Archéologie sous-marine - 200 000 trésors sous les mers - Herodote.net

Archéologie sous-marine

200 000 trésors sous les mers

L’archéologie sous-marine s’est beaucoup développée dans les dernières décennies du XXe siècle, en lien avec les progrès techniques et l'invention du scaphandre qui ont permis d’aller repêcher des objets au-delà de vingt mètres de fond.

Il s’en est suivi des abus de la part de chasseurs d’épaves professionnels qui n’hésitent pas à piller et saccager des sites archéologiques précieux pour en extraire l’or et les bijoux qui seuls les intéressent.

La France a été tôt sensibilisée à ce problème car l’enjeu est pour elle important. Deuxième propriétaire maritime de la planète avec ses 11 millions de km2 de zone économique exclusive, elle a des droits exclusifs sur 150 000 à 200 000 sites sous-marins à découvrir.

Frédéric Dumas sur une épave de l'ile de Dhia devant Héraklion en 1976, lors d'une campagne de la Calypso (photographie aimablement communiquée parRobert Pollio)

Épaves sous surveillance

En 1966, le ministre français des Affaires culturelles André Malraux réagit à la multiplication des découvertes sous-marines intempestives en créant le DRASM (département des recherches archéologiques sous-marines, aujourd'hui DRASSM).

Cet organisme a vocation de gérer le patrimoine sous-marin de la France, réglementer les fouilles et faire appliquer la loi sur les biens culturels maritime.

En clair, dès qu’un vestige est découvert dans les eaux territoriales, il est obligatoire de le déclarer auprès des autorités. Auparavant, un partage était toujours possible entre le découvreur et l’État, mais la législation s’est durcie et tous les trésors sous-marins sont désormais la propriété de la France, une prime pouvant être versée selon l’intérêt scientifique de l’épave.

Cette approche peu gratifiante n’incite guère les chasseurs à investir dans l’inconnu… Alors, le DRASM procède lui-même à des campagnes officielles de fouilles, comme ce fut le cas sur le site du naufrage de l’expédition La Pérouse.

Il envisage d’explorer prochainement l’épave de La Lune, un navire de guerre de Louis XIV qui coula en rade de Toulon au retour d’une mission en petite Kabylie – l’épave gît par 95 mètres de fond.

Le gouvernement français peut également accorder des autorisations de sondage ou de prospection, la fouille pouvant alors se dérouler en toute quiétude, même si les contraintes restent très lourdes et en découragent plus d’un. Dommage, car le potentiel est gigantesque, tant sur le plan culturel qu’économique. Il serait donc logique que les entreprises privées en obtiennent un plus grand nombre dans les années à venir, à condition qu’elles jouent le jeu et que les règles de partage soient claires…

La mer aux enchères

Hors de France, notamment dans les pays émergents, le partage 50/50 est admis mais avec toutes les complications inhérentes à des régimes plus ou moins corrompus. Avec les Anglo-saxons, le système est bien rodé, le découvreur repart rarement les mains vides, les plus beaux objets sont récupérés par l’État et le reste vendu aux enchères (une amphore antique peut se négocier entre cinq et dix mille euros).

La tension peut monter d’un cran quand les États s’affrontent sur un magot conséquent. Ainsi en 2008, l’Espagne interpelle la Maison-Blanche lorsque l’entreprise américaine Odyssey Marine Exploration, spécialisée dans la chasse aux épaves, commence à remonter de l’Atlantique dix-sept tonnes d’objets précieux d’une valeur dépassant les trois cent soixante-dix millions d’euros !

Pour l’Espagne, très attentive aux manœuvres de la société, il s’agit de la frégate Nuestra Señora de Las Mercedes, disparue en 1804, de retour du Pérou avec les biens accumulés depuis des années par des militaires et commerçants espagnols.


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Publié ou mis à jour le : 2019-06-26 08:14:58

 
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