L'Histoire en quatrième - La France révolutionnaire (1789-1815) - Herodote.net

L'Histoire en quatrième

La France révolutionnaire (1789-1815)

La Révolution française est une fracture capitale dans l'Histoire de notre pays comme dans l'Histoire universelle...

Pour les Français, aujourd'hui encore, il y a ce qui s'est passé avant 1789, que l'on appelle de manière un peu simpliste l'Ancien Régime, et ce qui s'est passé après 1789 !...

 

En 1774, au début du règne de Louis XVI, la France jouit d'une relative prospérité. Elle est le pays le plus peuplé d'Europe avec 26 millions d'âmes. La consommation progresse et les prix des biens manufacturés ou importés augmentent.

Elle en est aussi le plus prestigieux. La langue et la culture de la Cour de Versailles rayonnent de Berlin, en Prusse, à Saint Pétersbourg, en Russie.

La France est aussi le pays le plus puissant d'Europe, voire du monde, malgré quelques déconvenues dans sa rivalité avec l'Angleterre.

Elle possède une flotte incomparable, la Royale, et ses colonies sucrières comme Saint-Domingue font la jalousie des Anglais.

La Révolution va changer tout cela.

Vers la Révolution

Dès la fin du règne de Louis XV, la bourgeoisie française conteste le pouvoir absolu du roi.

D'un autre côté, les nobles font leur possible pour accroître les revenus qu'ils tirent de leurs terres. Ils raniment de vieux droits féodaux tombés en désuétude et soulèvent contre eux la colère des paysans.

Et tous les privilégiés, riches bourgeois, nobles et ecclésiastiques, se trouvent d'accord pour refuser l'équité devant l'impôt. Celui-ci pèse pour l'essentiel sur les épaules des paysans et des modestes artisans.

En 1771, le vieux roi se laisse convaincre par le chancelier Maupeou d'exiler en province le Parlement de Paris. La contestation se calme... mais en 1774, à peine le roi est-il mort que son successeur, son petit-fils Louis XVI, n'a rien de plus pressé que de rappeler les parlementaires et de les rétablir dans leurs privilèges.

C'est le premier d'une longue série d'actes de faiblesse qui mèneront le roi à la guillotine et feront perdre à la France son premier rang parmi les grandes puissances du monde!

Le ministre des finances Necker ayant dévoilé les dépenses somptuaires de la cour dans un compte-rendu, il est renvoyé. Ses successeurs échouent à faire approuver un programme de réformes.

Les parlementaires refusent d'enregistrer les réformes et réclament les états généraux.

Cette assemblée des trois ordres du royaume (clergé, noblesse et tiers état) n'avait pas été réunie depuis 1614.

Tous les privilégiés, y compris le haut clergé, se solidarisent avec les parlementaires parisiens.

Le 7 juin 1788, la sédition tourne à l'émeute à Grenoble. Pendant la «journée des tuiles», les habitants bombardent de projectiles les soldats qui tentent de se saisir des parlementaires.
Les représentants du Dauphiné, au nombre d'environ 500, se réunissent au château de Vizille et appellent à refuser le paiement de l'impôt.

Louis XVI, comme à son habitude, s'incline et convoque les états généraux pour mai 1789.

À la recherche d'une Constitution

Le 5 mai 1789, le roi Louis XVI ouvre solennellement les états généraux. Louis XVI n'a plus d'argent en caisse et il a absolument besoin de l'accord des représentants des trois États pour lever de nouveaux impôts ou réformer ce qui existent.

Le 17 juin, les députés du tiers état et beaucoup de curés qui représentent le clergé se réunissent à part.

Sur proposition de l'abbé Siyès, qui constate que ladite assemblée représente les «quatre vingt seize centièmes de la Nation», ils se transforment en Assemblée nationale. Peu à peu, la plupart des autres députés vont les rejoindre.

Le 20 juin 1789, l'Assemblée nationale fait serment de ne pas se séparer, dans la salle du Jeu de Paume où elle s'est réunie, près du palais de Versailles, bafouant la volonté du roi.

Constatant que les maux du gouvernement appellent davantage qu'une réforme de l'impôt, les députés projettent de remettre à plat les institutions et de définir par écrit, dans une constitution, de nouvelles règles de fonctionnement, selon l'exemple américain.

Le 9 juillet, l'assemblée se proclame donc Assemblée nationale constituante.

À Paris, le peuple s'irrite et s'inquiète. On dit que le roi, irrité par la désobéissance des députés, voudrait les renvoyer chez eux.

Le 14 juillet 1789, des badauds s'attroupent, pillent une armurerie et s'en vont prendre d'assaut la Bastille, une vieille forteresse royale datant de Charles V et de la guerre de Cent Ans, qui sert de prison à quelques lascars de mauvaise vie.

Le propre frère du roi, le comte d'Artois, futur Charles X, prend la mesure de l'événement et quitte la France sans attendre. Il est suivi dans l'émigration de quelques autres nobles, dont le prince de Condé et Mme de Polignac.

A Paris, le comité des électeurs désigne un maire, Bailly, et un commandant de la garde nationale, La Fayette, en remplacement de l'administration royale. Les autres villes imitent la capitale.

Une «Grande peur» s'étend dans les campagnes. Les paysans craignent que les seigneurs n'augmentent les taxes qui pèsent sur eux. Sans manquer d'afficher leur loyauté à la monarchie, ils pillent les châteaux et brûlent les «terriers», c'est-à-dire les documents qui contiennent les droits seigneuriaux. Quelques familles de hobereaux (petits seigneurs) sont battues, voire massacrées. C'est au tour des députés d'avoir peur.

Dans la nuit du 4 août 1789, les députés votent dans l'enthousiasme l'abolition des droits seigneuriaux pour calmer les paysans.

Le 26 août 1789 est votée la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. C'est l'acte le plus remarquable de la Révolution. Les députés, inspirés par les philosophes français et anglais du passé (Hobbes, Locke, Montesquieu, Rousseau...) votent dans l'enthousiasme une Déclaration qui définit les droits de chacun en 17 articles. L'article 1 est très beau : «Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits...»

Le rêve ne dure pas. A Paris, le peuple s'indigne de l'opposition du roi à l'abolition des droits seigneuriaux.

Le 5 octobre, une foule de Parisiennes va trouver Louis XVI à Versailles. La Fayette, un général très populaire, convainc le roi de quitter le palais de Versailles pour celui des Tuileries, au coeur de Paris, afin de dissiper une bonne fois pour toutes la méfiance des Parisiens... et des Parisiennes à son égard.

Le lendemain, le 6 octobre 1789, le roi obéit aux émeutiers et quitte Versailles pour Paris. L'assemblée constituante le suit et s'installe dans la salle du Manège, à côté des Tuileries.

Le gouvernement de la France se met désormais à la merci des Parisiens. Il suffira qu'un groupe d'émeutiers envahisse l'Assemblée pour qu'un gouvernement soit renversé.

Les Parisiens se prennent de passion pour les affaires politiques.

Les journaux se multiplient ainsi que les clubs où débattent avec passion les sans-culottes (on appelle ainsi les gens modestes qui portent un pantalon et non une culotte de soie comme les bourgeois et les aristocrates).

L'Assemblée constituante ne se contente pas de préparer une Constitution. Elle réforme en profondeur les institutions du pays, plutôt en bien.

C'est ainsi qu'elle crée les départements pour remédier à la confusion des anciennes provinces. Elle unifie les poids et mesures et crée une nouvelle unité de longueur appelé à un grand succès mondial: le mètre. Elle instaure l'état civil, introduit le divorce et le mariage civil, supprime le privilège d'aînesse dans les héritages...

Elle n'oublie pas qu'elle doit résoudre en urgence la crise fiscale. Les caisses de l'État sont vides. Alors, les députés ont l'idée de saisir les terres et les biens qui appartiennent à l'Église catholique.

Mais le clergé a besoin d'argent pour vivre et aussi financer ses innombrables oeuvres sociales et éducatives. Qu'à cela ne tienne. Le 12 juillet 1790, les députés votent la Constitution civile du clergéqui garantit un revenu à chaque prêtre.

Le roi et le clergé attendent l'avis du pape avant d'approuver la Constitution civile du clergé. L'avis tarde à venir et quand il arrive, il est négatif. Le pape condamne le texte car il craint une dérive à l'anglaise de l'Église de France vers une totale indépendance.

Échec de la monarchie constitutionnelle

Le 1er octobre 1791, la première Constitution française entre en application. Elle inaugure une monarchie constitutionnelle à l'anglaise où le pouvoir législatif (rédiger les lois) est confié à une Assemblée du même nom.

Louis XVI troque son titre de roi de France pour celui, plus humble, de roi des Français. Il dispose du pouvoir exécutif et d'un droit de veto qui lui permet de repousser ou retarder les textes de l'Assemblée.

Or, le roi, très pieux, vient d'avoir connaissance du rejet par le pape de la Constitution civile du clergé. Il se met en retrait de la Révolution et utilise son droit de veto pour paralyser le travail législatif.

Le 20 juin 1791, Louis XVI tente avec sa famille de rejoindre des troupes fidèles à Metz mais il est rattrappé à Varennes. Dès lors, la ferveur monarchiste des Français commence à s'effriter. Le 17 juillet 1791, sur le Champ de Mars, à Paris, les gardes de La Fayette fusillent des républicains qui demandaient la déposition du roi.

Le fossé se creuse entre le roi et l'assemblée législative. Le roi a le soutien d'une bonne partie du clergé qui refuse de prêter serment sur la Constitution.

Les souverains étrangers qui voyaient au départ la Révolution avec une certaine sympathie, s'inquiètent pour le roi. Louis XVI, son entourage et les émigrés français les poussent à intervenir. De leur côté, les révolutionnaires se prennent à espérer une guerre victorieuse qui consoliderait la monarchie.

Sur la base de ce très mauvais calcul, le 20 avril 1792, l'Assemblée législative et le roi Louis XVI déclarent la guerre au «roi de Bohême et de Hongrie», en fait le puissant empereur Habsbourg. Dès l'été, la France est envahie par les armées prussiennes et autrichiennes cependant que le duc de Brünswick, qui commande les armées prussiennes menace les Parisiens d'un mauvais sort.

Le 10 août 1792, la foule envahit le palais des Tuileries et fait enfermer le roi et sa famille dans la prison du Temple. Le 2 septembre, des milliers de prisonniers d'opinion sont massacrés par la foule à l'instigation de Marat.

Une nouvelle assemblée est élue au suffrage universel (à l'exclusion des femmes) et non plus comme précédemment au suffrage censitaire (seuls ont le droit de voter et de se faire élire les hommes assez aisés pour payer un minimum d'impôt).

Le 20 septembre 1792, l'assemblée de la Convention (un nom emprunté aux Américains) se réunit pour la première fois et le même jour, à Valmy, en Argonne, les Prussiens sont repoussés de manière inattendue et repassent la frontière.

Le 21 septembre 1792, les députés de la Convention proclament l'abolition de la monarchie. Le 22 septembre 1792, ils décident sur une proposition de Jacques Danton, que désormais, les actes publics seront datés de «l'An 1 de la République».

C'est de cette manière «furtive», selon le mot de Robespierre, que la France se découvre en République.L'Assemblée législative aura échoué en moins d'un an et avec elle la première expérience de monarchie constitutionnelle en France.

L'assemblée de la Convention se propose de donner à la nouvelle République une Constitution adéquate. Dans les faits, elle va déboucher sur une dictature sanglante mais heureusement de brève durée.

Sanglante révolution

L'assemblée met sans tarder le roi en accusation. Le procès se déroule à la Convention même. Il réveille l'opposition entre deux clans politiques:

- les Girondins ou Brissotins (ainsi nommés parce que leur chef de file est le député Brissot et beaucoup viennent du département de la Gironde): ils veulent maintenir les institutions décentralisées mises en place en 1789,

- les Montagnards (ainsi nommés parce qu'ils siègent dans les travées les plus élevées de l'Assemblée!): ils sont menés par Robespierre, Danton, Saint-Just, Marat... Ils veulent instaurer la dictature pour sauver les acquis de la Révolution et chasser définitivement les armées étrangères. Ils s'appuient sur les sans-culottes parisiens, toujours prêts à déclencher une émeute.

Dans un premier temps, les Girondins semblent l'emporter car la menace étrangère recule partout et les armées révolutionnaires triomphent à Jemmapes, en Belgique (une possession autrichienne).

Mais les Montagnards obtiennent la condamnation à mort du roi. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné en place publique. Du coup, les souverains étrangers commencent à voir d'un autre oeil la Révolution française!

L'Angleterre ne supporte pas que l'armée française campe en Belgique, là où passe une grande partie de son commerce avec l'Europe. Dès février 1793, elle monte une première coalition militaire contre la France avec l'Autriche, la Prusse, l'Espagne...

Dès le mois suivant, en mars 1793, les Français sont battus à Neerwinden et leurs frontières à nouveau menacées. Le général Dumouriez, vainqueur de Valmy, passe à l'ennemi.

Dans le danger, les Montagnards triomphent. la Convention proclame la «patrie en danger» et annonce la levée de 300.000 hommes pour renforcer les armées.

Cette mesure entraîne une révolte paysanne dans tout l'ouest de la France. Le 11 mars 1793 débutent les guerres de Vendée, les plus impitoyables des guerres civiles qu'ait connue la France.

Le 28 mars est constitué un Tribunal révolutionnaire pour juger les traîtres et les gens supposés tels. Enfin, le 6 avril 1793, la Convention confie le gouvernement à un Comité de salut public dominé par Maximilien de Robespierre.

C'est le début de la dictature jacobine (les membres du comité viennent du club des Jacobins). A la guerre extérieure s'ajoutent les révoltes intérieures de monarchistes et de républicains modérés qui ne supportent pas la dictature.

Les 31 mai et 2 juin 1793, les Girondins sont arrêtés, en attendant d'être guillotinés. Le 13 juillet, Marat, l'un des révolutionnaires les plus violents, est lui-même assassiné par une jeune royaliste.

En réaction, le 17 septembre 1793, la Convention vote la loi des suspects qui permet d'arrêter, de juger et de guillotiner à peu près n'importe qui. C'est le début de la Terreur. Elle fera en dix mois, jusqu'à l'exécution de Robespierre, 20.000 victimes environ.

Robespierre et les conventionnels profitent de la Terreur pour mener tambour battant la déchristianisation. Les prêtres réfractaires et les religieux qui restent fidèles au pape et à leur religion sont pourchassés et guillotinés.

L'économie et les échanges souffrent beaucoup de cette atmosphère.

Le gouvernement tente d'imposer les «assignats»; une monnaie de papier gagée sur les biens nationaux (ce sont en fait les propriétés de l'Église saisies en 1790).

C'est un échec total. Les Français dédaignent la nouvelle monnaie et conservent autant que possible leur monnaie en or.

De son côté, Lazare Carnot, l'un des membres du Comité de salut public, organise avec énergie la lutte contre la coalition étrangère. Ses efforts portent leurs fruits.

Le 26 juin 1794, la victoire de Fleurus sauve une nouvelle fois la Révolution... mais elle enlève du coup toute justification à la dictature jacobine et à la Terreur.

À la Convention, les députés qui ont échappé aux foudres de Robespierre se liguent contre celui-ci.

Le 27 juillet 1794 (9 thermidor an II selon le calendrier républicain), Robespierre et ses amis sont arrêtés. Ils sont guillotinés le lendemain.

Les vainqueurs de Robespierre, surnommés les «Thermidoriens», libèrent les suspects et mettent fin à la Terreur.

Aussitôt se multiplient les revendications. Les royalistes, majoritaires dans le pays, se prennent à rêver à la restauration d'un roi. Les Jacobins ne désespèrent pas de revenir au pouvoir.

L'assemblée de la Convention réprime les émeutes royalistes et jacobines. Elle lance un vaste programme de réformes. Elle prépare aussi une nouvelle Constitution.

C'est ainsi que le 1er octobre 1795, un nouveau régime, le Directoire, succède à la Convention.

Le Directoire face à ses contradictions

Dans le nouveau régime du Directoire, le pouvoir législatif est partagé entre deux conseils, les Cinq-Cents et les Anciens. Le pouvoir exécutif est confié à un Directoire de cinq personnes.

Les Directeurs en question sont de farouches révolutionnaires qui ont voté la mort du roi. Ils n'ont aucune envie de restaurer la monarchie.

Le Directoire poursuit activement les réformes engagées par les Thermidoriens:
- rédaction d'un Code civil qui regroupe les lois et les coutumes dans un ensemble cohérent et clair (il appartiendra au Premier Consul Napoléon Bonaparte d'y mettre la dernière touche),
- lancement d'une nouvelle monnaie, le franc, pour remédier à la crise financière de la période précédente,
- rénovation de l'enseignement et création des grandes écoles d'ingénieurs,
- ...

Dans tout le pays, la reprise économique est très forte. Les bourgeois prennent leur revanche sur la Terreur. Ils affichent avec ostentation une fortune souvent mal acquise, par le trafic de biens nationaux ou le ravitaillement à prix d'or des armées de la République.

Le gouvernement du Directoire éprouve malgré tout beaucoup de difficultés à faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'État.

A défaut de pouvoir compter sur des impôts efficaces, il invite ses généraux à rançonner les pays conquis.

Le général qui y réussit le mieux est Napoléon Bonaparte. A la tête de ses armées, il conquiert en 1796 l'Italie du nord et l'Italie centrale, qui regorgent de richesses.

Le 18 octobre 1797, le général Bonaparte impose la paix à l'Autriche par le traité de Campo-Formio, mettant fin à la première coalition.

Malgré une politique intérieure modérée, le Directoire ne peut renoncer à la poursuite de la guerre. Non seulement il compte sur les tributs prélevés dans les pays conquis mais il veut aussi à tout prix conserver les principales conquêtes de la Révolution: la Belgique et la rive gauche du Rhin.

Fort de ses premières victoires, il exporte la Révolution dans les pays conquis. Il crée des républiques-soeurs en Italie, en Suisse... sur le modèle de la France.

Or, l'Angleterre, dirigée par l'énergie William Pitt le Jeune, ne peut tolérer à aucun prix que la France, sa grande rivale, demeure en Belgique. Aussi fomente-t-elle une deuxième coalition contre la France.

La situation militaire se retourne en défaveur de la France et ses frontières sont une nouvelle fois menacées. Le Directoire, critiqué à l'intérieur par les royalistes, menacé à l'extérieur par la deuxième coalition, est aux abois.

Les Directeurs, qui ont voté la mort de Louis XVI, sont prêts à toutes les compromissions sauf à restaurer la monarchie car celle-ci signerait leur perte.

Sur une idée de l'abbé Sieyès, extraordinaire personnage particulièrement bien inspiré, ils décident de confier leur sort à un général.

Justement, Napoléon Bonaparte, qui a conduit en Égypte une désastreuse expédition militaire (mais personne en France ne le sait encore), vient de débarquer en Provence.

Les Directeurs se tournent vers lui. Les 9 et 10 novembre 1799 (18 et 19 Brumaire an VIII selon le calendrier révolutionnaire), Napoléon Bonaparte renverse le Directoire et établit un nouveau régime dans lequel il exerce un pouvoir dictatorial: le Consulat.

On peut à ce moment considérer que la Révolution française est terminée. Malheureusement, la poursuite de la guerre pendant quinze années de plus va entraîner la France et l'Europe dans des bouleversements et des tragédies dont elles se seraient volontiers passées.

Le Consulat et l'Empire

Officiellement, le pouvoir exécutif est confié à un Consulat de trois membres, mais le Premier Consul, Napoléon Bonaparte en personne, exerce de fait tous les pouvoirs.

Pour la forme, le pouvoir législatif est confié à quatre assemblées dont les membres sont choisis par le gouvernement parmi des listes de notabilités définies par le suffrage universel. Le système est compliqué et n'a rien de démocratique. Il est néanmoins approuvé par plébiscite par les Français qui aspirent avant tout au retour de l'ordre.

Le nouveau régime achève et complète l'oeuvre réformatrice du Directoire. La monnaie est stabilisée. Le système fiscal, rénové, permet de faire rentrer les impôts sur une base équitable. Le Code civil est enfin publié.

L'administration est fortement centralisée, avec des préfets qui représentent le gouvernemnt à la tête des départements.

Plus fort que tout, un Concordat est signé avec le pape par lequel la religion catholique est reconnue comme la principale religion du pays. C'est enfin la paix religieuse...

Le Premier Consul a moins de succès dans les affaires extérieures. Il tente de rétablir l'esclavage à Saint-Domingue, ce qui vaut à la France de perdre ses dernières colonies importantes (ainsi qu'une nombreuse armée). Il se lance lui-même dans une nouvelle campagne contre l'Autriche en Italie et vainc de justesse les armées ennemies à Marengo le 14 juin 1800.

La paix est signée à Lunéville avec l'Autriche, mettant fin à la deuxième coalition.

Le 25 mars 1802, l'Angleterre elle-même consent à signer la paix à Amiens. Le traité est précaire car aucun des motifs de querelle entre les deux pays n'est vraiment réglé. Mais les Français n'en ont cure.

Manifestant leur reconnaissance au Premier Consul pour la paix retrouvée, ils permettent à celui-ci, par plébiscite, d'accéder à un titre inimaginable en France: empereur!

Le 2 décembre 1804, Napoléon Bonaparte (35 ans) est sacré empereur des Français à Notre-Dame de Paris en présence du pape.

La suite n'a pas beaucoup d'intérêt pour l'Histoire mais a laissé des traces profondes dans l'imaginaire des peuples européens.

L'Angleterre forme une troisième coalition à l'été 1805. La flotte française est anéantie à Trafalgar, au large de l'Espagne, le 21 octobre 1805, rendant dès lors inéluctable la défaite de la France face à l'Angleterre.

Mais les peuples européens n'y prêtent pas attention et sont davantage sensibles à l'exploit stratégique de Napoléon 1er face aux empereurs de Russie et d'Allemagne à Austerlitz, en Moravie (aujourd'hui la république tchèque), le 2 décembre 1805.

Quatre coalitions successives voient encore le jour avant que la France, épuisée et saignée à blanc (un million de morts environ) par toutes ces guerres inutiles, ne rende enfin les armes.

Le 11 avril 1814, par le traité de Fontainebleau, les Alliés vainqueurs proposent à Napoléon 1er la souveraineté de la petite île d'Elbe, au large de l'Italie. Le frère de Louis XVI, de retour d'exil, monte sur le trône sous le nom de Louis XVIII. C'est la Restauration de la monarchie. La France conserve ses frontières de 1792.

L'empereur déchu a la mauvaise idée de quitter son petit royaume pour revenir en France, chasser le roi et reprendre les armes. En Cent Jours, son échec est consommé. Napoléon 1er est battu à Waterloo (en Belgique) le 18 juin 1815.

Les Anglais, cette fois, l'exilent sur l'île de Sainte-Hélène, au large de l'Afrique. À Vienne, un congrès diplomatique remodèle la carte de l'Europe. La France est ramenée à ses frontières de 1789 et occupée par les armées étrangères pendant plusieurs années.

Pour aller plus loin

Revivez les péripéties de la plus grande aventure collective de tous les temps, la Révolution française [dossier]

Mesurez l'aveuglement du roi et de la Cour à l'avant-veille de la Révolution [récit]

Accompagnez la longue gestation de notre Code Civil [récit]

Assistez aux cafouillages du coup d'État de Bonaparte, le 18 Brumaire [récit]

Des outils pour comprendre
- Mesurer le temps :

Voici les textes principaux qui jalonnent la marche de l'Europe vers la démocratie:

- 1215 : la Grande Charte,

- 1679 : Habeas Corpus,

- 1689 : Déclaration des Droits (Bill of Rights),

- 1748 : L'Esprit des Lois (Montesquieu),

- 1776 : Déclaration d'Indépendance des États-Unis,

- 1776 : Recherches sur la nature et les causes de la Richesse des Nations (Adam Smith),

- 1789 : Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen

- Lecture :

- Lire et relire la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen [lecture]

Vérifier les connaissances

- Qui a donné la plus percutante définition du tiers état? [réponse]

- À qui doit-on le calendrier des Français ou calendrier révolutionnaire ? [réponse]

- À quand remonte l'invention du plébiscite ? [réponse]

- De quels textes très anciens s'inspire notre Code Civil ? [réponse]

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2019-08-14 20:27:19

 
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