7 clés pour comprendre les Barbares (2/7)

★ Le pragmatisme des Romains ★

 

L’Empire romain est une machine à intégrer de nouvelles populations, au fur et à mesure de ses conquêtes territoriales. Pour sa sécurité, il doit aussi maintenir un équilibre avantageux avec les groupes qui subsistent par-delà ses frontières. Comment éviter qu’ils deviennent une menace ?

La force militaire s’avère bien utile pour punir et prévenir les incursions. Mais elle ne peut suffire en raison de son prix et de la longueur du limes. Il faut donc composer avec ces voisins, en évitant surtout qu’ils s’allient entre eux.

Diptyque de Stilicon, consul en 400 avec sa femme Serena et son fils Eucherio. Ivoire, vers 400, Italie, trésor du Duomo de Monza. Le général Stilicon avait une mère romaine et un père vandale.La politique romaine dispose de plusieurs moyens d’action :

• L’empereur entretient des liens privilégiés avec certaines tribus frontalières, par exemple sur les bords du Rhin, quitte à verser des subsides à leurs chefs. En échange, ces « clients » se tiennent tranquilles, voire contribuent à la protection de la zone.

• L’armée embauche des mercenaires appréciés pour leur talent militaire. Cette pratique existe depuis Jules César mais elle devient massive à partir du IVe siècle. Les soldats se fixent sur le territoire et épousent des Romaines. On les appelle les « barbares impériaux »

Les chefs fournissent des généraux de premier plan (Stilicon, Aetius). L’avantage ? Dans un climat politique instable, ces hommes d’origine étrangère ne représentent pas une menace pour l’empereur car ils ne trouveraient aucun appui pour conquérir le pouvoir.

• Rome installe des Barbares sur son territoire pour cultiver les terres vacantes. Les cantonnements de paysans-colons se multiplient à partir du IVe siècle. Certains se composent de tribus vaincues réduites en esclavage (« barbares déditices »), d’autres de groupes d’hommes libres (« lètes »). L’intérêt ? Cela ne coûte pas cher, tout en valorisant des régions dévastées ou dépeuplées.

Ces pratiques contribuent à brouiller l’opposition binaire entre Romains et Barbares pour dessiner des identités plus complexes.

 

Attila suivi de ses hordes barbares foule aux pieds l’Italie et les Arts, vue d'artiste romantique, Eugène Delacroix, entre 1843 et 1847, Paris, palais Bourbon. L'agrandissement montre le tableau de Wilhelm von Kaulbach, La bataille des Huns, vers 1850, Munich, Neue Pinakothek.

Les Barbares 

Codex, 2000 ans d'aventure chrétienneCet article est tiré du dossier « les Barbares - Des grandes invasions au baptême de Clovis », Codex #13, octobre 2019, 15 euros.

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Publié ou mis à jour le : 2019-10-31 16:04:01

 
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