Alexandre II Romanov (1818 - 1881) - De l'espoir à la tragédie - Herodote.net

Alexandre II Romanov (1818 - 1881)

De l'espoir à la tragédie

Fils et successeur du très autocratique Nicolas Ier, Alexandre II, tsar le plus libéral de l'histoire russe, a tenté non sans courage d'engager son empire dans la voie de la démocratie et de la modernisation.

En un quart de siècle, il a multiplié les réformes mais son règne s'est achevé sur son tragique assassinat. La bêtise de quelques anarchistes a ruiné les espoirs de démocratisation du plus grand État européen et l'un des derniers à être encore gouverné de façon autoritaire.

Suspension des réformes

Le 4 avril 1866, un étudiant, Dimitri Karakosov, tire sur Alexandre II et le manque de peu. Cet attentat contre la personne sacrée du tsar suscite la consternation dans le pays. C'en est désormais fini des réformes libérales.

Le tsar, aigri, cherche une consolation dans les bras d'une jeune fille de 30 ans sa cadette, Catherine Dolgorouki, dite Katia, dont il aura trois enfants au grand scandale de la Cour.

Le 1er juin 1867, Alexandre II arrive à Paris, à l'occasion d'une Exposition universelle. Il veut renouer des liens avec Napoléon III après la brouille occasionnée quelques années plus tôt entre les deux pays par la répression d'une insurrection en Pologne.

Mais voilà que sur l'hippodrome de Longchamp, un réfugié polonais tire sur le tsar. Ce nouvel attentat est lourd de conséquences pour la France. Il fait échouer le rapprochement entre la France et la Russie et le soutien du tsar fera cruellement défaut à Napoléon III lors de son affrontement avec la Prusse en 1870.

Alexandre garde toutefois de son séjour à Paris le souvenir délicieux de ses retrouvailles avec sa chère Katia... Il l'épouse en secret après son veuvage, soit quelques mois avant sa propre mort (un film, Katia, avec l'inévitable Romy Schneider dans le rôle titre, retrace leur amour romanesque et tragique).

Agitation anarchiste

Chez les étudiants anarchistes, la fièvre ne descend pas. Serge Netchaïev, fils de paysan, disciple de Michel Bakounine et Pierre-Joseph Proudhon, prône dans son Catéchisme révolutionnaire l'anéantissement de l'État et l'assassinat des opposants.

Beaucoup de jeunes bourgeois se proposent d'aller vers les moujiks des campagnes afin de les inviter à se soulever contre le régime. Cette « Marche vers le peuple » finit en mascarade. Il n'empêche que naissent différentes organisations secrètes dont certaines, comme « Narodnaïa Volia » (La Volonté du Peuple), se donnent pour but d'assassiner le tsar en personne et multiplient les attentats contre sa personne.

Par un décret du 12 février 1880, Alexandre II confie des pouvoirs dictatoriaux au comte Loris-Mélikov, héros de la guerre contre la Turquie, avec mission d'éradiquer le nihilisme et d'achever la réforme des institutions.

Jours sombres

Le 18 juillet 1880, le tsar épouse en secret sa jeune maîtresse. Dans son désir de la faire couronner impératrice, il songe à une grande réforme qui lui vaudrait l'indulgence de son peuple. Il s'apprête donc à renouer avec le libéralisme de sa jeunesse en instituant des commissions de notables pour préparer l'avènement d'une monarchie constitutionnelle. Las, les anarchistes qui le traquent depuis plusieurs années ont finalement raison de lui et l'assassinent le 13 mars 1881...


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Publié ou mis à jour le : 2019-06-02 23:11:58

 
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