Religions

Dieu aime-t-il la guerre ? (4/4)

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Commentaire : les leçons d'un fiasco

De ce qui précède, l'on pressent que derrière les références à la « jihad » se cache un drame simplement humain : la difficulté des pays arabes du Moyen-Orient à accéder à la maturité politique après un millénaire de soumission aux Turcs et un siècle d'échecs successifs.

L'instabilité de la région les empêche d'assimiler comme les Japonais, les Turcs ou les Iraniens la modernité occidentale et technologique. Par dépit, les islamistes ont fait en conséquence le choix de la rejeter et s'en justifient en recourant à une interprétation très personnelle du Coran. On retrouve le même dilemme chez les islamistes du Sahel, qui se sont significativement dénommés Boko Haram (« les livres sont illicites ») pour exprimer leur rejet de la modernité.

C'est aussi pour des motifs similaires que de jeunes Occidentaux, de culture musulmane ou fraîchement convertis, rejoignent les rangs de Daech... Victimes d'une immigration débridée qui fabrique à n'en plus finir des « colonies » musulmanes et africaines à l'écart du reste du pays, les premiers, issus de l'immigration, sont dissuadés de s'assimiler à la culture occidentale par la scolarité et empêchés d'aller à la rencontre des autres jeunes. Ils sont aussi mal à l'aise dans le pays natif de leurs parents dont ils ne comprennent plus la culture profonde. Quant aux jeunes Français convertis, ils sont tout autant victimes de déculturation dans la « France périphérique »  que délaisse la faction dirigeante.

Comment répondre dans ces conditions au défi lancé par Daech ? On peut bombarder sa capitale Racca au risque de disperser les métastases islamistes tout autour de la Méditerranée. On peut également, à l'intérieur, prolonger l'état d'urgence au risque de paralyser complètement une économie atone qui n'en demandait pas tant (transports désorganisés, magasins en berne, productivité en baisse...).

Mais on peut aussi choisir de s'attaquer à la source de l'islamisme radical qui se situe à Riyad en renonçant s'il le faut au pétrole séoudien. L'occasion n'a jamais été aussi favorable avec un prix très (trop) bas du baril qui menace l'économie des autres pays exportateurs (et contribue à accélérer le réchauffement climatique). On peut également à l'intérieur prendre des mesures drastiques contre les mosquées et les imams financés par des États étrangers, en violation de la loi sur la séparation des Églises et de l'État, agir contre les abus du regroupement familial (mariages forcés d'adolescentes), encourager les personnes qui jouent le jeu de l'assimilation et, plus que tout, valoriser la culture et l'Histoire nationales qui le méritent ô combien.

Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 09:50:14

 
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