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Des origines à nos jours

Le paysan et ses outils

Au commencement, les hommes vivaient dans des abris sous roche et tiraient leur subsistance de la chasse, de la pêche et de la cueillette... Peu nombreux, ils se déplaçaient en petits groupes et jouissaient sans trop de mal des fruits de la Terre.

Tout change vers 12 500 ans av. J.-C.. Avec la fin des grandes glaciations, le Moyen-Orient se couvre de graminées (céréales). Les hommes de cette région n’ont plus besoin de se déplacer pour quérir leur nourriture. Ils se regroupent dans des villages. C’est ainsi que naît l’agriculture, fille de la sédentarisation. Nous sommes les ultimes héritiers de cette « révolution néolithique » qui, grâce à l’ingéniosité humaine, a permis de multiplier par mille la population de la planète...

Scène de labour en Égypte ancienne, tombe de Sennedjem, XIIIe av. J.-C., Deir el Medineh, Égypte

La « révolution néolithique »

Avec la naissance de l'agriculture, notre ancêtre va doucement bouleverser son rapport avec la nature, ne se contentant plus de collecter les richesses du monde environnant, par la chasse, la pêche et la cueillette, mais choisissant de le domestiquer. Il se met ainsi à sélectionner plantes et animaux autrefois sauvages pour mieux maîtriser son approvisionnement. Après le chien, animal de compagnie et compagnon de chasse, le premier animal domestique est la chèvre.

Le paysan met son adresse au service de l'élaboration d'outils lui permettant de travailler la terre et ses productions. Il broie les grains dans des mortiers ou dans des meules qui lui font découvrir les vertus du polissage de la pierre. Il développe la vannerie, la céramique et la poterie.

Les hommes tirent-t-ils profit de cette révolution ? Certes, ils se multiplient grâce à une alimentation plus régulière et de meilleures conditions de vie induites par la sédentarité. Mais leur état physique se dégrade (taille, ossature, dentition…) du fait de travaux agricoles pénibles et répétitifs.

L'arrivée des métaux

C'est en Anatolie (Turquie actuelle) que le cuivre est d'abord utilisé pour la fabrication de petits objets ou bijoux. Mais rapidement, au Ve millénaire en Mésopotamie (Irak actuel), le travail du métal permet à l'humanité de faire un bond en avant : en perfectionnant les fours, les artisans parviennent à élaborer des instruments plus grands et solides. L'innovation conforte en particulier la menuiserie qui voit ses outils gagner en précision.

Modèle d'un laboureur, 2000 av. J.-C., British Museum, Londres Vers cette époque (4000 av. J.-C.) naît l'araire, qui permet de creuser des sillons dans la terre pour y jeter les semences. 

En Égypte, sur les sols rendus meubles par les inondations du Nil, les paysans utilisent bientôt une araire améliorée, avec un versoir qui rejette la terre sur le côté. C'est une ébauche de la charrue.

La découverte de la technique de l'alliage, il y a 5 000 ans, permet aux habitants de Mésopotamie de produire des outils en bronze, mélange de cuivre et d’étain, plus résistants et faciles à travailler. Avec l'arrivée du fer, mis au point par les Hittites vers 1500 av. J.-C., les moyens de traction et de défrichement gagnent encore en solidité. Relativement répandu, le fer devient un composant essentiel du monde agricole auquel il fournit des outils robustes et finalement assez bon marché : houe, bêche, pioche... Le Croissant fertile, de la Mésopotamie à l'Égypte, en profitent largement.

Inconvénients d’une main-d’œuvre servile

Au Ier millénaire av. J.-C., la montée en puissance des cités grecques puis de Rome ne débouche sur aucune avancée dans la vie des paysans. Grecs et Romains se satisfont de la main-d’œuvre servile procurée par les campagnes militaires.

Vallus ou moissonneuse gauloise, Bas-relief, Musée Gaumais, Belgique En matière de progrès agricoles, c'est du nord que vient l'innovation : les Celtes, autrement dit « nos ancêtres les Gaulois », conçoivent le tonneau en bois, plus pratique que les amphores en terre cuite, pour la conservation et le transport du vin. Ils inventent aussi le soc de « l'araire gauloise » qui permet d'approfondir le sillon tracé et cultiver des sols plus difficiles. Au Ier siècle de notre ère, le vallus, une machine à moissonner, voit même le jour.

Innovations orientales et chinoises

À la chute de l'empire romain d’Occident, Byzance préserve vaille que vaille l’héritage scientifique de la Grèce hellénistique et va le transmettre aux puissances en devenir, l'Islam et l'Occident chrétien.

Kim Hong-Do, L'album des scènes de la vie quotidienne, XIXe s., British Museum, Londres Dans les terres conquises par les cavaliers musulmans, y compris le sous-continent indien, les paysans bénéficient de progrès sensibles dans la gestion de l'eau comme dans l'utilisation des engrais et la diversification des espèces.

Passé maître dans de nouvelles cultures (la pistache en Syrie, le café au Yémen ou l'orange en Andalousie...), le monde arabo-persan ne s'arrête pas là et crée de nouvelles variétés de fleurs, comme la tulipe. Il s'intéresse également à leur classification pour pouvoir mieux en utiliser les vertus médicinales.

L'Orient chinois n'est pas en reste en matière agricole avec l’invention au début de l'ère chrétienne de l'indispensable brouette puis, au VIe siècle, de la charrue à versoir avec soc métallique qui permet aux animaux de trait de moins se fatiguer (...).

Publié ou mis à jour le : 2019-02-22 16:45:37

 
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