Marius (157 av. J.-C. - 86 av. J.-C.)

Réformateur de l’armée

Marius est l’un des plus grands généraux de la République romaine. Élu sept fois consul, il fut le chef du parti des « populares ».

Ce fut lui qui constitua une armée de métier en ouvrant le recrutement à l'ensemble des citoyens de la République. Suite à cette mesure, un culte se développa autour du général, alimenté par les œuvres des artistes et écrivains de l'époque. Le philosophe Plutarque narra les exploits du consul dans son ouvrage Les vies des hommes illustres.

Un jeune soldat ambitieux

Tête d'homme, dite Marius, Ier siècle av. J.-C. Source : Museo Chiaramonti.Marius est né en 151 avant J.-C. à Arpinum dans une famille de plébéiens. Très tôt, il se tourne vers la carrière des armes. En 133 av. J.-C., il vainc les Espagnols à Numance sous les ordres de Scipion Émilien.

Ses faits d’armes le font connaître dans toute la République, facilitant son entrée dans le monde politique. Marius a également l’avantage d’être soutenu par une importante famille de plébéiens, les Caecilii Metelli.

Élu tribun de la plèbe en 119 av. J.-C., Marius met en avant son milieu social d’origine. Cette forme de démagogie se révèle efficace : le peuple romain s’identifie à lui.

Marius poursuit son ascension : en 116 av. J.-C., il est nommé préteur. Fin stratège, il s’allie avec une grande famille patricienne en épousant Julia.

Sept fois consul

En 107 av. J.-C., Marius candidate à un des plus hauts postes de l’époque : consul. C’est une réussite : il est élu. Puis, en 104 av. J.-C., il se fait réélire.

Il change ensuite la loi interdisant un homme à présenter sa candidature pour plusieurs mandats successifs. Cela lui permet d’assouvir ses ambitions personnelles : il est élu consul à sept reprises sans interruption jusqu’en 100 avant J.-C.

Cela n’est guère du goût du Sénat, qui tente alors de le déstabiliser. Marius, qui ne l’entend pas de cette oreille, ignore ces conseils. Il choisit plutôt de refondre totalement l’armée : c’est la « réforme marianique » de 104 à 102 av. J.-C.

Le général donne la possibilité à chaque citoyen de s’engager dans l’armée, sans condition préalable. La nouvelle légion passe à 6000 hommes.

Marius augmente également la solde des légionnaires. Il donne une cohérence à l’armée : l’aigle, messager de Jupiter, est systématiquement arborée sur les étendards lors des batailles.

Enfin, Marius supprime les trains et chariots qui servent à transporter le matériel de l’armée, trop encombrants. L’armée romaine devient une armée de métier, avec des soldats attachés à leur général.

Général victorieux

Marius continue sa carrière militaire. Il remporte deux victoires contre le prince Jugurtha. Mais durant cette campagne, il s’oppose à son ami Numidicus. Trahison suprême, Marius remplace Numidicus : il devient proconsul.

Mais le jeune général se voit voler la vedette par son lieutenant Sylla. Ce dernier revient d’Afrique auréolé de gloire, ayant réussi à convaincre Bocchus de lui livrer son gendre Jugurtha. Marius ne pardonne pas cet acte d’audace à Sylla.

Qu’importe, le général enchaîne les succès contre les tribus celtes et germaniques. Cela rassure le peuple romain, qui accorde toute sa confiance à son « sauveur », et lui voue même un culte certain.

La capture de Jugurtha, 1772. Source : Gabriel de Bourbon, Madrid.

La chute

Mais en 100 avant J.-C. le Sénat se lasse de Marius. Les déconvenues s’enchaînent alors pour le général.

La première est liée aux amis de Marius « populares » ​: Glaucia et Saturninus. Ceux-ci aident Marius à gouverner ; ils se révèlent tyranniques. Aussi le Sénat décide de limiter le pouvoir du consul en mettant à mort Glaucia et Saturninus par le décret du « senatus consultum ultimum ».  Vaincu, Marius abandonne le pouvoir en 99 av. J.-C., tandis que son adversaire Sylla est élu consul en 98 av. J.-C.

Persévérant, Marius tente de remplacer Sylla à la tête de l’armée. Il est soutenu dans son entreprise par le tribun de la plèbe Sulpicius Rufus. C’est une réussite et le début de la première guerre civile.

Sylla rejoint son armée ; ensemble, ils font une entrée remarquée à Rome. Redoutant son ennemi, Marius quitte Rome, accompagné de Rufus. Il est capturé à Minturnes ; on l’amène en prison. Mais le général se libère et se réfugie sur une île italienne.

En 86 av. J.-C., profitant de l’absence de Sylla, Marius retourne dans la capitale. Il envoie ses adversaires en exil et est élu une dernière fois consul. Quelques jours plus tard, le 13 janvier, il meurt d’une indigestion.


Publié ou mis à jour le : 2021-05-31 04:16:42

 
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