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De 8000 av. J.-C. à 700 ap. J.-C.

L'Afrique des origines


Du fait de l'absence d'écriture et de la rareté des vestiges archéologiques, l'Afrique subsaharienne précoloniale n'est connue que par le biais des Arabes et des Européens. On peut toutefois en dégager les grandes lignes directrices, pilotées par la géographie et les contacts avec le reste du Monde.

Les Amis d'Herodote.net peuvent découvrir dans la version intégrale une animation multimédia qui présente la géographie du continent et son peuplement au fil des millénaires. Ils peuvent également télécharger le livre numérique Les Noirs de l'Afrique (Maurice Delafosse, 1922).

Relief et climat

Dans l'ensemble du continent africain, le relief souvent très érodé forme rarement des barrières infranchissables. Les hauts plateaux de l'Afrique Australe tempèrent le climat et assainissent l'air par rapport aux côtes insalubres du Mozambique.

La principale curiosité géologique reste la vallée du Rift, dont les prolongements s'étirent depuis le Proche Orient jusqu'au Mozambique. Ce Rift est dû à l'écartèlement du continent, et à l'ouverture d'un futur océan.

Plusieurs stades d'évolution sont d'ailleurs visibles : l'extrémité sud s'est déjà détachée et forme l'île de Madagascar, au nord l'éloignement de l'Arabie crée la mer Rouge, tandis qu'ailleurs la fracture naissante entraîne l'existence de grands lacs tout en longueur. Les terres volcaniques et élevées encadrant cette vallée sont particulièrement fertiles, et ont très tôt permis une plus grande densité de population, depuis l'Éthiopie jusqu'à l'actuel Malawi.

Les principales autres chaînes montagneuses sont l'Atlas au nord-ouest, et le Drakensberg au sud-est.

Si le relief crée des structures plutôt favorables à l'Homme, le climat en revanche forme des barrières beaucoup plus hostiles. Le désert du Sahara en est bien sûr le meilleur exemple : il crée une rupture culturelle majeure entre le nord et le sud, plus encore que ne le ferait une étendue maritime. On notera aussi le désert du Namib au sud, plus limité.

La forêt dense équatoriale constitue un obstacle peut-être encore plus important que les déserts : elle empêche non seulement les mouvements de peuples, mais aussi le commerce. Le commerce transsaharien, au contraire, a eu longtemps une certaine importance dans l'Histoire de l'Afrique.

Il existe deux voies de pénétration majeures de l'Afrique : le Nil d'une part, et les détroits de Bab el Mandeb d'autre part, qui la lient à l'Arabie. Ce lien se retrouve dans le peuplement : les populations sémitiques dominent le nord-est de l'Afrique.

L'influence de la civilisation arabe s'est aussi étendue beaucoup plus loin par le biais du commerce : le commerce transsaharien, d'une part, qui a favorisé l'essor de toute une chaîne d'États le long du Sahel. Et, d'autre part, le commerce dans l'Océan Indien qui a concerné toute la côte orientale de l'Afrique.

Les ancêtres des Africains

Maintenant qu'on a récapitulé les constantes géographiques du continent, on va pouvoir comprendre les grands événements chronologiques qui ont jalonné son Histoire.

L'Afrique est habitée par un grand nombre de peuples aux langues distinctes. Depuis les travaux du linguiste américain Joseph Greenberg (1915-2001), on observe généralement quatre grands groupes linguistiques, à l'intérieur desquels les analogies entre les langues laissent présager d'anciens liens entre les populations.

Le premier groupe est le groupe afro-asiatique ou afrasien. Vers 1000 avant JC, il occupe déjà une bonne part du nord de l'Afrique, et ce depuis fort longtemps. On notera son débordement au sud du Sahara, lié au fait que ce n'était pas encore un désert il y a 6000 ans.

Le groupe afro-asiatique comprend les Sémites, qui ont déjà migré jusqu'en Éthiopie à cette époque et qui incluront plus tard les Arabes. Il comprend aussi les Berbères (Afrique du Nord), les Couchitiques (en amont du Nil), et bien d'autres populations.

Plus au sud, on trouve le groupe nigéro-congolais, à l'ouest, et le groupe nilo-saharien à l'est.

Mais la majeure partie de l'Afrique subsaharienne est alors habitée par le groupe des Khoisans. Contrairement aux autres, ces peuples ne connaissent pas l'agriculture : ils vont subir de plein fouet un phénomène majeur en Afrique, la migration des Bantous...

L'expansion bantoue

Vers 800 av. J.C., les Phéniciens ont fondé Carthage sur les bords de la Méditerranée. L'idée est de profiter du commerce du sel et de l'ivoire à travers le Sahara. Ils apportent avec eux la technologie du fer, qui va sans doute finir par se diffuser au-delà du Sahara par le biais des échanges commerciaux.

C'est précisément droit au sud de Carthage, vers l'actuel Cameroun, que vivent les Bantous, qui appartiennent au groupe nigéro-congolais. Forts de la maîtrise de l'agriculture et de la technologie du fer, ils vont entamer des migrations vers l'est et le sud dans les derniers siècles avant JC, principalement aux dépens des Khoisans.

Freinés par la forêt dense au sud, ils progressent surtout vers l'est jusqu'à gagner la région des Grands Lacs au début de notre ère. Puis ils poursuivent leur progression vers le sud, dans toutes les régions favorables à l'agriculture : vers l'an 400 av. J.C., les Khoisans ne subsistent déjà plus que dans les régions les plus arides de l'Afrique Australe.

Cette progression ne doit pas être vue comme un ensemble de conquêtes militaires : il s'agit avant tout d'une domination démographique permise grâce à l'agriculture.

Notons qu'au début de notre ère, l'île de Madagascar n'a sans doute encore jamais vu la présence de l'Homme. Des Indonésiens l'atteignent, peut-être vers 500, leur statut d'insulaires en faisant d'excellents navigateurs. Ils sont suivis par des Mélanésiens. Les descendants des premiers occupent les plateaux centraux ; les seconds les littoraux. La langue malgache a conservé jusqu'à nos jours l'origine asiatique des habitants de la Grande Île.

L'Histoire de l'Afrique subsaharienne va connaître un changement rapide à l'aube du IIe millénaire avec l'arrivée des cavaliers et marchans arabes, à travers le désert, le long du Nil ou par la voie maritime.

Version intégrale pour les amis d

Publié ou mis à jour le : 2016-12-09 11:32:22

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

pmlg (13-02-201716:03:11)

Je consulte cet article en recherchant des informations sur les peuples foulbés suite à la lecture des Carnets de route d'Ernest Psichari. Seulement une petite remarque pour corriger une faute à la première ligne de la présentation "Maurice Delafosse : Les Noirs de l'Afrique (1922)
Les Européens ont entamée "
... ont entamé serait mieux ... non ?
Cordialement

Jane (06-04-201320:33:26)

Très intéressant, merci et bravo pour votre "dessus des cartes" ! Je ne suis pas historienne et je ne peux apporter ni des compléments ni des réserves mais j'ai lu plusieurs de vos explications dans des supports papier plus anciens.

Senec (03-05-201010:38:19)

Félicitations pour le commentaire particulièrement "politiquement correct" ! Dire que les mouvements de population n'ont rien à voir avec des "conquêtes militaires" est sûrement un choix délibéré de votre part. Tout le monde sait que la violence accompagne toujours les déplacements ethniques. Pensez-vous que les Bantous qui ont affronté les Afrikaners lors de leur migration vers le Sud étaient totalement différents de ceux dont vous parlez. A quoi sert le fer sinon à faire des armes ? A l'agricu... Lire la suite


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