Apocalypse - La Première Guerre mondiale prend des (tristes) couleurs - Herodote.net

Apocalypse

La Première Guerre mondiale prend des (tristes) couleurs

France 2 diffuse en cinq épisodes de 52 minutes Apocalypse, l'Histoire de la Première Guerre mondiale :
- mardi 18 mars 2014 : Furie et Peur (l'année 1914),
- mardi 25 mars 2014 : Enfer et Rage (1915-1917),
- mardi 1er avril 2014 : Délivrance (1918).

 

Apocalypse, La Première Guerre mondiale (Daniel Costelle et Isabelle Clarke, France 2, 2014)Daniel Costelle et Isabelle Clarke, auteurs de la série Apocalypse, ont pris le parti de restituer l'Histoire du XXe siècle avec des archives cinématographiques non plus en noir et blanc mais légèrement colorisées.

Ce parti pris de proximité a montré son intérêt avec les deux précédentes réalisations, consacrées à Hitler et à la Seconde Guerre mondiale.

Il s'avère on ne peut plus pertinent avec cette réalisation-ci, qui nous montre des hommes et des femmes, des soldats et des civils vieux de plus de cent ans et néanmoins aussi proches que si nous les croisions au coin de la rue. Ainsi la Grande Guerre s'inscrit-elle dans la terrible lignée qui mène aux guerres actuelles de Syrie ou d'ailleurs.

Les extraits de films, abondants et peu connus, révèlent quelques surprises. Ainsi voit-on Jean Jaurès en petit homme bedonnant et prématurément vieilli, que l'on a du mal à se représenter en orateur puissant et envoûtant. Quant au prestigieux général Ferdinand Foch, il apparaît bien frêle face au général américain John Pershing !... Regrettons à ce propos que le documentaire ne montre pas davantage Georges Clemenceau, acteur majeur du conflit.

Apocalypse a un excellent côté didactique, avec un déroulement chronologique et un exposé des faits centrés sur l'essentiel.

D'abord la guerre de mouvement, jusqu'en octobre 1914, avec des bataillons entiers de fantassins déchiquetés et exterminés par les balles de mitrailleuses et les éclats d'obus.

Ensuite, jusqu'en 1917, l'enfouissement des troupes dans les tranchées, dans l'ennui et la promiscuité avec les rats ; un pis-aller qui permet d'économiser la vie des hommes en attendant de pouvoir reprendre la guerre de mouvement. Les généraux, malgré tout, ne résistent pas à la tentation de lancer de temps à autre des attaques aussi vaines que meurtrières...

Première Guerre mondiale (archives ECPAD)

Dans l'hiver 1917-1918, l'Entente austro-allemande profite du lâchage des Alliés par la Russie bolchévique pour concentrer ses efforts sur le front occidental et le front italien. L'empereur Guillaume II et le général en chef Éric Ludendorff veulent forcer la victoire avant que n'interviennent en masse les troupes fraîches venues des États-Unis. 

C'est la reprise de la guerre de mouvement et le retour des grandes offensives meurtrières, avec une arme nouvelle qui a raison des défenses ennemies : le char d'assaut. Dans un effort surhumain, les troupes françaises bloquent les offensives ennemies. L'état-major allemand a perdu son pari de la dernière chance et après un succès local des troupes américaines à Saint-Mihiel, dans la Meuse, il se résigne à la défaite... 

Parmi les oublis du documentaire figure l'offensive des Dardanelles en 1915. Plus gênantes nous apparaissent les affirmations de la première séquence concernant les causes de la Grande Guerre, avec un portrait à charge de Guillaume II, très exagéré, et une sous-évaluation des responsabilités serbes, russes, françaises...

Il est faux et un tantinet ridicule d'affirmer par exemple que « les industriels songent à une guerre pour les débarrasser des revendications ouvrières ». C'est aussi un anachronisme de qualifier la société viennoise d'« Apocalypse joyeuse » : les contemporains percevaient cette société comme éminemment civilisée et porteuse de progrès ; sans doute serait-on resté sur cette impression s'il n'y avait eu la guerre. En France, l'Union sacrée formée autour du président Poincaré est qualifiée de « triangle des forces nationalistes » : non ! tous les leaders politiques, y compris le marxiste Jules Guesde, se sont ralliés à la guerre.

Il ne s'agit somme toute que de péchés véniels qui n'enlèvent rien à l'immense intérêt de ce documentaire en cinq épisodes.  

André Larané

 

Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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