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>> 660 avant JC à 1603
Grandes heures du Japon
• 11 février 660 avant JC : naissance légendaire du Japon
• 13 août 1281 : les Mongols repoussés par un vent divin
• 22 juin 1636 : le Japon se replie sur lui-même
• 8 juillet 1853 : le commodore Perry débarque au Japon
• 9 novembre 1867 : l'empereur Mutsuhito prend le pouvoir
• 24 septembre 1877 : bataille de Shiroyama
• 17 avril 1895 : la Chine s'incline devant le Japon à Shimonoseki
• 27 mai 1905 : victoire japonaise à Tsushima
• 1er septembre 1923 : Tokyo détruite par un séisme
• 13 décembre 1937 : massacres à Nankin
• 7 décembre 1941 : attaque de Pearl Harbor
• 6 août 1945 : Hiroshima
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660 avant JC à 1603

L'empire du Soleil Levant


Qui se douterait que le Japon, qui occupe aujourd'hui une place majeure dans le monde, était proprement inconnu des Européens avant les grandes explorations maritimes du XVIe siècle ?

C'est tout juste si le voyageur vénitien Marco Polo l'a évoqué par ouï-dire à la fin du XIIIe siècle et c'est en 1542 seulement qu'un navire européen, portugais en l'occurrence, accoste sur l'archipel.

Son histoire est pourtant très similaire à celle des États européens. Ainsi la société japonaise est-elle la seule, en dehors de l'Europe, à avoir connu une féodalité.

Elle plonge aussi dans la nuit des légendes. Les mythes nationaux font remonter la fondation de la dynastie impériale, toujours en fonction, à la déesse Amaterasu Omikami (660 av. J.-C.).

L'archipel nippon

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Situé sur la « ceinture de feu » (chapelets de volcans) du Pacifique, l'archipel nippon s'étire des latitudes sibériennes à la zone intertropicale. Il comprend du nord au sud les îles d'Hokkaïdo, Honshu (ou Hondo), Shikoku et Kyushu, ainsi que les îles Riu Kiu (ou Riou Kiou), dont la principale est Okinawa.  

Dans la nuit des temps

Les quatre grandes îles de l'archipel (du nord au sud, Hokkaïdo, Honshu ou Hondo, Shikoku et Kyushu) ont d'abord été peuplées par des chasseurs-cueilleurs de type caucasien (Blancs) venus à pied du continent à la faveur des grandes glaciations, les Aïnous ou Aïnos.

Bien plus tard arrivent les Japonais actuels, en provenance de la péninsule coréenne. Ces nouveaux-venus s'installent dans le sud de la grande île d'Honshu. Ils sont divisés en nombreux clans et pratiquent une religion animiste, le shintoïsme.

- Époque Kofun

À l'« époque Kofun », dite des grandes sépultures (de 250 après J.-C. à la fin du VIe siècle environ), les Japonais ensevelissent leurs morts sous des tumulus surmontés de haniwa (cylindres de terre cuite aux formes artistiques). Ces sépultures contiennent des objets en céramique et en bronze et des armes.

Par l'intermédiaire de leurs voisins coréens, les Japonais adoptent peu à peu l'écriture chinoise et se dotent d'une administration embryonnaire.

L'État de Yamato absorbe les nombreux clans du centre et du sud du Japon. Tous ces clans se réclament de la filiation d'un même ancêtre. La famille régnante elle-même prétend descendre de la déesse du soleil Amaterasu.

À la fin du IVe siècle, les Japonais deviennent assez forts pour débarquer en Corée et y établir un petit État nippon, qui perdure pendant deux siècles.

Naissance d'un État

- Époque d'Asuka

Aux VIe et VIIe siècles (qui correspondent en Occident à l'époque mérovingiensne) se met en place une aristocratie sous l'autorité nominale de l'empereur ou Tennô (souverain céleste du Pays du Soleil levant). C'est l'« époque d'Asuka », du nom de la résidence impériale. Elle marque l'entrée effective du Japon dans l'Histoire.

Par le biais d'échanges commerciaux et de guerres, sous la direction du clan Soga, les Japonais de cette époque bénéficient de l'apport civilisateur de la Chine et de la Corée proches. Ils accueillent le bouddhisme, qui devient religion d'État en 594 et s'additionne au shintoïsme sans le combattre. Avec le bouddhisme, la crémation supplante l'inhumation comme rituel funéraire, mettant fin à l'art des haniwa.

- Époque de Nara

En 710, l'impératrice Gemmyo rompt avec la tradition selon laquelle chaque nouvel empereur établissait une capitale différente des précédentes. Elle installe sa capitale à Nara, au sud de la grande île d'Honshu. En cette « époque de Nara » naît la littérature japonaise.

- Époque d'Heian

En 794, l'empereur Kammu déplace sa résidence à Heian (plus tard Kyoto, siège de la cour impériale jusqu'en 1868). Là s'épanouit la vie de cour. Le pouvoir est très vite monopolisé par la famille des Fujiwara qui s'octroient la charge de kampaku (régent) et marient leurs filles aux empereurs. Habiles administrateurs, les Fujiwara préservent une paix relative dans l'ère de peuplement nippon.

Féodalité façon japonaise

Au tournant du XIIe siècle, l'État nippon est encore pour l'essentiel confiné dans la province du Shinkansen, au sud de la grande île de Honshu (ou Hondo), sur les bords de la mer Intérieure. Il entame alors son expansion vers les terres sauvages du nord de l'île. Dans les régions frontalières se dresse une noblesse guerrière de type féodal.

C'est ainsi qu'à côté des splendeurs de la cour se développe la caste des guerriers  (bushi), appelés samouraïs  (serviteurs) dans la langue populaire. En 1192, un chef prestigieux du nom de Minamoto no Yoritomo impose un gouvernement militaire parallèle à celui de l'empereur. C'est le bakufu  (« gouvernement de la tente »). Son siège est fixé à Kamakura.

Yoritomo obtient le titre de shôgun  (« général chargé de la lutte contre les barbares »). Il assume la réalité du pouvoir au détriment de l'empereur, cantonné à Kyoto. Un premier code  (bushido) fixe de façon très rigoureuse les devoirs des guerriers et des serviteurs du shôgun. Ainsi naît la féodalité japonaise.

Le shogunat Ashikaga

À la fin du XIIIe siècle, les Mongols, qui se sont déjà rendus maîtres de la Corée, tentent d'envahir le Japon. Mais si l'on en croit les chroniques, un typhon, ou kamikaze (« vent des dieux »), aurait dispersé leurs troupes et fait échouer l'invasion. Le shôgun n'est pas moins affaibli par ces attaques étrangères.

L'empereur Kemnu veut en profiter pour reprendre le pouvoir en 1333. Il parvient à abattre le shogunat de Kamukura avec le soutien d'un clan militaire, les Ashikaga. Mais ces derniers se retournent contre l'empereur et le déposent. Ils rétablissent le shogunat à leur profit et installent le siège du bakufu à Muromachi.

Pendant ce temps, l'empereur déchu fonde une autre cour dans les montagnes, au sud de Nara, et jusqu'à la fin du XIVe siècle, les partisans de l'empereur ne vont cesser de se heurter à ceux du shôgun.

Faute de mieux, le shogunat se reconnaît vassal de la Chine des Ming. Le pays s'ouvre au commerce international, via le port méridional de Nagasaki, grâce à une classe active de marchands.

Révolution politique

Dans le même temps où il s'ouvre à la Chine et à l'Occident, le Japon se disloque sous la poussée des daimyo, environ 250 seigneurs héréditaires qui se partagent l'essentiel du territoire et se font des guerres incessantes.

Le pays est à ce point divisé qu'il est surnommé Sengoku (« pays en guerre »). Il va être réunifié sous l'action de trois chefs de guerre successifs :

– Oba Nobunaga (1573-1582)

Le premier, Oba Nobunaga (39 ans), renverse en 1573 le shôgun Ashikaga, autrement dit le maire du palais qui administre le pays au nom de l'empereur. Nobunaga devient dictateur (gondaïnagon), combat les sectes bouddhistes militaires et soumet les grands seigneurs féodaux des régions centrales, les daimyo. Les guerres privées se raréfient.

– Toyotomi Hideyoshi (1582-1598)

Toyotomi Hideyoshi (46 ans), lieutenant de Nobunaga, poursuit l'oeuvre unificatrice de ce dernier et soumet les féodaux. Il tente même de conquérir la Corée.

En vue de stabiliser le pays, il promulgue deux édits, l'un pour interdire à toute personne n'appartenant pas à la classe militaire de porter des armes, l'autre pour interdire aux paysans de changer de métier.

Il fait construire à la fin du XVIe siècle un millier de châteaux-forts pour quadriller le pays utile , surveiller les villes et contenir l'anarchie féodale. De ces châteaux, construits en bois pour résister aux séismes, il ne reste cependant que des gravures.

À la veille de sa mort, en 1598, il demande à ses cinq principaux vassaux de prêter serment de loyauté à son fils qui n'est encore qu'un enfant.

– Ieyasu Tokugawa (1600-1616)

C'est finalement l'un de ces vassaux, Ieyasu Tokugawa (58 ans), ancien lieutenant de Nobunaga, qui emporte la mise.

Il s'approprie le pouvoir et défait ses adversaires les 20 et 21 octobre 1600, à Sekigahara, dans une grande bataille qui met aux prises près de 200.000 hommes. C'en est fini des guerres entre seigneurs daimyo.

En 1603, Tokugawa Ieyasu rétablit le shogunat. Il établit le nouveau bakufu (gouvernement shogunal) à Edo (aujourd'hui Tokyo). Ainsi s'ouvre l'ère d'Edo ou ère Tokugawa.


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L'ère d'Edo
(1603-1867)
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Publié ou mis à jour le : 2015-10-01 16:58:13

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