La population des États-Unis - Vers une refondation par l'immigration - Herodote.net

La population des États-Unis

Vers une refondation par l'immigration

Traduction en Anglais

Au moment de leur indépendance, en 1776, les Treize Colonies anglaises d’Amérique comptent quatre millions d’habitants dont un million d’esclaves africains et non compris quelques centaines milliers d'Indiens (ou Amérindiens).

Les colons, quasiment tous d'origine britannique, occupent essentiellement le territoire compris entre l'océan Atlantique et la chaîne des Apalaches. Environ 700 000 km2. Des pionniers commencent de se diriger vers l'Ouest où ils se heurtent à des Indiens et des trappeurs français plus ou moins hostiles. 

Sitôt l'indépendance acquise, la jeune fédération encourage l'immigration européenne en vue de consolider l'occupation du territoire et d'engager la « conquête de l'Ouest ».

Par le Naturalization Act du 26 mars 1790, elle offre généreusement la citoyenneté aux free white persons (« personnes libres blanches »), autrement dit aux immigrants européens de bonnes mœurs, sous réserve qu’ils aient deux ans de résidence dans le pays.

Un Amérindien, détail du tableau La mort du général Wolfe  de Benjamin West, 1770, American Art, Vol. 9, N°1, 1995Cette loi exclut sans le dire les autres immigrants et surtout les esclaves et affranchis africains et les Indiens eux-mêmes. On peut y voir la première apparition de la couleur de peau comme catégorie juridique.

Les Indiens vont demeurer des non-sujets jusqu’à la fin du XIXe siècle, même après que les noirs auront été libérés et dotés de droits civiques. C’est seulement en 1887 que le Congrès vote le Dawes General Allotment Act : il concède la nationalité aux derniers survivants des guerres indiennes, sous réserve qu’ils abandonnent leurs affiliations tribales.

Dès les années 1840-1850, les États-Unis accueillent des vagues massives d'immigrants venus d'Europe. D'abord essentiellement anglo-saxonne, l'immigration s'étend progressivement à l'Europe du Sud (Italie, Grèce) et à l'Europe centrale. Entre 1880 et 1920, près de 25 millions d'immigrants viennent grossir la population américaine.

Des lois votées dans les années 1920 prolongent la loi de 1790 et établissent des quotas afin de limiter et maîtriser l'immigration par nationalité. C'est ainsi qu'avant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis accueillent une partie des réfugiés juifs qui fuient l'Allemagne et l'Autriche nazies mais dans la limite des quotas réservés à ces pays.

Ces lois ne sont abolies qu’en 1965, quand les États-Unis sont confrontés à la pression migratoire des Latino-Américains et notamment des wetbacks (« dos mouillés »), migrants clandestins traversant à la nage le Rio Grande, fleuve frontalier entre le Texas et le Mexique.

Little-Italy (Mulberry Street, Manhattan, New York), vers 1900

Une nouvelle immigration

En ce début du XXIe siècle, les États-Unis d’Amérique sont une fédération de 50 États, forte d’un peu plus de 300 millions d’habitants.

Troisième pays le plus peuplé après la Chine (1,3 milliard d'habitants) et l'Union indienne (1,1 milliard d'habitants), cinquième pays le plus étendu (9,160 millions de km2) après la Russie, le Canada, la Chine et le Brésil, ils constituent la première économie de la planète et la plus grande puissance militaire. Cette jeune nation est donc passée en à peine plus d’un siècle de l’état de nature à une puissance jamais égalée par le passé, qui plus est sans jamais trahir ses principes de liberté et de démocratie.

Les États-Unis ont vu leur population croître de 10% en dix ans, de 2000 à 2010 pour atteindre 308 millions d'habitants. Ils auraient franchi le seuil des 300 millions d'habitants très exactement le 17 octobre 2006 ! Il ne s'agit bien sûr que d'une estimation à valeur symbolique qui ne doit pas être prise à la lettre mais elle témoigne du dynamisme démographique de la première puissance mondiale.

Il est dû à part à peu près égale aux naissances (nombreuses, y compris dans la population de souche européenne) et à l'immigration d'Asie et d'Amérique latine :
- 1800 : 5 millions d'habitants dont un quart d'esclaves africains (les Indiens ou Amérindiens, au nombre de quelques millions, sont en sus),
- 1900 : 76 millions,
- 1950 : 200 millions,
- 2006 : 300 millions.

Selon l'US Census Bureau, qui s'autorise les statistiques ethniques, le groupe qui a le plus progressé dans la première décennie du XXIe siècle est celui des Latinos (Hispano-Américains). Ils sont aujourd'hui 50 millions, dont 32 millions d'origine mexicaine. Les Afro-Américains sont 38 millions, les Asiatiques 15 millions et les Amérindiens 400.000 (plus ou moins métissés, ils sont le groupe le plus prolifique, en croissance de 19% sur dix ans). 

L'élection en novembre 2008 de Barack Hussein Obama, fils d'un Kényan, est l'illustration spectaculaire de cet immense brassage. Elle eut été proprement impensable cinquante ans plus tôt, quand les Blancs d'origine européenne représentaient encore plus de 85% de la population et que les WASP (White Anglo-Saxon Protestant ; en français : « Protestants blancs et Anglo-Saxons ») tenaient les rênes du pouvoir.

Aujourd'hui, cette catégorie demeure très largement majoritaire (223 millions, soit 72% du total) mais en 2008, pour la première fois, les bébés issus de ses rangs ont fait presque jeu égal avec ceux issus des minorités (52% d'un côté, 48% des autres).

À ce rythme-là, les Blancs d'origine européenne seront minoritaires en 2040... Le même phénomène est en cours en Europe occidentale mais le voile jeté sur les phénomènes migratoires - à l'exception du Royaume-Uni - ne permet pas de le quantifier.

Publié ou mis à jour le : 2019-04-30 00:28:01

 
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