1607-1773

Les Treize Colonies anglaises (suite)

Au début du XVIIIe siècle, les Anglais s'installent timidement sur le littoral atlantique du continent nord-américain. Ils constituent la colonie de Virginie puis, plus au nord, les quatre petites colonies de Nouvelle-Angleterre.

Très rapidement, ils poursuivent leur implantation au sud et au nord de ces territoires jusqu'à former les Treize Colonies qui accèderont à l'indépendance à la fin du XVIIIe siècle.

L'Amérique du nord à la fin du XVIIIe siècle

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Cette carte témoigne des affrontements entre Européens (Anglais, Espagnols et Français) pour la domination du continent nord-américain. La Nouvelle France tombe en 1763 sous la tutelle de Londres et devient The Province of Quebec cependant que les Treize Colonies anglaises obtiennent en 1783 leur indépendance sous le nom d'États-Unis d'Amérique.

– Les Carolines

En 1653, des colons de Virginie se hasardent plus au sud, sur les rives de la rivière Chowan. Dix ans plus tard, le roi Charles II Stuart accorde une charte de colonisation à Lord Clarendon en récompense des services rendus à la monarchie et lui concède le vaste territoire situé au sud et à l'ouest de la Virginie. Il est aussitôt baptisé Caroline en l'honneur du roi.

En 1672 est fondée la ville de Charleston. qui ne tarde pas à recevoir de nombreux huguenots (protestants français) chassés par la révocation de l'Édit de Nantes.

Les Lords-propriétaires se montrant peu respectueux des libertés locales, un vent de rébellion souffle sur la colonie. Finalement, en 1729, Londres arbitre le conflit en divisant la colonie en deux : Caroline du Nord et Caroline du Sud.

– Le New York

Tirant parti de la guerre entre l'Angleterre et les Provinces-Unies (Pays-Bas), la flotte anglaise s'empare de la Nouvelle Amsterdam et, par le traité de Breda de 1667, Amsterdam cède à Londres la ville et l'arrière-pays, la Nouvelle Hollande.

Le roi Charles II concède aussitôt ce vaste territoire à son frère, le duc d'York (futur Jacques II). La Nouvelle Amsterdam et la colonie elle-même prendront de ce fait le nom de New York.

Le duc d'York et son gouverneur doivent faire face à l'esprit de résistance des colons. Ils sont contraints d'accepter la réunion, le 17 octobre 1683 d'une assemblée de 17 représentants du peuple.

Ces «freemen» (hommes libres) votent d'emblée une quinzaine de lois réunies dans une «Charte de libertés et privilèges», établissant la liberté religieuse et disposant qu'aucun impôt ne serait établi sans son consentement.

Mais deux ans plus tard, le duc d'York monte sur le trône d'Angleterre sous le nom de Jacques II. Il interdit à l'Assemblée de New York de se réunir. Les colons n'ont pas longtemps à attendre pour prendre leur revanche car, dès 1688, Jacques II est renversé !

Les gouverneurs successifs de la colonie arrivent à gagner l'amitié des puissantes tribus indiennes de l'arrière-pays. Celles-ci, qui appartiennent à la famille des Iroquois, sont réunies dans une fédération dite des «Cinq nations».

George Clinton est même arrivé à se faire élire chef de la tribu des Mohawks avant d'être nommé gouverneur de la colonie en 1743 !

Ces circonstances vaudront aux Anglais le soutien des Iroquois dans la guerre contre leurs voisins français de la Nouvelle-France, au milieu du XVIIIe siècle.

Dès le XVIIe siècle, le New York bénéficie d'un courant d'immigration important en provenance d'Allemagne. Il s'agit de croyants chassés par les guerres religieuses (Frères moraves, Mennonites...).

Industrieux et bons charpentiers, ces colons allemands vont mettre au point le célèbre chariot bâché à la robustesse sans égale et sans lequel il n'est pas de western qui vaille.

– Le New Jersey

Du vaste territoire qu'il a reçu de son frère, le duc d'York en a cédé une partie à deux amis, Sir John Berkeley et Sir George Carteret. La nouvelle colonie, encore habitée par des Hollandais, prend le nom de New Jersey, en l'honneur de l'île anglo-normande qu'avait défendue George Carteret pendant la guerre civile.

– La Pennsylvanie

En 1681, le roi Charles II Stuart concède à William Penn (37 ans) un vaste territoire situé entre la colonie de New York au nord et la colonie de Virginie au sud, en échange d'une créance de son père.

William Penn est un membre éminent de la Société des Amis, une secte religieuse plus connue sous le nom de Quakers, parce que ses adeptes sont pris de tremblements (to quake, trembler en anglais) pendant leurs prières. Ayant appelé Pennsylvanie (la forêt de Penn) le territoire reçu du roi, il décide d'en faire un refuge pour ses coreligionnaires et un modèle d'État démocratique.

En 1682, remontant le fleuve Delaware avec une centaine de Quakers, il fonde la ville de Philadelphie, d'un mot grec qui signifie «Cité de l'amour fraternel» !

Penn rédige par ailleurs un code de lois qui se veut exemplaire sous le nom de «Great Law» (Grande Loi). Il interdit l'esclavage, limite la peine de mort à deux crimes : meurtre et trahison, accorde le droit de vote à tous les contribuables, impose une formation professionnelle à tous les enfants de plus de 12 ans et garantit à tous la liberté de religion.

Le philanthrope ne s'en tient pas là. Il convoque les Indiens du territoire et leur explique du mieux qu'il peut qu'il souhaite négocier avec eux un traité de bon voisinage.

Il leur achète la terre à un prix équitable et met sur pied un conseil paritaire composé de six Indiens et six Blancs pour juger les litiges entre les deux communautés. Le traité sera respecté aussi longtemps que vivra Penn.

– Le Delaware

Petit territoire enlevé aux Hollandais en 1664, le Delaware avait été cédé en 1682 par le duc d'York à William Penn, qui l'avait à son tour confié à un adjoint. Il reçut son nom en 1702 pour honorer le baron Delaware, premier gouverneur de Virginie.

– La Georgie

La dernière des Treize Colonies est créée par un général philanthrope, James Oglethorpe, entre les Carolines et la Floride espagnole.

Il obtient une concession du roi George III en 1729 et baptise en son honneur la nouvelle colonie. Il recrute ses premiers colons parmi des gens de toutes nationalités qui ont été mis en prison pour dettes et libérés. Avec eux, il fonde la ville de Savannah, à l'embouchure de la rivière du même nom.

Le général oblige chacun à exercer un travail manuel, interdit la possession d'esclaves (alors que la Virginie et les Carolines, au nord, n'en manquent pas), prohibe les alcools... Autant de dispositions qui suscitent une levée de boucliers et seront plus ou moins abolies dès 1749.

Au milieu du XVIIIe siècle, suite à l'expiration des différentes chartes de colonisation, toutes les colonies se trouvent sous la tutelle directe de Londres, avec un gouverneur à leur tête.

Cette administration directe est mal ressentie par les colons qui ont pris l'habitude d'une grande autonomie. La guerre d'Indépendance va en découler.

Fabienne Manière

Publié ou mis à jour le : 2019-08-23 11:28:02

 
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