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De Bonaparte Napolon 1er
Bonaparte au pont d'Arcole (David)
De Bonaparte  Napolon
• 15 aot 1769 : naissance de Napolon Bonaparte
• 18 dcembre 1793 : Fin du sige de Toulon
• 5 octobre 1795 : insurrection de Vendmiaire
• 18 octobre 1797 : trait de Campoformio
• 9 novembre 1799 : coup d'tat du Dix-Huit Brumaire
• 25 mars 1802 : paix d'Amiens
• 8 avril 1802 : signature du Concordat
• 19 mai 1802 : cration de la Lgion d'Honneur
• 2 aot 1802 : plbiscite pour un Consulat vie
• 21 mars 1804 : promulgation du Code Civil
• 21 mars 1804 : excution du duc d'Enghien
• 18 mai 1804 : fondation de l'Empire
• 19 mai 1804 : des marchaux pour l'Empire
• 2 dcembre 1804 : sacre de Napolon 1er
• 29 aot 1805 : naissance de la Grande Arme
• 2 dcembre 1805 : le soleil d'Austerlitz
• 7 juillet 1807 : trait de Tilsit
• 2 mai 1808 : soulvement de Madrid
• 2 avril 1810 : mariage de Napolon et Marie-Louise
• 20 mars 1811 : naissance de l'Aiglon
• 26 novembre 1812 : traverse de la Brzina
• 18 juin 1815 : crpuscule Waterloo
• 5 mai 1821 : mort de Napolon Sainte-Hlne
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Napolon, une imposture

Une biographie dcapante


Nous avons lu pour vous Napolon, une imposture par Roger Caratini (L'Archipel, 2002, 556 pages, 22,50 euros). Cet ouvrage s'adresse aux thurifraires de la Lgende napolonienne comme aux amoureux de l'Empereur. Il claire les aspects mconnus de son parcours et dmonte les lments de la Lgende, non sans parti pris et approximations.

Napolon, une imposture

En pleine napoléomania, il fallait oser !... Les éditions de L'Archipel publient une édition augmentée de la biographie de Roger Caratini.

Cet historien, connu pour avoir rédigé les 23 volumes de l'Encyclopédie Bordas, tente de démonter bout par bout la légende de l'Empereur. L'auteur se montre sans complaisance pour le dictateur apatride qui a mis l'Europe à feu et à sang, bafoué la Liberté et violé les droits de l'Homme.

Son argumentation s'appuie sur une érudition encyclopédique et des archives originales.

Sus à la Légende napoléonienne

Roger Caratini rappelle les origines génoises de la famille Buonaparte et dresse une biographie toute en noirceur.

Le jeune Napoléon tente un moment sa chance auprès des nationalistes corses avant de les lâcher et de gagner le Continent. Il acquiert un diplôme d'officier d'artillerie après des études sans éclat dans une école militaire de médiocre prestige (Brienne). Soucieux de témoigner de sa fidélité à la Montagne et au parti de Robespierre, il se voit un avenir d'écrivain mais le destin l'en détourne au siège de Toulon.

Bonaparte s'acquitte plutôt bien de sa mission, ce qui lui vaut des galons de général. Déjà, il tourne à son avantage un succès qui ne lui revient qu'en partie. Là-dessus arrive Thermidor et la chute du dictateur. Le général robespierriste se fait discret.

À Paris, Bonaparte gagne la faveur du «roi Barras», maître tout-puissant du Directoire, qui lui refile sa maîtresse, l'influente Joséphine, et le réquisitionne pour liquider dans le sang l'insurrection royaliste de Vendémiaire.

Quand Bonaparte obtient le commandement de l'armée d'Italie, Roger Caratini explique avec abondance de détails comment le jeune général aurait suivi de bout en bout les instructions détaillées transmises par Lazare Carnot, toujours en charge des affaires militaires.

Ainsi, cette campagne qui a installé Bonaparte au summum de la popularité n'aurait rien dû à son génie stratégique et, comble de sacrilège, c'est en obéissant à la lettre aux instructions du Directoire et non en lui désobéissant, comme le prétend la Légende, que Bonaparte a pu battre Piémontais et Autrichiens.

Maître tout-puissant de l'Italie, Bonaparte, jusque-là dépourvu de projet, commence à croire à son étoile. Il négocie les préliminaires de Leoben et la paix de Campo Formio avant de s'en retourner en France, couvert de gloire

La suite est connue : c'est la campagne d' Égypte. Un désastre que Bonaparte transforme en triomphe par la vertu de ses bulletins militaires et des compte-rendus des savants et des artistes de son escorte. À ce stade, le général maîtrise déjà mieux que quiconque l'arme de la propagande. Sa popularité usurpée lui vaut d'être choisi comme chef de file par les comploteurs de Brumaire.

Premier Consul, il s'attribue le mérite des immenses réformes amorcées sous le Directoire. C'est ainsi que le Code civil entamé dix ans plus tôt sous l'égide de Cambacérès devient le «Code Napoléon», bien qu'à en croire Roger Caratini, le Premier Consul n'ait eu à peu près aucune part à sa rédaction !

Passons sur quelques babioles : restauration de l'esclavage, mesures racistes contre les Noirs, mesures discriminatoires contre les juifs...

L'ambition de Napoléon a pour effet de relancer les coalitions militaires contre la France. Le Premier Consul puis Empereur soigne sa légende par quelques victoires qui doivent beaucoup à la supériorité numérique de l'armée française, mais aussi à la chance (comme à Austerlitz) et aux mérites des différents généraux (Desaix à Marengo).

Tel un parrain de la Mafia, Napoléon distribue son butin, trônes et principautés, à ses frères et ses soeurs... pour laisser en définitive la France plus amoindrie qu'il ne l'a trouvée.

Le blasphème n'est pas loin et l'on s'étonne que Roger Caratini n'ait pas été davantage chahuté par quelques éminents historiens... Il est vrai que sa hargne n'est pas moindre que celle de Chateaubriand, qui, le premier, avec tout le talent qu'on lui connaît, s'attaqua au mythe de Napoléon dans ses Mémoires d'Outre-tombe. Caratini lui emprunte d'ailleurs beaucoup sans trop le dire.

Le livre se lit avec facilité. Il est enrichi d'un glossaire des personnages de l'époque, de tables chronologiques et d'une foultitude d'indications sur le déroulement des événements. On regrette seulement la place excessive consacrée aux origines et à la jeunesse de Napoléon (est-il donc si important que ses parents aient vécu en concubinage ?...)

Surprise : l'auteur glisse sur les crimes et les exactions commis en Égypte et ailleurs, peut-être parce qu'il les juge trop bien connus pour s'abaisser à les ajouter à son réquisitoire.

Que l'on soit napoléophile ou seulement curieux de connaître les dessous de la Légende, ses propos méritent notre intérêt, même s'ils sont parfois outranciers. Et l'on y puisera de quoi alimenter des débats interminables.

André Larané

Publié ou mis jour le : 2015-02-04 13:56:51

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Le Duc (04-02-201513:46:21)

Le souci de ce livre est que Napolon est jug avec des yeux du XXe sicle. Vouloir tout prix faire de lui un homme parfait ou le dnigrer tout va na aucun sens. Le trait comme un Dieu est idiot, et un livre comme a lest tout autant.

A mis lEurope feu et sang ? Oui cest vrai. Mais son poque, cest lAngleterre qui a relanc la guerre aprs la paix dAmiens. Cest lAutriche qui amne Wagram. Cest les coaliss qui ne supportent pas ce qui est devenu la France depu... Lire la suite


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