Préhistoire et haute Antiquité en cartes animées

Vincent raconte le nouveau souffle de l'Assyrie et la Babylonie (-1595 à -1070)

Treizième épisode :

Assyrie et Babylonie en quête d'un nouveau souffle (de 1595 à 1070 av. J.-C.)

Dans cette vidéo, on s’intéresse à la période centrale de l’Assyrie et la Babylonie qui vont s’imposer définitivement comme 2 puissances majeures.

Tout commence avec le terrible raid des Hittites de 1595 av. J.-C. qui met fin à la suprématie des Amorrites. Ce sont les Kassites originaires du Zagros qui récupèrent très vite le trône de Babylone. La dynastie qu’ils fondent aura une durée exceptionnelle puisqu’elle durera 440 ans.

L’arrivée des Kassites n’apporte pas de révolution majeure : la population reste majoritairement akkadienne, et les Kassites au pouvoir adoptent la culture du pays. A l’inverse au nord, la progression des Hurrites fait peu à peu disparaître le peuple amorrite.

La période qui s’ouvre est très méconnue et n’a laissé que peu de vestiges. Les Kassites héritent d’une Babylonie très appauvrie qui a perdu ses régions méridionales et qui a vu ses villes se dépeupler. Le redressement du pays est lent : ce n’est que vers 1480 qu’il retrouve une certaine vigueur. Le roi Agum III achève la conquête du sud initiée par son prédécesseur. Pendant plusieurs siècles, la Basse Mésopotamie va être unie sous l’autorité de Babylone dont le prestige durera jusqu’à Alexandre le Grand. Le babylonien s’impose plus que jamais comme langue des échanges dans tout le Proche-Orient jusqu’en Egypte. Notons que l’île de Dilmun, qui est la plaque tournante commerciale du golfe persique, est directement gouvernée par Babylone à cette époque.

Si les dieux sumériens continuent d’être vénérés, le dieu Marduk de Babylone acquiert une importance grandissante et finira par supplanter le dieu Enlil à la fin de la période kassite.

C’est à la même époque que les Hurrites implantés au nord se regroupent pour former le Mitanni. Rapidement, le Mitanni impose sa suzeraineté sur les régions voisines : la Mésopotamie se retrouve divisée entre le Mitanni et ses vassaux au nord, et le royaume babylonien au sud. À l’est, l’Elam structuré autour de Suse et Anshan est toujours puissant.  Enfin, l’Egypte fait son irruption au Proche-Orient qui voit ainsi un équilibre s’instaurer pour un siècle entre les 5 grandes puissances : Le nouvel empire égyptien, l’empire hittite, le Mitanni, la Babylonie, et l’Elam. Ce dernier apaise ses relations avec Babylone à partir de 1400.

En 1366 av. J.-C., la pression de l’Egypte et des Hittites affaiblissent le Mitanni, ce qui permet au roi Assur-uballit Ier de proclamer son indépendance à Assur. Cela marque le renouveau de l’Assyrie, qui va jouer un rôle essentiel en Mésopotamie pendant plus de 700 ans.

Assur-Uballit parvient tout d’abord à s’emparer de Ninive aux dépens des Hurrites, qui va très vite devenir une ville de 1ère importance. Puis il s’avance au cœur même du Mitanni : celui-ci est coupé en 2 et devient vassal des Assyriens comme des Hittites. L’Assyrie remplace ainsi le Mitanni parmi les grandes puissances du Proche-Orient.

Proche culturellement de la Babylonie mais démunie de son prestige, l’Assyrie devient la grande rivale de Babylone. Assur-Uballit parvient finalement à s’emparer de cette prestigieuse capitale : il y impose un nouveau roi acquis à sa cause, actant ainsi la nouvelle supériorité de l’Assyrie. En 36 ans de règne, Assur-Uballit sera parvenu à bouleverser la géopolitique du Proche-Orient.

Après sa mort, Babylone tente de retrouver sa liberté d’action : cette époque est marquée par des guerres permanentes entre les deux puissances. En 1295, Adad-Nirari Ier monte sur le trône de l’Assyrie et donne aussitôt une nouvelle impulsion au pays. Il remporte des victoires sur tous les fronts : à l’est, il repousse les barbares du Zagros, toujours menaçants. Au sud, il reprend l’ascendant sur la Babylonie et s’empare de quelques terres. A l’ouest, il ravage les terres vassalisées du Mitanni avant de poursuivre sur les territoires jusqu’alors soumis à l’influence hittite. Il met ainsi un terme au système d’états vassaux au profit d’un royaume unique qui s’étend jusqu’à l’Euphrate.

Son successeur Salmanazar Ier doit longuement guerroyer pour soumettre définitivement les nouveaux territoires conquis. À sa mort, le royaume d’Assyrie est affermi et prêt pour de nouvelles conquêtes. Tukulti-Ninurta porte le Moyen-Empire assyrien à son apogée. Au nord, il remporte des victoires contre les Hurrites, ce qui lui permet de progresser jusqu’au lac de Van. Mais surtout au sud, il repousse les Babyloniens toujours hostiles et parvient à s’emparer de la prestigieuse Babylone, qu’il pille. Il tente de faire de la Babylonie un royaume à sa botte, mais les Babyloniens voient les Assyriens comme des barbares et n’acceptent pas cette domination. En plus, les Elamites entretenaient de bonnes relations avec les Kassites : ils réagissent aussitôt à l’arrivée des Assyriens en ravageant la Basse Mésopotamie. Finalement, Tukulti-Ninurta est contraint de renoncer à contrôler le pays.

Cet épisode aura toutefois des conséquences durables : en effet, les Babyloniens sont déportés massivement en Assyrie, ce qui contribue à y diffuser la culture du sud. Et dans le même temps, le peuple assyrien remplace peu à peu le peuple hurrite sur l’ancien territoire du Mitanni.

Tukulti-Ninurta est aussi un grand bâtisseur et un législateur. Cependant, il meurt assassiné par ses fils en 1197 et le pays sombre aussitôt dans des querelles dynastiques qui affaiblissent le royaume : le contrôle des régions septentrionales s’érode rapidement.

La Babylonie est tout aussi affaiblie depuis l’attaque assyrienne. Les Elamites dirigés par le roi Shutruk-Nahhunte en profitent pour l’attaquer et s’emparent de Babylone en 1160 av. J.-C.. Après 5 ans passés à mater la résistance, l’Elam affermit ses positions dans le pays : c’est la fin de la dynastie kassite qui aura duré 440 années. L’Elam progresse aussi dans le Zagros jusqu’aux portes de l’Assyrie et atteint ainsi son apogée. De nombreuses richesses sont transportées de Babylone à Suse, qui connaît une période intense de constructions.

Cette domination dure environ 25 ans : vers 1130 av. J.-C., un roi local parvient à battre l’armée élamite depuis la ville d’Isin et à restaurer l’indépendance de la Babylonie. Il s’installe aussitôt dans la prestigieuse Babylone et y fonde une nouvelle dynastie. L’un de ses successeurs parachève la revanche des Babyloniens en brisant définitivement la puissance de l’Elam.

L’Assyrie finit elle aussi par se redresser grâce au règne énergique de Teglath-Phalasar Ier. Il récupère au nord les possessions perdues par ses prédécesseurs, puis poursuit plus loin encore jusqu’à la Méditerranée, s’emparant notamment des villes de Byblos et de Sidon.

Mais l’empire ne parvient pas à maintenir durablement son contrôle au-delà de l’Euphrate. Vers la fin du règne de Teglath-Phalasar, l’Assyrie connaît un effondrement rapide à cause de l’arrivée d’un nouveau peuple sémitique venu de Syrie, les Araméens. Ceux-ci ont subi de plein fouet les grandes vagues de migrations depuis le nord de la Grèce, celles-là même qui ont provoqué l’extinction des Hittites et l’affaiblissement des Egyptiens. Les Araméens en plein exode vont s’installer jusqu’au cœur de l’Assyrie et de la Babylonie, ravageant la campagne et affaiblissant considérablement les 2 royaumes. La Mésopotamie plonge à son tour dans un âge sombre suite à ce bouleversement sans précédent.

C’est le moment où jamais de revenir à la source : la Grèce. L’exode des Mycéniens n’est sans doute pas pour rien dans cette réaction en chaîne qui s’est initiée.

Vincent Boqueho

Publié ou mis à jour le : 2021-11-30 17:11:31

 
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