Voici une remarquable analyse des choix politiques qui ont pu conduire le président Trump à faire enlever le dictateur Nicolas Maduro en plein Caracas.
Les auteurs s'accordent sur le faible poids des arguments rationnels avancés par le président : accès au pétrole vénézuelien, lutte contre le narcotrafic. Ces arguments n'ont de valeur qu'auprès de l'opinion dite éclairée, qui cherche à tout rationnaliser.
Les motivations politiques sont bien plus importantes :
• En premier lieu le besoin de regagner en popularité auprès de l'électorat en prévision des midterms de novembre ; de ce point de vue, l'opération semble réussie ; elle est de nature à remplir de fierté tous les patriotes américains.
• Plus importants sont sans doute les calculs géostratégiques :
- le coup mortel porté au régime chaviste retentit sur le régime sandiniste du Nicaragua ainsi que sur le régime castristes de Cuba, qui l'un et l'autre coopéraient étroitement avec Caracas.
- il est de nature à affaiblir les positions diplomatiques de Poutine qui, au Kremlin, ne manquait jamais de montrer l'étendue de ses soutiens dans le monde et vient de perdre en quelques semaines plusieurs alliés, tels Assad (Syrie), Maduro (Venezuela) et bientôt, espérons-le, Khamenei (Iran) ; cela devrait aider Trump dans son bras de fer avec le Russe à propos de l'Ukraine.
- enfin, la reprise en main du Venezuela est un avertissement donné à la Chine, soucieuse d'avancer ses pions en Amérique latine.
Tout cela tient en un mot jusqu'ici oublié : Realpolitik, aux antipodes de la politique du compromis et du « en même temps » pratiquée de ce côté-ci de l'Atlantique.
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