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19 mai 1974

Élection de Valéry Giscard d'Estaing


Le dimanche 19 mai 1974, Valéry Giscard d'Estaing (48 ans) devient le troisième président de la Ve République.

Il n'occupera le palais de l'Élysée que le temps d'un septennat mais celui-ci n'en restera pas moins l'un des plus féconds de la Ve République.

Élection de VGE

Bien que la maladie du président Georges Pompidou fut depuis plusieurs mois devenue visible à tout un chacun, la classe politique se laisse surprendre par sa mort, survenue le 2 avril 1974.

Cependant que le président du Sénat, Alain Poher, assure pour la deuxième fois l'intérim présidentiel, le ministre de l'économie Valéry Giscard d'Estaing (48 ans) prend les devants dans la campagne électorale. Ce jeune surdoué d'origine bourgeoise, gâté par la vie et la politique, va l'emporter à l'arraché !

Malgré la faiblesse de son parti centriste, les Républicains Indépendants, ancêtre de l'UDF (Union pour la Démocratie française), Giscard d'Estaing marginalise le candidat du puissant parti gaulliste, Jacques Chaban-Delmas, grâce à la « trahison » de Jacques Chirac, ministre de l'Intérieur dans le gouvernement sortant.

C'est ainsi que VGE est élu d'extrême justesse au second tour face au candidat unique de la gauche, François Mitterrand (58 ans). Ce dernier avait déjà affronté le général de Gaulle aux élections présidentielles de 1965.

Réformes tambour battant

Valéry Giscard d'Estaing, né à Coblence (Allemagne) en 1926VGE place d'emblée sa présidence sous le signe de la jeunesse et du renouveau en se donnant un Premier ministre de 42 ans... Jacques Chirac.

Le gouvernement innove avec un ministère de la Condition féminine (confié à Françoise Giroud, intellectuelle qui avait pourtant appelé à voter Mitterrand)... et même un ministère des Réformes dont le titulaire, Jean-Jacques Servan-Schreiber, sera congédié au bout de quelques jours pour avoir protesté contre les essais nucléaires !

Les réformes se succèdent tambour battant :

– 3 juillet 1974 : désireux de lutter contre la montée du chômage, le gouvernement croit utile de suspendre l'entrée de travailleurs étrangers ; cette politique de « préférence nationale » dans l'emploi sera plus tard complétée par un encouragement à l'immigration familiale (décret du 29 avril 1976), avec des effets pervers notables.

– 5 juillet 1974 : la majorité civique, qui était fixée à 21 ans depuis 1848, est abaissée à 18 ans ; en ouvrant le droit de vote à 2,5 millions de jeunes majoritairement portés à gauche, le président signe sa défaite sept ans plus tard.

– 7 août 1974 : l'ORTF (monopole public de la radio et de la télévision) est démantelée et donne naissance à sept chaînes concurrentes ; c'est un premier pas vers l'indépendance des médias audiovisuels.

– 14 octobre 1974 : indemnisation des chômeurs licenciés économiques sur la base de 90% de leur dernier salaire pendant un an (cette mesure trop généreuse va s'avérer inadaptée à la crise économique mondiale qui vient d'éclater et sera rapidement abrogée).

– 21 octobre 1974 : possibilité pour 60 députés ou 60 sénateurs de saisir le Conseil constitutionnel (cette révision de la Constitution va se révéler à l'usage d'une grande importance).

– 26 octobre 1974 : la loi Neuwirth de 1967, qui autorisait la contraception féminine (la « pilule »), est complétée par une nouvelle loi qui prévoit le remboursement de la contraception par la Sécurité sociale.

– 28 novembre 1974 : vote de la loi Veil au terme d'un débat parlementaire houleux et avec le concours des députés de gauche. Cette loi qui légalise l'avortement (pendant une période d'observation de 5 ans) est promulguée le 17 janvier 1975...

À noter aussi les années suivantes l'introduction du divorce par consentement mutuel (11 juillet 1975), l'instauration du collège unique dans le but de favoriser un égal accès de tous les enfants à l'enseignement, la généralisation de la mixité dans les écoles, l'abolition de la censure, l'extension de la Sécurité sociale aux non-salariés (une mesure capitale pour les commerçants et les artisans), l'élection du maire de Paris au suffrage universel (31 décembre 1975)...

Le gouvernement tente par ailleurs d'endiguer la crise économique avec une maladresse qui n'est pas sans rappeler celle de Pierre Mauroy en 1981 :
– création de l'autorisation administrative de licenciement,
– forte augmentation des allocations familiales et du minimum vieillesse,
– relance de l'activité minière avec embauche de nouveaux mineurs, notamment marocains...

Par des gestes symboliques, Valéry Giscard d'Estaing veut aussi décoincer les pratiques républicaines, non sans parfois susciter le sourire : remplacement de la jaquette par le veston dans les cérémonies officielles, descente à pied des Champs-Élysées le jour de son intronisation, changement du tempo de la Marseillaise, défilé du 14-Juillet à la Bastille, dîners informels chez des Français ordinaires et réception de ceux-ci à l'Élysée, petit-déjeuner en compagnie des éboueurs de son quartier...

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Publié ou mis à jour le : 2015-08-10 15:20:03

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Michel Edmond (26-05-201415:06:01)

l'abolition de la peine de mort par François MITTERRAND a été importante également


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À qui doit-on cette injonction que les combattants d'aujourd'hui feraient bien de respecter : « En quelque pays que vous fassiez la guerre, les gens d'église, les femmes, les enfants, et même le peuple, ne sont point vos ennemis » ?

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