23 avril 2017 - Droite et gauche : deux siècles d'affrontement et maintenant ? - Herodote.net

23 avril 2017

Droite et gauche : deux siècles d'affrontement et maintenant ?

Après le hold-up sur les référendums français et néerlandais de 2005, après le renoncement des Grecs face au Diktat de Berlin en 2015, on pouvait croire que c'en était fini de la démocratie sur sa terre natale.
Mais une nouvelle fois, les Anglais l'ont ranimée en votant le Brexit contre l'avis des « gens éduqués » (note). L'onde de choc a traversé l'Atlantique avec, aux États-Unis, l'éviction de la favorite Hillary Clinton aux présidentielles du 8 novembre 2016. Elle a enfin traversé la Manche avec, en France, une campagne à rebondissements et pour l'élection du président de la République (23 avril et 7 mai 2017).
Quelles que soient nos opinions politiques, réjouissons-nous de ce retour en force du suffrage universel...

L'affrontement entre la « droite » et la « gauche » est l'essence de la démocratie moderne. En France, chaque fois qu'il s'est exprimé avec clarté à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés, il a conduit à des réformes efficaces et durables, que ce soit sous la Révolution (1789-1799), exception faite de la brève période de la Terreur (1793-1794), au début de la IIIe République ou sous la IVe République, avant l'affaire algérienne.

Ce clivage, né de la Révolution française s'est diffusé à toutes les démocraties de la planète. Aujourd'hui, après deux siècles d'existence, il est peut-être en train de rendre l'âme, en France et en Europe.

En France, les élections présidentielles de 2017 témoignent de l'implosion du clivage droite-gauche sous l'effet des enjeux européens et libéraux :

D'une part, les franges néolibérales de la droite (Alain Juppé) et de la gauche  (Manuel Valls) font front commun autour d'Emmanuel Macron, représentant centriste de la modernité urbaine, néolibérale, européiste et immigrationniste.

D'autre part, à la gauche de la gauche et à la droite de la droite s'affirment des courants souverainistes, soucieux de protéger les classes populaires des effets de la mondialisation financière. Seule les sépare l'attitude à l'égard de l'immigration, l'extrême-droite se voyant reprocher d'attiser les haines entre Français de diverses origines, au risque de contrarier l'intégration des immigrés qui ont choisi la France par amour.

Au Parti socialiste comme chez Les Républicains (dénomination actuelle de la droite), les uns et les autres puissent se retrouver sur une plate-forme commune de gouvernement tant leurs divergences sont profondes. On peut imaginer dans un proche avenir la disparition du clivage séculaire droite-gauche et son remplacement par un clivage entre une « alliance souveraine » centrée sur les droits nationaux (souveraineté monétaire, protection des faibles et des classes populaires, intervention de l'État quand les intérêts industriels et agricoles sont menacés...) et une « alliance libérale » qui privilégie l'ouverture sur le monde (capitaux, marchandises, hommes) et la dissolution de la Nation dans l'ensemble européen, avec l'objectif de dynamiser les initiatives et favoriser la mobilité (tant pis pour ceux qui n'y sont pas prêts ou disposés). 

Dans les autres démocraties occidentales, l'affrontement droite-gauche semble tout autant chamboulé par les enjeux européens et néolibéraux. À la différence de la France, les démocraties parlementaires y répondent par de « grandes coalitions » de circonstance, que ce soit en Allemagne, en Espagne ou en Italie, en Scandinavie, ces coalitions centrales permettant aux euro-libéraux des deux bords de conserver les manettes du pouvoir face à la montée des extrêmes.

Joseph Savès

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