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Lorraine

Française sans y prendre garde


La Lorraine est l'héritière d'une ancienne province longtemps écartelée entre la France et le Saint Empire. C'est là, à Verdun, en 843, que les petits-fils de Charlemagne, se sont partagés son empire.

Son nom rappelle ce lointain passé puisqu'il dérive de Lotharingie, nom du royaume légué en 855 à Lothaire II par son père Lothaire, l'un des petits-fils de Charlemagne.

Une Histoire... mouvante

La Lotharingie devient un important duché au sein du nouvel empire germanique jusqu'à ce qu'en 959, il soit scindé en deux.

Godefroi de Bouillon à la tête de la première croisadeAu nord, entre l'Escaut et le Rhin, est créé le duché de Basse-Lorraine, dont le dernier titulaire est le duc Godefroi de Bouillon, chef de la première croisade.

Après lui, au XIIe siècle, le duché se morcelle et donne naissance à différentes seigneuries qui forment aujourd'hui la Belgique et les Pays-Bas.

Au sud, dans les Ardennes et les vallées de la Meuse et de la Moselle, la Haute-Lorraine échoit successivement à différents seigneurs locaux.

En 1049, Gérard d'Alsace en devient le premier duc héréditaire et sa famille va régner jusqu'en 1431 sur le duché, lequel prend le nom de Lorraine à la fin du XIIe siècle.

Le duché subit la pression du roi de France, dont les terres jouxtent les siennes. 

En 1301, le roi Philippe le Bel bat le comte de Bar, l'un des principaux seigneurs de la région. Il lui impose de lui rendre hommage pour toutes ses terres situées à l'ouest de la Meuse. C'est ainsi que l'on va désormais distinguer le Barrois mouvant, dans la «mouvance», autrement dit la «suzeraineté» du roi de France, du Barrois non-mouvant.

Détail capital : c'est parce que Domrémy est situé sur la rive occidentale de la Meuse, dans le Barrois mouvant, que Jeanne d'Arc s'est impliquée dans les affaires du royaume de France ; née de l'autre côté de la rivière, en terre d'Empire, elle eut agi tout autrement.

Un peu plus tard, en 1354, le Barrois est élevé au rang de duché par l'empereur d'Allemagne, de sorte qu'il fait désormais jeu égal avec le duché de Lorraine. La rivalité prend fin en 1431 quand meurt le duc de Lorraine Charles II, car sa fille et héritière Isabelle de Lorraine est mariée à René d'Anjou, héritier du Barrois. Leur petit-fils René II devient en 1506 duc de Bar et de Lorraine.

La Lorraine devient française

En 1552, le roi Henri II conclut un traité avec les princes protestants allemands en guerre contre l'empereur Charles Quint. En échange de son soutien, il obtient le droit d'occuper les «Trois-Évêchés» de Metz, Toul et Verdun. Ainsi les Français s'infiltrent-ils en Lorraine. Ils n'en sortiront plus. 

Au siècle suivant, la Lorraine, comme le reste de l'Europe centrale et du Saint Empire romain germanique, est frappée de plein fouet par la guerre de Trente Ans, une guerre de religion doublée d'une guerre entre États prédateurs. Le Lorrain Jacques Callot va témoigner par ses gravures des horreurs de cette guerre : misère, famine, pendaisons de masse... 

En 1648, par les traités de Westphalie qui mettent fin à la guerre de Trente Ans, le cardinal Mazarin obtient  l'annexion à la France des Trois-Évêchés ainsi que du duché de Carignan et du Luxembourg français : Thionville, Montmédy et Longwy.

Louis XIV tente sans succès de grignoter ce qui reste du duché. Sous le règne de son successeur Louis XV, en 1736, le duc François III de Lorraine, épouse Marie-Thérèse d'Autriche, héritière de l'empereur Charles IV de Habsbourg.

Or, dans le même temps, le roi Louis XV et son beau-père Stanislas Leszczynski se trouvent impliqués dans la guerre de Succession de la Pologne.

Le roi Stanislas ayant été privé de ses droits, le cardinal Fleury, Premier ministre de Louis XV, a l'idée de lui offrir le duché de Bar et de Lorraine. En échange, le duc en titre François III se voit offrir le grand-duché de Toscane, dont le titulaire vient de mourir sans héritier.

Par ce jeu de chaises musicales, la France réalise l'annexion feutrée de la Lorraine, étant entendu que le duché doit lui revenir à la mort de Stanislas. C'est chose faite le 23 février 1766.

Entre temps, l'ex-roi de Pologne aura embelli son duché comme personne avant lui, réalisant à Nancy, sa capitale, et Lunéville, sa résidence favorite, des travaux qui font l'admiration des visiteurs. Mais c'est au prix d'une très forte pression fiscale sur la paysannerie.

Portrait du roi Stanislas Leszczynski par Jean Girardet, XVIIIe siècle

L'industrie pour le meilleur et le pire

Au milieu du siècle suivant, la Lorraine entre de plain-pied dans la révolution industrielle, grâce à l'exploitation d'importants gisements de minerai de fer, et devient ainsi l'une des régions françaises les plus riches et les plus actives. Les filatures, la cristallerie (Baccarat) et les industries du bois, du papier et de l'ameublement concourent à sa prospérité.

L'annexion par l'Allemagne de la Moselle, avec Metz et le gisement de minerai de fer de Thionville, à l'issue de la guerre franco-prussienne, en 1870-1871, jette une ombre sur ce bonheur tranquille.

Elle n'empêche pas une pléiade de créateurs d'exercer leurs talents à Nancy et alentour, dans la peinture, l'ébénisterie, la cristallerie... sous la marque de l'Art nouveau.

La bataille de Verdun en 1916 et la percée des blindés allemands en 1940 rappellent les plus mauvais jours de l'affrontement entre les frères ennemis de l'empire de Charlemagne.

Pus que quiconque désireux de l'oublier, les Lorrains vont se lancer à corps perdu dans la construction de l'Union européenne.

Le sculpteur Ligier Richier (1500-1567), le graveur Jacques Callot (1592-1635), le peintre Claude Gellée, dit le Lorrain (1600-1682), la famille d'ébénistes Majorelle (XIXe et XXe siècles), le maître verrier Émile Gallé (1846-1904)... témoignent parmi d'autres de la contribution de la Lorraine à la culture française et universelle.


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Publié ou mis à jour le : 2014-08-15 23:29:08

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Voir les 8 commentaires sur cet article

Anonyme (18-02-201417:47:43)

bien des raccourcis qui ne reflètent pas la réalité de la Lorraine, ils suscitent la confusion historique.
et en premier commencer l'article par ..."une ancienne province écartelée entre la France et le saint empire "
Oblige immédiatement à s'interroger sur le parti pris du rédacteur, d'autant qu'il enchaine par le partage de 843 ... négligeant des siècles d'histoires mérovingiennes pour les plus connus.
allons monsieur Larané de la précision, svp !

... Lire la suite

Odile Galmiche (03-09-201317:44:56)

Totalement d'accord avec les précédents commentaires... article plutôt décevant. Encore une précision si l'on clique sur René d'Anjou on apprend qu'il a été prisonnier de 1431 à 1437 d'Antoine de Vaudémont ! or les Dijonnais affirment qu'à cette époque il était prisonnier du Duc de Bourgogne Philippe le Bon dans sa bonne ville de Dijon !

DO (02-09-201315:42:50)

Article très superficiel et lacunaire, que c'est décevant!"L'annexion de 1870 jette une ombre sur ce bonheur tranquille": quelle légèreté impardonnable à l'égard des victimes ,les Mosellans, frères d'infortune des Alsaciens!

FLORENTIN (02-09-201310:47:18)

C'est "Toute la Lorraine que j'aime"...Merci pour cet article très bien fait. Tout au long de sa vie la Lorraine a connu bien des péripéties et beaucoup de vicissitudes! Jamais les lorrains n'ont été consulté lorsque un "régime en a remplacé un autre"...ceci explique peut-être un peu le caractère "introverti" et même parfois feutré et un peu méfiant que l'on leur prête! Mais quel grand coeur si vous cherchez bien!

mazerulles (01-09-201318:02:27)

Pourquoi oublier DAUM ? Cordialement

Jacques Béliveau (16-08-201313:16:10)

Dommage que les photos ne soient pas identifiées.


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