Simón Bolívar (1783 - 1830) - Le «Libertador» amer - Herodote.net

Simón Bolívar (1783 - 1830)

Le «Libertador» amer

Issu d'une riche famille créole de Caracas, Simón Bolívar étudie en Europe et parcourt en tous sens le Vieux Continent. Il fait à Rome le serment de libérer l'Amérique hispanique de la tutelle de Madrid.

Il deviendra le plus grand héros de l'Amérique hispanique, au point de n'être plus connu que sous le surnom de «Libertador» (le «Libérateur») et d'avoir donné son nom à un pays andin, la Bolivie...

Guerres intestines

Bolívar a 24 ans quand il revient au Venezuela en 1807. Trois ans plus tard, en 1810, l'année de l'émancipation hispano-américaine, il se rallie à la municipalité insurrectionnelle qui enlève le pouvoir au représentant de Madrid.

Envoyé à Londres, il convainc le populaire Francisco Miranda, héros malheureux d'une première insurrection en 1806, de rentrer d'exil et de prendre la tête du nouvel État. Mais Simón Bolívar, devenu son rival, profite de la guerre contre les royalistes restés fidèles à Madrid, pour le faire arrêter et le livrer aux Espagnols !

Portrait en majesté de Simon Bolívar Le 6 août 1813, Bolívar s'empare lui-même de Caracas et reçoit de la municipalité le titre de «Libertador» (le Libérateur).

Partisan d'un pouvoir fort, il se fait proclamer dictateur en janvier de l'année suivante et tente d'imposer son autorité par une répression brutale... C'est qu'une bonne partie de la population demeure opposée à l'indépendance.

La guerre civile favorise le retour des Espagnols. Battu au terme d'une guerre fertile en cruautés de toutes sortes, Bolívar s'enfuit à Haïti, où il reçoit l'appui du président Alexandre Pétion. Il reprend la lutte avec l'aide intéressée des Anglais.

Fort de sa victoire sur les Espagnols au pont de Boyaca le 7 août 1819, Bolívar peut faire son entrée, non à Caracas, mais à Bogota, capitale de la Nouvelle-Grenade. L'horizon du «Libertador» dépasse désormais le seul Venezuela et embrasse l'ensemble de l'Amérique hispanophone. Il proclame l'avènement d'une «Grande-Colombie» qui fédère la Nouvelle-Grenade et le Venezuela.

Bref triomphe du «Libertador»

Là-dessus, les succès militaires de son lieutenant Antonio Sucre lui permettent d'entrer en libérateur à Quito, capitale de la colonie de l'Équateur, sur l'océan Pacifique... Il convainc le général San Martín, libérateur de l'actuelle Argentine et du Chili, de lui abandonner le Pérou, lequel est conquis par Sucre.

Bolívar pense que son heure est venue. Il réunit un congrès panaméricain à Panama, du 22 au 25 juillet 1826, pour fédérer l'Amérique hispanique du Mexique au río de la Plata mais il aboutit à un échec. Les rivalités personnelles et les conflits d'intérêt prennent le dessus. Les méthodes autoritaires (pour ne pas dire plus) de Bolívar ne sont pas non plus du goût des délégués.

C'est l'effondrement du rêve panaméricain. Malade et abandonné de tous, affecté par l'assassinat du populaire général Sucre, en qui il voyait son successeur, le «Libertador» quitte le pouvoir. Il meurt à Santa Marta, en Colombie, le 17 décembre 1830.

Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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