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>> Cixi (1835 - 1908)
Le réveil douloureux de la Chine
• 14 septembre 1793 : échec de l'ambassade Macartney
• 29 août 1842 : guerre de l'opium
• 20 février 1846 : édit de tolérance
• 19 mars 1853 : les Taiping s'emparent de Nankin
• 24 octobre 1860 : convention de Pékin et fin de la Seconde guerre de l'opium
• 17 avril 1895 : traité de Shimonoseki avec le Japon
• 20 septembre 1898 : Guangxu et l'échec des réformes
• 7 septembre 1901 : révolte des Boxeurs
• 10 octobre 1911 : insurrection républicaine
• 13 février 1912 : fin de l'empire mandchou
• 4 mai 1919 : Mouvement du 4-mai
• 19 octobre 1935 : fin de la Longue Marche
• 13 décembre 1937 : massacres de Nankin
• 1er octobre 1949 : avènement de la République populaire
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Cixi (1835 - 1908)

Une impératrice à la tête de la réaction


Cixi, femme ambitieuse et énergique, a dirigé les affaires chinoises pendant près d'un demi-siècle, de 1861 à 1908, en tant qu'impératrice douairière (autrement dit, veuve du précédent empereur).

Méfiante à l'égard du changement, sans vision politique et seulement soucieuse de se maintenir au pouvoir, elle a figé l'empire du Milieu dans ses structures archaïques et sans doute  accéléré la chute de la dynastie Qing fondée en 1644 par les Mandchous, des Barbares venus du Nord.

Son destin romanesque a inspiré la romancière américaine Pearl Buck qui lui a consacré l'un de ses livres les plus célèbres : Impératrice de Chine (1956, Livre de poche).

Béatrice Roman-Amat

Cixi, impératrice douairière (29 novembre 1835 - 15 novembre 1908)

Une concubine au sommet

Cixi a été élevée dans une famille de hauts fonctionnaires mandchous mais il est probable qu'elle est née dans une famille de paysans Han (Chinois) qui l'a vendue à l'âge de trois ans. Sa beauté et son ascendance mandchoue supposée lui valent d'être introduite à la cour impériale des Qing à l'âge de 16 ans.

En 1852, elle devient la concubine favorite de l'empereur Xianfeng, dont le mariage avec l'impératrice Ci'an est resté stérile, et lui donne un fils, le futur empereur Tongzhi.

Lorsque Xianfeng meurt prématurément le 22 août 1861, à l'âge de trente ans, elle devient impératrice douairière, en association avec l'impératrice, au nom de son fils mineur.

Cependant que Ci'an reste dans l'ombre jusqu'à sa mort, en 1881, Cixi va prendre à coeur son rôle de régente et « régner derrière le rideau », assistant derrière un rideau aux séances du conseil dans la salle du trône. Il est vrai qu'elle a l'avantage de savoir lire et écrire et de s'être initiée aux affaires de l'empire aux côtés de Xianfeng.

Tongzhi arrive à la majorité en 1873 mais, jouisseur et héroïnomane, il est emporté deux ans plus tard par la petite vérole, ce qui permet à Cixi de conserver les rênes du pouvoir. Elle obtient que le fils de sa sœur et de son beau-frère, âgé de seulement quatre ans, soit désigné comme successeur au trône sous le nom de Guangxu, en violation des règles dynastiques mandchoues. Cixi est à nouveau désignée comme régente.

Elle est confrontée aux rébellions qui secouent les campagnes chinoises, et notamment celle des Taiping, menée dans la province de Nankin par le « Roi Céleste », qui dure quinze ans. Cette tentative de renversement de la dynastie Qing est finalement matée dans le sang grâce au soutien apporté par les Anglais et les Américains à l'armée impériale.

L'impératrice Cixi entourée de ses eunuques (doc : Smithsonian Institution)

Échec des réformes

Devenu majeur, l'empereur Guangxu s'attire l'ire de la douairière Cixi en voulant exercer la réalité du pouvoir. Il s'entoure de réformateurs influencés par l'action de l'empereur japonais Meiji et les idées occidentales, écartant les aristocrates mandchous, gardiens des traditions. Ces derniers font front avec l'impératrice Cixi et l'armée pour faire échouer cette tentative de libéralisation de l'empire.

Cixi, qui vit dans la Cité interdite au milieu de ses eunuques, considère les Occidentaux comme des Barbares et leurs modes de pensée comme un danger. C'est seulement en 1897 qu'elle daignera voir à quoi ressemble un Occidental en la personne du prince Henri de Prusse, de passage à Pékin.

Le 20 septembre 1898, l'armée encercle la Cité interdite. Cixi fait exécuter tous les conseillers de l'empereur qui tombent entre ses mains et casse tous les décrets qu'il a pris. C'est la fin d'une période réformiste qui n'a duré que 100 jours. Elle déclare Guangxu faible d'esprit et incapable de gouverner. L'empereur n'est pas détrôné mais enfermé dans un pavillon de la Cité interdite (la résidence impériale), dont il ne ressortira plus jamais. Cixi pourra ainsi régner en son nom jusqu'à sa mort.

L'État atrophié

Cixi, impératrice douairière, portrait officiel (29 novembre 1835 - 15 novembre 1908)Voulant exploiter le patriotisme chinois et l'orienter contre les étrangers plutôt que contre les Mandchous, Cixi cherche à instrumentaliser la révolte des Boxeurs (en anglais Boxers), une secte millénariste xénophobe.

En 1900, elle les appelle à débarrasser Pékin des étrangers. Les Boxeurs massacrent alors les chrétiens chinois et les prêtres et assiègent les légations où les étrangers étaient réfugiés. Cependant, les Occidentaux organisent un corps expéditionnaire pour mettre fin aux émeutes. Cixi doit fuir Pékin, déguisée en paysanne, puis accepter un traité humiliant pour la Chine, qui prévoit le paiement de réparations pendant quarante ans.

Après les victoires japonaises contre la Russie en 1904-1905, Cixi se rallie enfin à l'idée de réforme prônée par son conseiller, le vice-roi Yuan Shih-kai.

Ce dernier, qui a servi l'empereur libéral Guangxu avant de le trahir, instaure sans attendre une Cour de contrôle administratif et constitutionnel qui prépare une Constitution. Il institue le 27 août 1907 des conseils provinciaux, ébauche d'une représentation parlementaire. Mais ces réformes viennent trop tard pour obtenir le ralliement du mouvement libéral, devenu antidynastique. Réfugié au Japon, l'un de ses chefs, Sun Yat-sen, demande que l'empire soit remplacé par une république socialiste.

La mort à un jour d'intervalle, les 14 et 15 novembre 1908, de l'empereur Guangxu et de l'impératrice Cixi, met un terme aux tentatives de Yuan Shih-kai. Celui-ci est écarté par le prince Chun, qui est le père du nouvel empereur, Pu Yi (ou Puyi), un enfant d'à peine 3 ans.

Ultime crime

L'empereur cloîtré Guangxu meurt en 1908, empoisonné à l'arsenic. Des indices concordants publiés en 2008 semblent indiquer que son assassinat aurait été commandité par Cixi et exécuté par un de ses eunuques, qui aurait porté du yaourt empoisonné à l'empereur.

Cixi était alors elle-même mourante et n'aurait pas voulu disparaître avant son neveu. La vieille impératrice mourut le lendemain même, désignant son petit neveu Pu Yi comme empereur. Il fut le dernier à monter sur le trône chinois, bientôt renversé par la révolution de 1911.


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Tchang Kaï-chek

Publié ou mis à jour le : 2016-03-24 10:35:01

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

phil8 (16-01-201610:48:30)

L'excellent livre de Jung Chang , "Cixi" , semble indiquer que Cixi etait en fait la veritable instigatrice des debuts des reformes en Chine et que l empereur Guangxu etait en fait sous la coupe d'un personnage trouble , ambitieux et vraisemblablement corrompu par les japonais, Kang


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