Splendeurs et misères - Images de la prostitution (1850-1914) - Herodote.net

Splendeurs et misères

Images de la prostitution (1850-1914)


Splendeurs et misères

La prostitution vue par les peintres esthètes du XIXe siècles ? On pense à une habile façon de remplir les tiroirs-caisse en offrant au public l'occasion de se rincer l'oeil sous le prétexte de se cultiver.

Il y a bien un peu de cela dans cette exposition qui se tient au Musée d'Orsay jusqu'au 17 janvier 2016.

Deux cabinets « interdits aux moins de 18 ans » donnent à voir quelques photos licencieuses et de petits films plus drôlatiques qu'obscènes...

Pour le reste, les voyeuristes en seront pour leurs frais...

La prostitution est appréhendée à travers la peinture de salon, la sculpture, les arts décoratifs et la photographie.

De L'Olympia de Manet à L'Absinthe de Degas, des incursions dans les maisons closes de Toulouse-Lautrec et Munch aux figures audacieuses de Vlaminck, Van Dongen ou Picasso, l'exposition montre la place centrale occupée par le monde interlope des courtisanes, demi-mondaines, prostituées et souteneurs dans le développement de la peinture moderne.

Nous sommes troublés et émus par le regard vide des buveuses d'absinthe (Van Gogh, Degas) comme de la femme mélancolique du jeune Picasso.

Et que dire de la lassitude et de la quête de tendresse qui se dégage des oeuvres de Toulouse-Lautrec ? Comme le peintre a dû les aimer, ces femmes comme lui désespérées !

Seule (Henri de Toulouse-Lautrec, 1896, Musée d'Orsay, Paris), DR

Mais les dimensions sociale et politique de la prostitution sont largement occultées de même que son approche littéraire. C'est à peine si Zola est évoqué. Rien ou à peu près sur Maupassant, pourtant mort d'avoir trop fréquenté les maisons closes.

Il est vrai que la sensibilité sociale des bourgeois était autrement plus étriquée sous la IIIe République que sous le Second Empire (1851-1870) ou même la Monarchie de Juillet (1830-1848)...

Mais rendons grâce à l'exposition de nous renseigner sur les tourments qui guettaient les filles de rue et les courtisanes, de la syphilis aux rafles et aux sévices dans la prison Saint-Lazare, prison parisienne réservée aux femmes jusqu'en 1932.

Giovanni Boldini, Scène de fête au Moulin rouge (vers 1889, musée d'Orsay)



Entrée : 8 € euros (tarif réduit : 5,50 € euros)

Localisation :
Musée d'Orsay, 1, rue de la Légion d'Honneur 75007 Paris

Publié ou mis à jour le : 2016-06-30 14:08:57

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