Des Qin aux Han (221 av. J.-C. à 184)

Le premier Empire chinois

Au IIe millénaire av. J.-C., à l'Âge du bronze, la grande plaine irriguée par le Houang He, le Fleuve Jaune, a vu l'émergence d'une civilisation originale, sous l'autorité d'empereurs quelque peu légendaires. Au tournant du Ier millénaire av. J.-C., le pays se divise en une myriade de principautés féodales qui se ramènent au fil des siècles à un total de sept royaumes dits « royaumes combattants ».

Au IIIe siècle avant J.-C., un énergique chef de guerre réunit sous son autorité les sept royaumes et réalise pour la première fois l'unité de la Chine. La dynastie Qin de ce Premier Empereur n'a pas survécu longtemps à sa disparition. Mais une nouvelle dynastie, les Han, relevait aussitôt son empire. Elle allait durer à peu près aussi longtemps que l'empire romain et mourir comme lui sous les coups des Barbares.

Les Chinois sont redevables aux Han de leur unité et d'à peu près tout ce qui compose leur identité nationale. C'est au point qu'ils leur ont emprunté leur nom et se qualifient eux-mêmes de Han.  

NB : les illustrations de ce texte viennent de la magnifique exposition qui se tint au musée Guimet (Paris) en 2014-2015 : Splendeur des Han

Garde d'honneur (Han de l'Est, bronze, H 44 cm, site de Leitai, musée du Ganzu)
La Chine classique, des Shang aux Tang

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La Chine classique (droits réservés : Alain Houot)
À la haute Antiquité de la Chine, dominée par la dynastie des Shang, succède l'époque des « royaumes combattants », qui ressemble au Moyen Âge occidental (en plus brutal), puis les empires de l'époque classique, des Han aux Tang...

La brutale construction d'un État unifié

Figure féminine (Han de l'Ouest, terre cuite, H 35 cm, Shaanxi, musée Han Yangling)Tout commence au pays de Qin (prononcer Tchin). Ses souverains soumettent leurs rivaux et Zhen Ying, qui deviendra pour la postérité le Premier Empereur Qin Shi Huangdi, recueille les fruits de ces entreprises.

En une dizaine d'années, il unifie la Chine du nord sous sa férule et brise la féodalité en remplaçant les antiques royaumes par des préfectures administrées par des fonctionnaires.

Cela lui vaut la haine des lettrés confucéens, attachés plus que tout aux traditions et à l'ordre ancien.

Mais après sa mort, l'Empire menace de se désagréger. Lettrés et anciens féodaux aspirent à leur revanche.

En 206 av. J.-C., un officier du nom de Liu Bang prend la tête d'une bande de brigands et devient le nouveau maître de l'empire. Connu sous le nom de règne Gaozu, il inaugure la dynastie Han qui durera quatre siècles (avec une brève interruption) et s'installe à Chang'an, la capitale des Qin, près de la ville actuelle de Xian.

Linceul (Han de l'Ouest, jade, fils d'or, 176 cm, tombe princière de Chu, musée de Xuzhou)

Un « usurpateur » communiste/confucéen

En l'an 9 de notre ère, Wang Mang, le neveu de l'impératrice douairière (dico), renverse l'empereur Han et prend sa place. Passionnément fidèle aux préceptes confucéens, il tente d'instaurer un régime étatiste ou pour tout dire communiste. Il nationalise la terre et instaure des monopoles d'État sur l'exploitation de la pêche et la forêt.

Mais il est incapable de réprimer les jacqueries qui, périodiquement, émergent dans tel ou tel endroit de l'empire. L'une d'elles, la révolte des « Sourcils Rouges », va l'emporter. Liu Xiu, un prince Han, pénètre à Chang'an et décapite l'usurpateur.

La prospérité au rendez-vous

L'heureux vainqueur s'attribue le Mandat du Ciel sous le nom de règne Guangwudi (25-57) mais renonce à résider à Chang'an et lui préfère une nouvelle capitale plus à l'Est, Luoyang, dans la vallée du Huang He. Aussi les nouveaux empereurs sont-ils qualifiés par les historiens de Han postérieurs (à Wang Mang) ou Han orientaux (établis à Luoyang), par opposition aux précédents, les Han antérieurs ou Han occidentaux.

Grenier à cinq niveaux (Han de l'Est, terre cuite, H 129 cm, Jiaozuo, musée de Jiaozuo)Si l'on en croit les chroniques, Guangwudi est le souverain idéal. Sa sage administration permet de réduire les impôts des deux tiers !

Cette politique a une traduction bien concrète : au début de notre ère, un recensement officiel attribue à l'empire chinois 57 millions d'habitants (c'est à peu près le cinquième de l'humanité et autant que l'empire romain dans sa plus grande extension) ; deux siècles plus tard, quand les Han arrivent à bout de souffle, l'empire compte près d'une centaine de millions d'habitants.

Le dernier siècle des Han témoigne d'une haute classe alanguie, avec une cour impériale paralysée par les querelles de palais entre eunuques et lettrés.

Mais c'est aussi une grande époque d'innovations qui voit l'invention du papier et les premières reproductions de textes par estampage, le développement des laques et aussi l'introduction en Chine du bouddhisme en provenance de l'Inde.

Publié ou mis à jour le : 2022-01-12 18:12:55

 
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