10 mai 1802

« Le dernier cri de l'innocence et du désespoir »

 

Le 10 mai 1802, le métis Louis Delgrès (36 ans) adresse « à l'univers entier le dernier cri de l'innocence et du désespoir ». En affichant cette proclamation sur les murs de Basse-Terre, en Guadeloupe, il revendique le devoir d'insurrection et lance un appel à la fraternité, par-dessus les barrières de races.

Quelques jours plus tard, dans l'habitation Danglemont, à Matouba, dans les hauteurs de Basse-Terre (Guadeloupe), il se fait sauter avec ses hommes pour échapper à la cruauté du corps expéditionnaire du général Antoine Richepance (on écrit aussi Richepanse) et de Magloire Pelage. Son ami Joseph Ignace et beaucoup d'autres insurgés dont la mulâtresse Solitude sont tués ou exécutés...

Journée du souvenir de l'esclavage

Le gouvernement français a institué en 2001 une Journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition et, par une curieuse démarche, l'a raccrochée au 10 mai 2001, vote de la loi Taubira établissant cette journée !...

Qu'il me soit permis de suggérer de la raccrocher plutôt au 10 mai 1802, lorsque le métis Louis Delgrès (36 ans) adressa « à l'univers entier le dernier cri de l'innocence et du désespoir ».

Ce brillant officier de la Révolution, fervent républicain et bonapartiste convaincu, se fit sauter avec ses hommes le 28 mai suivant, pour ne pas tomber entre les mains du général Richepance, lequel avait outrepassé les ordres de Paris en rétablissant l'esclavage sur l'île.

J'émets le vœu que les pouvoirs publics érigent Louis Delgrès au rang de héros français, au même titre que Louise Michel, Jeanne d'Arc et Honoré d'Estienne d'Orves. Autant de héros dans lesquels pourraient se reconnaître tous les petits Français sans considération de couleur ou d'origine.

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