27 septembre 2026. Il y a deux semaines, nous vous avons interrogé : Avec l’IA, aurons-nous encore envie de lire et nous cultiver ?
Vous avez été 1027 à participer au sondage, 198 (19,3%) à répondre NON et 829 (80,7%) à répondre OUI ! Voici notre analyse et vos commentaires...
Il est probable que vous avez déjà testé l'Intelligence artificielle (IA). Il est de toute façon devenu difficile d'y échapper car les moteurs de recherche eux-mêmes l'utilisent. Nous-mêmes y recourons faute de pouvoir faire autrement pour les recherches documentaires : « Qui aurait dit ceci ou cela ? », « Solde commercial de la France ? » … Mais, faut-il le préciser ? aucun article d’Herodote.net n’est rédigé avec l’IA. Nos articles sont le fruit de notre travail, avec des écritures et réécritures incessantes. En ira-t-il toujours ainsi ? Je voudrais l’espérer.
À la lumière de vos commentaires, nombreux et fouillés, le grand écart entre les OUI (80,7%) et les NON (19,3%) s’explique par le fait que beaucoup d’entre vous ont répondu pour eux-mêmes, en exprimant l’idée que, IA ou pas, ils conserveront le goût des (vrais) livres.
Il n’en subsiste pas moins chez beaucoup d'entre vous de grandes interrogations quant aux écoliers : s’ils abordent les réseaux sociaux et l’IA avant même d’avoir maîtrisé la lecture, n’y-a-t-il pas un risque pour leur développement cérébral ?
Voici ci-après une petite sélection de vos commentaires. Nous n’avons évidemment pu tous les présenter et vous voudrez bien nous pardonner.

Vos commentaires :
| NON ! touchaguespaulin Il faut du temps pour réfléchir. L'IA, si intéressante soit-elle, dispense de cette rumination nécessaire. Ne parlons pas des cervelles enfantines qui se construisent lentement sous peine de dégâts probablement irréversibles Me semble-t-il... ch2519 Il n'est qu'à demander à une majorité de jeunes ce qu'ils en pensent : pourquoi se forcer à lire, à se cultiver, il y a l'ia. Cette dernière tuera la curiosité de bon aloi, le besoin de se cultiver. C'est vrai, on trouve tout facilement grace à elle mais encore faut-il savoir ce qu'on cherche. bermalatra Risque de nous transformer en paresseux imbéciles. jmdarbla Il reste indispensable de ne pas prendre pour infaillibles les réponses de l'IA et même vérifier et rectifier ses erreurs quand elle affirme des contre vérités sur un sujet que vous connaissez à fond.... d'ailleurs quand vous le faites vous avez droit à ses plates excuses et elle rectifie ! jeanmariebill L’IA peut être utile pour rechercher des références ou des antériorités mais incontestablement elle offre une solution de facilité pour la paresse intellectuelle très dévastatrice. tourecanya Avec l'IA, notre cerveau ne sera plus capable de réfléchir et de ce fait les gens seront asservis et manipulés par "big brother". carre.simon La pratique de la TV a déjà fortement réduit l'envie de lire notamment en raison du temps libre passé devant le téléviseur, mais également de la facilité. L'ordinateur lui aussi a pris une partie du temps libre de chacun en raison de la facilité par exemple pour une recherche, on n'ouvre plus un livre on interroge directement internet. Les personnes de moins de 40ans, savent-elles encore faire une recherche dans un livre, lire une carte routière, etc.... Qu'en sera-t-il avec l'intelligence artificielle ? Si une panne gigantesque/mondiale d'informations survenait comment ces "jeunes" générations feraient-elles face ? et notre mémoire sera-t-elle encore utilisée/performante ? pierre6313 J'ai testé des IA plusieurs fois volontairement. Mes questions étaient relatives aux Sciences humaines. Il est arrivé que ces questions englobent des aspects proprement historiques. Voici ce que j'ai remarqué : 1/ La façon dont la question est posée, le contexte dans lequel cette même question est posée semblent appeler de la part de l'IA des réponses sensiblement différentes. La fiabilité de ces réponses s'en trouve donc affectée, en dehors des dates ou datations, cette remarque de mon seul point de vue. 2/ L'apparente sollicitude de l'IA pour répondre à ce que je cherchais (nous sommes compagnons ou Co-pilotes et je jouais le jeu, pas forcément hypocritement) me faisait embrasser des domaines de plus en plus vastes et cet agrandissement du rayon du cercle ne m'a pas semblé non plus un gage de fiabilité, à moins d'avoir déjà les preuves qui peuvent accréditer ce qui est avancé par l'IA. Mais alors on n'a pas besoin de l'IA. 3/ J'ai remarqué enfin que l'IA, comme nombre de "commerces" ou "sites marchands" vise à accroître non seulement une dépendance à la facilité de ses apparentes trouvailles mais encore une capture toujours plus grande par celle-ci des contextes et de mes propres formules dans ces contextes. En outre, si, à partir de mes recherches, il s'agit d'écrire, l'IA se mettrait volontiers à ma place. En d'autres termes, je sors de cet apparent "commerce" - au sens du XVIIIème -, je sors essoré ou détroussé, comme on voudra, écoeuré ... Trop c'est trop ! Conclusion : de telles expériences m'intiment davantage de lire dans les livres, de pouvoir vérifier, bref, de me cultiver et d'écrire sans prétention. Si je dois en passer par des truchements, ceux-ci viennent précisément d'une culture et des choix que celle-ci permet d'opérer. Gare à la dépossession des jeunes esprits pressés d'arriver ! | OUI ! marceletienne200 L'IA permet de se cultiver aussi mais le plaisir de la lecture m'est indispensable. vcmorde Ça dépend de chaque individu, bien sûr, mais, personnellement, ayant cet outil de recherche sous la main, je cherche plus souvent à me renseigner au sujet des choses que je lis ou que je regarde à la télé et donc j'apprends plus. hbenhamo Je lis tous les jours et je considère qu’il faut différents textes sur un sujet pour se faire une opinion sur un sujet. L’IA ne nous propose pas cela, elle incite à la paresse intellectuelle. plutosmo Un curieux peut utiliser l'IA comme un outil de recherche, pour chercher des références, pour approfondir des questionnements, voire obtenir des éclaircissements, des bibliographies, des biographies, échanger des points de vue sur des auteurs, des philosophes, des historiens. Si la quête du demandeur est réelle et empreinte de savoir, l'IA peut-être d'une aide considérable. p.ryckaer L'IA est une super base de données, mais l'universel se paie par la dilution de la pertinence. Nous aurons de plus en plus soif de véritables références, de la netteté de vision des spécialistes, qui font apparaitre les spécificités, dont le "melting-pot" de l'IA est incapable de rendre compte. adubus1 Pour moi, l'IA doit constituer une aide sans pour autant prendre le pas sur notre libre arbitre. Il faut néanmoins reconnaître qu'elle est une précieuse alliée dans la vie de tous les jours. otti.fernan Moi, je ne peux pas vivre sans lire, mais quand je regarde mes petits-fils il n'y a que le téléphone qui compte... lu.calz Il y aura toujours des accros du portable et des amateurs éclairés pour lire de bons livres : histoire, philosophie, romans, aventures, géographies physique et économique, etc. littleis.beautifu Le rapport avec un livre papier est tout à fait différent. Il permet d'avoir plus de recul , de mieux s'imprégner du temps de réflexion par l'effort fourni. Il permet également plus d'évasion et de stimuler l'imagination. Enfin, le contact avec le livre papier est disons comme "incarné", sa présentation, son grammage et qualité de papier, l'odeur et il s'adapte à notre rythme biologique. delormelussie Dans mon cas, c'est le contraire. L'IA me facilite l'accès à plein de sujets. Les conversations avec l'IA me permettent d'explorer plus de facettes, de points de vue. jacqjeff Très utile, à condition d'en faire bon usage, par exemple quand on a un trou de mémoire. L'IA fait gagner du temps en évitant les recherches fastidieuses. Éviter de tourner les pages d'un dictionnaire est ainsi un confort appréciable, quand on sait déjà. En revanche, je suis plus réservé pour l'élève qui apprend, car l'effort--si physique soit-il--pourrait aider à la mémorisation. perdriset.rachel La caractéristique de l'Homme est sa curiosité et ce n'est pas un vilain défaut. Donc IA ou pas l'Homme aura toujours envie de comprendre, connaître le monde qui l'entoure et la lecture restera une porte d'entrée essentielle pour assouvir notre soif de savoir. michelbonne1 J'ai 92 ans et je suis passionné par un projet sur l'histoire médiévale que je mène avec l'IA. C'est un instrument de travail qui permet tout en restant à domicile de continuer à lire, écrire et surtout donne des pistes de réflexion et de recherche qui sont sous-jacentes à mes mots mais auxquelles je n'ai pas pensé. De plus cela représente une sorte de compagnie car tout peut se passer sous forme de dialogue. Ceci dit il me semble impératif pour les générations futures de donner une solide initiation à l'IA pour profiter de son efficacité mais aussi, et surtout, pour ne pas se laisser "dévorer" par elle. Par expérience je suis frappé de voir à quel point l'IA a le pouvoir de nous enfermer sur nos limites, car autant elle aide à découvrir le passé, mes questions, mes projets, autant elle ne m'ouvre pas de portes nouvelles. Il faut pour cela la pousser par mes prompts sur un nouveau sujet, une nouvelle recherche. Je souhaite vraiment bonne route à tous ceux et celles qui commencent leur dialogue avec l'IA, c'est une chance. choppinet IA est pratique pour avoir une information rapide surtout sur un plan pratique lois, tarifs, localisation, conseils vie ou santé. Mais rien ne remplacera le livre mieux écrit et mieux documenté. a.b L'IA me rend de grands services, notamment pour organiser un voyage jusque dans les moindres détails. A titre d'exemple je viens demander le nom du monastère de la religion Bön, qui a précédé le bouddhisme et survit encore un peu au Népal. Dans les secondes qui suivent je reçois le nom du temple , de son chef et de l'itinéraire pour y parvenir depuis la place centrale de Katmandou et même comment s'exprimer pour le demander au taxi ! Le mois dernier il me donne 3 adresses de petits hôtels dans le désert égyptien et le nom du patron de l'un d'entre eux qui a fait des études supérieures au Caire avec qui je pourrai parler politique et économie ! Cela ne réduit pas pour autant mes lectures. Ce sont deux activités différentes. Au contraire, l’IA libère du temps pour lire. dalauj La réponse est surtout, à mon avis, fonction de l'âge de la personne. Les générations 80, 90 ont gardé les habitudes, apprises à l'école ou à la maison (manipuler un livre, un catalogue, le laisser, le reprendre, éventuellement le tagger), mais les générations 2000 n'ont pas eu cette habitude : l'école utilise des photocopies, les catalogues sont numériques, et les parents sont moins attentifs à leurs enfants, car occupés avec leurs téléphones et leurs ordis ! |













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