Vers un monde multipolaire

Crète : la civilisation minoenne

On va s’intéresser à une civilisation bien antérieure à la civilisation grecque et qui l’a fortement influencée : la civilisation minoenne.

Une civilisation aimable et lumineuse

La Méditerranée orientale, propice aux échanges entre les civilisations issues du Croissant Fertile, abrite deux grandes îles : Chypre, et la Crète. La position de Chypre près de la côte du Levant en a fait très tôt une plaque tournante commerciale ; pourtant, l’île n’a jamais développé une civilisation propre. À l’inverse, la Crète, plus à l’écart, a vu l’essor d’une civilisation brillante.

La Crète est une île montagneuse et sismique, qui culmine à 2456 m d’altitude, plutôt aride même s’il elle l’était moins à l’époque antique. Dans un premier temps, elle ne se distingue guère de l’ensemble culturel des îles de la mer Égée : l’agriculture venue d’Anatolie gagne l’île assez tôt, peut-être vers 6000 av. J.-C., puis le bronze vers 2600 av. J.-C.. À cette époque, le commerce maritime est déjà florissant, notamment avec les côtes d’Anatolie.

Ce n’est que vers 2000 av. J.-C. que la Crète commence à se démarquer des îles égéennes et que la civilisation minoenne prend son essor. Cela est peut-être lié à l’expansion des Indo-Européens de l’Anatolie vers la mer Egée, qui pousse les Minoens à se regrouper autour de chefs.

Trois villes se distinguent et voient l’apparition de petits palais : Malia, Phaistos, et Cnossos. Ils attestent de l’émergence de pouvoirs centraux forts, ce qui n’empêche pas les royaumes minoens de coexister pacifiquement. Le commerce joue un rôle essentiel dans ce développement, notamment avec le Proche-Orient et l’Égypte du Moyen-Empire. La Crète importe des matières premières et exporte des produits finis.

L’influence égyptienne est déterminante : elle amène les Minoens à inventer une écriture de type hiéroglyphique à cette époque, non déchiffrée.

Vers 1700 av. J.-C., tous les premiers palais sont détruits, probablement en raison d’un séisme. Cet événement marque pourtant un renouveau de la civilisation minoenne qui va connaître 250 ans de fort rayonnement.

Les palais sont reconstruits, mais Cnossos s’impose dorénavant comme la capitale de toute la Crète. Une nouvelle écriture est utilisée : le linéaire A, qui reste non déchiffré. Le royaume consolide ses liens avec l’Egypte.

La civilisation minoenne apparaît plutôt pacifique. Elle accorde une grande importance sociale à la femme. Un art original et brillant se développe.

Vers 1500 av. J.-C., la civilisation minoenne est devenue suffisamment rayonnante pour influencer la Grèce continentale. A cette époque, celle-ci est habitée par un peuple indo-européen, les Achéens, qui ont fondé une puissante société guerrière : la civilisation mycénienne.

Attirés par les richesses de la Crète, les Mycéniens envahissent l’île vers 1450 av. J.-C., précipitant la chute de la civilisation minoenne. Il s’ouvre une période de profonds troubles sur l’île. La civilisation minoenne influence profondément celle mycénienne à cette époque : ainsi, c’est en Crète que les Mycéniens adoptent l’écriture, donnant naissance au linéaire B.

Vers -1370, le palais de Cnossos est incendié et détruit, peut-être en raison d’une révolte des Minoens face aux nouveaux maîtres mycéniens. La civilisation minoenne s’éteint après cette date : la Crète fait alors définitivement partie de l’aire d’influence mycénienne et perd son rayonnement, même si la population minoenne continue de coexister aux côtés des Achéens.

Les Grecs garderont toutefois la mémoire de l’ancien rayonnement de la Crète, notamment avec le mythe du roi Minos de Cnossos et de son labyrinthe destiné à enfermer le minotaure. Certains éléments de la culture minoenne ont ainsi traversé les civilisations jusqu’à aujourd’hui.


Publié ou mis à jour le : 2020-05-09 09:38:32

 
Seulement
20€/an!

Actualités de l'Histoire
Revue de presse et anniversaires

Histoire & multimédia
vidéos, podcasts, animations

Galerie d'images
un régal pour les yeux

Rétrospectives
2005, 2008, 2011, 2015...

L'Antiquité classique
en 36 cartes animées

Frise des personnages
Une exclusivité Herodote.net