Les débuts de l'Histoire

Égypte : la période thinite

En 3200 av. J.-C., l’Égypte est divisée en 2 royaumes, la Haute et la Basse Égypte. Hiérakonpolis est la capitale de la Haute Égypte, mais à cette époque, c’est une dynastie originaire de Thinis qui gouverne. En 3150 av. J.-C., le roi Narmer se lance à la conquête de la Basse Égypte. Il parvient à s’en emparer et à unifier le pays, cette fois de façon durable, faisant de Thinis sa capitale.

Vers l'unification de la vallée du Nil

De toute évidence, la conquête du delta ne se fait pas sans heurts : un certain roi Ménès fonde Memphis à la frontière de la Haute et Basse Égypte, pour mieux contrôler le delta. Ménès est le premier roi à se faire représenter avec la couronne de Haute et Basse Égypte, devenant ainsi le premier pharaon.

Il est difficile de savoir si Ménès s’identifie à Narmer ou à son successeur. Quoi qu’il en soit, vers 3100 av. J.-C., la situation finit par se stabiliser et il s’ouvre pour l’Égypte une remarquable période de prospérité. Des expéditions militaires sont menées en Nubie, en Libye, et dans le Sinaï, pour repousser les menaces aux frontières. Le cuivre et la turquoise du Sinaï sont particulièrement convoités. D’autre part, des expéditions commerciales sont entreprises à destination du Liban, dont les forêts de cèdre font la richesse : l’Égypte doit en effet importer tout son bois de construction. En particulier, le port de Byblos devient un véritable comptoir égyptien.

Dès le règne de Ménès, un travail remarquable est fait pour pérenniser l’unité de l’Égypte : mise en place d’un véritable système d’écriture, qui sera utilisé pendant plusieurs millénaires, réformes fiscales, mise en place d’un calendrier, fusion de toutes les croyances locales au sein d’une religion riche et complexe, mise en place des conventions artistiques. Avec l’augmentation du rayonnement de l’Égypte, les pharaons mènent des campagnes de plus en plus loin, jusqu’en Palestine.

Cet essor exceptionnel perdure jusqu’au règne de Sémerkhet, vers 2900 av. J.-C.. À cette époque, les rivalités entre Basse et Haute Égypte réapparaissent. Une dynastie de Memphis revendique le contrôle sur le delta, et l’Égypte se retrouve coupée en 2. À Thinis, ces luttes finissent par provoquer un changement de dynastie, vers -2850.

Le nouveau roi Hotepsekhemoui reprend les choses en main et parvient finalement à réunifier le pays. Cependant, la 2e dynastie semble avoir plus de mal à conserver son autorité sur toute l’Égypte. Le rôle croissant de Memphis par rapport à Thinis se manifeste dans la localisation des tombeaux des pharaons : peu à peu, Saqqarah située non loin de Memphis tend à remplacer Abydos. L’Égypte poursuit un temps son rayonnement à l’extérieur, vers la Palestine, l’Arabie, ou la Nubie. Mais l’instabilité latente ne tarde pas à réapparaître au grand jour, et le pays replonge dans la guerre civile vers -2750.

Face à la progression des nordistes, les pharaons doivent même se replier plus au sud, à Hiérakonpolis. C’est là que le roi Khasekhemoui organise la riposte : au prix d’une guerre sanglante, il parvient peu à peu à regagner le contrôle sur tout le pays. Vers 2690 av. J.-C., l’Égypte est à nouveau unifiée, et le règne de Khasekhemoui s’achève dans la paix retrouvée. Ce pharaon ouvre ainsi la voie à la période la plus célèbre de l’Égypte, celle des pyramides. Sa mort marquera le début de l’Ancien Empire.


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L'ancien Empire

L'auteur : Vincent Boqueho

Vincent Boqueho est astrophysicien et professeur de physique en classes préparatoires à Nice. Féru d'Histoire longue, il a publié un essai percutant sur l’influence du climat : Les civilisations à l’épreuve du climat (éditions Dunod, avril 2012, 186 pages, 18 euros).

Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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