De 1848 à 1914 - L'apogée de l'Europe - Herodote.net

De 1848 à 1914

L'apogée de l'Europe

Unité et grandeur de l'Europe

Après un millénaire fécond et souvent douloureux, l’Europe entre au milieu du XIXe siècle dans une exceptionnelle période de stabilité et de paix, seulement entrecoupée de guerres locales (Piémont-Autriche, Autriche-Prusse, France-Allemagne) bouclées en quelques semaines et rapidement surmontées. Les barrières douanières tombent à l'initiative de la Grande-Bretagne, chef de file de la révolution industrielle. Une union monétaire, l’Union latine, réunit de très nombreux pays autour de la France.

Pendant un demi-siècle, plus forts et plus unis que jamais, les Européens façonnent le monde à leur guise, avec parfois brutalité et cynisme, et au besoin en unissant leurs forces armées, qu'il s'agisse de combattre les Turcs, les Russes ou encore les Chinois. La plupart des États actuels, en Afrique, en Amérique et dans la majeure partie de l'Asie sont issus des conquêtes européennes de cette période.

Les Européens engendrent de gigantesques transferts de population vers le Nouveau Monde. Ils diffusent leurs langues, en premier lieu le portugais, l’espagnol et l'anglais, autour de la planète. Les savants, les entrepreneurs et les commerçants du Vieux Continent sont à l'origine d'une amélioration sans précédent de l'espérance de vie et des conditions d'existence des êtres humains. Ses penseurs développent des idées d’émancipation et de progrès qui mettent en mouvement les peuples, du Japon à la Turquie.

Le printemps des peuples

Début 1848, à Paris, une manifestation républicaine dégénère en émeute. Louis-Philippe 1er révoque son président du Conseil, François Guizot, et le remplace par Adolphe Thiers. Ce dernier lui conseille rien moins que d’évacuer la capitale et d’y revenir en force avec son armée. Le vieux roi, horrifié à la perspective de faire couler le sang du peuple, préfère abdiquer et laisse la place à une IIe République (24 février 1848).

La Révolution parisienne a un énorme retentissement dans les élites européennes. Devant la contagion révolutionnaire, les monarques concèdent des Constitutions à Berlin, Munich, Vienne, Turin,... C'est « le printemps des peuples ». Victor Hugo en appelle à la fondation des « Etats-Unis d’Europe », prélude d’un gouvernement mondial. À Milan, les révolutionnaires contestent l’occupation autrichienne. Ils renoncent à fumer pour ne pas payer la taxe sur le tabac mais les troupes d'occupation les narguent en fumant sous leur nez de voluptueux cigares ! Le petit roi de Piémont-Sardaigne entre en guerre contre l'Autriche mais se fait battre et abdique le soir même.

Tout rentre très vite dans l’ordre… en apparence. Tandis que s’éteint le mouvement romantique, la bourgeoisie prend conscience de la question sociale. Le développement industriel a entraîné dans les villes, à commencer par Londres, la formation d’une classe ouvrière nombreuse, pauvre et revendicative. Elle s’organise en sociétés mutualistes et en syndicats pour faire pression sur les patrons avec le concours de théoriciens comme le Français Joseph Proudhon ou l’Allemand Karl Marx. Ce dernier publie avec son ami Friedrich Engels un opuscule : Manifeste du parti communiste, qui se clôt par cet appel : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » (1848).


Épisode suivant Voir la suite
L'éveil des nations
Publié ou mis à jour le : 2019-09-03 08:57:19

 
Seulement
20€/an!

Actualités de l'Histoire
Revue de presse et anniversaires

Histoire & multimédia
vidéos, podcasts, animations

Galerie d'images
un régal pour les yeux

Rétrospectives
2005, 2008, 2011, 2015...

L'Antiquité classique
en 36 cartes animées

Frise des personnages
Une exclusivité Herodote.net