotions.fr/ETYNOTIONS_Presentation.pdf

Edgar Frogier (07-02-2016 16:34:19)

C'est une erreur grossière que de toucher ainsi à l'orthographe. C'est l'orthographe pour les nuls.

Claude (07-02-2016 16:25:57)

Question bien difficile à trancher. Mais en définitive de toute façon il faut apprendre l'orthographe avec f ou pas. Et cela reste long et difficile. Je serais donc partisane de laisser faire le temps. Et puis cela deviendra difficile de comprendre les textes classiques.

Philippe Haviland (07-02-2016 16:12:18)

Retour de la réforme de l'orthographe ! Jamais de fond en comble, au demeurant : pas assez de courage pour passer à l'orthographe phonétique ! Et chaque fois le même constat s'impose : des esprits peu enclins à la pensée (du) complexe (beaux esprits plutôt que bons esprits) s'échauffent à propos de l'orthographe lexicale et défendent bec et ongles ce qu'ils en savent ( ou croient savoir), comme si on s'en prenait à leur patrimoine privé. Mais il n'est question à aucun moment d'une sauvegarde, voire d'une reconquête (pardon, "reconquète" ?) autrement plus nécessaire : celle de l'orthographe grammaticale et de la syntaxe. Comme si ce qu'on a en magasin n'avait de valeur qu'embaumé et sacralisé, tandis que l'habileté à s'en servir ne mériterait même pas une mention. Contre cet aveuglement superstitieux et même un peu bigot, il conviendrait de rappeler qu'une langue n'est pas menacée par ses évolutions orthographiques (il y en a toujours eu), ni par ses emprunts lexicaux (Il y'a beaucoup plus de mots français en anglais que l'inverse) mais par l'incompétence grammaticale, syntaxique et culturelle de ses locuteurs natifs. C'est à cela que des instructions pédagogiques et des éditeurs de manuels scolaires responsables devraient s'attaquer en priorité, pas à discréditer toute confrontation avec la complexité, à fétichiser les outils informatiques, à remplacer le texte par l'image et à lutter dérisoirement contre quelques accents circonflexes ! Qu'il faille simplifier ce qui est inutilement incohérent, cela va de soi. Mais à gaspiller toute son attention et toute son énergie pour cette tempête (ou "tempète" ?) dans un verre d'eau, on n'est pas près d'arrêter la progression de l'illettrisme...
L'orthographe d'oignon ou de serpillière n'empêche nos enfants de dormir que dans les cauchemars de nos autorités académiques exténuées. Et moi, en tant que parent et professeur, je m'en fiche. Mais je suis beaucoup plus inquiet quand j'entends une inspectrice de lettres (!) déclarer ex cathedra : "Quand on commence une séquence, il faut réfléchir à qu'est-ce qu'on va faire." (sic) (- Et à comment qu'on le dit ? ... re-sic !)

VITALIS (07-02-2016 15:37:18)

JE TROUVE BIEN DOMMAGE CETTE MESURE QUI NOUS PRIVERA DE QUESTIONS PERTINENTES :POURQUOI UN "^" SUR MAÎTRE ? JE VAIS QUÉRIR UN DE CES DERNIERS ET EXCELLENTS DICTIONNAIRES LAROUSSE POUR Y RETROUVER SELON MON BON PLAISIR CES PETITES HIRONDELLES ET LEUR SIGNIFICATION: , TOUT EN DOUTANT DE L'UTILITE DE CE SABORDAGE QUI NE NOUS FERA PAS LIRE MOINS DE FAUTES .

Edgard Thouy (07-02-2016 15:00:57)

Voir les choses par le petit bout de la lorgnette: voilà en quoi consiste la réforme de l'orthographe; ici plutôt désastreuse. Qu'un mot, isolément, s'écrive de telle ou telle manière, encore passe. Quitte à perdre de vue la lignée de son origine.
Mais l'orthographe est aussi le résultat d'une structure, d'une formation de sens organisé. En outre, il y a un parallèle nécessaire entre construction psychique et construction du langage. Qu'importe ce qui est premier, puisque l'une influence l'autre.
Dès lors, la désorganisation langagière devient un signe. Croire qu'on y porte remède par des aménagements revient croire que l'on fait la cuisine en rangeant des casseroles.
Demeure que le langage et la langue évoluent, puisqu'ils sont vivants. Mais dans leur temps propre, qui doit être assez long pour ne pas suivre la novation éphémère et valider une évolution pérenne.

VIRET (07-02-2016 14:59:01)

La volonté de "simplification" c'est l'univers de Procuste: araser tout ce qui dépasse et qui fait le sel de la vie, la novlanque pour faire effacer de notre mémoire d'où nous venons pour mieux nous imprégner des diktats idéologiques (les moins sanglants ne sont pas les moins pernicieux). J'ai la même réaction que Mortimer dans "le piège diabolique" d'EP Jacobs 1960, lisant les inscriptions du métro au XXI siècle - stassion3 - direcsion pari santre: "Mais que diable signifie cette orthographe idiote". Que Mme Vallaud-Belkacem, après avoir supprimé les filières d'excellence, maltraite le Français, ce n'est que la continuité d'une logique folle: Celle de supprimer le goût d'être français. C'est aussi considérer que les jeunes sont d'évidence incapables d'effort. Pour revenir à Blake et Mortimer, les inscriptions phonétiques illustrent la guerre suivie d'une oppression de plusieurs siècles. La mise au pas de la langue française pour raison d'efficacité est une mauvaise cause, qui vise à l'uniformisation, à la globalisation et ne peut que susciter le rejet ou la soumission à ce nouvel ordre que nos "élites" s'échinent à nous construire.

Mireille Urbain (07-02-2016 14:41:23)

Il suffit de lire quelques articles dans des journaux ou magazines "sérieux" pour constater à quel point la langue française est méconnue de leurs auteurs. Fautes grammaticales, syntaxiques et orthographiques s'y bousculent et peu s'en insurge. Quant au langage usité par les présentateurs et commentateurs de notre radio-télévision nationale, mieux vaut ne pas s'y attarder.
Certes, il y déjà bien longtemps que j'ai appris et compris que ce qui n'évolue pas finit pas s'éteindre; les langues ne font pas exception à cette règle. Seul les linguistes et les médiévistes peuvent lire e français du XIIe siècle devenu difficilement compréhensible à nos contemporains. Mais les mots ont tous une étymologie et cette dernière se retrouve dans une orthographe qui, sans cette clef, paraît "fantaisiste".
Alors modifier l'orthographe en la coupant ses racines pour n'en garder que la phonétique, en y ajoutant un brin de "franglais", un zeste d'argot récent -la langue verte étant une langue à part entière-, non merci!
Combien de fois, lors de mes lointaines lectures alors que j'étais adolescente,la décomposition d'un mot en retrouvant son étymologie grecque, latine, arabe...m'a aidé à trouver son sens sans l'aide d'un dictionnaire.
Mais le grec ancien et le latin sont maintenant marginalisés et que même ceux qui "font leurs Humanités" (comme nous disions alors), au mieux, les connaissent mal, au pis, les ignorent.
La langue française qui avec sa grammaire, ses conjugaisons, sa syntaxe était presque parfaite malgré l'absence des déclinaisons, est devenu ce charabia insipide qui plait tant aux paresseux.

C'est très dommage car ils resteront dans l'ignorance de ce qu'ils perdent.

NB: Une langue non usitée mais connue comme savante ou sacrée, mais langue morte, peut aussi redevenir vivante si certains décident de la remettre en usage: c'est le cas de l'hébreu. Tout n'est donc peut-être pas perdu pour le français.

ydb (07-02-2016 14:30:07)

Pourquoi des Français veulent-ils démonter la langue française? En français on écrit île avec in "chapeau". En anglais on écrit "island" avec i et s, et ils ne changeront pas en "iland" alors que la prononciation serait la même (zut, encore cet accent ^sur le e de meme)..").

Richard Jeanmonod (07-02-2016 14:27:55)

Étrangement ce n'est pas seulement dans la langue française que la révision de l'orthographie suscite des polémiques. Moi, qui ai passé mon enfance dans des écoles de langue allemande a tous juste échappé à la révision de l'orthographie de cette langue et maintenant, lorsque je lis des écrits de correspondants alémaniques, j'ai l'impression qu'il y a plein de fautes. Exemple: lorsque l'on s'adresse à une personne à la deuxième personne au singulier ou au pluriel, l'article était toujours en majuscule. Que n'ai-je pas entendu lorsque je devais écrire des cartes depuis les vacances. Pour en revenir au français, je dois avoué que pour quelqu'un qui n'est pas de cette langue, surtout écrite, certaines règles laissent songeur, que ce soit en orthographie ou en grammaire. Quelqu'un disait que l'écrit de la langue française équivaut à une deuxième langue en ce qui concerne l'orthographie. L'allemand semble plus simple si l'on fait abstraction des majuscules et minuscules ou le H aspiré ou pas. Néanmoins, le français a des règles notamment pour les conjugaisons avec, certes, une masse d'exceptions, alors qu'en allemand il n'y a en pas, ce qui faisait dire à un général français,dont le nom m'échappe,que l'allemand n'est pas logique. En tout état de cause vu les difficulté que j'ai pour écrire dans cette belle langue, que je considère comme la plus belle des langues, je resterai à ce que j'ai acquis en connaissance et je continuerai à écrire âgé avec le circonflexe.
C'était un plaisir de vous lire et je souhaites à la France bonne chance pour cette révision. Il y aura certainement des commentaires où nous pourrons nous délecter pendant cette période.
Avec mes meilleures salutations.
Richard Jeanmonod
PS: S'il n'y a pas trop de fautes c'est grâce au correcteur automatique.

Habitant (07-02-2016 14:13:16)

Bien sûr qu'il faut que l'orthographe évolue. Je ne connais pas les détails de cette réforme mais c'est certain qu'elle doit être appliquée par tous et partout, sinon c'est la cacophonie.

Je me suis demandé si le deuxième mot de ce texte "sûr" perdrait son accent. Je l'ai mis puisque ce mot est très différent de "sur". J'ai trouvé la réponse sur le site suivant:
http://www.nouvelleorthographe.info/office_conseil.html

"Les mots où le circonflexe est conservé parce qu’il apporte une distinction de sens utile sont : les adjectifs masculins singuliers dû, mûr et sûr, jeûne(s) et les formes de croitre qui, sans accent, se confondraient avec celles de croire (je croîs, tu croîs, etc.)".

Maintenant, il faudrait s'attaquer aux participes passés.

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