1919 à 1931 - La vague autoritaire des années 1920 - Herodote.net

1919 à 1931

La vague autoritaire des années 1920

Après la Grande Guerre de 1914-1918, beaucoup d'Européens, désorientés, s'interrogent sur leur avenir, surtout dans les nouveaux États créés sur les ruines des empires (Allemagne, Autriche-Hongrie, Russie, Turquie).

Ils regardent avec un intérêt mêlé de répulsion du côté de la Russie où s'est imposée la dictature bolchevique de Lénine, non sans de graves excès criminels.

Comme la démocratie parlementaire leur apparaît condamnée à brève échéance, ils s'en remettent à un homme providentiel pour les sortir de leur misère et les libérer de leurs doutes.

André Larané et Michel Psellos
Le repoussoir bolchevique

La Grande Guerre s'achève en Europe centrale et orientale dans un climat d'apocalypse. En Russie, la prise de pouvoir par les bolcheviques (on dira plus tard communistes) se double d'une guerre civile et de l'oppression des paysans, avec des famines et des massacres à grande échelle.

En Allemagne, notamment à Munich et Berlin, des groupuscules communistes tentent de prendre le pouvoir par la force avant d'être éliminés par les républicains.

En Hongrie, un agitateur communiste, Béla Kun, installe une dictature sanglante qui, heureusement, ne dure que trois mois avant d'être renversée par une intervention roumaine.

Ces précédents dramatiques divisent les partis socialistes de toute l'Europe sur l'opportunité de soutenir le parti de Lénine. Les déshérités et les aigris de la guerre ont beau mettre en doute la démocratie parlementaire, ils ne se résolvent pas pour autant à rallier le bolchevisme et sont prêts à suivre le premier leader qui leur offrira une alternative...

Le modèle italien

Le Duce Mussolini passe ses troupes en revue en 1938 Le premier homme providentiel de cette sorte apparaît en Italie. C'est un ancien leader socialiste du nom de Benito Mussolini qui, dans l'exil, a connu de près les bolcheviques.

Il prône le dépassement de la démocratie et préconise, pour contrer le bolchevisme, un système autoritaire appelé « fascisme » fondé sur le culte de la Nation et la coopération entre les classes sociales.

Pour lui comme pour Lénine, il existe au-dessus des individus une entité à laquelle sont subordonnés les droits individuels. Rien à voir avec le Dieu transcendant de l'Ancien Régime, à la loi duquel devaient se soumettre tous les hommes, souverains compris. Pour Mussolini, il s'agit de l'État ; pour Lénine, du Parti. Les chefs qui personnifient ces entités terrestres s'adjugent un droit supérieur aux autres hommes de sorte que ces régimes débouchent inévitablement sur des dictatures dites « totalitaires », toute la société étant régentée par l'État ou le Parti.

En s'appuyant, comme Lénine, sur un parti de militants professionnels paramilitaires, Mussolini s'empare du pouvoir en octobre 1922 et met en place progressivement un « État fasciste » conforme à ses principes.

Par la manière efficace dont il modernise l'Italie, le « Duce » suscite dans les premières années de la dictature l'admiration de nombreux hommes politiques et intellectuels, y compris les plus estimables comme Winston Churchill.

Des émules dans le monde entier

Mussolini et sa pratique autoritaire du pouvoir, fondée sur la sacralisation de l'État, font très vite des émules dans les petits pays d'Europe centrale et méditerranéenne : Horthy en Hongrie, Pilsudski en Pologne, Seipel et Dollfus en Autriche, Primo de Rivera en Espagne, Salazar au Portugal, Metaxàs en Grèce...

Dans ces vieilles nations, toutefois, les dictateurs, à la différence de Mussolini, ont le souci de restaurer les cadres de la société traditionnelle plutôt que de révolutionner l'ordre social.


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Le siècle des dictateurs
Publié ou mis à jour le : 2019-10-29 10:50:19

 
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