150 ans d'élections présidentielles

Batailles pour l'Élysée

[précédent : les élections présidentielles de 1848 à 1974]

 

En 1964, dans Le Coup d'État permanent, François Mitterrand dénonce la Ve République et l'élection du président au suffrage universel.

Quinze ans plus tard le chef du parti socialiste remise ses critiques et se moule avec délectation dans les institutions gaulliennes. Après deux décennies de domination de la droite, il inaugure une alternance politique...

Place de la Bastille, le 10 mai 1981, après l'annonce de la victoire de François Mitterrand à la présidence de la République, Dominique Faget, archives, AFP, DR.

1981 : la double trahison

La présidentielle de 1981 s’engage dans une France qui a subi les chocs pétroliers de 1973 et 1979. Chômage, inflation, endettement plongent le pays dans « la crise ».

Aux élections précédentes, les candidats devaient être soutenus par un minimum de cent élus. Malgré cette contrainte, leur nombre n'avait cessé d'augmenter : 6 en 1965, 7 en 1969, 12 en 1974. Pour l’élection de 1981, le seuil est relevé à cinq cents signatures d'élus. Cette réforme permet à dix candidats de se présenter mais elle est fatale à Jean-Marie Le Pen et à Alain Krivine, incapables de rassembler les signatures nécessaires.

Le RPR de Chirac et l'UDF de Giscard d’Estaing sont à couteaux tirés. La droite se présente en ordre dispersé. À ses deux principaux candidats, Giscard et Chirac, s’ajoutent Michel Debré au nom du gaullisme historique, et Marie-France Garaud, l’ancienne conseillère de Chirac. À gauche, après la rupture de l’union de la gauche imputable aux communistes, Georges Marchais, le secrétaire général du PC se pose en concurrent de François Mitterrand.

Affiche de campagne de Valery Giscard d’Estaing en 1981.Cette élection est celle de deux duels au premier tour : Giscard-Chirac à droite, Mitterrand-Marchais à gauche. Les deux battus vont savonner la planche du qualifié de leur propre camp pour le second tour. Marchais donne en sous-main la consigne de voter Giscard car la victoire de ce dernier permettrait au PC de retrouver plus facilement une vitalité dans l’opposition que dans l’alliance avec les socialistes au pouvoir.

De son côté, Chirac a tout intérêt à une alternance qui éliminerait Giscard à droite et lui permettrait de devenir le leader de l’opposition pour les échéances électorales futures. Il n’apporte donc au président sortant qu’un soutien a minima à titre personnel, et discrètement demande à ses troupes de voter pour Mitterrand.

Ayant eu vent de la manœuvre et voulant en avoir le cœur net, Giscard téléphone au siège du RPR en se faisant passer pour un militant de base et en travestissant sa voix grâce à un mouchoir posé sur le combiné. « On m’a incité à voter Mitterrand  », racontera-t-il plus tard, certifiant cette anecdote digne d’un film d’espionnage des années 1970.

Dans un entretien qu’il a eu plus tard avec Giscard, Mitterrand lui avouera : « Je n’ai été élu que grâce aux 550 000 voix que m’a apportées Chirac au deuxième tour. Vous n’avez qu’à regarder les chiffres. Sans ces 500 000 voix qui ont changé de camp, je ne pouvais pas être élu. »

Affiche du publicitaire Jacques Seguela pour la campagne de François Mitterrand en 1981.

Comme en 1974, la finale oppose donc Giscard à Mitterrand. Quand le premier affirme sur ses affiches : « Il faut un Président à la France », suggérant la continuité, le second lui oppose « la force tranquille » d’un homme mûr ancré dans un paysage rural, autrement dit le changement sans risque.

Lors du débat d’entre-deux tours, c’est Mitterrand qui a la formule assassine. « Vous êtes l’homme du passif », lance-t-il à Giscard. Mitterrand est élu, mettant fin à vingt-trois ans de règne de la droite au pouvoir. C’est la victoire du « peuple de gauche » en liesse à la Bastille et dans toute la France. 

La Une de France-Soir, le 11 mai 1981, au lendemain du deuxième tour.Durant deux ans, le président socialiste mettra en œuvre une partie de son programme dans le cadre d’une politique redistributive qui apportera des droits nouveaux aux « travailleurs », libéralisera les ondes (création des radios libres) et supprimera la peine de mort.

Pour Jacques Attali, conseiller à l'époque de François Mitterrand, « 1981 est la dernière fois qu’on a pu mettre en avant un programme en France parce qu'on a passé sept ans à le mûrir » pendant les sept ans du mandat de Giscard.

Mais dès 1983, c’est le « tournant de la rigueur » qui s’éloigne du socialisme promis et apporte les premières désillusions du « peuple de gauche ». Une politique qui conduira au retour de la droite au pouvoir en 1986 lors des législatives et à la première cohabitation de l’histoire de la Ve République.

1988 : la montée du Front national, la chute du parti communiste

En 1988, après avoir ménagé un faux suspense et malgré sa maladie - un cancer - Mitterrand est à nouveau candidat.

Affiche de campagne « La France unie » de François Mitterrand en 1988. L’agrandissement présente son autre affiche « Génération Mitterrand ».Il veut redonner le pouvoir à son camp après la défaite aux législatives de 1986. Chirac, Premier ministre, croit enfin son heure arrivée. Mais il ne fera qu'expérimenter les pièges de la cohabitation.

Quant à Raymond Barre, l'ancien Premier ministre de Giscard, il tente un retour en représentant la droite libérale et européenne.

Au nom du Parti communiste, André Lajoinie succède comme candidat à Georges Marchais, mais il doit compter aussi avec un dissident, Pierre Juquin. L'écologie est représentée par Antoine Waechter. Le Front national est de retour avec Jean-Marie Le Pen.

En guise de programme, Mitterrand rédige une Lettre aux Français sur le thème de « La France unie ». Le 8 mai, il est élu largement avec 54% des suffrages face à Jacques Chirac qui a dû endosser la responsabilité de la politique menée de 1986 à 1988 et notamment la progression du chômage. 

Mitterrand avait donc conquis des voix au-delà de son propre camp. « Mais dans son second mandat, son programme à été un peu improvisé au dernier moment sous forme d'une lettre aux Français, ce qui indiquait bien que la solennité des engagements n'était plus là. Ensuite, tous les candidats se sont efforcés de ne pas avoir de programme », commentera Attali.

L’une des affiches de campagne de Jean-Marie Le Pen en 1988.Mais une autre caractéristique marque cette élection : le remplacement du PC dans sa fonction tribunicienne par le FN. Ce scrutin consacre l'effondrement du parti communiste (8% des voix au premier tour si l'on cumule celles de Lajoinie et de Juquin) contre 14, 39% pour le Front national. Le parti de Le Pen a profité de la montée du thème de l'immigration depuis 1983, et des désillusions provoquées par la gauche au pouvoir pour capter une partie de l'électorat populaire.

Cette tendance ne s'inversera plus jusqu'à nos jours : le PC verra son déclin s'accentuer avec la chute du mur de Berlin en 1989 pour devenir un parti moribond, alors que le FN continuera sa progression en se nourrissant des échecs des différentes alternances et de l'affaiblissement du clivage gauche-droite pour apparaître capable de se qualifier pour le second tour de la présidentielle de 2017.

Le duel entre Jacques Chirac et Edouard Balladur, de 1993 à 1995, DR.

1995 : le retour de la droite à l’Élysée

En 1995, au terme du long règne mitterrandien de quatorze ans, la droite revient au pouvoir avec la victoire de Chirac qui est élu sur le thème de la « fracture sociale ».

À bout de souffle après sa déroute aux législatives de 1993, la gauche représentée par le socialiste Lionel Jospin au second tour, a besoin de se reconstituer. Mais on retiendra surtout de cette élection le duel que se sont livrés Édouard Balladur, Premier ministre de 1993 à 1995, favori des sondages, et Jacques Chirac qui semblait désavoué par son propre camp et par les Français.

C'est pourtant lui qui conquiert enfin l’Élysée. Mais là encore, les enseignements les plus intéressants à tirer concernent les extrêmes. Alors que le PC réalise un score équivalent à celui de 1988 à travers la candidature de Robert Hue (8%), l'extrême-droite anti-immigration et anti-européenne représentée par deux candidats, Le Pen et Philippe de Villiers, obtient 19% si l'on cumule les résultats de l'un et de l'autre.

La menace se précise. Deux ans après sa victoire, Jacques Chirac « se tire une balle dans le pied » lorsqu'il dissout l'Assemblée nationale. La gauche gagne les élections législatives et Lionel Jospin est nommé à Matignon pour une nouvelle cohabitation.

Résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2002.

2002 : le « séisme du 21 avril »

Fort logiquement, Jospin est candidat à l'élection présidentielle de 2002. Il se retrouve face à Jacques Chirac mais aussi face à quatorze autres candidats, dont quatre à gauche (Chevènement, Mamère, Hue, et Taubira), et trois d'extrême gauche (Besancenot, Laguiller et Glusckstein).

Cet éclatement de son camp et une mauvaise campagne de premier tour éliminent Jospin au soir du premier tour, au profit de Le Pen qui se trouve qualifié pour affronter Chirac au deuxième tour. C'est le « séisme du 21 avril » qui voit Le Pen coiffer Jospin sur le poteau (16,86% des voix contre 16,18%) derrière Chirac (19,88%).

Si la gauche a pu se prévaloir d'un bilan honorable porté par une croissance favorable qu'elle n'a sans doute pas suffisamment exploitée pour mener des réformes de fond, elle a délaissé le domaine de l'insécurité et de l'immigration toujours aussi sensible pour l'électorat populaire.

Surtout, les socialistes sont apparus de manière de plus en plus flagrante comme le parti des classes moyennes. En embuscade depuis deux élections présidentielles, le FN en a profité pour franchir un nouveau palier dans son ascension, bien qu'il soit largement battu au second tour par Chirac bénéficiaire du Front républicain mis en place, la gauche appelant à voter pour lui.

Jean-Marie le Pen et Jacques Chirac au second tour de l’élection présidentielle de 2002.

Chirac est réélu président de la République avec 82,15% des voix face à Le Pen. Mais au soir du 21 avril, on peut dresser deux constats outre la qualification de Le Pen. Les deux extrémismes de droite et de gauche atteignent au total un niveau inédit jusqu'alors : près de 30% des suffrages.

C'est le début du rejet des partis de gouvernement de droite et de gauche. Une tendance confirmée par la progression de l'abstention : plus de 31% si l'on y ajoute les votes blancs ou nuls. Un grand nombre d'électeurs se placent désormais hors du système politique.

C'est aussi le signe de l'affaiblissement du pouvoir présidentiel. Aux yeux des Français, le chef de l'État apparaît de plus en plus impuissant face à la mondialisation économique et de plus en plus contraint par l'Union européenne.

2007 : la fin d’un cycle

La présidentielle de 2007 consacre la fin d'un cycle, celui de la génération Chirac, et de l'immobilisme du quinquennat du président sortant au bilan relativement faible. Les deux principaux candidats, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal entendent incarner, chacun à sa manière, le volontarisme politique et la rupture avec le mandat précédent.

Affiche de la campagne de Ségolène Royal au second tour de l’élection présidentielle de 2007.À la surprise générale, la candidate socialiste a été désignée à l'issue d'une primaire au sein de son parti face aux ténors socialistes.

L’idole de « la démocratie participative » a été élue par la base. Pour la première fois, une femme est en position de devenir présidente de la République.

Nicolas Sarkozy, lui, ministre durant le précédent quinquennat a été plébiscité par son parti, l'UMP. Sa tâche est plus compliquée car il est comptable du bilan des gouvernements de 2002 à 2007, mais il doit se démarquer du style et de la gouvernance de Chirac.

En raison des personnalités fortement extraverties des deux principaux candidats, ce scrutin donne lieu à une forte bataille d'image et de communication. C'est aussi la première campagne qui inclut Internet dans le mode d'expression et de propagande des candidats. Toutes ces caractéristiques provoquent un regain d'intérêt pour la présidentielle.

Affiche de la campagne de Nicolas sarkozy au second tour de l’élection présidentielle de 2007.Après avoir unifié la droite, Sarkozy réussit à affaiblir le FN en tenant un discours très musclé sur la sécurité et l'immigration. Face à Ségolène Royal mal soutenue par son parti, il l'emporte facilement au second tour avec un peu plus de 53%.

C'est la victoire d'une droite décomplexée qui a effacé l'héritage gaulliste déjà pratiquement inexistant durant les mandats de Chirac.

Mais lors de son quinquennat, Sarkozy abîmera la fonction présidentielle en raison de ses outrances, de sa trivialité et de son goût affiché pour l'argent, ainsi qu’en s'annexant ostensiblement la fonction de Premier ministre, quitte à considérer François Fillon comme un « collaborateur ».

2012 : le rejet de Nicolas Sarkozy

L’élection de 2012 s’est en grande partie jouée sur le rejet suscité par Nicolas Sarkozy. Elle comportait une innovation de taille, l’organisation d’une primaire de la gauche à laquelle participaient cinq candidats socialistes et un radical de gauche.

François Hollande l’a emporté sur Martine Aubry lors du deuxième tour de la primaire, après avoir reçu le soutien des candidats éliminés. Il représentait une voie plus sociale-démocrate et se trouvait au centre de gravité des participants.

Affiche de la campagne de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle de 2012.Lors de la présidentielle, les deux principaux candidats, Nicolas Sarkozy et François Hollande devaient se garder des extrêmes de leurs camps respectifs, de Marine le Pen (FN) pour le premier, de Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) pour le second. Au centre, François Bayrou se présentait pour la troisième fois.

Après cinq ans d’exercice du pouvoir, malgré un discours très à droite, le président sortant a déçu les électeurs du FN qu’il avait su conquérir en 2007. François Hollande a capitalisé sur l’antisarkozysme et arrivait en tête au premier tour (28,63%) contre 27,06% pour Sarkozy.

C’était la première fois, sous la Ve République, que le challenger devançait le président sortant au premier tour. Au deuxième tour, il bénéficiait des voix du Front de gauche et de celles du Modem de François Bayrou qui avait appelé à voter pour lui, un choix inédit pour un centriste à une présidentielle.

Le débat télévisé entre les deux tours était marqué par l’anaphore de François Hollande : « Moi, président… » qui traçait le portrait de ce que devait être un président de la République… devant un Nicolas Sarkozy médusé par une telle tirade.

Le débat entre Nicolas Sarkozy et François Hollande en 2012 vu par la presse, DR

Mais pas plus que son prédécesseur, - pour des raisons inverses - Hollande n’allait endosser les habits de la fonction. Battant des records d’impopularité, il allait être le seul président la Ve République à renoncer à briguer un second mandat…

Sous la Ve République, l’élection présidentielle au suffrage universel est le sismographe des évolutions politiques et de la société française. Elle symbolise au plus haut point « l’État-spectacle » avec sa médiatisation, sa « pipolisation » et la prolifération des candidats qui désacralisent la fonction.

« L’élection présidentielle devient la foire aux pains d’épice. Chacun peut y tenir son stand pour faire sa réclame », écrit Michel Winock ( Les élections présidentielles en France, Tempus). Elle reflète les évolutions de l’échiquier politique (émergence de l’écologie, ascension du Front national) qui se traduira lors de la prochaine présidentielle par l’ancrage d’une tripartition (gauche, droite, extrême-droite)

L’instauration du quinquennat ainsi que des primaires mettent sous pression électorale quasiment en permanence le chef de l’État et ceux qui briguent sa succession, nuisant au surplomb que confère le statut de président de la République qui voit également ses marges de manœuvre réduites sur le plan économique.

Pourtant cette élection reste la pièce maîtresse de notre vie politique pour laquelle les Français continuent à se mobiliser comme si elle symbolisait un reflet de leur histoire qui mêle aspiration à la démocratie et culte du chef.

Jean-Pierre Bédéï
Les bons mots des présidentielles

Des torrents de mots sont déversés parmi lesquels des perles, des phrases assassines et autres propos plus ou moins baroques. Les historiens Jean Garrigues et Jean Ruhlmann les ont recensés depuis 1965 dans un livre caustique Élysée Circus qui nous fait remonter le temps avec humour. Un véritable florilège.

« Que Mitterrand soit un arriviste et un impudent, je ne vous ai pas attendu pour le penser », confie de Gaulle à Alain Peyrefitte en 1965.

En 1969, le communiste Jacques Duclos invente une formule qui fera date dans la politique au sujet d'Alain Poher et Georges Pompidou : « C'est blanc bonnet et bonnet blanc. »

En 1974, alors que Pierre Messmer envisage d'être candidat, Olivier Guichard lance : « Je savais que Messmer était un con. Je ne savais pas qu'il était un fourbe. »

En 1981, concurrencé par Rocard au sein du PS pour la présidentielle, Mitterrand lâche : « Il a des talents, mais je ne suis pas sûr qu'il ait des qualités. »

Peu avant l'élection de 1995, les balladuriens se réjouissent : « Chirac est au fond du trou. Il ne manque que quelques pelletées de terre et on pourra l'oublier. »

Alors que va commencer la campagne présidentielle de 2002 qui va opposer les deux hommes, Jospin déclare au sujet de Chirac : « Mitterrand me l'avait bien dit, ce type est un menteur. Ce n'est pas un homme d'État. »

Lors d'un meeting, Besancenot appelle à l'unité avec Arlette Laguiller. Commentaire de Dominique Strauss-Kahn : « C'est l'union d'un postier et d'une timbrée. »

En 2007, Arnaud Montebourg qui soutient Ségolène Royal a déjà une dent contre François Hollande. Parlant de la candidate socialiste, il balance : « Le principal défaut de Ségolène Royal ? C'est son compagnon. »

Face à elle, Sarkozy donne des leçons lors du débat entre les deux tours : « Quand on veut être président de la République, il faut être calme. » Un conseil qu'il aurait dû s'appliquer à lui-même…

Toutes les présidentielles sont passées ainsi au peigne fin des férocités de la politique. On se régale ! (Élysée Circus, une histoire drôle et cruelle des présidentielles, Jean Garrigues, Jean Ruhlmann, Taillandier, 2016)


Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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