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J. Edgar

Hoover intime

20 janvier 2012 : J. Edgar, nouveau film d'un Clint Eastwood infatigable, raconte l'histoire de Hoover, qui dirigea la police fédérale américaine (le FBI) pendant 48 ans. Portrait de l'Américain le plus controversé du XXe siècle...

Clint Eastwood poursuit à 81 ans une carrière ébouriffante à Hollywood. Son dernier film, aujourd’hui sur les écrans français, dresse le portrait intimiste de l’Américain le plus controversé du XXe siècle : John Edgar Hoover (1895-1972), avec l’ineffable Leonardo di Caprio dans le rôle titre.

Jeune juriste, homme de dossiers et de classement, Hoover prend à 29 ans la tête d’une agence fédérale chargée de la traque des criminels, le Bureau of Investigation (service d’enquête), rebaptisé en 1935 Federal Bureau of Investigation (FBI). Il va la diriger d’une main de fer jusqu’à sa mort, 48 ans plus tard, sous l’autorité de huit présidents successifs, de Coolidge à Nixon.

Communicant et manœuvrier habile, il obtient pour ses agents le droit d’être armé et de procéder à des arrestations. L’opinion publique ne tarde pas à se prendre de passion pour ces policiers fédéraux triés sur le volet, intègres et différents en tous points de la police ordinaire des États.

Le film de Clint Easwood est moins un film d’Histoire que l’histoire d’un homme tourmenté. Les événements apparaissent en filigrane comme autant d’étapes dans le parcours d’un homosexuel refoulé, qui entretient une relation fusionnelle avec sa mère et une amitié profonde et équivoque avec son adjoint, Clyde Tolson.

Le procédé narratif est simple et efficace mais ne laisse pas de place au suspense et à l’émotion : le vieux Hoover dicte ses souvenirs à de jeunes agents et chaque chapitre est l’occasion d’un retour en arrière : les débuts dans l’ombre du ministre de la Justice (Attorney general) Mitchell Palmer, un antibolchevique viscéral ; la traque du kidnappeur de Bébé Lindbergh ; les relations difficiles avec le président Franklin Roosevelt…

J. Edgar est bien filmé, plutôt bien joué, même si l’on a du mal à comprendre comment Hoover/Leonardo DiCaprio a pu à la fois être un chef inflexible, roué, redouté et charismatique et un pauvre homme écartelé entre les préceptes puritains de sa chère mère et l’affection pour son non moins cher Clyde.

Une réalité édulcorée

Le film s'inspire très largement de la biographie d'Anthony Summers : Official and Confidential, The secret life of J. Edgar Hoover (1983), que l'on a publié en français sous le titre autrement plus explicite : Le plus grand salaud d'Amérique (Seuil, 1995). Reconnaissons que le titre français exprime mieux que l'anglais le contenu de l'ouvrage. 

À côté de celui-ci, le film de Clint Eastwwod paraît en retrait. Il présente un personnage certes ambigu et malfaisant mais beaucoup moins que dans le portrait qu'en dresse Anthony Summers.

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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